Les premières voitures blindées Peugeot furent produites à la hâte en 1914, à partir d'un modèle commercial 4 x 2, la Peugeot 153. Une mitrailleuse était installée en position centrale sur un pivot à l'arrière du véhicule. Plus tard, l'engin fut doté d'un canon de 37 mm, tandis qu'on renforçait les grandes plaques de blindage de 5,5 mm d'épaisseur afin d'obtenir une meilleure protection d'ensemble ; mais il n'y avait toujours pas de toit.
Les voitures blindées Peugeot mises en service par la suite ne présentaient guère de ressemblances avec ces premiers essais. Une plaque de blindage inclinée recouvrait désormais l'habitacle du conducteur ; le moteur et le radiateur étaient protégés de la même façon, mais les roues gardaient leurs rayons métalliques d'origine. Le supplément de poids dû au blindage avait été partiellement amorti par l'installation à l'arrière de roues jumelées.
Un pivot central pouvait accueillir une mitrailleuse, mais le canon de 37 mm, logé derrière un bouclier d'acier incurvé, se faisait de plus en plus fréquent. C'était une version du fameux canon de campagne modèle 1897 qui tirait un obus perforant et dont la longueur du tube avait été réduite de moitié. La voiture blindée Peugeot disposait ainsi d'une modeste puissance de feu, qui lui permit en quelques occasions d'appuyer l'infanterie. Elle fut armée parfois de deux mitrailleuses.
Voici les caractéristiques générales de la voiture blindée Peugeot :
Dans les premiers mois de 1915, cependant, les véhicules blindés se virent contraints à l'inaction, exception faite de quelques patrouilles à l'arrière du front. Il leur fallut attendre 1918 - il n'en restait plus guère alors - et les vastes offensives allemandes sur plusieurs points des lignes pour pouvoir de nouveau jouer leur rôle au cours des combats « fluides » qui suivirent.
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En Août 1914, quelques unités de cavalerie française sont équipés de Peugeot AM. Dans les premiers stades de la guerre de mouvement, ils ont pu montrer leur plein potentiel dans le soutien de l’infanterie dans des raids derrière les lignes ennemies, mais déjà en 1915, avec la stabilisation du front, ces véhicules ont montré leurs limites en étant reléguée aux patrouilles sur les routes principales.
Parallèlement à la Peugeot 1915, d'autres nations ont développé leurs propres véhicules blindés :
Les blindés français font leur première apparition au combat le 16 avril 1917. Les généraux en chef des armées alliées, réunis à Chantilly en novembre 1916, conviennent de lancer une offensive en plusieurs points du front.À cette date, les chars seront employés dans un couloir de 6 à 9 km de largeur, au côté de la Ve armée, entre Craonne et l’Aisne. L’unité tactique est le groupe, commandé par un commandant ou un capitaine, constitué par quatre batteries de quatre chars. Au total, huit groupes soit 128 appareils répartis en deux groupements, conduits respectivement par les commandants Bossut et Chaubès, participent à l’attaque du 16 avril.
Au jour de l’attaque, le terrain est boulversé par les tirs d’artillerie, se prête pourtant à leur progression, mais il est offert partout à la vue de l’ennemi. Les blindés exercent principalement un rôle de soutien, leur mission constituant à appuyer la progression de l’infanterie au cours de l’attaque des troisième et quatrième lignes allemandes.
La bataille sans être un fiasco, ne sera pas non plus un succès. La dernière ligne allemande, résiste, forçant les troupes françaises à se replier. Quant aux chars, ils ont largement prouvé leur inssuffisances techniques; beaucoups tombent en panne avant même d’avoir engagé le combat, les autres insuffisamment protégés flambent ou résistent mal à l’artillerie adverse. Ainsi sur les 128 appareils partis au combat, 76 sont restés sur le terrain, dont 57 ont brûlé. Ces accidents sont dus à une trop grande quantité de conbustible et d’explosifs deux bidons de 50 litres étaient fixés à l’arrière du char!
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L’attaque encore une fois ne sera pas concluente et les douze batteries de chars engagées devront rejoindre leur positions de rassemblement le 7 mai au soir après deux jours de combat, ce n’est que le 23 octobre 1917, sur le plateau de Malmaison, que les chars prouveront réellement leurs qualités. Quelques 70 000 Allemands y seront mis hors de combat, dont 11 200 prisonniers.
Il n’en demeure pas moins que ces combats de l’automne 1917 confirmèrent la vulnérabilité des chars lourds dans un terrain semé d’obstacles. Sur 63 chars engagés, 27 n’ont pas dépassé les premières lignes françaises, 15 autres sont tombés en panne dans la position allemande et 21 seulement ont joué un rôle efficace.
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