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Du Lauragais aux plages de l’Atlantique, une fièvre militaro-industrielle saisit le Sud-Ouest français, plutôt réputé pour ses traditions rurales, son patrimoine gastronomique et ses spots touristiques.

Un Secteur en Croissance

Dans le sillage de l’aéronautique et du spatial, les entreprises de l’Occitanie et de la Nouvelle-Aquitaine s’engouffrent dans une économie de réarmement, soutenues par l’État et les collectivités.

En annonçant, le 25 mars, le déblocage de 200 millions d’euros en faveur de l’industrie de la défense et de l’armement, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, l’a clairement formulé : « L’Occitanie sera un acteur-clé du réarmement et de la souveraineté européenne. »

Distribuées en deux temps, ces aides concerneront les acteurs existants dans leurs projets de développement et de recherche, puis, après appel à projets, ceux de l’intelligence artificielle (IA) ou de la cybersécurité sur le volet défense. De quoi dynamiser - et surtout commencer à structurer - un vaste pôle de compétence en matière d’industrie guerrière.

Acteurs Clés de l'Industrie

Dans le sillage de grands groupes comme Airbus Defence and Space, Cegelec Défense, Thales et Safran, ou de plus petites sociétés à l’image des Forges de Tarbes (munitions), Delair (drones), Lacroix Défense (systèmes de contre-mesures), la seule région Occitanie compte 25 000 salariés, répartis au sein d’environ 400 entreprises sur un total de 225 000 emplois directs et indirects en France, selon une étude de la direction générale de l’armement datant de 2022.

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L’éloignement géographique du Sud-Ouest de la France par rapport à l’Allemagne d’abord, puis à l’URSS, explique en grande partie l’importance de la présence d’équipements et d’industries militaires dans notre région. Ce n’est pas par hasard qu’un moteur d’hélicoptère sur deux, militaire ou civil, voit le jour dans les usines de Safran Helicopter Engines de Bordes (64) et Tarnos (40), ni que les poudreries Roxel et Eurenco ont fait de la région leur point d’ancrage.

Le destin de l’avionneur Dassault illustre à lui seul ce constat. Si les compagnons de Dassault réalisent et assemblent les chasseurs Rafale dans le Sud-Ouest et non à Saint-Cloud, où l’aventure avait pourtant commencé, c’est qu’en 1940, quand l’armée allemande s’apprêtait à entrer dans Paris, matériel et personnel de l’usine furent évacués par camions vers Bordeaux.

Résultat, la Nouvelle-Aquitaine regroupe actuellement 11 % des effectifs nationaux, soit 31 500 personnels des armées (civils et militaires). Le ministère des Armées, qui règle environ pour 107 millions d’euros de factures chaque année aux entreprises du territoire, place la région au quatrième rang national.

Des secteurs y sont très représentés, comme la construction (Rafale, hélicoptères, etc.) - un bon tiers des 18 000 emplois de l’aéronautique régional seraient consacrés à des activités militaires - ou encore le spatial, via les missiles stratégiques. L’électronique, les systèmes embarqués via Thales, par exemple, font aussi partie des fleurons régionaux de l’industrie d’armement.

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Depuis l’attaque de l’Ukraine par l’armée russe il y a deux ans, la course au réarmement de l’Europe, qui dope clairement le commerce de l’armement français, « profite » aussi au tissu industriel de la région.

Montée en Puissance Constante

Illustration : en moins de cinq mois, l’Europe a lancé un appel à projets industriels de production de munitions et en sélectionné 31. Parmi ces derniers, trois concernent Eurenco, dont la montée en puissance passe notamment par Bergerac (24). Un autre concerne les poudreries Roxel présentes à Saint-Médard-en-Jalles (33).

Porté par les besoins de l’armée française mais aussi ses succès à l’export, Dassault Aviation, qui produisait un Rafale par mois en 2020, se dit désormais capable d’en faire sortir trois de ses ateliers dans le même temps.

L'Économie de Guerre et la Production de Munitions

Avec 150 000 obus en ligne de mire, la France muscle discrètement son industrie d’armement terrestre pour une économie de guerre assumée. Alors que les conflits s’éternisent en Ukraine et au Proche-Orient, Paris anticipe une décennie sous haute tension.

La signature d’un contrat massif entre KNDS France et Les Forges de Tarbes relance la machine industrielle française sur la durée. En apparence, il ne s’agit que d’un contrat de munitions. Mais dans le contexte actuel, cet accord triennal reconductible (jusqu’en 2031) engage bien plus qu’une simple commande. Il scelle une rupture dans la logique d’approvisionnement du ministère des Armées, passant de commandes annuelles à un cadre pluriannuel prévisible.

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La plage de 60 000 à 150 000 obus sur trois ans permet de répondre à une demande en forte hausse, notamment due à la consommation massive de munitions en Ukraine. Le calibre 155 mm, standard OTAN, est utilisé par la quasi-totalité des armées occidentales.

Ce contrat permet à Les Forges de Tarbes de prévoir ses investissements matériels et humains : achat de nouvelles presses, formation de tourneurs-spécialistes, embauches prévues pour tenir le rythme de forge. Ce retour à une production en flux tendu mais continue est au cœur de la doctrine française d’ »économie de guerre ».

Les obus produits alimenteront en priorité KNDS France, fournisseur des canons Caesar, mais potentiellement aussi d’autres partenaires européens. Le calibre 155 mm équipe également les PzH 2000 allemands, les M109 américains et d’autres systèmes alliés.

Le contrat prévoit un mécanisme de « surge capacity », permettant à Tarbes de doubler ses livraisons si une guerre de haute intensité l’impose. Ce levier réduit les délais de négociation et les lenteurs administratives : une simple demande de l’armée suffit pour augmenter la cadence.

Les Forges de Tarbes, spécialisées dans l’ébauche des corps d’obus, perpétuent une tradition de métallurgie lourde rare en Europe. La qualité du forgeage est déterminante pour supporter la pression au tir : plus de 3 tonnes/cm2 dans le tube.

Ce contrat s’inscrit dans une stratégie plus large : faire revenir les armements terrestres au cœur des priorités industrielles. Alors que le spatial et l’aérien captent souvent la lumière, le retour à une production massive d’obus symbolise le virage opéré par le ministère des Armées vers la soutenabilité.

Focus sur Eurenco et la Production de Poudre

Stoppée en 2007, la production de poudre gros calibre est de nouveau en plein développement, la compétence ayant été conservée en Suède par le groupe.

En huit mois, entre avril et décembre 2024, 15 bâtiments sont sortis de terre sur ce qui était un vaste terrain vague de 15 hectares.

« On a surdimensionné et surinvesti pour aller plus vite, explique Thierry Francou, le PDG. Depuis la salle de pilotage, les techniciens conduisent à distance la fabrication de la poudre grâce aux caméras placées dans les quatre bâtiments jumeaux servant à la réaliser. Un seul opérateur est habilité à rentrer dans un premier sas pour faire partir les matières premières. « Dans les autres espaces, personne ne peut entrer sans l’accord des superviseurs », constate le responsable d’unité. Une « haute technicité » qui vaut à Eurenco le label Entreprise du futur.

Après le mélange des matières premières avec un solvant, puis un passage sur la ligne de dosage, la poudre est « extrudée » avant d’être mise au séchage. Les lignes automatisées sortent 50 kg de poudre par heure, soit une tonne par jour. Actuellement, trois unités sur quatre sont opérationnelles et fonctionnent 24h/24 et 7j/7. « On est en train de qualifier la dernière partie liée à l’emballage », expose le responsable.

Recrutement et Défis

Pas moins de 200 personnes ont été recrutées. « Elles sont essentiellement issues du bassin bergeracois, explique Olivier Hermann, le directeur du site. Pour obtenir une habilitation, il faut compter 80 heures de formation. » Les profils et les tranches d’âge sont très divers, avec une partie de personnes en reconversion. « Nous avons plus de difficultés sur des métiers spécifiques comme la maintenance, ajoute le directeur. Par ailleurs, on commence à avoir épuisé le recrutement local, il faut aller chercher plus loin. »

Perspectives d'Avenir

Alors que les commandes sont assurées au moins jusqu’en 2030, le PDG n’imagine pas un tassement de l’activité de défense avant quinze ans. « De nombreux pays rachètent des équipements, il y a besoin d’un socle de munitions pour les entraînements », observe Thierry Francou.

Les annonces en provenance de l’Union européenne sont claires : l’Europe ne peut plus compter sur les États-Unis pour sa défense et doit accélérer sa capacité à produire des armes sur son territoire. La Commission européenne a d’ores et déjà annoncé un plan de 800 milliards d’euros pour « réarmer l’Europe », en priorisant la fabrication d’armes directement sur le continent.

La défense antiaérienne, les missiles, les drones et les systèmes anti-drones ou encore les systèmes d’artillerie sont autant de domaines où les besoins européens sont les plus urgents. L’Europe ne dispose pas par exemple, « de système d’artillerie capable d’opérer des frappes dans la profondeur », indique Franceinfo. À la demande de la Délégation générale de l’armement, les sociétés françaises MBDA et Safran développent un armement longue portée.

Enjeux Logistiques et Spatiaux

La question de la production de munitions est également au cœur des enjeux. Français et Allemands ont relancé leurs productions et l’Union européenne prévoit la fabrication d’1,5 million obus de 155 mm cette année, précise le quotidien Les Échos. Mais le processus pourrait prendre du temps, quand on sait que seulement trois fonderies en Europe sont capables de façonner des obus, rappelle Franceinfo.

Le sujet s’étend aussi aux moyens nécessaires en mer et dans les airs. Au micro de France Inter jeudi 6 mars, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a précisé qu’il manquait « au moins trois frégates à notre Marine nationale », tandis que l’aviation de chasse française aurait besoin d’une « vingtaine de Rafales » supplémentaires.

Le journaliste Matthieu Quiret ajoute dans les Échos que « c’est toute une infrastructure logistique (ferroviaire, routière) que l’Europe va devoir développer pour projeter ses forces massivement à l’Est. »

L’effort devra également se concentrer dans le domaine spatial, crucial dans les conflits modernes. Sur le plan de la navigation, le système européen Galileo est totalement fonctionnel depuis 2024. L’accélération devra se faire dans la communication par satellite ainsi que dans l’utilisation de satellites espions, « où les Européens ont clairement du retard », détaille Franceinfo.

Pour intensifier la production d’armes sur son territoire, l’Union européenne devra sûrement commencer par réduire sa dépendance aux États-Unis en la matière.

La Collecte d'Armes Illégales

Combien d’armes à feu illégales sont-elles détenues par des particuliers en France ? Si un chiffre fiable est difficile à obtenir, une chose est sûre : des centaines de milliers d’armes à feu seraient donc illégalement détenues par certains de nos concitoyens, obtenues suite à un achat, une découverte ou encore un héritage… Et souvent, les propriétaires ne connaissent pas « les obligations réglementaires qui s’y attachent », estime le ministère de l’Intérieur : « Les armes à feu ne sont pas des biens comme les autres. Elles sont dangereuses et leur possession par des personnes non initiées accroît leur dangerosité », rappelle-t-il.

Du 25 novembre au 2 décembre, les services de la place Beauvau ont donc décidé de lancer une « opération spéciale » en ouvrant « partout sur le territoire des sites de collecte ». Les particuliers pourront y abandonner des « armes à feu, armes de poing, armes blanches ou petites munitions » : « Les particuliers pourront s’y rendre pour remettre les armes qu’ils ne veulent pas garder, explique le ministère de l’Intérieur. Lors de cette opération, « les modalités d’enregistrement et d’abandon » d’une arme seront « simplifiées, avec la garantie pour le particulier de n’encourir aucune poursuite judiciaire ou administrative sur le fondement du transport ou de la détention sans autorisation d’armes », poursuit le ministère, qui explique que seule une pièce d’identité sera réclamée.

Nouveau Magasin de Stockage de Munitions à Toulouse

Un nouveau magasin de stockage de munitions sera construit dans les mois qui viennent au 2 route de Seysses à Toulouse, à l’intérieur du quartier Colonel Edme, sur le site du 1er régiment du train parachutiste (1er RTP), sur la base de Francazal.

L’équipement prendra place sur une parcelle appartenant à l’État, classée en zone d’activités économiques par le plan local d’urbanisme de Toulouse. À ce stade, aucune date de début des travaux ni de mise en service n’est annoncée par la préfecture ou le ministère des Armées. Le lancement effectif du projet dépendra notamment de la décision du préfet, de l’issue de l’instruction environnementale et de l’obtention du permis de construire.

Ventes Mondiales d'Armes en Hausse

Portées par les guerres en Ukraine et à Gaza, les ventes des cent plus grands fabricants d’armes ont atteint un record de 679 milliards de dollars en 2024, selon le Sipri. Au cours de la dernière décennie, entre 2015 et 2024, les revenus des 100 plus grands fournisseurs ont augmenté de 26 %.

Trente-neuf des 100 principaux fournisseurs d’armes sont américains, parmi eux les trois premiers : Lockheed Martin, RTX (anciennement Raytheon Technologies) et Northrop Grumman. Cependant, des dépassements de budget et des retards affectent plusieurs programmes clés aux États-Unis, comme le chasseur F-35 et le sous-marin de classe Columbia.

Mais les fabricants d’armes européens rencontrent également des difficultés pour répondre à la demande accrue, avec un approvisionnement en matériaux plus difficile.

Deux fabricants d’armes russes figurent également parmi les 100 principaux fournisseurs. Pour le Sipri, la situation en Asie n’est pas homogène : les entreprises chinoises ont moins vendu d’armes tandis que les fabricants japonais et sud-coréens ont vu leurs revenus augmenter, stimulés par la demande européenne.

« Une série d’allégations de corruption dans les achats d’armes en Chine a conduit au report ou à l’annulation de contrats d’armement majeurs en 2024 », a déclaré Nan Tian, directeur du programme Dépenses militaires et production d’armes.

Enfin, neuf des cent principales entreprises d’armement sont basées au Moyen-Orient, avec des revenus combinés de 31 milliards de dollars. Trois d’entre elles sont israéliennes et représentent plus de la moitié de ce montant (+ 16 %, à 16,2 milliards de dollars).

Armurerie Sauvage: Un Exemple de Réussite Locale

La réputation de l’armurerie Sauvage a depuis longtemps franchi les frontières de cette commune du sud Deux-Sèvres. J’ai succédé à Jean-Claude Sauvage en 2000. Il fut à mes côtés pendant deux ou trois ans et avait à l’époque pignon sur rue dans le centre-ville de Celles.

Son métier d’armurier, le quadragénaire l’exerce avec Sandrine, son épouse. Le couple a visé juste, répond à une forte demande. Cette réussite ne doit rien au hasard. À la base j’ai un BEP microtechniques. Mon oncle tenait à Benet (Vendée), commune dont je suis originaire, une boutique spécialisée dans la chasse et la pêche. Il m’a sans doute inspiré.

« Un très bon client peut dépenser entre 5 000 € et 10 000 € par an chez moi », confie Olivier Nicoullaud, armurier à Celles-sur-Belle.

La Chasse et la Pêche: Plus qu'un Métier, une Passion

La chasse et la pêche plus qu'un métier, une passion ! La pêche, au fil de l'eau ! L’éventail de choix pour le pêcheur est pléthorique. Si aujourd’hui, les techniques les plus avancées sont au cœur du référencement (pêche moderne aux leurres en mer comme en eau douce, pêche de la carpe, pêche de la truite, pêche à la mouche, pêche au coup, compétition, pêche exotique), les pêches traditionnelles (pêche aux appâts, au vif, aux engins, etc.) n’ont pas été oubliées, bien au contraire.

Ses vendeurs connaissent sur le bout des doigts toutes les techniques, qu’ils pratiquent avec passion et assiduité. Surtout, ils mettent à profit leurs connaissances pour établir des sélections concrètes et cohérentes et ils ne sont pas avares de conseils pour leurs clients.

Des accessoires pour la chasse du gros gibier (point rouge, montages, optiques, etc.). Des cartouches et des munitions grande chasse (Tunet, Mary-Arm, Fob, Baschieri & Pellagri, Federal, Sauvestre, Hornady, Norma, etc.). Des armes : fusil de chasse, carabine de chasse, carabine 22LR, carabine à plomb, carabine de jardin, etc. Des vêtements de chasse spécifiques. Des pièces détachées pour vos armes. Des armuriers diplômés disposant d’un atelier professionnel. Ils vous conseilleront et s’occuperont personnellement de la mise en conformité de vos armes, de leur entretien, ainsi que du montage d’optiques et des réparations diverses...

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