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Pour comprendre l'histoire de l'automitrailleuse Simca à deux moteurs, il est essentiel de connaître le contexte de l'époque et les figures clés qui ont contribué à son développement.

Louis Delagarde : Un Ingénieur Visionnaire

Louis Delagarde est né le 4 septembre 1898 à Vitry-le-François. Il s’engage en 1917 dans l’artillerie et, selon ses camarades, prépara Centrale pendant les périodes d’accalmie « à cheval sur le fût de son canon ». Affecté dès son retour du front à une unité de chars Renault E.T., au commandement d’une section. Embauché comme dessinateur chez Panhard et Levassor, il y terminera sa carrière en 1975 chef du bureau d’études. Les raisons de son choix ?

Dès son entrée chez P et L, Delagarde est affecté aux études et mises au point des gazogènes. L’armée était donc réduite pendant cette période, à explorer toutes les possibilités techniques pour ne pas risquer d’être clouée au sol en cas de conflit.

Le Contexte Militaire et Technique

Pour être plus performantes, les armées durent très tôt se motoriser. Cela passa d'abord par l'adaptation de types de tourisme. La progression des vitesses révélée par les grandes courses de ville à ville est attentivement notée par les militaires. La première automobile de l'histoire est un véhicule militaire. Aux grandes manœuvres du Sud-Ouest, en 1897, la presse fait mention d'une automobile utilisée par l'état-major français.

P et L hérita, en 1932, de l’étude d’une automitrailleuse de découverte destinée à accomplir des missions autrefois réservées à la cavalerie. Les matériels antérieurs étaient bien peu fonctionnels et comportaient essentiellement un châssis de camion protégé par des plaques de blindage, moyennant quoi, tout coup au but d’une arme anti-char stoppait définitivement l’engin.

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Quand Delagarde fut chargé de l’étude de ce matériel, se souvenant des nombreux combats de 1917-1918 auxquels il avait participé, il commença par disposer sur ce prototype le pont arrière dans un caisson faisant saillie à l’intérieur du véhicule pour le protéger d’un tir direct.

Les Premières Automitrailleuses

Auparavant, l'entreprise CGV avait étudié une automitrailleuse. En fait de blindé, il s'agissait d'un baquet blindé placé à la place des sièges arrière d'une voiture ordinaire. En 1906, avec le concours du commandant Guye, CGV présenta au ministère de la Guerre un nouveau modèle, une automitrailleuse blindée. il semble que l'armée ait utilisé 4 automitrailleuses Charron. Le capitaine Renaud concevra lui aussi un véhicule blindé, sur la base d'une voiture de tourisme Peugeot. Ce véhicule disposait d'une mitrailleuse de 8 mm et d'un canon de 37 mm.

En octobre, une centaine d'automitrailleuses blindées est commandée chez Renault. Panhard furent commandés, pour être expédiés au Maroc.

L'Après-Guerre et les Gazogènes

Pour Delagarde, son premier travail après l’Armistice de 1940, fut de développer la fabrication des gazogènes pour éviter la paralysie du pays, et de les adapter aux autobus et aux autorails de la SNCF. Dans un pays à reconstruire, miser sur des voitures de luxe aurait été une erreur, d’autant plus qu’un tel programme n’aurait pas reçu l’aval de l’Administration mise en place par Vichy.

Entre temps, Delagarde avait construit, dans cette optique, un flat-twin de 610 cc à refroidissement par air et le hasard voulut que le moteur du prototype AFG mis à la disposition de Panhard rendit l’âme dès le premier essai.

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Simca et la Guerre

D'après 1935. Simca, filiale de Fiat, est exclue des marchés officiels. la méfiance des militaires, qui en commandèrent peu. En Italie, c'est la petite Fiat Topolino (Simca 5 en France) qui fut utilisée par les troupes italiennes comme véhicule de liaison.

Adoptée par l’armée française et réquisitionnée par l’armée allemande dès 1940, la Traction est allée pendant la Seconde Guerre mondiale des sables de Libye aux glaces de Stalingrad. Elle est devenue le véhicule emblématique des hommes de la Résistance et des maquis, reconnaissable à ses grandes lettres peintes FFI sur les portières pendant la Libération.

Les origines de Simca remontent à un français né en Italie du nom de Henry Théodore Pigozzi, qui fonda en 1926 une société pour importer puis assembler des voitures Fiat vendues en France. Avec le soutien financier de Fiat, Pigozzi acheta une usine à Nanterre en 1934. La firme connut un grand succès avec la Simca Cinq, version française de la très populaire Fiat 500 « Toppolino ».

L’emploi initialement prévu par l’ armée pour justifier l’achat de la moitié du stock de ces minuscules voitures est alors « la liaison dans les services de l’administration centrale et des services en remplacement d’un certain nombre de voiture 4/6 places (300ex.) , service de santé, voiture de vaguemestre dans les unités (200 ex.) », ces dernières en fourgonnette.

Autres Automitrailleuses et Véhicules Militaires de l'Époque

Cette AMD, conçue sur un châssis de camion Chevrolet américain 6×4, est très inspirée des BA-6 russes. Environ 70 exemplaires furent construits par l’ usine Hispano-Suiza de Barcelone, certains armés de la tourelle du T26 russe et d’autres d’une tourelle de fabrication espagnole et armés d’un canon d’origine française le 37 SA-18, vraisemblablement récupérés sur de vieux Renault FT donc l’Espagne s’était doté dans les années 20. Ces AMD, très médiocres selon les dires des combattants, furent affectées à des unités de cavalerie ayant pu s’échapper de Dunkerque et participèrent aux derniers combats de juin 1940.

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En mai 1940, elles doivent être remplacées par des chars de cavalerie Hotchkiss H39 mais 54 sont toujours affectées dans les 1er, 3e, 4e, 6e et 7e GRDI ainsi qu’au 2e régiment de chasseurs d’Afrique portés en Tunisie. Quelques unités reformées en juin 1940 après Dunkerque, comme le 8e régiment de cuirassiers, reçoivent des P16 obsolètes, rapidement perdues. Les P16 stationnées en Afrique du Nord sont transférées en mai 1941 au 3e régiment de chasseurs d’Afrique puis en juillet au 5e RCA d’Oran.

Les automitrailleuses White acquises en 1918 sont mécaniquement à bout de souffle au début des années trente. La firme Laffly est choisie pour équiper les nouveaux engins et après la conclusion de la campagne d’expérimentation menée en 1931 et 1932, une commande de 60 exemplaires est passée. Une seconde commande concerne 36 véhicules ce qui permet de modifier la moitié du parc d’automitrailleuses White.

La Panhard AMD 178 de 1935 à était construite en très grand nombre, elle pouvait servir à la reconnaissance mais aussi au soutien d’infanterie. Automitrailleuse de découverte Panhard AMD 178. 8ème cuirassiers, 2ème Division Légère Mécanique, France mai 1940.

Développé par Renault dès 1932, ce modèle a été commandé en 1933 par la cavalerie française. Un total de 123 aurait été construit jusqu’en 1935. L’AMR 33 était légèrement armée et blindée. Elle était très rapide pour l’époque, mais s’est avérée mécaniquement peu fiable, en particulier à cause de ses éléments de suspension qui étaient trop faibles. En 1940, Elle est dédiée aux divisions légère de cavalerie fournissant un appui de feu aux divisions motorisées, à l’infanterie et à la cavalerie à pied.

L’AMR 35 est une version dérivée de l’automitrailleuse Renault VM (ou AMR 33). Le 5ème RDP perd toutes ses AMR entre le 14 et le 17 mai 1940. Les 4ème et 1er RDP perdent leurs AMR dans la bataille de Belgique puis le repli jusqu’à Dunkerque.

Douze premiers AMC 35 ont été employés pour équiper le 11e Groupement de Cavalerie; alors cinq Corps-francs motorisés ont été formés, chacun a été équipé de sept chars, mais seulement cinq AMC 35 pourraient d’abord être préparés pour eux ; sept autres ont été livrés plus tard. Les équipages ont rapporté que le matériel était peu fiable, et qu’ils ont extrêmement souffert de leur courte portée en terrain accidenté.

La Jeep : Un Symbole de la Guerre

Il existe plusieurs explications possibles quant à l'origine du nom jeep, qui se prononce « djip » en anglais. Elles sont toutes assez difficiles à vérifier. Traditionnellement, il est admis que ce nom fait référence au projet initial proposé par Bantam puis finalement développé par la Ford Motor Company sous le nom de code de « Ford GP-W ». GP signifierait soit General Purpose (« usage général »), soit Government Purposes (« usage gouvernemental »). Le mot jeep pourrait donc venir de cet acronyme « GP », prononcé en anglais « djipi ». Cette étymologie, que l'on retrouve dans tous les dictionnaires français, est pourtant controversée.

Il est aujourd'hui plus couramment admis que le nom de jeep provient d'une bande dessinée des années 1930, Popeye d'E.C. Segar, où apparaît en mars 1936 un animal imaginaire du nom d'Eugene the jeep (appelé Pilou-Pilou en français). « Jeep » est alors une onomatopée habituellement utilisée par les dessinateurs pour imiter le cri d'un oisillon. Habile et possédant des facultés extraordinaires, ce petit animal de la jungle est capable de se sortir de situations difficiles. Ce surnom de « jeep » serait alors attribué au véhicule en raison de ses caractéristiques exceptionnelles.

Soumise aux tests des militaires, la Jeep révéla un certain nombre de faiblesses mais aussi d'immenses qualités. Malheureusement le poids de 530 kilos ne fut pas réalisable. En effet, le prototype pesait 920 kilos et par la suite le poids sera de 1 000 kilos environ selon les versions (ma, mb, m201, m38, m38a1 et mutt).

Willys, devenu à la fois le plus performant et le moins cher (739 dollars), décroche donc le premier contrat pour la fabrication du modèle MB, résultant d'un mélange des prototypes Willys MA et Ford GP. Suivant les règles du Quater Master Corps de l'US Army, les plans et brevets du véhicule appartiennent au gouvernement qui a le libre choix de ses fournisseurs. Face à la tournure des évènements mondiaux, l'US Army augmente rapidement sa demande et Willys révèle rapidement ses limites en capacité de production journalière. Ford tire donc son épingle du jeu, en proposant de prendre la moitié des volumes de Willys pour doubler la quantité de véhicules produits. Début 1942, Ford reçoit ses premiers contrats de production. Le véhicule s'appelle Ford GPW.

Tableau Récapitulatif des Véhicules Militaires Mentionnés

Véhicule Constructeur Année de Production Utilisation Principale
Automitrailleuse Panhard AMD 178 Panhard 1935 Reconnaissance et soutien d'infanterie
AMR 33 Renault 1933-1935 Appui de feu aux divisions motorisées
Simca 5 (Fiat Topolino) Simca/Fiat 1936-1949 Véhicule de liaison
Jeep (Willys MB/Ford GPW) Willys/Ford 1941-1945 Véhicule polyvalent

Conclusion

L’EBR et la Dyna furent lancés en même temps et tous les deux connurent une glorieuse carrière. Quand on examine la carrière de Louis Delagarde, on constate très rapidement qu’elle s’est déroulée en fonction d’un nombre réduit de critères. Il avait trouvé chez P et L, la situation qui correspondait à ses goûts profonds, ce qui explique sa modestie, la confiance de ses relations d’abord avec Paul Panhard mais surtout avec Jean Panhard et la nature des rapports avec ses collaborateurs qu’il a toujours vouvoyés, les considérant d’abord comme des hommes, analysant leurs erreurs, non pas pour les rabrouer mais pour les aider à s’améliorer.

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