Au cœur de la Garde Républicaine, une subdivision d'élite de la Gendarmerie Nationale française, se perpétuent des métiers d'antan, garants de la tradition et de l'excellence. Parmi ces métiers, celui d'artisan armurier occupe une place particulière. Cet artisan d'exception est chargé de la restauration et de la fabrication des armes blanches militaires, un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération.
La Garde Républicaine, dont les origines remontent au Guet Royal en 1254, assure des missions d’honneur, de sécurité publique et de rayonnement culturel pour la France. Au sein de cette institution prestigieuse, l'artisan armurier joue un rôle essentiel dans le maintien des traditions et l'entretien du patrimoine.
L'atelier d'armurerie, situé dans la caserne Vérines, existe depuis 1967. C'est le dernier en France où l’on restaure et confectionne les armes blanches militaires. Plus de 3500 sabres et épées fabriqués et gravés entre 1823 et 1922 y sont remis en état après un choc ou un incident. Les affres du temps sont aussi à l’origine d’une restauration en bonne due forme par l’armurier qui a hérité des secrets de fabrication de son prédécesseur… la transmission orale est ici et encore de mise.
Le métier de fourbisseur consiste à restaurer et à fabriquer toutes les armes blanches de la Garde Républicaine, de la gendarmerie et d'autres entités de l’État. Un métier où minutie, précision et exigence sont de rigueur, où chaque lame façonnée doit être à la fois belle, brillante et sûre.
L'atelier regorge d’outils et accessoires d’un autre temps, souvent difficiles à en deviner l’emploi pour le profane. Les techniques utilisées, afin de réaliser les nombres étapes de restauration, sont impressionnantes d’efficacité.
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Chaque année, environ 1 000 sabres et épées sortent de ses ateliers. Ces armes ne servent plus au combat évidemment, mais font partie intégrante de l’habit de cérémonie de ces corps officiels.
L’adjudant Sylvain est fourbisseur de sabre depuis 2006. Figure emblématique, il allie compétence technique et amour pour la transmission de son métier. Son parcours commence curieusement à l’âge de cinq ans. Sa passion pour l'histoire remonte à l'enfance, alors émerveillé par les mousquetaires, avoue l’adjudant en riant.
« Je dois gérer tout de A à Z, et apprendre des siècles d'histoire en peu de temps. Comme je n’avais pas eu une formation complète, il me manquait quelques parties. Pendant mon temps libre, j’avais pris le catalogue des meilleurs ouvriers de France, je les contactais et j’allais chez eux pour finir ma formation par mes propres moyens. Et maintenant, c’est à mon tour de transmettre ! »
Il évoque la réalisation de belles pièces, telles que la réplique de l'épée du 2e consul Cambacérès, créateur du Code civil. Cette pièce historique en rejoint d'autres, telles que le sabre de bataille de Mura et l'épée du sacre de Napoléon, restaurés avec minutie. Leur contribution va ainsi au-delà de la création artistique, s'étendant à la préservation du patrimoine.
Il avoue toujours se baser sur les techniques, outils et références de l’époque. La plus grande difficulté réside dans l'équilibre entre les contraintes modernes et les besoins historiques. Trouver des matériaux spécifiques d’époque en France, afin de garantir un produit 100 % français, est par exemple parfois difficile.
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En trois mots, historique, technique et patrimoine résument le quotidien de l’adjudant Sylvain.
La Garde Républicaine emploie des maîtres artisans formés aux techniques anciennes pour entretenir le matériel et l’équipement d’époque des gendarmes. Ces ateliers comprennent :
Le régiment de cavalerie de la Garde Républicaine est la dernière unité montée de l’Armée Française et la plus grande au monde. Il regroupe approximativement 550 gendarmes et 470 chevaux. Les artisans de la Garde Républicaine jouent un rôle crucial dans l'entretien des équipements de ce régiment prestigieux.
Les casques de cavalerie, du modèle des cuirassiers de l'Empire, ne comportent pas moins de 80 pièces d'acier ou de laiton rivetées ou soudées sur place. Leur crinière noire ou rouge est toujours en crin naturel. Il faut environ quarante heures, avec de l’expérience, pour réaliser un casque complet.
L’ensemble des éléments de cuir, tout comme les selles d’armes et le harnachement des chevaux, sont réalisés de manière traditionnelle et à la main par les huit artisans des ateliers situés au cœur de la caserne Vérines à Paris.
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La Garde Républicaine ouvre les portes de ses ateliers au grand public, offrant une opportunité unique de découvrir ce savoir-faire exceptionnel.
Les ateliers (sellier-harnacheur, couturier, armurier, métal) sont ouverts au grand public, les jeudi 4 et vendredi 5 avril 2024, de 9 heures à midi et de 14 heures à 17 heures.
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