Envie de participer ?
Bandeau

Selon moi, la confection d’armure est une des caractéristiques principales de la civilisation. Tout au long de l’Histoire humaine, les armures ont été un moyen efficace de gagner un avantage militaire. Qui plus est, l’armure est également un bon indicateur de statut social. Son apparence est étroitement liée à l’efficacité de la protection qu’elle fournit : un artisanat de qualité implique l’acquisition laborieuse de savoir-faire, de richesses et d’influence.

Chaque tribu avait accès à des armes, chaque tribu abritait son lot de va-t'en-guerre, mais la confection d’armures nécessite un niveau d’organisation et de richesse incompatible avec la vie nomade en petites familles ; seuls des peuples sédentarisés dont les villes sont reliées par des routes commerciales disposaient des moyens pour acquérir et entreposer le matériel nécessaire. L’existence conjointe de ressources en excédent suffisant pour être investies dans la technologie militaire et la volonté de le faire (pour protéger ledit surplus) implique l’apparition de progrès techniques qui semblent survenir spontanément. Confectionner des armures efficaces demande un certain degré de coordination : gestion de la main d’œuvre, développement de compétences spécifiques, développement d’une activité économique liée à l’acquisition de matériaux, et production de surplus pour la soutenir. Le guerrier qui revêt cette armure emporte avec lui l’empreinte de sa civilisation et l’arbore tel un talisman. On peut aussi ajouter que, en plus d’impliquer l’existence d’une civilisation sophistiquée, les guerriers revendiquent aussi leur efficacité en tant qu’hommes de guerre.

Les armures conçues au fil de l’Histoire étaient efficaces, chaque pièce fournirait un degré de protection contre les armes rencontrées par les membres de ces cultures.

Types d'armures à travers l'histoire

Ce qui suit est une typologie grossière que j’ai établie après quelques jours improductifs de lecture superficielle et une rafle dans les favoris Pinterest d’un type, qui s’est offusqué de mon passage et m’a bloqué (ce qui est apparemment une possibilité). Les catégories ne sont basées sur aucune étude académique, mais elles ont l’avantage de permettre des regroupements pouvant être examinés individuellement. Je suis conscient que cette liste est loin d’être exhaustive et j’apprécierais que l’on m’envoie d’autres exemples d’armures exotiques venant des quatre coins du globe. Je suis également conscient qu’un bon nombre de ces armures sont composites (elles combinent plusieurs matériaux), ce qui est particulièrement le cas des armures japonaises qui semblent être aussi complexes que toutes celles du reste du monde réunies (c’est pourquoi j’ai préféré ne pas m’attarder dessus).

Armures Primitives

Ces armures, ainsi que celles faites en peau, sont parmi les protections les plus primitives [que j’aie pu trouver].

Lire aussi: Découvrez l'armurerie airsoft

  • Armure en fibre de coco tressée de l’île de Nauru.
  • Armure tinglite en éclisse de bois et fibre végétale tressée - Alaska.
  • Armure tchouktches en bois et peau de morse de Sibérie orientale. Les Tchouktches étaient des guerriers formidables qui opposèrent une résistance féroce à la colonisation russe.

Elles n’étaient pas aussi répandues que ce que les films, les séries télévisées et les jeux de rôles pourraient laisser penser. La plupart de ces pièces d’équipement se sont désagrégées au fil du temps, ne nous laissant que des indices cryptiques pour s’en faire une idée.

Les armures à base de peaux d’animaux, traitées sous différentes formes, ont existé dans diverses cultures autour du globe et à travers les siècles. Le passage suivant date de la Chine des royaumes combattants (du Ve au IIIe siècle av. J.-C.) et décrit une armure en peau de rhinocéros.

“Les armuriers (han jên) confectionnaient les cuirasses (kia). Les armures faites à partir de la peau de rhinocéros à deux cornes (si) sont constituées de sept couches de peau tandis que celles faites à partir des rhinocéros à une corne (se) en ont six. Les armures qui utilisent une combinaison des deux possèdent cinq couches.

  • Armure et casque romain en peau de crocodile datant du IIIe siècle av. J-C. et retrouvés en Égypte.
  • Un “buff coat” anglais datant du XVIIe siècle.
  • Cuirasse Da’o de Taïwan en cuir de poisson et casque en rotin.

Armures en Textile

Cette catégorie met en avant le type d’armure le plus répandu et le plus méconnu de l’histoire. Les protections en textile étaient bien plus efficaces qu’on ne pourrait le penser aujourd’hui.

  • Manuscrit aztèque représentant des ichcahuipilli, des vestes courtes rembourrées en coton, probablement similaires aux gambisons européens.
  • Chilta hazar masha ou “manteau d’un millier de clous”. Une curieuse armure composée d’une myriade de petits anneaux en métal cousus sur le pourpoint.
  • Pourpoint à œillets ou holledoublet. Détail de l’ouvrage.
  • Un jupon français datant du XIVe siècle.
  • Reconstitution d’un linothorax, une armure rigide fabriquée à partir de plusieurs couches de lin collées ensemble. Détail de La Chasse de Sainte Ursule de Hans Memling. Portez votre attention sur l’homme [qui nous tourne le dos] à gauche, il porte une jaque renforcée par des clinches, des plaque de métal ovales ou rectangulaires liées entre elles par des chaînes et destinées à protéger le bras. Ah, voilà une pièce d’équipement incongrue. Les armures japonaises sont non seulement étranges et compliquées par bien des aspects, mais il faut ajouter à cela le horo [la forme ovale orange dans la photo (NdT)], un cadre en osier recouvert de tissus qui offrait une protection contre les coups dans le dos.
  • Encore des armures soudanaises. Cette illustration montre un type d’armure matelassé russe du nom de tyegilyai.

Armures Lamellaires et d'Écailles

Ces deux formes de protection sont très similaires, elles sont composées de petites plaques liées entre elles [au lieu d’être faites d’un seul tenant (NdT)]. La différence se trouve dans la façon dont ces éléments sont maintenus ensemble ; sur une armure lamellaire ceux-ci sont agencés de manière à tenir en place tout seuls tandis que sur les armures d’écailles, ils reposent sur une armature.

Lire aussi: Votre guide des expériences avec Drome Chasse Tir

  • Armure lamellaire tchouktche apparemment faite à partir d’os, de peau de morse et de bois de cerf.
  • Armure lamellaire koriak en fer datant de 1901. Le peuple koriak vivait dans l’Est de la Sibérie non loin des Tchouktches.
  • Broigne soudanaise datant de la bataille d’Omdurman en 1898.
  • Chine : armure de cuir lamellaire yolo.
  • Armure d’écailles en cuir.
  • Armure tlingit en pièces de monnaie chinoise. Apparemment, les Tlingits échangeaient leurs fourrures contre de la monnaie chinoise, qu’ils avaient évidemment du mal à dépenser.
  • Reconstitution d’une armure de cérémonie lamellaire en pierre de la dynastie Qin, Chine (IIIe s. av. J.-C.).

Brigandines et Cottes de Plaque

Les brigandines et les cottes de plaque sont les cousines des armures lamellaires et d’écailles mais utilisent des plaques de métal cousues à l’intérieur du vêtement. Cette forme de protection ressemble à une armure lamellaire ou d’écailles inversée, la similarité étant si poussée qu’on a retrouvé des cottes de plaque fabriquées à partir de vieilles lamelles de métal provenant d’amures lamellaires endommagées. La distinction entre brigandine et cotte de plaque repose sur la taille des morceaux de métal utilisés lors de la confection de l’armure (5). Les brigandines sont une invention tardive [du XIVe siècle], elles imitent souvent les justaucorps portés par la population civile, mais sont doublées de lames de métal de petite taille.

  • Brigandine italienne datant du XVIe siècle.
  • Cotte de plaque boru en fer et cuir.
  • Cotte de plaque suédoise provenant de la bataille de Visby en 1361.

Cotte de Mailles

Depuis leur invention par les Celtes au IIIe siècle av. J.-C., il est difficile de la trancher. On pourra cependant toujours vous pilonner jusqu’à ce que mort s’ensuive sans rencontrer de problèmes, et un bon coup d’estoc avec une arme pointue pourra faire sauter quelques anneaux et vous blesser.

  • “Cape de l’évêque” composée de plus de 100 000 anneaux rivetés.
  • Kazaghand ottoman datant du XVe s.

Armures de Plaque

Les armures de plaque sont incroyablement difficiles à entailler ou perforer et, contrairement à la croyance populaire, très résistantes aux flèches. Après l’avènement des armes à feu, il y eut une période où on tirait sur les armures de plaque les plus lourdes après leur assemblage pour prouver qu’elles étaient pare-balles.

  • La panoplie de Dendra, une armure en bronze de l’époque mycénienne. XVe s.
  • Plastron étrusque en bronze, VIIIe s. av. J.-C.
  • Kardiophylax étrusque, une armure pectorale en bronze. VIIe s. av. J.-C.
  • Cuirasse en bronze “façon cloche” grecque, VIIe s. av. J.-C.
  • Plastron étrusque à trois disques. Ve-IVe s. av. J.-C.
  • Plastron carthaginois en laiton, IIIe s. av. J.-C.
  • L’armure de plaque d’Henri VIII datant d’environ 1510 - quand il avait environ 20 ans.
  • Armure de trois-quarts de Cuirassiers français datant de 1630.
  • Cuirasse en plaque de fer de l’île de Nias en Indonésie.
  • Armure française en fer utilisée durant la Première Guerre mondiale.

Armurerie Moghole

L'armurerie moghole, réputée pour son artisanat exquis et ses conceptions novatrices, a joué un rôle essentiel dans l'établissement de la domination de l'Empire moghol sur tout le sous-continent indien, du XVIe au XIXe siècle. Parmi les éléments clés, on trouve le talwar (épée courbe), les fusils à allumettes et les canons ornementés, qui témoignent d'un mélange d'influences persanes et de métallurgie indienne.

Techniques et innovations de l'armurerie moghole

L'armurerie moghole se caractérise par des techniques novatrices et un savoir-faire artistique. Les artisans employaient diverses méthodes telles que le damasquinage, l'incrustation et la fabrication de lames en acier de Damas, réputé pour sa durabilité et son tranchant. Ces procédés amélioraient non seulement les aspects fonctionnels des armes, mais aussi leur attrait esthétique, ce qui en faisait des biens précieux au-delà de leur utilité sur le champ de bataille.

Lire aussi: Tout savoir sur Chasse Tir Malin à Luçon : notre évaluation.

Les Moghols ont été parmi les premiers à utiliser les rayures dans leurs fusils à allumettes, une technique qui augmente la précision en conférant un effet de rotation au projectile.

Importance de l'armurerie à l'époque moghole

L'armurerie moghole n'était pas seulement une collection d'armes, mais un symbole de pouvoir, de prestige et de progrès technologique. Elle jouait un rôle crucial dans les campagnes militaires, assurant l'expansion et la consolidation de l'Empire moghol. En outre, les armes mogholes sont devenues des objets d'art, reflétant la richesse de l'empire, l'innovation artistique et l'amalgame culturel. Cette double signification de l'armurerie moghole, à la fois outil de construction de l'empire et artefact culturel, souligne son importance pour comprendre l'histoire et l'héritage de l'ère moghole.

Armureries en France

Les armureries en France ont une longue histoire qui remonte à plusieurs siècles. Les armuriers étaient initialement des artisans spécialisés dans la fabrication d’armures pour les chevaliers et les soldats. Aujourd’hui, il existe environ 15 000 armureries en France. Elles se trouvent dans toutes les régions du pays et peuvent être grandes ou petites, indépendantes ou liées à des chaînes nationales.

Arles : Un Lieu Attractif pour le Commerce d'Armurerie

Arles, située dans le sud de la France, est une ville chargée d'histoire et de culture, avec une population d'environ 51 000 habitants. En outre, la présence de nombreux visiteurs et touristes tout au long de l'année peut offrir une clientèle régulière et fidèle. Si vous êtes acquéreur intéressé par l'activité d'achat-vente d'armurerie, Arles peut être une excellente option.

tags: #armurerie #guerrier #protection #types #et #histoire

Post popolari: