La Maison James à Autun, en Saône-et-Loire, est une véritable institution, forte d'une longue histoire. Ses spécialités sont l’armurerie, mais aussi la coutellerie, perpétuant un savoir-faire ancestral.
Alors que son atelier n’était plus visible du public et des clients depuis plusieurs décennies, on peut à nouveau l’admirer quand on passe dans le haut de zone piétonne. Pauline Zacharie, seule armurière diplômée en France, a décidé de remettre l’atelier coutellerie à sa place originelle, en vitrine de la boutique : « C’est là que tout a commencé. Je me suis dit qu’il était bien de montrer mon travail aux passants autant qu’aux clients. Que chacun puisse voir comment on aiguise les couteaux ou encore les tondeuses pour les animaux ! »
« J’aiguise environ 1200 couteaux à l’année, raconte Pauline Zacharie. Ils sont de toutes les tailles, du couteau de table au couteau de boucher. La meule est électrique et beaucoup plus confortable que celles à eau que l’on peut encore voir à Thiers en Auvergne. »
Ce qui intrigue les passants, c’est aussi le lapidaire, utilisé pour aiguiser les tondeuses pour les bovins et les ovins. « On en fait moins qu’avant, environ une vingtaine à la semaine, parce que les hivers sont beaucoup moins froids qu’il y a quelques décennies. Les agriculteurs ont moins besoin de tondre leurs moutons qui passent moins de temps dans les étables. »
Pauline Zacharie, originaire du département de l’Isère, prend un vrai plaisir à aiguiser les lames avec le souci de la perfection, de les rendre aussi impeccables que tranchantes. Ses tarifs : 7,90 euros pour une tondeuse et de 3 à 7 euros pour un couteau. Des prix raisonnables appréciés des amoureux des beaux couteaux.
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Dans son esprit, « la guerre est un art tout d’exécution » et par conséquent les officiers n’avaient pas besoin de débattre puisque l’empereur prenait à sa charge l’intégralité de la réflexion stratégique et politique. D’autres me disent combien ils apprécient d’avoir un témoignage authentique sur cette culture très particulière de ces officiers qui ont appris à Saint-Cyr « à faire la guerre et à se taire ».
Avec grossièreté et agressivité, les gardiens du Silence des armées - qui ne sont pas seulement des militaires - écrivent leur réactions scandalisées ou leur refus face à ce sujet. Le trait commun, en particulier des réactions les plus virulentes, est qu’elles proviennent toujours de contempteurs qui n’ont pas lu une ligne de ce récit.
J’espérais - et j’espère encore - que l’armée de terre m’invite à débattre de ce sujet, à Saint-Cyr bien sûr et à l’école de guerre aussi, le temple de la formation des officiers supérieurs de nos armées. En retour, des médecins militaires, d’anciens sous-officiers, officiers de marine et de l’armée de l’air, de même que des officiers de l’armée de terre qui n’ont jamais fait partie de cette « élite saint-cyrienne » me posent de nombreuses questions.
Faut-il la remettre en cause ? Savons-nous anticiper les conséquences d’une telle évolution ? Mais tous se rejoignent sur ses effets les plus négatifs de la Grande Muette et notamment sur le « dangereux sentiment de protection » qu’elle a pu apporter aux officiers confrontés à des situations compliquées.
Pourtant, la jurisprudence sur le sujet est d’une grande clarté depuis le procès de Nuremberg : la responsabilité d’un officier est pleine et entière, quels que soient les ordres reçus. S’interroger sur la sortie de cette culture historique du silence de l’armée française, et empêcher que puisse se reproduire par exemple une affaire aussi grave et dramatique que le soutien apporté aux génocidaires du Rwanda sur ordre de l’Elysée, leur apparaît comme une évidence.
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Pour notre société « civile », qui porte une large part de responsabilité dans le fait qu’elle parle si peu à son armée, le choix n’est pas encore fait. Après un rappel succinct de ce que traite ce récit, je laisserai à mon tour la place à quelques réactions et « recensions », complétées par des commentaires de lecteurs affutés tout à la fin de cet article.
D’un usage historique, le silence est devenu une culture dans l’armée française, et contraint tout débat quand notre société devrait pourtant se pencher sur sa propre sécurité. 40 ans après, ce témoignage est d’une double actualité : ma génération est celle qui commande l’armée française, comme Thierry Burkhard le chef d’état-major des armées.
Mais plus encore, ce récit est celui d’une « école spéciale militaire » qui évolue très peu. Le problème est d’ailleurs moins Saint-Cyr que la culture du silence qui y est inculquée, celle-ci est dangereuse pour les militaires comme pour la société qu’ils affirment vouloir défendre… sans lui parler.
Alors que la guerre en Ukraine comme celle au Proche-Orient nous questionnent sur notre défense, ce témoignage inédit est destiné à mieux comprendre comment ces chefs militaires français ont été formés, pour faire la guerre et pour se taire.
« j’ai beaucoup apprécié ton style (clair, simple, direct et précis) ainsi que ton humour concernant une matière qui ne s’y prête pas particulièrement…J’ai aussi aimé la construction de ton récit sous la forme d’un carnet de route. Ceci nous fait progresser chronologiquement dans cette formation (cette aventure) très particulière de trois ans. L’architecture, avec des chapitres courts et éclairants (quelques fois incroyables), donne du rythme au récit.
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Ensuite, et c’est là le plus important, je parlerai du fond. Je dois dire que j’ai été totalement saisi par le contenu de ton récit qui a fait entrer le nom initié que je suis dans le monde militaire et dans la découverte de ce qu’est concrètement la formation d’officier dans cette grande école mal connue qu’est Saint-Cyr. J’ai parfaitement compris et admiré ton courage, ta recherche et ton choix d’un idéal au travers d’une formation et ensuite d’un métier visant à embrasser la totalité de l’être humain (corps, âme et esprit) au service d’une noble cause.
« La lecture de ton livre m’a ravi, replongé dans mes jeunes années à l’Ecole Navale avec les mêmes stupides bizutages qui révélaient parfois ces quelques tendances sadiques qui sommeillent plus ou moins profondément enfouies en chacun, modérées seulement par un surmoi encore heureusement très présent à l’époque. Je me suis révolté comme toi au Prytanée comme à Navale. Le raid en terrain hostile fut un grand moment pour toi comme pour moi (Caché dans un buisson je me suis fait pisser dessus par un gendarme en planque ! rare…). La séquence dans la jungle est un morceau d’anthologie ! La révolte révèle les caractères dit-on, de ce point de vue tu as été servi ! Je crois que cette pratique toujours en vigueur à West Point comme à Annapolis (je ne sais pas pour Sandhurst) s’est un peu édulcorée mais subsiste encore, hélas. Pour le reste j’admire ton hypermnésie car tu fais revivre ces instants avec une forte authenticité, un vrai vécu qui donne beaucoup d’intensité à ton récit.
« J’ai beaucoup aimé l’écriture avec un style précis et un peu mordant à l’image de ta personnalité. Tu y décris Saint-Cyr mais en réalité tu te livres beaucoup, avec sincérité et sensibilité, autre trait de ta personnalité, ce qui n’est pas courant. J’ai été touché par tes sentiments vis-à-vis de tes camarades.
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