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La région d’Eibar, au Pays Basque espagnol, fut un centre de développement et de fabrication d’armes pendant des siècles.

C’est dans ce monde qualitatif et de tradition qu’est née la lignée « Star ».

L’ancêtre initial est José Cruz Echeverria, qui fabriquait des armes à chargement par la bouche de grande qualité au XIXᵉ siècle.

Au début du XX° siècle, ces armuriers espagnols, souvent de petites PME, commencèrent à améliorer des pistolets étrangers, et parfois à très sérieusement les améliorer.

Travaillant d’abord dans l’usine Orbea, fournisseurs de l’armée royale espagnole, et appartenant à la belle famille de José-Cruz, les deux hommes se distinguent par leur audace à remettre en cause les mécaniques qui leur tombent sous la main.

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Le frère de Bonifacio, Julian Echeverria deviendra ultérieurement l’un des principaux développeurs du pistolet Campo-Giro 1913 qui équipera l’armée à partir de 1913.

Il finira directeur de l’école d’armurerie d’Eibar.

Les débuts de Star : amélioration du Mannlicher M1900

A l’orée du siècle, les deux frères Echeverria se mettent en tête d’améliorer une copie non autorisée du Mannlicher M1900 en calibre 6,35 mm (.25 ACP).

Ils montent leur premier atelier en 1905 pour y construire les premières versions de cette amélioration du Mannlicher.

Il deviendra leur pistolet modèle 1908, à chargeur détachable et avec un système de percussion et de ressorts complètement renouvelé.

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Le premier à leur marque à l’étoile.

A Star is Born.

Vers 1910, Julián quitte l’affaire.

Bonifacio reste seul pour développer l’entreprise et continue à améliorer leur pistolet 1908.

La reconnaissance par la commission française

La commission française d’armement présente au Pays Basque ne s’y trompe pas le 5 août 1915 quand elle passe une première commande de 5.000 exemplaires du dernier modèle de la firme à l’étoile.

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L’arme est simple, bien en main, extrêmement précise, facile d’entretien, soigneusement ajustée et drapée d’un sublime bronzage noir.

On notera son extracteur externe, robuste et facilement accessible.

Les armes Star sont donc fort bien conçues, tant du point de vue ergonomique que mécanique.

Elles utilisent des machines modernes, maniées par un personnel qualifié et bien encadré.

L'influence du Colt 1911 et le développement du Star B

Un œil moderne verra aussi des similitudes entre le Star 14 et le Colt 1911, arme avec laquelle le Star s’hybridera de plus en plus au cours des années 1920.

Jusqu’à produire une autre star, notre Star B de ce jour.

La fin de la Première Guerre mondiale met le petit monde d’Eibar en panne sèche faute de commandes françaises.

Nombre de PME sous traitantes font faillite, d’autre partiront tenter leur chance en France qui deviendront MAB et Unique pour notre plus grand bonheur.

Star cherche donc de nouveaux débouchés commerciaux et commence à fabriquer des fusils-mitrailleurs pour l’export.

Dès 1920, il en produit une version en 9x23mm Largo pour remplacer le Campo-Giro 1913 des officiers et les révolvers de type Smith&Wesson modèle 7 en calibre 11 mm de la troupe.

Notez déjà que la sécurité de poignée à disparu car le groupe détente est différent.

L’arme est testée par l’armée espagnole en 1920 mais sans succès.

Une centaine d’exemplaires du modèle Star 1920 seulement seront produits.

Cet ancêtre de notre futur Star B est aujourd’hui une arme très rare et recherchée.

Les améliorations successives et les modèles Star 1921 et 1922

Mais les améliorations vont continuer.

Et sérieusement.

Dès 1921, la sécurité du percuteur sur la culasse est modifiée, et ce nouveau Colt M-1911 est baptisé Star 1921.

Le système est ingénieux avec un percuteur comme coupé en deux dont la partie arrière pivote si l’on bouge le lever de sécurité en carcasse.

La moitié arrière du percuteur disparait alors rendant tout départ impossible même si le marteau frappe.

Ne pouvant éternellement attendre que l’armée se décide à adopter ou pas cette nouvelle arme, La Garde civile en commanda 9000 exemplaires.

En 1922, diverses modifications plutôt cosmétiques sont opérées sur les plaquettes et l’anneau de dragonne - Il devient Star 1922 qui lui sera commandé toujours par la garde civile, et toujours en 9 largo à 21.000 exemplaires.

Ces modèles Star B de 1920 à 22 sont souvent désignés comme first models par les auteurs ango-saxons.

L'aboutissement : le pistolet Star B

En 1931 nait le pistolet Star B sous sa forme définitive.

Il ne changera quasiment plus.

Dos de poignée en arche, bushing raccourci, nouvelle modification de la sécurité, extracteur qui n’est plus en forme de « T », et passage au calibre 9 para en font une arme des plus agréables.

Diverses versions (« BS » avec sécurité de chargeur, etc…) seront produites après la seconde guerre mondiale notamment pour équiper les gardes frontières ou la police allemande ou celle d’Afrique du Sud.

Ces Star B légèrement modifiés seront produits jusque 1989 (1 seul exemplaire!).

La production était devenue assez erratique (aucune en 1972/1973).

In fine si l’on retient 1922 et 1986 comme dates extrêmes des productions militaires et civiles non anecdotiques, le succès mondial du Star B aura duré plus de 60 ans ce qui est remarquable pour une arme militaire ayant traversé plusieurs guerres dont la Guerre civile et la Guerre froide.

Adoption et utilisation durant la Guerre Civile Espagnole et la Seconde Guerre Mondiale

Adopté par l’armée espagnole, il traversera l’épouvantable guerre civile espagnole.

Il le sera aussi à partir de mai 1942 par l’Armée Allemande qui cherchait des pistolets partout.

L’Allemagne commandera 26.000 exemplaires de l’excellent Star B, environ 20.000 pièces pour la Wehrmacht et 6.000 pour la Kriegsmarine, marine toujours très exigeante traditionnellement sur ses armes à feu portatives.

Durant la seconde guerre mondiale, 15.000 armes supplémentaires rejoindront l’armée bulgare qui avait décidé de partir en goguette sur le Front de l’Est.

Pour information, la plupart des armes à destination de l’Allemagne sur cette période ne portent pas de Waffenamt, la légitime susceptibilité espagnole les ayant dispensés d’avoir des contrôleurs allemands sur le dos…

Certaines en portent toutefois, probablement testées à la réception.

Mais le seul moyen de vérifier si un Star a été possiblement attribué à la Heer est son numéro de série.

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