La cour d'assises de Poitiers est régulièrement le théâtre d'affaires criminelles complexes et souvent tragiques. Plusieurs affaires récentes impliquant l'usage d'armes à feu ont particulièrement marqué les esprits.
À Aslonnes, près de Poitiers, un homme a tué sa femme après une dispute sur fond de jalousie. Les relations dans ce couple sans enfant s'étaient visiblement dégradées depuis quelque temps. Lundi après-midi, une dispute éclate alors que le couple se promène à Poitiers.
L'homme rentre chez lui, seul, il s'empare d'un fusil et attend le retour de son épouse. Quand elle revient, un coup de feu claque, le quadragénaire abat sa femme d'une décharge dans le dos et à bout portant. L'homme prévient ensuite les policiers de Poitiers, il leur explique son geste et invoque une crise de jalousie.
Un homme de 83 ans était jugé en appel à Poitiers. La cour d'assises l'a condamné, comme en première instance, à 18 ans de prison pour assassinat.
Au moment des faits, il se dispute avec son ex-femme la propriété du hangar. Il voit aussi d'un mauvais œil Jacky, le nouveau compagnon de son ex-femme, dont il est divorcé depuis sept ans. "Si tu tournes autour de mon hangar, je sors mon fusil", prévient-il d'ailleurs.
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Dix jours plus tard, Gilles Bichon remarque un homme affairé à bricoler la serrure du fameux hangar. Son sang ne fait qu'un tour. Il attrape son fusil à plomb et tire deux fois, une fois dans le flanc, la seconde fois à la tête. Avec un sang-froid désarmant. Il tend le fusil à sa voisine qui est aussi sa locataire, lui demande d'appeler les gendarmes et lui explique qu'il faudrait désormais verser les loyers à son fils.
Jamais il ne se soucie de l'homme qu'il vient de tuer, qui n'est même pas Jacky, son rival, mais un serrurier de 58 ans qu'il n'avait jamais vu auparavant. À l'audience, il n'a fait preuve d'aucun regret ni égard pour la famille de sa victime.
"Il a placé la propriété privée au même rang que la vie humaine. Et ça, c'est indécent ! a fait remarquer l'avocate générale. Gilles Bichon n'a pas d'affect : il a un patrimoine.
Deux visions du dossier se sont opposées dans cette affaire de conflit familial futile soldé par une double volée de plombs. Son conducteur veut s’expliquer avec le père d’une jeune fille. Ce dernier demande à son beau-fils de se saisir de son fusil. Il tire et blesse Moïse qui reçoit des plombs dans le dos.
« J’ai eu peur, il avait une arme longue avec lui », a toujours assuré le jeune garçon de 22 ans mis en examen pour un tir dont il conteste la volonté homicide. Moïse conteste être venu armé. Mais la reconstitution organisée le mois dernier a battu en brèche certaines de ses affirmations.
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De quoi donner du « grain à moudre » à Me Djoudi qui défend le tireur et sa remise en liberté. L’avocat général Hervé Drevard ne l’entend pas de cette oreille, craignant une fuite de l’intéressé contre lequel il avait fallu lancer un mandat de recherches à l’époque. Il craint aussi des pressions sur des témoins jugés bien peu bavards. Et même des risques pour le jeune homme dans ce contentieux familial qu’il considère toujours pas franchement éclairci, ce qui laisse craindre des suites.
Me Djoudi ne comprend pas. « Vous nous dites qu’il reste des actes à faire, lesquels ? Les témoins ont été entendus, la confrontation est faite, la reconstitution aussi ! Il reconnaît les faits. Son beau-père, qui est mis en examen pour complicité de tentative de meurtre et qui avait fait l’objet d’un mandat d’arrêt dans cette affaire, est, lui, sous contrôle judiciaire.
La cour d'assises de la Vienne examine le cas de Pierre Baptiste, un commerçant de Poitiers ayant gravement blessé un syndic à coups de fusil de chasse. On avait un peu oublié en cet instant le drame survenu à l'audience du tribunal de commerce de Poitiers lorsque Me Michel Bérault, la victime, est venu à la barre le visage encore marqué par la charge de chevrotines qui lui a fait perdre un oeil.
Pierre Baptiste le considère comme l'auteur de sa ruine, mais le syndic a expliqué, méthodiquement, qu'il n'avait fait qu'appliquer strictement les règles du droit. Lorsque les avocats de la défense lui ont demandé si cette situation ne lui avait pas posé de cas de conscience, Me Bérault a seulement répondu sèchement : "Je n'ai pas l'intention de me confesser."
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