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Comme à St-Etienne, mais bien plus longtemps, c'est-à-dire jusque dans les années soixante, la Belgique a fait perdurer un système manufacturier d'une extrême parcellisation.

Canonniers comme Jean Falla, (du niveau de Jean Breuil à St-Etienne et qui fit aussi, comme lui, des fusils complets), monteurs en bois, crossiers, marcheurs, graveurs une foule d'artisans au fond d'obscures et industrieuses boutiques ont perpétué des savoir-faire de haut niveau : ils étaient 5000 en 1910, et encore 2000 en 1950, à fabriquer, quasiment « sur mesure » des fusils exceptionnels qui ont traversé le temps.

Hormis la fameuse FN, popularisée par J.M., ces artisans ont contribué à une tradition armurière d'excellence. L'arme que nous allons examiner maintenant est un parfait exemple de la qualité de ce travail.

Pour un poids de 2,6 kgs, canons de 67 en 12 bien sûr, éjecteurs automatiques, c'est, avec sa crosse anglaise une arme fine, mais qui sans être très ancienne (début des années soixante si l'on en croit la contremarque de Maurice Scorpion qui officia jusqu'en 1968 au banc d' épreuve de Liège) fut sans doute d'un usage extrême et fréquent : tout son quadrillage à disparu !

On le devine juste en filigrane, tant ce fusil a été manipulé. Il faut aussi une loupe pour deviner, sous la bascule, qu'il s'agit d'une commande spéciale (vu le monogramme « JG » du client sans doute motivé et fortuné frappé sur la longuesse) par l'armurerie Christophe (3), la plus ancienne de Bruxelles.

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Qui plus est, les canons sont frappés du « JB » couronné, marque du canonnier Jules Bury autre assembleur réputé avant-guerre avant d'être repris par Doncquier, puis Masquelier. On peut aussi penser ici à des canons stockés puis réassemblés après 1945 pour donner cette arme unique très équilibrée, à la batterie très souple (4) pas très loin du velouté d'une platine, donnant un fusil maniable et rapide à la canonnerie redoutable, ne le cédant pour le coup très choké au pigeon posé par exemple, que de quelques métres à un automatique en 76, disposant en plus, d'un choke spécial Kicks, c'est dire !

Le Net, les revues spécialisées, proposent de ces fusils belges dans des fourchettes avoisinant les 1000 euros pour les juxtaposés de base en bon état, et un peu plus bien sûr (1500-2000 euros) pour les copies de platines HH.

Les grandes marques dotées de platines sont bien plus chères, mais il est toujours possible pour l'amateur averti, on l'a vu, de mettre la main sur des armes de qualité, bradées par des ignorants. Elles feront la joie des chasseurs qui s'intéressent autant à la manière de chasser qu'aux résultats.

La minceur de son col de crosse et l'absence de quadrillage, par contre, impose ipso facto une protection de pontet.

Nombre d'armuriers ou d'arquebusiers fournissaient la demande Française avec des canons éprouvés et fabriqués en Belgique.

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Tableau récapitulatif des éléments distinctifs du fusil

Caractéristique Détail
Poids 2,6 kgs
Canons 67 en calibre 12
Éjecteurs Automatiques
Crosse Anglaise
Contremarque Maurice Scorpion (jusqu'en 1968)
Monogramme « JG » (commande spéciale)
Marque du canonnier « JB » couronné (Jules Bury)

(2) Les Etablissements Pieper (fermeture en 1956) produisaient 60000 fusils de chasse par an avant-guerre.

(3) Origine en 1819 fournisseurs du Roi des Pays-Bas, puis après 1830 de la Reine d'Angleterre, cette armurerie familiale prit son essor en 1847 avec comme directeur Henri Mangeot lequel fusionna en 1861 avec la maison Montigny.

(4) Triple fermeture : double classique Anson en bas, verrou transversal Greener noyé et non dépassant (comme sur les Merkel par exemple) de jolies coquilles ciselées à motif vitrail.

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tags: #armurerie #belgique #crosse #fusil

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