Le 25 octobre 1415, à Azincourt, la fine fleur de la chevalerie française est taillée en pièce par les archers anglais. C’est une cuisante défaite face aux troupes d’Henry V d’Angleterre.
La guerre de Cent Ans et la bataille d'Azincourt sont indissociables. Cette défaite pour la France illustre les difficultés que le royaume éprouve tout au long de cette période sombre de 116 ans.
C'est la personne d'Henri V qui est à l'origine de cette bataille sanglante. Récent roi d'Angleterre, il monte sur le trône en 1413, le deuxième souverain issu de la dynastie des Lancastre souhaite la guerre. Son caractère belliqueux est particulièrement observable avec Azincourt.
Désireux de trouver une raison pour attaquer le territoire français, Henri demande que la quasi-totalité de la côte atlantique soit soumise à son autorité et que la jeune fille du roi Charles VI, Catherine, lui soit accordée en mariage avec une dot fortement élevée. Le refus ne se fait pas attendre et donne une bonne raison aux Anglais pour investir le territoire français.
Henri V n'en attendait pas plus pour embarquer son armée et gagner la côte normande. Les Anglais débarquent sur l'embouchure de la Seine au début du mois d'août 1415 avec la ferme intention de marcher sur Paris.
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L'armée est composée d'un nombre important d'archers et d'armes de siège dans le but d'accaparer les villes en direction de la cité parisienne. La première étape prend peu de temps à arriver puisque les Anglais se positionnent devant la ville normande d'Harfleur en août.
Cette dernière n'est autre que le port le plus important de la navigation sur la Seine. Point stratégique qui n'échappe pas aux Anglais. Le siège dure un mois.
L'armée française ne parvient pas à s'organiser pour venir à temps au secours de la ville sous la menace anglaise. Les tensions entre deux factions de princes au sein même de l'entourage du roi sont trop vives pour permettre un regroupement efficace. Les Armagnacs et les Bourguignons s'entredéchirent avant même de prendre les armes.
Charles VI réussit tout de même à mettre sur pied une offensive début octobre. Pendant ce temps, Henri V préfère regagner la place forte anglaise de Calais repoussant son attaque principale en direction de Paris au printemps de l'année suivante pour ne pas se faire surprendre par l'hiver. Ce n'est pas l'avis de l'armée française qui coupe la route de son ennemi au niveau de la forteresse d'Azincourt, en Artois, le 24 octobre.
Les deux armées se font donc face dans ce couloir étroit qui sert de champ de bataille. Les archers et les hommes d'armes anglais passent la nuit sous des tentes pour se protéger de la pluie qui tombe à verse. Ce n'est pas le cas des chevaliers français qui veillent sur leur monture, frappés par les éléments.
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Une pluie torrentielle tomba toute la nuit. Le terrain détrempé, fraîchement labouré était transformé en un immense bourbier.
Le champ de bataille n'est plus que boue au lever du soleil, mais les armées ne peuvent plus faire demi-tour. Les voilà qui s'observent pendant des heures, attendant le premier assaut de cette célèbre journée du 25 octobre 1415. Celui-ci est lancé par Henri V pour les Anglais sur un très large front. Les archers se répartissent sur tout l'espace disponible.
Les chevaliers français se lancent à leur tour sous une pluie de flèches qui entraînent des dégâts considérables. Le terrain boueux rend la progression très difficile et la formation trop serrée empêche un mouvement efficace. L'armée française est décimée.
La bataille est à sens unique. Chaque coup porté fait une nouvelle perte parmi les hommes de Charles VI. La supériorité numérique française n'a été d'aucun secours.
Après seulement trois heures d’un pitoyable combat, enlisé dans la boue, le champ de bataille est jonché par les cadavres de quelques six mille preux chevaliers. Le 25 octobre 1415, au soir de la défaite d’Azincourt, l’issue de la bataille est catastrophique pour le camp français.
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La défaite française est cinglante. Très courte sur la durée, la bataille a pourtant fait un nombre considérable de morts parmi lesquels on retrouve de nombreux nobles français, dont le commandant de l'armée, le connétable de France Charles Ier d'Albret.
La prudence du vieux prince Jean de Berry a permis de tenir Charles VI et le dauphin loin des combats, mais c'est bien là la seule satisfaction pour les Français. L'humiliation continue avec l'exécution sommaire des prisonniers dont Henri V ne veut pas se charger pour le retour en Angleterre.
Les limites françaises sont criantes, les erreurs stratégiques flagrantes, mais c'est l'absence d'évolution dans les techniques qui est le plus préjudiciable. La bataille d'Azincourt marque une rupture dans le paysage militaire, puisque l'inefficacité des chevaliers dans de telles circonstances remet en cause les techniques moyenâgeuses de bataille.
La formation serrée est brisée par les archers et la tactique anglaise de bien meilleure qualité, malgré une armée fatiguée et malade à la suite du siège d'Harfleur.
Pour les Anglais, la réussite est totale. Si Paris n'est pas prise, ce coup porté aux Français est précieux. Seule ombre au tableau, des pillards ont profité de la bataille pour s'emparer de la couronne royale d'Henri V restée en arrière.
De plus, le souverain anglais ne change pas ses plans et préfère se rapatrier en Angleterre, laissant le pouvoir français à feu et à sang. En effet, le rapport de force sur le territoire entre les différentes factions françaises est bouleversé. Armagnac d'un côté, Bourguignon de l'autre se disputent le pouvoir que Charles VI peine toujours à assumer à cause de ses régulières crises de folie.
Cela mène peu à peu vers le traité de Troyes de 1420 qui complète l'humiliation subie par les Français à Azincourt en 1415.
Bien que très supérieur en nombre, l’ost royal de France n’a pas su tirer profit des défaillances de son ennemi anglais. La débâcle d’Azincourt s’explique surtout par une absence manifeste du commandement.
Les conseillers de Charles VI avaient une peur bleue de voir un second Poitiers se reproduire et que le roi soit fait prisonnier, comme l’avait été Jean le Bon en 1356. Il n’y a donc personne pour assumer l’autorité suprême, et on ne sait pas qui doit commander.
Qui doit diriger les opérations et imposer sa tactique sur la conduite à adopter ? Tous ne rêvent que de gloire et de butin (tout en espérant se faire une renommée pour la postérité). Tous ces preux chevaliers finissent par n’en faire qu’à leur tête.
Parmi tous ces hommes déclassés par les grands du royaume, il y a les milices communales ; mais elles manquent de préparation. Puis il y a les archers et la piétaille (fantassins). Ils sont bien plus nombreux que leurs adversaires outre-Manche. Pourtant, personne n’envisage de les utiliser.
Les seigneurs, arrogants, n’éprouvent que du mépris pour ces gueux qu’ils dédaignent. Ils s’estiment seuls méritants pour représenter et servir le roi. Les chevaliers chargent donc l’ennemi sans adopter une stratégie particulière.
Mais le champ de bataille est étroit, et ne facilite pas un assaut frontal. De ce fait, les cavaliers manquent d’aisance et d’espace pour manœuvrer sur leurs montures. Le terrain, détrempé par les pluies d’automne des dernières heures, est gorgé d’eau et impraticable.
Les chevaliers sont protégés par une lourde armure, mais pas leurs chevaux. Leurs protections ont été restreintes au préalable pour les soulager d’un supplément de charge ; et c’est contre elles que les archers anglais vont concentrer leurs flèches. Leur but est de mettre à terre les cavaliers, pour qu’ils ne puissent se défendre.
Ils se retrouvent alors en fâcheuse posture, entravés par un équipement de trente kilogrammes sur le dos. A cela il faut rajouter leur heaume, les nombreux compléments de leur armure, et leur lourde épée. Ils ne peuvent espérer se relever, pour continuer à combattre, qu’avec une aide extérieure. S’ils sont désarçonnés au milieu du champ de bataille, surtout du côté de l’ennemi, c’en est fini pour eux.
Le bassinet à bec de passereau est profilé pour dévier lances et projectiles arrivant de face. Azincourt sonne le crépuscule de la chevalerie féodale. Trop lourde, incapable de se mouvoir avec aisance, et de manœuvrer rapidement.
Lors du siège d’Harfleur, et tout au long de son périple pour arriver à Azincourt, Henry V perd la presque totalité de ses chevaux. Dépourvu de sa cavalerie, il va tout miser sur l’excellence de ses redoutables archers.
Ce corps de fantassins, particulièrement discipliné, a subi un entraînement sérieux, notamment celui de la « manœuvre du piquet ». Une partie de cette troupe est équipée de piquets (longs pieux de bois de deux mètres de longueur, munis à leurs extrémités d’une pointe en fer).
Ils sont destinés à être plantés dans le sol, inclinés vers l’assaillant, et à briser la charge de cavalerie ennemie en visant leurs montures. Ce système va être terriblement efficace à Azincourt.
Les rangs des chevaliers français sont si serrés lors de la charge, qu’il est pratiquement impossible pour eux, une fois lancés, de s’arrêter.
Après cette grande victoire, les Anglais rejoignirent Calais pour retourner en Angleterre. Ce repli sera de courte durée.
Après le désastre d’Azincourt les Drouais ont peur. Leur comte est mort. Plus que la défaite, la bataille d'Azincourt, qui se déroula le 25 octobre 1415, est la preuve d'un retard et d'une désorganisation rares pour les Français.
Cette bataille, où les cavaliers française furent mis en déroute par des archers anglais très inférieurs en nombre, est souvent considérée comme la fin de l'ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée. Cette suprématie se renforcera par la suite avec l'invention des armes à feu.
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