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La baïonnette, une arme blanche fixée au bout d'un fusil, a une histoire riche et complexe. Son nom vient en fait de la région de Bayonne, où des paysans avaient eu l’idée d’emmancher une pointe acérée au bout d’un long bâton dans le but d’en faire une arme.

Dès 1642, le principe fut repris par l’armée de Louis XIV. En effet, à l’époque de son père, Louis XIII, l’infanterie se divisait en deux catégories de soldats, les piquiers et les mousquetaires. Sous Louis XIV, le fusil remplaça le mousquet, ce qui accrût fortement la cadence de tir des soldats, mais ne suffisait pas encore à repousser à coup sûr la cavalerie.

Afin de rendre les troupes plus polyvalentes, on leur donna donc une baïonnette, pointe de métal avec un embout en bois que l’on enfonçait dans le canon pour recevoir la cavalerie une fois que le fusil avait tiré. En 1689, la chose fut encore améliorée par l’invention (toujours française) de la baïonnette à douille.

Évolution et Variantes de la Baïonnette

La baïonnette anglaise adaptée au fusil modèle 1907 était une petite épée qui faisait passer la longueur totale de l’arme de 1,10 m. à 1,50 m. La baïonnette allemande était à peu près semblable, bien que la longueur totale soit supérieure car le fusil Mauser était plus long.

La baïonnette française, elle, était différente : ce n’était pas une lame, mais une pique cruciforme qui faisait passer la longueur totale du fusil Lebel de 1,32 m. à 1,83 m. Sa forme « ergonomique » était prévue pour que le combattant fasse un quart de tour vers la gauche avec son fusil avant de ressortir la baïonnette du corps de son ennemi.

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Ceci était censé provoquer une hémorragie interne qui ne laissait aucune chance de survie à l'adversaire. Il faut dire que la doctrine de guerre française en 1914 était : « seul le mouvement en avant porté jusqu’au corps-à-corps est décisif et irrésistible ».

La Baïonnette Durant la Première Guerre Mondiale

Mais même dans les corps-à-corps (épreuve redoutée entre toutes par les soldats même vétérans, dont les témoignages rapportèrent que l’angoisse était presque insupportable quand retentissait le fameux ordre de « baïonnette au canon ») la baïonnette ne tarda pas à montrer ses limites dans l’environnement confiné des tranchées de la guerre 14.

Les soldats mettaient trop de temps à la sortir du corps de leur ennemi, et c’était prendre un gros risque au milieu d’une mêlée générale. De plus, arrivés dans la tranchée, les fantassins avaient le plus grand mal à manoeuvrer un objet aussi long. La baïonnette française était inutilisable à la main. Les versions anglaise et allemande l’étaient à la rigueur, mais manquaient considérablement de maniabilité.

C’est donc tout naturellement que les vétérans remplacèrent progressivement les baïonnettes par des outils portatifs comme les pelles de tranchée et des casse-tête de bois ferré appelés « massues de tranchées ».

La Baïonnette Pendant la Seconde Guerre Mondiale

Pendant la seconde guerre mondiale, la plupart des armées possédaient encore la baïonnette réglementaire adaptable au canon du fusil (on ne se détache pas si facilement des « bonnes habitudes »), mais celle-ci s’était souvent raccourcie pour que le fantassin puisse l’utiliser à la main. Par exemple, le fusil semi-automatique français MAS 36 (modèle 1936) mesurait 1,02 m. seul, et 1,32 m.

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Le Fusil K 98k Mauser

Le fusil K 98k Mauser a été l'arme du fantassin allemand durant la 2e GM. Version raccourcie et améliorée du fusil allemand de la Grande Guerre, cette arme simple et robuste sera utilisée sur tous les champs de bataille où sera engagé la Wehrmacht. Cet ouvrage présente les différentes versions de ce célèbre fusil et illustre son utilisation par des photos inédites prises durant la 2e GM par des soldats allemands.

La Karabiner 98k (en abrégé Kar98k ou K98) est une carabine à répétition manuelle par verrou allemande conçue par Mauser Waffenfabrik. Elle fut adoptée en 1935 par la Wehrmacht.

Les militaires allemands définissaient alors une Karabiner comme une carabine dont la bretelle se fixait latéralement. Il s'agit de la version raccourcie, et donc plus maniable et d'un poids inférieur, du fusil Mauser modèle 1898 utilisé pendant la Première Guerre mondiale.

Le Kar98k se charge au moyen d'une lame-chargeur de cinq cartouches de 7,92 mm Mauser. Cette carabine est une arme très puissante et de bonne taille, maniable et simple de conception.

Pendant la Seconde Guerre mondiale elle était l'équivalent fonctionnel du Springfield M1903 américain ou du Lee Enfield nº4 britannique, mais était inférieure au Garand capable de tirer en semi-automatique. Le Kar98k était supérieur par sa munition plus lourde et plus puissante que le 30-06 américain. L'ajout d'une lunette de tir au Kar98k (comme la lunette ZF39 et ZF41) permet d'en faire un fusil de très bonne précision, dépassant de très loin celle du fusil Springfield 1903 utilisé par les États-Unis.

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Le mécanisme du Mauser 1898 et 98k est le fameux système Mauser, il est très apprécié par les chasseurs et les tireurs sportifs grâce au multiples calibres proposé par des marques qui reprennent ce système fiable et simple qu'est le système Mauser (Parker Hale 1000, 1100, 1200…). La production de cette carabine a été telle que l'on trouve encore aujourd'hui des quantités formidables de pièces de rechange neuves d'origine. Le système Mauser est encore de nos jours une marque de qualité et de robustesse.

Le bois utilisé de 1934 à 1939 était du noyer massif, puis dû au manque de bois de qualité, il fut recouru au bois de hêtre lamellé-collé, c'est-à-dire que le bois intérieur était fait à partir de bois aggloméré et l'extérieur sur une épaisseur de 2,5 mm était composé de lamelle de bois collé à chaud. Cette technique lui permettait d'être aussi solide que du bois massif, mais légèrement plus lourd que le noyer.

Caractéristiques Techniques du Kar98k

  • Calibre : 8 x 57 JS également appelé « 7.92 x 57 mm » ou « 8mm Mauser »
  • Longueur : 110 cm
  • Longueur du canon : 59,94 cm
  • Poids : 3,92 kg (crosse en noyer) ou 4,2kg (crosse en lamellé-collé)
  • Magasin : magasin interne, rechargement à l'unité ou par clip
  • Capacité : 5 coups
  • Cadence de tir : approximativement 15 tirs par minute
  • Hausse à curseur tangentielle graduée de 100 à 2 000 mètres
  • Portée pratique: 500 m (547 yd) (avec la hausse)/800+ m (875 yd) (avec lunette)

Utilisation Après-Guerre du Kar98k

Ainsi, on le retrouve après guerre en Yougoslavie : matériel confisqué aux Allemands, le fusil est alors repoinçonné aux armoiries du pays. Durant les années 1990, les Kar98 yougoslaves ont été utilisés par toutes les factions durant le conflit des Balkans. L'Armée française utilise des Mauser 98K de prise (FFI/FFL) et 47000 fusils neufs (produits par Mauser au titre des dommages de guerre) durant la guerre d'Indochine.

La Bundeswehr continue d'utiliser des Kar98 au Wachbattalion pour les cérémonies militaires. Beaucoup de pays du Tiers-Monde possèdent des Kar98 dans leurs arsenaux et le Kar98 a encore de nombreuses années de service devant lui. La K98k aujourd'hui Le Mauser Karabiner 98k est encore utilisé actuellement pour la chasse.

Le MAS 36 CR 39

En 1939, l’armée française se rend compte de l’importance des troupes aéroportées. Elle commence à développer une adaptation de leur nouveau fusil d’infanterie standard le MAS-36. Le fusil a été désigné CR 39 (CR est une abréviation pour crosse repliable), il a été conçu pour une utilisation pour les troupes alpines et aéroportées qui avaient besoin d’un fusil court facilement transportable, allégées et simplifiées.

Ainsi « naquit » Le MAS 36 CR 39 qui arrivera trop tard pour participer de façon massive au combats de mai-juin 1940 mais équipera nos troupes après-guerre, on le verra en particulier en Indochine.

La Guerre de Corée et la Charge à la Baïonnette

A la fin de la seconde guerre mondiale, la Corée fut libérée de l'occupation japonaise par les Américains au sud et par les Russes au nord. Il en résulta une partition du pays en deux états, l'un communiste, l'autre capitaliste, comme en Allemagne. La frontière était sur le 38ème parallèle. Mais le 25 juin 1950, l'armée du Nord envahit la Corée du sud.

Deux jours plus tard, la toute jeune Organisation des Nations Unies décide une intervention armée pour aider la Corée du sud contre cette agression. La France envoya en Corée un Bataillon composé de 1 017 volontaires en provenance de toutes les armes. Intégré à la 2ème "Indian Head" U.S Infantry Division, le BF/ONU sera de tous les coups durs pendant 3 ans.

Après avoir repoussé un grand nombre d'attaques ennemies, les français déclenchent une contre-attaque victorieuse à la baïonnette pour se dégager de leur encerclement. Cette charge met la 125ème division chinoise hors de combat. Ce fait d'armes eut un retentissement international, tout particulièrement aux USA où il fut porté aux nues par la presse.

En février 1951, après la victoire de Chipyong-NiOrdre du jour du Général Ridgway, Commandant la 2° D.I. "La baïonnette n’est peut-être pas la dernière arme secrète de l’armée des Nations-Unies, mais elle a un pouvoir agressif indiscutable.

La Baïonnette Aujourd'hui

Aujourd’hui encore, le FAMAS, fusil d’assaut composite entièrement automatique en service dans l’armée française depuis 1979, possède une baïonnette adaptable au canon. Bien entendu, étant donnée la très faible longueur du FAMAS, ce n’est qu’une arme d’apparat qui ne sert que pour les défilés officiels, pour faire joli.

Elle est réputée être la dernière charge à la baïonnette officielle de l'armée française. Elle eut lieu pendant la Guerre de Corée, le 1er février 1951.

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