Ce livre propose de découvrir l'histoire des armes de la Marine française, des galères du Roi-Soleil aux navires corsaires de la Grande Guerre. Pirates, corsaires et flibustiers, ces mots frappent l'imaginaire, comme la mitraille les bastingages, dans ce temps suspendu qui précède l'attaque. Sabres, haches et coutelas mouillés par les embruns, passent de mains en mains. Les pistolets sont prêts, les fusils sont armés, une dernière bordée et c'est l'abordage.
En effet, le service en mer expose le navire et tout ce qu'il contient, l’équipage et bien entendu l’armement, à un environnement particulier. Dans la marine, on n’a pas de chevaux. Dans la Marine, on est toujours encombrés, la place est rare. Dans la Marine, on va adopter un armement spécifique au combat en milieu confiné. Pour les armes à feu : pistolets, mousquetons adaptés, fusils courts.
En 1831, nos fabriquions quelques dizaines de Fusils de Rempart Modèle 1831. Ce fut une toute première arme militaire à percussion en France. En 1837 et 1838, nous adoptions en petit nombre le Fusil de Rempart Modèle 1837 et la Carabine de Tirailleurs Modèle 1838.
Les armes du système 1840 se distinguent de leurs devancières essentiellement par leur platine. Le canon, dont la charge est désormais allumée par l'explosion d'une capsule, est pourvu des éléments suivants : une masselotte prise de forge avec la culasse est taraudée pour y visser une cheminée sur laquelle on va poser la capsule. Ces deux éléments de visée vont, pour la première fois, permettre au fusilier de réaliser un véritable pointage. Progressivement la notion de "tir ajusté" va apparaître, puis on parlera de précision ...
Le système 1840 va très vite être remplacé par le système 1842 beaucoup plus simple et robuste. Seules quelques dizaines de milliers d'armes seront fabriquées pendant quatre ans.
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Les fusils 1840 bénéficieront cependant d'une poudre noire de meilleure qualité, aux grains tamisés et plus homogènes. La cartouche du fusil Mle 1840 contient 9 grammes de poudre à mousquet et une balle ronde de 17,2 mm de diamètre.
Un mousqueton est trop court, manque de puissance et perd très rapidement en justesse.
Elle est retenue à l'arrière par une vis à ergots faisant pivot, à l'avant par une vis traversant la monture et vissant sur une rosette formant écrou. Voici cette rosette formant écrou à la vis de platine.L'aile arrière de la rosette retient une forte goupille assurant le maintien du passant de bretelle et du pontet. On notera sur ces deux photos la présence de joues dans le bois de la monture. La bride de noix est retenue par deux vis, elle assure le pivotement de la noix et de la gâchette. Remarquons que les pièces de cette platine on été faites par le même ouvrier platineur portant le matricule 22. Noter aussi l'encoche à l'arrière de la platine qui correspond à la vis à ergots. Le logement de la platine. Remarquer l'excellent état des encastrements. On notera la marque en V faite dans le bois. Ces marques étaient faites en manufacture au cours du montage de l'arme.
C'est la culasse qui retient notre intérêt car elle comporte une masselotte prise de forge et taraudée pour pouvoir y visser une cheminée de guerre. Une chambre à poudre est également ménagée dans la pièce. L'arrière de la culasse est taillé en biais et non plus droit comme on faisait d'habitude. Enfin, elle porte un cran de mire posé à queue d'aronde sur la queue de culasse. Comme on le voit, cette culasse va demander plusieurs usinages et ajustages, des fraisages, des taraudages, etc ... La complexité, la durée de fabrication et le prix de revient du fusil vont être augmentés. Remarquons que la zone autour de la cheminée a été fortement corrodée. C'est la trace des nombreux coups tirés durant la vie active de l'arme, sans doute en service au sein d'une Garde Nationale. Enfin, sur la queue de culasse, devrait se trouver frappé le modèle du fusil.
Elle protège la crosse des chocs avec le sol. La plaque de couche est fixée par deux grosses vis à bois à têtes arrondies. Elle permet aussi une bonne position à l'épaule, facilitant la mise en joue lors des tirs. La prise en mains du fusil est favorisée par la sous-garde. Depuis les armes du système 1777, la sous-garde porte des coches permettant d'assurer la position des doigts lors des tirs. La sous-garde est retenue par une vis à bois et par la vis de culasse.
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Pourvu d'un retour inférieur, la capucine est bloquée contre un rebord de la monture par un ressort à pivot placé dans une rainure du bois. Le deuxième bracelet est la grenadière, qui retient également le canon et la baguette. Elle s'appuie sur un rebord de la monture et, comme la capucine, est bloquée à sa place par un ressort à pivot monté sur une rainure du bois. C'est le troisième et dernier bracelet. Cette pièce est assez allongée pour former deux bandes supérieures autour du canon.
Dernière garniture du fusil, la baguette est l'élément indispensable pour charger le canon. La baguette est une pièce en fer forgé de la même longueur que le canon. Sa tête "en forme de poire" est destinée à enfoncer la balle au contact de la poudre au fond du canon. Son autre côté est fileté pour recevoir le tire-balle - tire bourre, outil combiné permettant de décharger une arme ... que le tireur a chargé sans poudre. Ou de retirer un chiffon oublié au fond du canon. Elle est transportée dans une rainure sous le canon.
La baïonnette du fusil 1840 reste celle du précédent système de 1822 : une baïonnette à douille, légèrement plus longue que celle de 1777.
Deuxièmement, la charge de poudre de la cartouche est intégralement versée dans le canon. La cartouche n'est plus "saignée" comme du temps du silex. Les coups de tous les fusils tous ont la même puissance, donc leurs balles ont la même trajectoire.
Par conséquent, au départ du coup, la balle ronde va être propulsée dans le canon dans une suite de rebonds d'un bord sur l'autre. Et, à la sortie du canon, notre balle va pendre la direction donnée par le dernier rebond. La vitesse initiale de la balle est considérable, plus de 420 mètres par seconde.
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Mon fusil de marine Modèle 1840 a gardé les traces d'un usage soutenu pendant plusieurs années. Police des Ports, ou Garde Nationale ? ... on ne saura jamais. Puis, stocké au sein d'un dépôt ... C'est aussi un fusil devenu rare. Très rare même. Donc un témoin précieux qui a sa place dans toute collection d'armes réglementaires françaises du XIXe siècle. C'est le mien.
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