La notion d’instinct est souvent assimilée à l’absence totale de visée. L’archer instinctif tirerait ses flèches comme mû par une sensation imprécise et finalement intraduisible. C’est finalement la place laissée par l’absence de tout accessoire mécanique de visée qui caractérise le tir instinctif.
« ….. Dans son image la plus pure, le tir d’instinct se définit par une action spontanée, non raisonnée; l’enfant nous renvoie très bien cette image dans son maniement personnel de l’arc. Il regarde la cible et dans une gestuelle simple voire désordonnée, il arme son arc dans un mouvement court vers l’avant ou ample vers l’arrière selon que l’objectif lui semble proche ou éloigné; il s’agit de sa projection dans l’espace.
Cette façon de tirer est la première étape dite phase primaire qui pourrait assurer quelques tirs précis mais trop irréguliers. La seconde phase du tir instinctif que je qualifie « d’éduqué » permettra de devenir un archer plus constant dans ses tirs avec le choix d’une gestuelle précise, bien synchronisée dans son rythme et presque identique à chaque armement de l’arc.
Cet archer bien axé dans l’espace appréciera naturellement la distance qui le sépare de la cible sans toutefois l’évaluer mathématiquement. Il y a donc réellement visée consciente et organisée et non pas lâcher de flèches au hasard.
C’est dans la technique de visée que réside la différence fondamentale avec d’autres pratiques. Schématiquement, la concentration du regard sur le centre de la cible en vision nette va se conjuguer avec la vision périphérique floue de la position de la main d’arc dans l’espace par rapport à la cible et ceci permettra de définir la hauteur du bras d’arc.
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Les postures et placements, s’ils sont en certains points différents de ceux appliqués au tir classique avec viseur, ils requièrent la même exigence dans leur répétition, leur qualité, leur régularité et leur précision. Ils concernent tout autant les membres inférieurs, le bassin, le tronc et la tête.
Pour le moment je présente aussi 2 techniques hélas différentes. La première pour des cibles à 5-15 m est assez rapide. Je mets la pointe où je souhaiterai que ma flèche aille, j'arme, j'arrive à mes repères et je lâche. Tout cela se fait avec dynamisme. Trop à mon sens ( surtout à 5 m ). C'est plutôt le tir bourrin.
La deuxième est plus cool. Elle est corrélée avec la distance, plus c'est loin plus c'est cool. En fait plus c'est loin plus je m'applique. Alors j'essaye de lisser ma technique. Il faut que j'arrive à obtenir la même technique de 5 m à 40 m. Si on me filmait, il faudrait que l'on soit incapable de dire à quelle distance je tire.
Comparons la technique d'un archer classique tirant à 18 m ou à 70 m. C'est pratiquement la même !
On parle de tir instinctif... que l'on quitte si l'on vise avec la pointe de sa flêche! Le fait de décocher en arrivant à l'encrage n'est pas nécessairement "bourrin" c'est du snap shooting. Le tir instinctif, le snap shooting, donc très proche du tir de chasse nous amène au ball trap, et la pas le temps de réfléchir 2 plombes... c'est pour moi le tir instinctif, appliqué mais réactif les yeux rivés sur le point à atteindre.
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Quand tu t'entraines n'hésite pas à travailler un point de ta séquence de tir, et que celui là pendant 100 flêches et plus, le répéter jusqu'à l'automatiser et passer à autre chose... y revenir si il faiblit (conseil: Armand Mamy-Rahaga, super intéressant lui aussi).
Tu peux aussi te placer à une dizaine de mètres face à une butte de tir et enchainer les flêches en ne te concentrant que sur le développement de ta gestuelle sans chercher à toucher un point précis, et donc ne pas fragmenter son attention et sa concentration. (méthode Coche pour bien sentir son geste, y compris les yeux fermés!)
Le tir instinctif s'acquiert par répétition jusqu'à automatisme et donc oubli...
Donc pour moi pas de problème à tirer + de 5 flêches en entrainement à la paille à la même distance, en billebaude c'est différent... dans les bois c'est la que l'on fait ses plus belles flêches! Distances inconnues 1 ou 2 flêches de 5 à 35 m sur de petites cibles voir toutes petites! la magie totale...
Cela fait maintenant quelques années que j'ai commencé à chasser à l'arc. La chasse à l'arc est pour moi une occasion de plonger dans les instincts les plus primaires du chasseur, une manière d'équilibrer les chances entre l'Homme et l'animal, un moyen pour se remettre en question et réapprendre à chasser.
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Tirer instinctivement signifie tirer une flèche d'un arc en coordonnant seulement les activités de la main d'arc, de l'oeil, du corps et de la mémoire instinctive. Cette citation résume parfaitement ce qu'est le tir instictif. À contrario de ce que l'on réalise avec un arc équipé d'un viseur, le tir instinctif est un mécanisme mental, qui par l'expérimentation, permet à la flèche de toucher le point visualisé.
Pour simplifier, à force d'entrainement le cerveau enregistre inconsciemment la gestuelle et la position de nos membres pour ensuite corriger en fonction du résultat obtenu leurs positions. Reprenons un sport bien connu en France pour faire une analogie avec ce que j'ai écrit plus haut. À force d'entrainement, les tireurs à la pétanque enregistrent mentalement la gestuelle à effectuer en prenant en compte la distance, le poids de la boule en main et le mouvement du bras lors de chaque lancé (si bien que les meilleurs joueurs réussissent leur tir avec un taux moyen proche des 95%).
Il me faudra cependant encore de nombreuses heures d'entrainement avant que l'idée de chasser avec ce type d'arc me vienne à l'esprit.
Le livre propose aussi énormément de conseils sur l'entrainement au tir instinctif. La billebaude peut se pratiquer presque partout. Dans un champ à découvert, dans un bois avoisinant, dans un fossé d'irrigation. Vous ne tirerez jamais deux fois sur la même cible.
De mon point de vue, les conseils prodigués dans ce manuel sont absolument essentiels pour qui veut pratiquer un entrainement en autodidacte. Il est sûr que aucuns livre ne peut remplacer un formateur expérimenté mais celui ci est tout de même une excellente base pour débuter.
Le tir nature, en particulier, permet de s’entraîner dans des conditions réalistes.
Contrairement au tir à l’arc classique que l’on voit souvent à la télévision, où l’archer reste statique, le tir nature est un parcours itinérant. Vous progressez à travers une forêt, d’une cible à l’autre, sur un total de 21 cibles. Chaque cible (ou blason) représente un animal, avec deux zones distinctes : une zone « blessée », qui couvre la quasi-totalité de l’animal, et une zone « tuée » qui délimite l’espace où se situent les organes vitaux de la bête.
Il est intéressant de noter que, bien que le tir nature soit un entraînement à la chasse, très peu d’archers en clubs (environ 10 % chez nous) sont réellement chasseurs.
L’archer tire deux flèches par cible. La première rapporte plus de points que la seconde. Quand vous tirez la deuxième flèche, vous savez que vous avez tiré trop haut ou trop bas et vous pouvez corriger votre tir, c’est pourquoi elle rapporte moins de points.
Pour ne pas vous faciliter le travail, vous n’allez pas tirer vos deux flèches du même endroit, sauf si vous êtes un enfant de moins de 15 ans.
Pour corser l’histoire, à partir du moment où vous avez atteint le 1er piquet, vous avez 45 secondes pour tirer vos deux flèches. Donc les cibles ne seront jamais à la même distance et les blasons ne sont jamais de la même taille. On tire de 5m à 40m. les cibles situées entre 5 et 10m ont une zone « tuée » assez petite et c’est un tir pas aussi facile qu’on pourrait le penser eu égard à la trajectoire d’une flèche.
Le maximum à atteindre est de 35 points par cible, soit 735 points au total pour un parcours. Le nombre de point variera également en fonction de la zone touchée :
Le tir nature se pratique également sur des cibles 3D, ce sui rend le tir encore plus réaliste… et plus cassant pour vos flèches, puisque rien n’arrête leur course si vous ratez.
Le tir nature requiert un matériel adapté et des compétences spécifiques. Les cibles sont situées à des distances variables, allant de 5 à 40 mètres, ce qui oblige l’archer à ajuster sa visée. Par exemple, les cibles proches nécessitent de viser plus bas, car une flèche monte légèrement avant de descendre vers sa trajectoire finale. L’un des premiers exercices consiste donc à trouver son « point zéro », c’est-à-dire la distance à laquelle la flèche atteint exactement le point visé sans modification de la trajectoire.
On mesure leur puissance en livre et leur taille en pouces : merci les anglais…
Les flèches se déclinent en bois, en fibre de carbone ou en aluminium, avec des pointes adaptées à chaque usage. Le spin de la flèche, c’est-à-dire sa capacité à se déformer sous la poussée de la corde, est crucial pour assurer une trajectoire précise. Une mauvaise adaptation du spin peut avoir des conséquences néfastes, y compris sur la sécurité.
L’allonge est également un élément clé pour choisir ses flèches et son arc. Elle se mesure en fonction de la taille de l’archer et permet de définir la longueur optimale des flèches. La bonne allonge vous permettra d’être plus stable au niveau de la visée, d’effectuer de meilleures décoches et une plus grande facilité à effectuer des tirs en position difficile (mirador, assis, etc).
En position debout, les mains en croix (bras bien perpendiculaires au corps), adossé à un mur, mesurer la distance entre chaque main à partir du majeur. Ensuite, diviser cette mesure par 2.5. Puis par 2.54 pour transformer les cm en pouces. Cela vous donnera votre allonge de base pour choisir votre prochain arc et couper vos flèches à la bonne distance. Inutile d’alourdir vos flèches avec de la matière inutile
En ce qui concerne les pointes, il y en a pour tous les usages. Certaines sont en forme de lame tranchantes, bi lame, tri lame… pour occasionner le maximum de dégâts et abréger la fin. D’autres sont destinée à la pêche avec de petits ardillons qui se déploient une fois qu’ils ont traversé le poisson, et d’autres encore sont équipées de petits crochets sur les cotés pour éviter que la flèche ne ripe et ricoche les plumes du petit gibier. Les pointes d’entrainement sont de simples ogives qui s’enchâssent dans ou sur le fut de la flèche.
Sans viseur, la constance de votre technique est absolument vitale :
Le tir instinctif est un voyage, non une destination. Il n'y a pas de raccourcis, juste de la pratique dédiée.
L’un des points importants c’est de pouvoir rencontrer d’autres passionnés de tir instinctif pour partager vos expériences. Les rencontres avec les Facteurs d’arcs vous permettront de mieux comprendre l’arme que vous utilisez, et le plus souvent, ils vous aideront à progresser dans votre technique.
Sachez que la plupart des Facteurs d’arcs français ont appris avec Jean-Marie Coche au sein de l’école de la Voie Médiane (du moins, les Facteurs d’arcs qui sont dans nos liens). C’est à travers cette école, malheureusement disparue avec son créateur, qu’était enseignée la méthode du tir à l’arc instinctif souple. Quelques uns de ses élèves ont créé un collectif pour que cette voie perdure : “Les Amis de la Voie Médiane”.
Les Amis de la Voie Médiane ont écrit une charte reprenant les points les plus importants à connaître, à comprendre, à vivre et à faire lorsque l’on parle de tir instinctif souple. Je vous encourage très fortement à lire cette charte, et à vous imprégner ce son contenu, qui est le fil conducteur de la discipline que vous avez choisi.
Afin d’être précis en tir, il faut contrôler le cycle de sa respiration. Un bon entraînement permet d’apprendre des automatismes: Respirer lentement, inspirer, expirer, plusieurs fois. Puis lorsque le cycle respiratoire est stable, inspirer, lever son arme légèrement au dessus de la cible et expirer lentement l’air contenu dans les poumons tout en abaissant sa ligne de mire face à la cible.
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