De nombreux avions britanniques et américains se sont écrasés dans le département de l'Yonne durant la dernière guerre 39-45.
Parmi eux un avion B17F, le bombardier le plus connu de la guerre, (l'ancêtre de nos Boeings), de la 560ème escadrille du 388th Bomber Group de l'Us Air Force, le "Slightly Dangerous" s'est écrasé à La Chapelle Champigny, le 6 septembre 1943.
La forteresse volante faisait partie d'une formation qui avait quitté Knettishall en Angleterre pour aller bombarder le centre industriel d'armements à Stuttgart en Allemagne .
C'est à son retour que le "Slightly Dangerous" a été descendu par un des 6 chasseurs allemands Focke-Wulf 190 à ses trousses.
Touché par un obus de 20 mm incendiant ses réserves d'oxygène, il est tombé dans le haut de La Chapelle-Champigny, rue de Beaumont.
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Sur les 10 membres de l'équipage, 5 ont été tués sur le coup et une campestrienne, Madame Marie Dumant a été mortellement blessée alors qu'elle regardait les événements à sa fenêtre.
Les 5 aviateurs survivants ont réussi à sauter en parachute avant le crash.
Le pilote Demetrios Karnesis s'échappa à travers les bois de Champigny après avoir dissimulé son parachute sous un buisson.
C'est la famille André de la ferme de Chapitre qui l'a caché dans une cave creusée dans la roche (la cabane de la forêt à Magloire) et qui l'a mis en contact avec un réseau local de résistance.
Il put rejoindre ainsi l'Angleterre à la fin du mois d'octobre.
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Le copilote John W.George fut recueilli par la résistance du Loiret et gagna Londres grâce à une personnalité de la résistance française.
Richard Loveless, l'un des mitrailleurs qui se distingua en abattant deux chasseurs allemands durant la bataille, se cassa une jambe en sautant de la carlingue en flammes.
Il fut hébergé par la famille Bouchy mais ayant été repéré par les allemands, il fut capturé quelques jours après et emmené à Sens.
De là il fut transféré dans un stalag le 15 septembre.
Les deux autres parachutistes survivants furent malheureusement immédiatement accueillis par les allemands.
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C'est en 1947 que le maire Louis Marcel Cornu a pris l'engagement de cette commémoration annuelle et fait ériger un monument rue de Beaumont à la Chapelle Champigny.
Une réplique de la forteresse volante B17F, baptisée Pink Lady a survolé le cimetière l'année dernière en mémoire du 6 septembre 1943.
Le Pink Lady a fait des apparitions dans plusieurs films comme la Grande Vadrouille, la Bande à César ou Memphis belle.
Depuis peu, il a pris sa retraite dans un superbe hangar au Musée volant où vous pouvez toujours l'admirer.
Les récits du pilote le 1er lieutenant Demetrios Karnezis et du co-pilote le 2ème pilote, le 2ème lieutenant John W. George, survivants et évadés, sont les sources plus fiables et les plus intéressantes:
Monsieur Arnaud Prudhomme les a traduits pour un numéro d'Air Magazine en 2007 dont nous donnons quelques reproductions ci-dessous.
Son article est basé sur le dossier préparé par Gérard Gallot(en ligne).
Le parachute caché sous le buisson à la lisière de la forêt a été récupéré par monsieur Bénard dit "Bijou".
Sa toile a permis de confectionner des chemises et notamment une robe de baptême ou de mariage.
Champigny sur Yonne est le seul village français qui conserve les dépouilles de cinq aviateurs américains dans son cimetière et honore leur mémoire ainsi que celle de Marie Dumant victime civile du crash, chaque année le 6 septembre, devant une stèle qui leur a été consacrée en 1947.
Une rue a même été baptisée rue du 6 septembre 1943, c'est dire si cet événement est devenu un lieu de mémoire!
Le village de Champigny fut occupé par les allemands du 17 juin 1740 à août 1944.
La kommandantur était logée au "Gai-Logis" et les soldats dormaient au château et à l'école de La Chapelle .
Il leur arrivait de piquer des patates, notamment chez madame Percheron car ils raffolaient de "l'abondance de Metz "qui est considérée en France comme une patate très productive mais de peu de saveur, une "patate à cochon".
Lorsque monsieur Alphonse Gallot maçon et musicien faisait ses gammes à la basse, il ne manquait pas l'occasion d'interpréter l'internationale ou la marseillaise, au passage des allemands.
Que s'est-il passé dans la journée du 6 septembre 1943?
Touché par des obus de 20 mm, l’appareil a pris feu et s’est écrasé sur une maison de la rue Beaumont, faisant de la propriétaire, Marie Dumant, une victime civile.
Sur les dix hommes d’équipage, cinq ont sauté de l’appareil en feu et ont été secourus et cachés par les habitants.
Le sort d'un quelconque groupe d'aviateurs engagé dans les hostilités est de diminuer inévitablement en nombre.
Naturellement, le rythme des pertes varie.
Les avions et les équipages des escadrilles de bombardement qui arrivèrent en Angleterre durant l'été 1943 ne restèrent pas longtemps en scène.
Alors que l'escadrille était l'unité volante de base dans l'Army Air Force, on effectuait normalement les opérations sur la base du groupe, particulièrement en ce qui concernait le bombardement lourd.
Chaque "bomb group" ( le mot "bombardement" était normalement abrégé en "bomb" dans le jargon de l’US Air Force) était doté de quatre escadrilles qui restaient siennes tout au long de son existence.
Il n'y eut d'abord qu'un petit nombre d'hommes affectés au groupe, la plus grande partie de l'enrôlement se faisant à Wendover Field, dans l'Utah, de Février à Avril 1943.
C'est là que les navigants et les équipes au sol, frais émoulus des camps d'entraînement, étaient intégrés à un noyau déjà existant.
Les B-17 D et E déjà fatigués étaient affectés à l'entraînement des équipages au bombardement et au vol en formation.
La rumeur, prompte à brocarder les institutions militaires à l'époque, laissait croire que le groupe emmène ces bombardiers vieillissants et usés à la guerre.
Cette rumeur s'avéra heureusement non fondée lorsque le 388ème BG passa à la Base de Sioux City dans l'Iowa pendant les premiers jours du mois de Mai.
Des B-17 flambant neufs y étaient attendus, la plupart sortant de chez Boeing, avec en plus quelques avions venant des usines Douglas et Vega.
La dotation unitaire d'une escadrille était de dix avions, neuf d'entre eux étaient affectés aux neuf équipages de combat, le dernier étant l'avion d'Etat-major piloté par le chef de l'Escadrille et les Officiers les plus élevés en grade, même s'ils ne constituaient pas un équipage de combat.
Leur avion était en réalité un appareil de réserve.
Les noms de baptême étaient un ornement toléré sur le nez des bombardiers dans la plupart des unités destinées au front.
Le numéro de série officiel représentait en effet une identité fade, alors que les noms individuels étaient appréciés en tant que référence plus facile et plus personnelle parmi les membres du groupe.
KNETTISHALL était encore en construction mais la piste d'envol, à l'exception de quelques aires bétonnées dans la zone de dispersion, était finie.
Un seul hangar était utilisable et beaucoup de logements préfabriqués n'étaient pas terminés, aussi donna-t-on au début de grandes tentes aux équipes de personnels au sol.
Les préparatifs de combat furent accélérés, en particulier l'entraînement des navigants aux procédures de combat.
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