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Le fusil Chassepot, adopté en 1866, représente une avancée technologique majeure pour l'armement français. Dès 1814, des travaux portant sur des armes d’épaule à chargement par la culasse avaient été initiés en France par le Sieur PAULY.

Genèse et Développement

En 1855, Alphonse Antoine CHASSEPOT, un jeune armurier de 25 ans, conçoit à la Manufacture de Châtellerault un système qui attire l’attention. Une première arme est fabriquée dès 1855 sans donner entièrement satisfaction. L’arme est modifiée en 1862. Mais le système d’amorçage « séparé » utilisé ne convient pas totalement pour une arme vraiment « moderne ».

L’élément déclencheur sera finalement la défaite écrasante de l’armée autrichienne, équipée de fusils à chargement par la bouche face à l’armée prussienne équipée de ses fameux fusils « Dreyse » à « aiguille » et chargement « par la culasse », le 03 Juillet 1866. L’Empereur Napoléon III (neveu du précédent Empereur Napoléon Ier) décide que la comédie a assez durée, et qu’il faut que l’armée française se modernise sans plus de délai.

La toute dernière version du fusil mis au point par CHASSEPOT convainc enfin les responsables du « Comité de l’Artillerie ». Cependant malgré la demande de l’Empereur de conserver la cartouche métallique initialement prévue par l’inventeur, il sera adapté pour utiliser une cartouche « papier » et non « métallique » car cette dernière est jugée trop onéreuse par l’armée, qui craint également une pénurie de munition.

Dès mars1867, toute la Garde Impériale est équipée du nouveau fusil. L’Empereur ordonne que 400 000 armes soient livrées aux troupes avant le 1er Janvier 1868 !

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Caractéristiques Techniques et Performances

Cette arme est arrivée à tirer jusque 40 coups en 4 minutes aux essais ! Pour l’époque, et pour une arme réglementaire de ligne, c’est une belle performance. Elle peut tirer jusque 1000 mètres, et plus.

Sa munition de 11mm se révèle très précise (elle se révèlera aussi très meurtrière à l’usage…). Elle a une vitesse initiale de 436 m/seconde. L’arme fait 1,30 m de longueur totale, et presque 1,88 m avec sa baïonnette, dans sa version « standard ».

La hausse est graduée jusque 1200m. Elle est déclinée en plusieurs versions, de longueurs différentes, comme c’est l’usage dans l’armée française, en fonction des différentes « armes » qu’elle doit équiper : cavalerie, gendarmerie à cheval, à pied, dragons, infanterie, artillerie, etc…

Son efficacité par rapport aux armes équivalentes de l’époque (dont le DREYSE) est due entre autre à son système d’étanchéité de la culasse, obtenu par l’adjonction d’une « rondelle » de caoutchouc vulcanisé.

La Munition du Chassepot

La munition papier du Chassepot est également novatrice. Elle permet en outre, le chargement directement par la culasse. Les conséquences sont doubles : le combattant n’est plus obligé de se découvrir pour recharger son arme et les cadences de tir sont beaucoup plus élevées.

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Paradoxalement le réel point faible du Chassepot, comme de son rival le Dreyse, réside essentiellement dans sa munition : fragile et complexe,elle génère des incidents de tir lors d’utilisations intensives.

Impact et Héritage

Le Chassepot restera néanmoins un symbole de l’armement Français, il demeure la première arme d’infanterie « moderne » de par son calibre et son mode de chargement. L’arme en elle-même est sans reproche. Elle connaîtra d’ailleurs une carrière exemplaire puisque dès 1874 un nombre considérable de fusils seront modifiés pour la cartouche métallique de 11 mm Gras.

À souligner que 144 ans après son adoption et pour une période de service de seulement 8 ans, le nom de Chassepot demeure dans la conscience collective des tireurs et personnes férus d’histoire.

Lors du conflit franco-prussien de 1870, le manque d’armement fût flagrant. Le Chassepot n’avait pas été distribué à tous les corps d’armée et des armes plus ou moins anciennes ont été remises en service : fusil 1822 T Bis, fusil à tabatière, etc.

Le Mousqueton d'Artillerie Chassepot

En 1871, dès la fin du conflit, une commission d’armement va mettre à l’étude la création d’un mousqueton du système Chassepot propre aux artilleurs. Dès 1871 une présérie de mousqueton d’artillerie sera distribuée afin de procéder à une série de tests visant à leur adoption par la troupe.

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Ces essais se déroulèrent jusqu’en 1872, date de l’adoption officielle de ce modèle. La fabrication est exclusivement dévolue à la Manufacture d’Armes de Saint Étienne. Environ 50 000 mousquetons de ce modèle ont été produits, dont la fameuse série « X » désignant les armes d’essais.

En 1874, l’essentiel de ces armes sera modifié pour tirer la cartouche du système Gras, ce qui explique leur relative rareté à ce jour. Ce mousqueton va servir de standard pour le futur mousqueton Gras modèle 1874 , qui reprendra l’essentiel de ses caractéristiques.

Caractéristiques du Mousqueton

L’arme est réellement compacte (surtout pour l’époque !), avec une longueur totale inférieure au mètre, soit 99,3 cm. Son canon est long de 48,9 cm et présente la particularité d’être rayé de gauche à droite, à l’inverse de toutes les autres armes du système Chassepot, une particularité qui sera conservée sur le système Gras.

La hausse est graduée jusqu’à 1200 m, en position de combat elle indique une portée pratique de 150 m. La baïonnette est identique au modèle d’infanterie, à savoir le modèle 1866 à lame Yatagan.

Fabrication de Munitions pour le Chassepot

Lorsque l’on évoque la fabrication (et non le rechargement !) de cartouches Chassepot, la plupart des tireurs évoquent la difficulté de réalisation, le matériel nécessaire, le temps et le savoir-faire … Je dois avouer qu’il n’en est rien. C’est en fait d’une simplicité biblique, ou presque.

Le budget nécessaire est très faible, la plupart des composants (amorces, balles et poudre exceptées) sont issus de récupération. Je ne reviendrai pas sur le détail des opérations de production, je me suis conformé à l’excellent travail de mon ami Jean Pierre Sedent.

Sécurité et Précautions

Tout d’abord avant tout étape, il convient de s’assurer de l’état de conservation de son arme, soit auprès d’un professionnel, soit par soi-même si l’on possède l’expérience requise. Un démontage complet et une recherche d’anomalies est indispensable, en particulier usure, corrosion, enture dans la crosse, etc.

Le port de lunettes de protection est indispensable, le risque de fuite de gaz étant réel. Sur l’arme, il existe 3 éléments pouvant être considérés comme du consommable : l’obturateur en caoutchouc, l’aiguille de mise à feu et le grain. En cas de doute, remplacer systématiquement ces éléments.

J’insiste sur le rôle de l’obturateur : c’est l’élément essentiel garantissant l’étanchéité de la chambre et donc la sécurité du tireur. Il convient de le changer régulièrement par un modèle neuf de bonne qualité.

Tableau Récapitulatif des Caractéristiques du Fusil Chassepot

CaractéristiqueValeur
Calibre11 mm
Vitesse initiale436 m/s
Longueur totale (fusil)1,30 m
Longueur totale (fusil avec baïonnette)1,88 m
Portée maximale1000 m+
Cadence de tir (test)40 coups/4 minutes

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