L'art contemporain, souvent provocateur, explore des thèmes tels que la violence, la mort et la transgression, suscitant des controverses et des réactions passionnées. Cet article examine comment ces thèmes sont abordés dans l'art, et les débats qu'ils engendrent.
Egon Schiele, né le 12 juin 1890 à Tulln an der Donau, a grandi dans un environnement familial marqué par la maladie et le deuil. Son père, chef de gare, contracte une syphilis fatale qu'il refuse de soigner, abandonnant alors sa famille en 1905. Ces drames ont indubitablement influencé l'œuvre d'un Egon Schiele au tempérament hypersensible.
Très tôt son appétence pour le dessin l'amène à sublimer et transcender ce paysage de campagne. Plus tard, son tableau Quatre Arbres (1917), bien que déchiré alors entre ses inspirations morbides de l'époque et sa soif de nature, retranscrira parfaitement ses premiers coups de crayons de son enfance.
Leopold Czihaczek, épouse Marie Schiele et devient alors le tuteur d'Egon Schiele poursuit le dessin et fait son entrée à l'Ecole des Arts de Vienne où un certain Gustav Klimt a également étudié. Après une année d'études, en 1906, sur l'avis collégial de plusieurs membres de l'Ecole, Schiele est envoyé à l'Académie des Beaux Arts de Vienne.
En 1907, année de leur rencontre, Gustav Klimt alors âgé de 45 ans encourage et présente au jeune Schiele quelques-uns de ses modèles et de ses mécènes. Significatif de la relation entre les deux hommes, Schiele pense même se renommer "le Klimt d'Argent".
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La relation entre Egon Schiele et la figure tutélaire académique se révèle rapidement impossible, et le jeune peintre décide alors de quitter l'Académie, suivi d'amis partageant les mêmes convictions pour fonder le Seukunstgruppe.
En quittant l'Académie, Schiele rédige un manifeste virulent, en forme de déclaration de guerre, visant à expliquer ce choix controversé : "L'Art reste éternellement le même : l'Art. C'est pourquoi il n'y a pas d'Art nouveau. L'œuvre le Portrait de Gerti Schiele, peint en 1909, est un tournant dans l'évolution de ses travaux.
Il représente sa sœur sur fond vide, monochrome et uniforme. Cette mise en lumière du sujet principal sur fond monochrome et dépouillé sera l'une des composantes de son style personnel qui évoluera ensuite vers les nus dès 1910. Hanté par le corps humain et les pulsions dont il est l'objet, ses personnages prennent des poses figées et angoissantes.
En 1911, alors qu'il accepte de se confronter au regard des autres, il n'obtient aucun succès malgré de nombreuses expositions. Cette même année, il rencontre Valérie Neuzil dite "Wally", qui deviendra sa femme, son modèle et son inspiratrice. Installés dans le village de Krumau, ils sont rapidement chassés par les habitants lassés de voir Neuzil nue dans le jardin posant pour Schiele.
Exilés et isolés à Neulengbach, l'artiste est accusé en 1912 de détournement de mineur, de viol et d'immoralité publique via la distribution de ses dessins. Après 21 jours de garde à vue et 3 jours de prison, son sentiment de révolte et d'injustice est au plus fort. Il réalise alors à cette époque, certains de ses dessins les plus provocants et les plus érotiques.
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Après le mariage de sa sœur, et accessoirement premier modèle, Gertrude, avec Anton Peschka, l'un de ses plus fidèles amis rencontré à l'Académie, Egon Schiele se sépare de Valérie Neuzil. Cette démarche d'indépendance vis-à-vis de sa sœur lui prend tout de même de longs mois et la même année, en 1915, il rencontre et épouse Edith Harms.
Exempté de service militaire armé, son trait s'apaise en même temps que ses dessins. Les corps ne se cassent et ne se cachent plus, sa nouvelle femme qui est son principal modèle y est certainement pour quelque chose. Son tableau intitulé La Famille (1918) est le fer de lance de son évolution.
Invité à participer à la 49ème exposition de la Sécession, il réalise l'affiche de l'événement et la grande majorité des cinquante tableaux qu'il y exposait sont vendus. Les commandes pleuvent alors et il rencontre le même succès à Zürich, Dresde ou Prague.
Âgé de 28 ans, Egon Schiele peint en 1918 Gustav Klimt sur son lit de mort. Année noire pour l'élite autrichienne qui perd en plus de Klimt, Otto Wagner, Kolo Moser et... Egon Schiele. Quelques mois après le décès de Gustav Klimt, emporté par une pneumonie, la femme de Schiele tire sa révérence à son tour des suites d'une grippe espagnole qui emportera Egon trois jours plus tard, le 31 octobre 1918.
L'art contemporain, souvent provocateur, explore des thèmes tels que la violence, la mort et la transgression, suscitant des controverses et des réactions passionnées. L'art s'est toujours intéressé et a retranscrit en peinture et en sculpture, entre autres, des événements d'une rare violence.
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L’étymologie du terme nous renseigne sur une possible définition : du latin, « violentia » signifie violence, force, emportements, cruauté ou rigueur du sort, la violence étant caractérisée par la manifestation abusive d’une force. Elle nous amène non pas à émettre un discours, mais un jugement sur l’acte agressif par l’énonciation d’une loi et l’évaluation de la norme par rapport à sa transgression.
L’acte violent nous met en présence d’un désir de contrainte ou de destruction à l’encontre de soi ou d’autrui :« Nous proposons donc la définition suivante de la violence : la force déréglée qui porte atteinte à l’intégrité physique ou psychique, pour mettre en cause, dans un but de domination ou de destruction, l’humanité de l’individu.
En art, comme dans le reste des images diffusées dans le monde, la violence est non-dissimulée et exhibée. Toutefois, nous devons noter que l’art l’a jadis utilisée, que ce soit en peinture, en sculpture, etc., notamment dans les scènes de massacres. Mais, aujourd’hui, le rapport que l’art entretient avec la violence est inédit, en raison des nouveaux moyens, dont l’art dispose.
Deux types de recours à la violence en art peuvent être dégagés : le premier impose la violence au corps même de l’artiste ; le second fait violence à l’autre, notamment au spectateur. Lorsque Stelarc suspend son corps dans les airs au moyen de crochets qui traversent sa chair, il désire tester les limites physiques de son corps en lui imposant un exercice douloureux et violent.
Plus l’atteinte infligée à l’intégrité physique de l’artiste est violente, plus l’anesthésie est inévitable. Si l’artiste se pose en victime consentante face au spectateur - victime qui accepte les mauvais traitements infligés à son corps, mais aussi responsable de les avoir commandités -, l’expérience esthétique ainsi proposée au spectateur est néanmoins déstabilisante pour ses habitudes de contemplation de l’œuvre d’art.
De prime abord, forme imprécise, peu définissable, rendue cependant attrayante par la couleur, le spectateur se laisse convaincre par cette photographie. Aucune violence, aucune trace de sang, ni de coups. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, parfois sournoises, propres à piéger le spectateur à son propre jeu.
Bien sûr, la présentation des Demoiselles d’Avignon de Picasso en 1907 a effaré et choqué ses amis et collègues, car “de quel droit infliger ça au corps des femmes”. En 1917, l’artiste a 33 ans, italien venu s’installer à Paris, il peint toute une série de nus somptueux qui sont exposés dans la galerie Berthe Weill.
Robert Mapplethorpe est un photographe américain reconnu pour sa recherche de la perfection. Pourtant, en 1978 autoportrait aussi, mais en tenue sadomasochiste un lasso planté dans l’anus à la manière d’une queue de diable. Il ne s’agissait pas d’une recherche gratuite du scandale mais d’un message à teneur socio-politique envers un gouvernement qui refuse de financer les soins et la recherche sur le VIH, de peur d’encourager les pratiques homosexuelles.
Les courants d’avant-garde imposèrent l’idée que la société, et la vie, pouvaient être réinventées par l’art. Cette implication de l’art dans le cours politique du monde a toujours alerté les autorités, surtout lorsqu’elles prétendaient elles-mêmes construire un nouvel idéal.
Fontaine de Marcel Duchamp a durablement bouleversé la création du 20e siècle, et continue cependant à choquer le spectateur non averti. À New York en 1917 est organisée une exposition de la Société des artistes indépendants sans prix ni jury, elle a pour but de faire découvrir aux Américains des pratiques d’avant-garde, pour la plupart européennes.
Les nazis ont exercé des censures cruelles et humiliantes envers les artistes d’avant-garde, en mettant à l’index l’absence d’idéalisation. Certaines œuvres de Picasso ont fait partie des 16 000 pièces arrachées aux cimaises des musées du Reich. Plus d’un millier ont brûlé dans un grand bûcher le 20 mars 1939.
Après la deuxième guerre mondiale l’Autriche s’est posée en victime principale du national-socialisme, alors qu’une part très importante de sa population a été complice en votant l’Anschluss (l’annexion), et en humiliant publiquement les juifs.
En 2019, lors de la foire Art Basel à Miami, l’artiste Maurizio Cattelan et son galeriste Emmanuel Perrotin ont fait trembler le monde de l'art avec une simple banane. En effet, l'œuvre d'art Comedian de Cattelan est une banane collée sur le mur blanc du stand de la galerie grâce à un scotch gris.
Nombreux sont les scandales qui ont façonné la renommée mondiale de Jeff Koons. Le dernier en date porte le nom de Bouquet of Tulips, un cadeau offert par l'artiste à la maire de Paris, Anne Hidalgo, suite aux attentats du 13-Novembre.
Quel rapport y a-t-il entre l’attentat du World Trade Center et la musique sérielle ? Y a-t-il un lien entre les surréalistes et la tuerie qui endeuilla le conseil municipal de Nanterre ? Voir le crime accéder au rang des beaux-arts est un vieux fantasme. Mais quand le Louvre n’hésite plus à intituler une exposition « La peinture comme crime », on devine que la proposition s’est renversée.
Dès le 22 septembre s’étalaient dans Le Monde des méditations fascinées par la cendre, l’âcreté de la fumée, les ruines. Mais la palme de la morbidité revient à un musicien et non des moindres : Stockhausen, célèbre musicien allemand, pape de la musique sérielle, sommité pour laquelle les autorités de Hambourg s’apprêtaient à organiser tout un cycle d’hommage, fin septembre 2001.
Télérama récidive dans son numéro hors-série sur le Surréalisme (ouvrage qui ne manque ni de qualités esthétiques ni d’honnêteté intellectuelle puisque des contradicteurs ont la parole ). Mais les pages 92-93, intitulées « l’esprit est toujours là », rappellent comment Marguerite Duras prenait parti pour Christine Villemin, soupçonnée d’avoir tué son fils Grégory « non pour la disculper, mais au contraire, pour glorifier le crime. (…) On se souviendra longtemps de cet invraisemblable article publié dans libération titré « Christine V, sublime, forcément sublime » ».
Notons pour mémoire que le masque grimaçant du film est inspiré du « Cri », oeuvre du peintre norvégien Edvard Munch. Il est d’ailleurs significatif que la déclaration de Ted Bundy est citée dans un article d’Art Press, revue cotée d’Art Contemporain, sans que jamais l’auteur n’envisage d’analyser le mécanisme pervers qu’elle implique.
On aimerait demander à la journaliste si Dutrou, assassin et violeur d’enfant, est un grand artiste surréaliste ). A l’heure où le conseil municipal de Nanterre était décimé par un grand geste surréaliste, reprendre les appels aux meurtres de Breton (et ceux d’Aragon dans Front Rouge « feu sur Léon Blum…etc ») va t-il dans le sens de l’histoire ? Dans quelle histoire d’ailleurs s’inscrit Breton ? Ne peut-on rapprocher sa phrase d’une autre fort célèbre : « quand j’entend le mot culture, je sors mon revolver ! ».
| Artiste | Œuvre Controversée | Type de Controverse |
|---|---|---|
| Egon Schiele | Nus et autoportraits | Provocation, immoralité |
| Marcel Duchamp | Fontaine | Remise en question de la définition de l'art |
| Robert Mapplethorpe | Photographies sadomasochistes | Obscénité, immoralité sexuelle |
| Maurizio Cattelan | Comedian (banane scotchée) | Valeur de l'art, absurdité du marché de l'art |
| Jeff Koons | Bouquet of Tulips | Coût exorbitant, valeur commémorative |
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