Guillaume Tell est une figure emblématique de l'histoire suisse, un héros dont le courage et l'esprit d'indépendance résonnent encore aujourd'hui. Son histoire, intimement liée à son arbalète, est un mythe fondateur de la Suisse, un symbole de la lutte contre la tyrannie et de l'aspiration à la liberté. Mais qui était réellement Guillaume Tell ? Mythe ou réalité ? Plongeons au cœur de cette légende.
La légende de Guillaume Tell se déroule au début du XIVe siècle, à une époque où les Habsbourg cherchaient à étendre leur domination sur la région qui deviendra la Suisse. Selon le Livre blanc de Sarnen (1474), Guillaume Tell, surnommé "le Tall", est un homme honnête qui a juré, avec Stauffacher et d'autres partisans, de résister aux seigneurs.
En ce dimanche 18 novembre 1307, Tell passe plusieurs fois devant le poteau coiffé d'un chapeau, symbole de l'autorité impériale, sans faire le geste de révérence exigé par le bailli Gessler. Dénoncé, il est arrêté et amené devant Gessler, l'administrateur local des Habsbourg, qui tyrannisait la population en leur imposant des impôts élevés et en punissant ceux qui osaient remettre en question ses méthodes.
Gessler, pour punir Tell de son insubordination, lui impose une épreuve cruelle : il doit percer d'un carreau d'arbalète une pomme posée sur la tête de son propre fils. En cas d'échec, Tell sera mis à mort. Malgré ses supplications, le bailli reste intraitable.
Guillaume Tell, confiant en son talent de maître arbalétrier, accepte l'offre, bien qu'il soit désemparé et craigne que la peur de tuer son fils ne perturbe son habileté. Son fils, Jemmy, l'encourage, lui donnant le courage nécessaire pour relever le défi. Avec une précision incroyable, Guillaume Tell transperce la pomme d'une flèche, sauvant ainsi la vie de son fils.
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Mais Gessler remarque que Tell dissimule un second carreau sous sa chemise et lui en demande la raison. Tell avoue alors que si le premier trait avait manqué sa cible, le second aurait été destiné au cœur du bailli.
Furieux, Gessler fait arrêter Guillaume Tell sur-le-champ. On l'enchaîne, on confisque son arme et on l'emmène d'abord à Flüelen, puis on l'embarque pour Brunnen avant de le mener au château du bailli à Küssnacht, où Tell doit finir ses jours dans une tour.
Pendant le transport en bateau, une violente tempête se lève sur le lac des Quatre-Cantons. Les gardes, craignant pour leur vie, libèrent Tell de ses liens, car il est le seul à connaître la manœuvre. Arrivé à proximité du rivage, Tell profite d'un moment de confusion pour bondir à terre au lieu-dit Tellsplatte, près de Sisikon, et repousser la barque d'un coup de pied.
Guillaume Tell se cache ensuite derrière un arbre sur la route reliant le Gothard à Zurich, attendant son heure. Il abat Gessler d'une flèche au moment où celui-ci débarque à son tour, mettant ainsi fin à la tyrannie du bailli.
Si la légende de Guillaume Tell est profondément ancrée dans la culture suisse, son historicité est sujette à débat. Le Dictionnaire historique de la Suisse indique que les hauts faits de Tell sont évoqués pour la première fois dans le Livre blanc de Sarnen (vers 1470) et dans le Tellenlied (vers 1477). Cependant, il est difficile de dire si le personnage a réellement existé.
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Les historiens reconnaissent le mythe fondateur, mais la véracité des faits relayés est moins évidente. D'autant plus qu'un auteur bernois a mis au jour, en 1760, une légende danoise quasi similaire du 12e siècle, mettant en scène un héros nommé Toko qui défie le roi Harald II en tirant une flèche sur une pomme placée sur la tête de son fils.
Malgré l'absence de preuves historiques irréfutables, Guillaume Tell reste un symbole puissant de la rébellion, de l'indépendance suisse et de la naissance de la Confédération helvétique. Comme l'écrit François Walter, "le tyrannicide s'érige en garant des libertés".
L'arbalète est l'arme emblématique de Guillaume Tell, celle qui lui permet de défier la tyrannie et de sauver son fils. Une arbalète peut être considérée comme un arc horizontal monté sur une crosse et utilisé pour tirer des flèches. On pense que les premières arbalètes ont probablement été inventées dans l’un des états de la Chine primitive ou dans les régions voisines d’Asie centrale, aux alentours de 400 avant J.-C.
Dans la légende de Guillaume Tell, l'arbalète symbolise la précision, la maîtrise de soi et la capacité à viser juste, même sous une pression extrême. De nos jours, l’arbalète est utilisée pour la chasse ou en tant que sport et loisir. L’arbalète en tant que loisir gagne de plus en plus en popularité et rassemble une communauté d’amateurs grandissante.
La légende de Guillaume Tell a inspiré de nombreux artistes à travers les siècles. Le poète allemand Friedrich von Schiller a écrit une pièce de théâtre en son nom en 1804, et le compositeur italien Gioachino Rossini a composé un opéra intitulé Guillaume Tell en 1829, dont l'ouverture est particulièrement célèbre. Le peintre espagnol Salvador Dalí a réalisé un tableau intitulé Guillaume Tell en 1930, et le peintre suisse Ferdinand Hodler a peint le portrait de cet arbalétrier hors pair en 1897.
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À Lausanne, une statue de Guillaume Tell trône devant le Palais de justice.
La Suisse est un pays où la possession d'armes à feu est un sujet de débat constant. "Il y en a approximativement 3,4 millions en circulation," estime l’ONG Small Arms Survey basée à Genève. Ce qui fait beaucoup pour un pays de 8 millions d’âmes.
Jusqu’au début des années 2000, cette situation ne portait guère à débat. Les millions d’armes en circulation sont des vieux mousquetons d’active, pas vraiment les Kalachnikovs et autres armes employées par le grand banditisme actuel.
De surcroît le mythe de la milice populaire était aussi chevillé à la psyché nationale suisse que celui de la dissuasion nucléaire à la nôtre. Ainsi, il était d’usage, une fois le service militaire régulier achevé, que les hommes emportent avec eux leur fusil d’ordonnance, à glisser sous l’oreiller…
Pour l’État, il s’agissait d’avoir une milice pour défendre le pays en cas d’attaque. « Pour nous, il s’agit aussi d’un souvenir et d’un certain attachement sentimental », explique Georg Stämplsi, un ancien conscrit.
Mais voilà, aujourd’hui, une bonne partie de l’opinion publique ne juge plus vraiment nécessaire ce système, particulièrement dans les villes et en Suisse romande. « Cette conception du citoyen-soldat date d’un autre âge », estime par exemple Peter Loosli, membre des Verts genevois. Et surtout, cette prolifération de fusils inquiète.
Le tournant s’est peut-être produit le 27 septembre 2001, deux semaines après le 11 septembre. Ce jour-là un homme lourdement armé fait irruption dans le parlement cantonal de Zoug et abat 14 personnes avant de se suicider. Le genre d’actes que la Suisse avait l’habitude de regarder sur CNN.
Car les homicides restent somme toute très peu nombreux. Sur les 15 dernières années, le nombre annuel de morts par arme à feu a oscillé de 20 en 2008 à 76 en 1997, avec une moyenne de 40 par an, soit des ratios plus faibles qu’en France par exemple. N’empêche que l’examen de conscience collectif a commencé.
Et certains experts comme le professeur Martin Killias, célèbre professeur de criminologie à l’Université de Zurich, ont montré que si les homicides sont très peu nombreux, en revanche, les armes tuent un peu plus qu’ailleurs dans le cadre domestique et notamment dans les violences familiales qui se terminent souvent par un suicide…
Les associations féministes sont alors montées au créneau, les partis de gauche aussi. Et en 2009, ils ont réuni les 100 000 signatures nécessaires pour une votation, le Graal de la démocratie suisse.
Le 13 février 2011, les Suisses ont donc été appelés aux urnes pour que les militaires soient obligés de laisser leur fusil à l’arsenal, et qu’il y ait un registre national des armes à feu.
Les lobbys pro-armes ont fustigé cette loi « liberticide ». « Désarmer les gens est le meilleur moyen de les rendre esclaves ». On croirait entendre la NRA, la fameuse association américaine, mais c’est le Swiss Gun Blog qui a mis la pensée pas tout à fait fraîche de George Mason (1725-1792) à son fronton…
Et ils ont été entendus, puisque la population a refusé de durcir la très libérale législation suisse, en la rejetant à 56,3 %. La Suisse des campagnes, celle de Guillaume Tell, tient à ses armes, celle des villes et des cantons francophones n’en veut plus.
Reste qu’en dépit de l’échec, et compte tenu de l’histoire suisse, ce résultat n’est pas considéré comme si mauvais par ceux qui ont ferraillé contre la prolifération.
Et le débat ne fait que commencer, d’autant que les tueries comme celle qui s’est produite à Daillon dans le Valais le 3 janvier dernier, le relancent périodiquement.
Il est rare qu’une déculottade rassemble autant d’épithètes élogieuses. Vous comprendrez que je ne partage pas entièrement cette démarche. Il s’agit de rattraper le retard français, la directive européenne de 1991 imposait les 4 catégories A,B,C,D. Nous aurons juste 19 ans de retard pour transposer le droit européen dans le droit national. Normalement, je ne pense pas qu’on doive présenter ça comme une réforme courageuse, on obtempère enfin, c’est tout ! On devrait même le faire discrètement.
Et des problèmes graves il y en a beaucoup. Un petit exemple : la disparition de la plainte préalable du Ministère de la Défense pour poursuivre un commerçant, disparue en 2004 au motif qu’elle « laissait les armuriers trop facilement échapper aux poursuites de la police » elle a simplement fait disparaître la possibilité de « couvrir » toutes les ventes et opérations bizarres de l’Etat. C’est une grande victoire de la démocratie, mais au niveau concret n’importe quel procureur ou juge d’instruction peut depuis 2004 aller mettre son nez dans des opérations qui étaient avant discrètes (opérations clandestines).
Il y a les notions qui empêchent de revenir en arrière, la systématisation du retrait des armes, l’augmentation des contraintes.
Alors d’où nous vient cela ? Que s’est il passé dans notre pays qui motive un tel texte ? Eh bien rien ! Nos cultures sont très différentes mais la culture canadienne possède en Bruno Le Roux un grand supporter.
L’histoire récente de la règlementation nous prouve que nos mentalités sont différentes : les Canadiens obéissent, les Français résistent. Ou sont passés les milliers d’armes surclassées en 4e catégorie en 1995 ?
Il s’est vendu en France des milliers d’AR15 en .222, de carabines USM1 en .30 short, de carabines .22 LR semi-automatiques AP74, Erma M1, Unique X 51Bis. Lors de leur passage en 4e catégorie, elles ont « disparu » en « s’évaporant ».
Et ils ont pris l’habitude de l’ouvrir à chaque réforme. Et ça vous n’y pouvez rien. Les Français sont intelligents, ils ont depuis longtemps compris le système, déclaration-classement-confiscation. Autrement connu en matière militaire sous l’appellation : localiser-identifier-détruire.
Et la création de carte d’identité, d’AGRIPPA, et tous autres systèmes trouve ses limites avec le peuple. La loi oblige à sécuriser ses armes dans son coffre-fort, certes mais si lors de mon décès mes héritiers ne retrouvent pas mes armes ?
La base du texte qui va être soumis aux députés, est la notion “de dangerosité avérée," cette notion au Canada a conduit à la création de listes d’armes auxquelles les chasseurs tireurs n’ont plus accès, les armes prohibées.
Donc il va y avoir du surclassement, MAIS comme la catégorie A (armes interdites) ne vise que les armes automatiques qui sont déjà inaccessibles au tireur, à votre avis on va rajouter quoi dans la catégorie A ? Ben, peut être des armes dont la « dangerosité sera avérée … ».
Le premier avantage de la notion de dangerosité avérée est que l’on met ce que l’on veut où on veut. Nous arrivons dans une insécurité juridique, qui est bonne pour démolir le commerce. C’est le même genre de principe de précaution.
Deuxième avantage du principe de dangerosité avérée : absence de statistiques à produire, on ne prouve pas la dangerosité, on la présume. En un sens, on retourne la charge de la preuve vers l’utilisateur, c’est ça qui est bien.
Non seulement on va avoir des armes surclassées mais en plus on va payer. Lisez donc l’article 36 « les charges qui pourraient résulter de l’application de la présente loi pour l’Etat sont compensées par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575A du Code Général des impôts ».
Alors si le Mauser est dangereux, cela va restreindre très sérieusement les matériels libérés. Je crois que tout le monde s’est illusionné sur une future règlementation de la collection « à la belge » mais je ne suis pas sûr du résultat actuel. Une collection « à la Le Roux » peut être ?
Que la Commission des Lois modifie le texte déjà très controversé en ajoutant un amendement pour neutraliser les répliques utilisant des munitions à étui métallique, démontre la méconnaissance des armes de nos législateurs.
Ainsi les armes de poings à étui métalliques seraient classées en catégorie B et les armes d’épaule en catégorie C, comme avant !
Juste un point obscur, prévu à l’article L2336-1-III-4° : il est prévu que pour certaines armes de catégorie D mentionnées dans un décret à venir, il faudra présenter le permis de chasser, la licence de tir, ou le permis de collectionneur.
Donc ce statut en dehors du fait de se signaler aux autorités comme collectionneur n’apporte rien par rapport au régime « chasseur-tireur ». le collectionneur n’a droit qu’à la catégorie C donc la collection 2e guerre n’est pas possible, il n’a rien qu’il ne puisse acheter avec une licence de tir.
Sans faire de mauvais esprit, et dans la tradition française ça serait une astuce pour faire apparaître au grand jour une population inconnue des services de l’État que je n’en serais pas surpris.
Le député Bodin a précisé qu’il y avait une dizaine de calibres militaires qu’il ne fallait pas libéraliser (5,56 Otan, .308, 7,62x39, etc), mais ce n’est pas sa faute.
Cet article étant écrit avant la première lecture à l’Assemblée Nationale, je m’inquiète de ce qui peut encore s’aggraver.
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