Cet article traite de divers événements et actualités liés aux armes et à l'armurerie, avec un focus particulier sur la région de Perpignan.
Une quinzaine d'armes de gros calibre ont été volées début mai à l’employé d’une armurerie des P-O. Le coup s’est joué en toute discrétion tout près de Perpignan. Et depuis près d’un mois, les gendarmes de la section des recherches de Montpellier tentent toujours de remettre la main sur un butin très sensible : une quinzaine d’armes de gros calibres, qui ont été dérobées par une équipe de malfaiteurs très bien renseignés et particulièrement violents.
Ce dimanche matin, comme il le fait régulièrement, il doit faire des tests de tir avec ces armes à feu. Il y a là un fusil d’assaut Kalachnikov, une autre arme longue, et une trentaine de pistolets automatiques et de revolver. Soudain, en chemin, l’employé voit son véhicule bloqué, et se retrouve menacé par trois hommes puissamment armés, cagoulés, qui le molestent et le menacent, avant de s’enfuir avec sa cargaison.
Sitôt l’alerte donnée, le parquet de Perpignan confie le dossier à la section des recherches. En raison du caractère sensible de l’affaire, bien sûr. "Une information judiciaire était déjà ouverte chez un juge d’instruction", précise une source judiciaire : visiblement, les enquêteurs avaient dans le collimateur une équipe de malfaiteurs, qu’ils savaient préparer un gros coup. Très vite, les premières vérifications confirment les soupçons. Soulagement pour les gendarmes : une douzaine des armes volées est récupérée à cette occasion.
Les suspects, déjà connus de la justice, font partie du milieu local de Perpignan : ils sont incarcérés pour vol avec arme en bande organisée. En revanche, le troisième homme court toujours, ainsi que les nombreux pistolets et revolvers manquants. On ignore par ailleurs si la Kalachnikov fait partie du butin retrouvé.
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Perpignan, le 18 janvier 2024, un communiqué de presse annonce l'ouverture du Système d’Information sur les Armes aux tireurs sportifs.
Le Système d’Information sur les Armes (SIA) est accessible aux détenteurs chasseurs (majeurs) depuis le 8 février 2022. Ceux-ci ont obligation de créer leur compte. Les tireurs sportifs seront les prochains détenteurs d’armes à intégrer le SIA. Comme les chasseurs, les quelques 255 000 tireurs sportifs devront créer un compte personnel dans le SIA pour acquérir ou céder une arme.
Le SIA est interconnecté avec le système d’information de la Fédération nationale de Tir. Ainsi, en saisissant leur numéro de licence, les informations connues de la FFTir seront collectées automatiquement et associées au compte personnel du détenteur.
Une fois son compte créé, le détenteur se voit attribuer un numéro SIA par le système. Ce numéro lui est personnel et le suivra tout au long de sa vie de détenteur d’armes. Grâce à son numéro SIA, le détenteur sera identifié dans le système par les professionnels (armuriers par exemple), mais aussi par l’administration qui pourra échanger directement avec lui par l’intermédiaire de son compte personnel.
Le détenteur tireur aura directement accès à son râtelier numérique dans lequel il retrouvera toutes les armes qu’il détient. Il pourra mettre à jour son râtelier dans les 6 mois suivant la création de son compte. Il bénéficiera aussi de nombreuses fonctionnalités. Il pourra ainsi visualiser son autorisation en cours, faire une demande d’autorisation en ligne et valider l’acquisition d’une arme.
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L’ensemble des fonctionnalités communes aux chasseurs et aux tireurs seront également disponibles, comme l’édition directe de la carte européenne d’arme à feu (CEAF). Les détenteurs particuliers ne peuvent disposer que d’un seul compte personnel dans le SIA.
La création d’un compte personnel dans le SIA, une démarche simple et obligatoire pour les chasseurs et prochainement pour les tireurs sportifs, est rapide et accessible mais nécessite d’avoir accès à internet et de disposer de documents au format numérique, notamment pour justifier son identité et son adresse.
Un homme de 39 ans, installé à Sigean, a été condamné pour avoir fabriqué et vendu des armes et munitions qu’il confectionnait chez lui en toute illégalité. C’est une affaire peu banale qu’a été amené à juger le tribunal correctionnel de Narbonne ce lundi 24 novembre.
Tout débute quand les douanes, bien informées, saisissent un colis dans un point relais contenant 50 cartouches de catégorie B qui devait être expédié dans une commune de la Seine-Saint-Denis. La section de recherche de la gendarmerie de Narbonne effectue alors des perquisitions au domicile de l’expéditeur, résidant à Sigean, et au domicile de sa mère.
Installé dans l’Aude depuis dix ans, le prévenu est un amateur d’armes anciennes. Il répare chez lui, en constitue et en vend depuis plusieurs années sur un site Internet spécialisé. Une activité légale bien que le site en question lui fasse plusieurs rappels à l’ordre pour des échanges non autorisés.
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Alors qu’en 2019 il s’enregistre comme autoentrepreneur comme fabricant d’armes et de munitions, en 2022, il change les termes de son entreprise en vente de pièces métalliques. Mais d’un autre côté, les enquêteurs constatent que du 1er janvier 2024 au 18 novembre 2025, il vend, de particulier à particulier, "son matériel de guerre" à des acheteurs qu’il trouve sur des forums de discussions, les foires aux armes ou les réseaux sociaux.
Et pour ces ventes qu’il qualifie lors de sa garde à vue de "tendancieuses", il lui arrive de prendre de fausses identités - certaines lui sont même données par les acquéreurs eux-mêmes grâce à des cartes d’identité volées - ou celle de sa mère. Sur la même période, il acquiert un barreau rayé, une sorte de canon, qu’il donne en usinage à une entreprise basée dans les Pyrénées-Orientales qu’il visite avec une fausse identité.
Les enquêteurs constatent, uniquement sur les transactions supérieures à 1 000 €, sur 1 500 colis, 116 suspects destinés à 18 clients. Et c’est bien sur ce point que cette affaire est troublante. Certains des acquéreurs ont été condamnés dans des affaires de trafic de stupéfiants, de vols avec violence et de vol à main armée. Interdits de port d’arme, ces délinquants notoires doivent alors passer par des réseaux parallèles et donc auprès de ce fournisseur basé à Sigean.
"Cela m’a traumatisé et cela m’a empêché de dormir pendant plusieurs jours", avoue-t-il à la barre devant des juges et un procureur qui s’étonnent que cette affaire ne l’ait pas empêché de poursuivre son activité. Bien au contraire, car celui qui revendique travailler 60 heures par semaine, avec un chiffre d’affaires de 66 000 € en autoentrepreneur en 2024 lui permettant d’avoir selon lui "enfin un salaire de cadre", continue son commerce malgré un durcissement de la législation.
S’il n’a jamais pu devenir armurier, selon lui, c’est à cause d’une condamnation pour détention et cession, il y a une dizaine d’années, de cannabis qu’il cultivait dans son jardin. Puis d’ajouter, avec un cynisme certain, que "cette enquête de police l’a convaincu de son potentiel dans l’entrepreneuriat" mais aussi qu’il a une vision libérale de la détention et de la vente d’armes.
Pour le procureur de la République, Jean-Philippe Rey, il s’agit de "faits gravissimes" et cet individu "participe à une criminalité organisée depuis Sigean" avec "un commerce florissant". Après une heure de délibéré, le tribunal de Narbonne l’a reconnu coupable de l’ensemble des chefs de prévention pour lesquels il était poursuivi. En répression, il a été condamné à quatre ans d’emprisonnement dont 30 mois avec un sursis probatoire de deux ans. Il est maintenu en détention. Il devra par ailleurs payer une amende de cinquième catégorie de 1 500 €. Les armes et l’argent saisis sont confisqués.
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