L'histoire de Beretta est une saga impressionnante de tradition, d'innovation et d'engagement envers la qualité. Alors que les États-Unis sont souvent perçus comme le centre de l'industrie des armes à feu, avec des noms tels que Smith & Wesson, Colt et Winchester, Beretta se distingue par son héritage européen et sa longévité exceptionnelle. La marque Beretta est détenue par la même famille depuis cinq cents ans.
La première trace de Beretta remonte à 1526, date d’un contrat entre Bartolomeo Beretta et la République de Venise. L’histoire de Beretta commence avec Bartolomeo Beretta, un maître armurier originaire de la ville de Brescia, en Italie. En 1526, Bartolomeo a ouvert son atelier d’armurerie à Gardone Val Trompia, une petite ville dans la région des Alpes italiennes.
Au fil des décennies et des siècles, les armuriers Beretta se sont distingués par leur engagement envers la qualité, l’innovation et l’artisanat. La famille Beretta a suivi une tradition d’excellence qui a été transmise de génération en génération. L’un des jalons importants dans l’histoire de Beretta a été l’invention du système à platine latérale, une innovation qui a grandement amélioré la fiabilité des armes à feu à percussion. Au XIXe siècle, Beretta a commencé à produire des armes pour les marchés internationaux, exportant ses produits vers l’Europe, les Amériques et d’autres régions du monde.
Le début du XXe siècle constitue un moment charnière dans l'histoire de l'Entreprise. C'est dans ces années que Pietro Beretta (1870-1957) marqua un tournant dans la modernité : Fabbrica d'Armi, qui comptait à l'époque 130 employés, changea de visage grâce à l'introduction des techniques de production les plus modernes. Il y eut une forte impulsion pour le brevetage de nombreux mécanismes, dispositifs et technologies de construction qui firent de Beretta non seulement la plus importante fabrique d'armes, mais aussi l'une des entreprises les plus modernes et efficaces du monde. Le nombre d'employés s'élève à 1 500.
En 1923, le poète Gabriele D'annunzio inventa la devise « dare in brocca », qui signifie atteindre la cible, représentée dans le symbole des trois flèches atteignant autant de cercles. En 1933, le projet de la Série SO est achevé, le premier fusil superposé italien pour la chasse et le tir sportif : une arme destinée à devenir une référence dans le monde des fusils de chasse de luxe entièrement fabriqués à la main.
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Ses fils Giuseppe (1906-1993) et Carlo (1908-1984) poursuivent l'œuvre de modernisation du père, développant le caractère multinational grâce à la conquête de nouveaux marchés ainsi qu’au lancement d'activités commerciales et de production dans d'autres pays, dont l'Amérique. Et les marchés ont vite récompensé cette vision courageuse. Ces années ont vu l'arrivée de nouveaux produits tels que le fusil d'assaut BM59 adopté par l'armée italienne ou le pistolet mitrailleur PM12.
Impossible de ne pas mentionner la création, au milieu des années 1950, de ce qui allait devenir pendant plus de deux décennies le fusil de référence de tous les chasseurs : le Beretta S55 et le semi-automatique A300.
Au XXe siècle, Beretta a joué un rôle clé pendant les deux guerres mondiales en fournissant des armes légères aux forces armées italiennes et alliées. Au cours des deux guerres mondiales, les soldats italiens furent souvent équipés d’armes bien fabriquées mais certaines étaient cependant peu pratiques et parfois peu fiables. Jusqu'à l'Armistice de 1943 entre l'Italie et les forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale, Beretta fabrique des fusils et des pistolets pour l'armée italienne. Avec le contrôle de la Wehrmacht du nord de l'Italie, les Allemands s'emparent de Beretta et ont continué la production jusqu'en 1945 à la capitulation de l'armée allemande en Italie. À ce moment, la qualité de la finition extérieure des armes avait diminué et était de beaucoup inférieure à la qualité connue avant la guerre mais leur fonctionnement était demeuré excellent.
Au milieu de ces armes médiocres, le pistolet-mitrailleur Beretta Modèle 38 se distingue par sa simplicité d’emploi et son efficacité. À ce titre, il représente sans doute l’une des armes le plus réussies de l’arsenal italien jusqu’en 1945. L’incertitude qui persistait au sein des états-majors sur l’emploi tactique du pistolet-mitrailleur conduisit Tullio Marengoni à proposer un nouveau type d’arme : le mousqueton automatique ou « Moschetto automatico » en italien.
À cette époque, l’effort de guerre allemand commence à s’enliser en Russie : 1942 est l’année de Stalingrad et la campagne d’Afrique commence à prendre des airs de défaite. Fin 1942, le ministre de l’armement, Albert Speer, incorpore purement et simplement l’industrie d’armement italienne aux sources d’approvisionnement normal de l‘armée allemande. Le troisième Reich ayant décidé fin 1943 d’abandonner la fabrication des MP 40 au profit de celle des MP 43 et 44, décide que les besoins en pistolets-mitrailleurs des troupes du Reich seront désormais satisfaits par des PM Beretta, qui prennent dans la nomenclature allemande l’appellation de « MP 739 (i) ».
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En 1942, Tullio Marengoni, propose à l’armée italienne une arme plus compacte qui reprend le mécanisme du Modèle 1 avec une monture en bois à crosse fixe. La Libération du Nord de l’Italie, pas plus que le bombardement qu’elle subit le 3 avril 1945, n’interrompent les activités la firme Beretta qui poursuit ses fabrications pour armer les forces de l’ordre du nouveau gouvernement italien et qui ne tardera pas à rencontrer de très beaux succès à l’exportation vers le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud où les PM Beretta seront abondamment employés.
Les Beretta resteront en service très longtemps dans l’armée et la police italienne où ils ne seront détrônés que très progressivement à partir de la fin des années 70 par des PM de troisième génération comme le Franchi LF-57 et le Beretta Modèle 12. Dans les années cinquante, le retour d’expérience des accidents survenus avec des PM entraînera chez tous les constructeurs l’adoption de dispositifs automatiques empêchant le recul accidentel de la culasse suivi de son retour en avant avec chambrage d‘une cartouche et du départ intempestif d’un ou plusieurs coups de feu.
L’armée italienne l’adopta en 1938 sous l’appellation de « Moschetto Automatico Beretta Modelo 38 » (en abrégé MAB Mod.38). L’arme est équipée d’une culasse dont le ressort récupérateur de faible diamètre est logé dans un tube télescopique, selon le principe mis en vigueur quelques années plus tôt par l’Allemand Heinrich Vollmer. Le ressort ainsi captif, cette disposition permettait un démontage très facile, dans lequel culasse et ressort récupérateur sont retirés de l’arme en un seul mouvement.
Cette disposition évite également l’action de corps étrangers sur le ressort et prévenait les torsions de ce dernier, fréquentes avec les ressorts de faible diamètre non maintenu par une tige-guide (comme sur les MP 18/1 et les PM français STA). La culasse est munie d’un percuteur mobile actionné par un levier positionné sur la face inférieure de la culasse. Ce levier fait saillir le percuteur lorsque la culasse, en fin de mouvement avant, heurte le support de l’éjecteur. On retrouve cette disposition sur les PM Thompson 1921 et 1928.
Sur les premières versions, le canon du MAB 38 est protégé par un manchon perforé, constitué d’un tube usiné percé de trous oblongs. Sur les versions suivantes les orifices sont circulaires. À l’avant du guidon est installé un compensateur de relèvement, fonctionnant sur le même principe que le compensateur « Cutts » des PM Thompson : il s’agit d’une pièce cylindrique percée de deux larges fenêtres orientées vers le haut qui canalisent une partie des gaz à la sortie du canon dans cette direction et limitent le relèvement de l’arme.
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La plaque de couche comporte une trappe relevable qui donne accès à un logement usiné dans la crosse dans lequel viennent prendre place deux tronçons de baguette (les baguettes du mousqueton Carcano) et un écouvillon de 9 mm pour le nettoyage du canon.
L’introduction du chargeur se fait droite dans l’arme. À l’origine, trois types de chargeurs étaient disponibles : 10, 20 et 40 coups. Les cartouches y sont stockées sur deux colonnes imbriquées et se présentent alternativement sur la lèvre droite puis sur la lèvre gauche. Ce principe de fonctionnement les rend faciles à garnir à la main (au contraire des chargeurs de type « Schmeisser », dont les cartouches se représentent en position centrale). Il existait toutefois un petit guide (souvent dénommée « chargette » par les collectionneurs), destiné à permettre de les garnir avec des lames-chargeurs de 10 cartouches.
Le chargeur du PM Beretta modèle 38 se révélera tellement réussi, qu’il sera adopté sur l’ensemble des PM italiens : de la seconde guerre mondiale (TZ-45, FNAB-43), mais aussi sur des armes d’après-guerre comme le Franchi LF-57 et le Beretta modèle 12 S en service dans de nombreuses forces de police.
Au fil du temps, le MAB 38 subit des modifications pour simplifier la production et réduire les coûts :
La satisfaction de cette demande est confiée une fois de plus à Tullio Marengoni, qui créa le « Modèle 1 » : une arme qui conservait le mécanisme de base du MAB 38 mais était dotée d’une crosse repliable inspirée de celle de la MP 38 allemande, d’une poignée-pistolet en aluminium et dont le fût s’arrêtait à hauteur du logement de chargeur. Ce dernier était profilé en forme de poignée.
Le canon du Modèle 1 était dépourvu de manchon de protection, en revanche il était épais, afin de retarder son échauffement et rainuré de cannelures longitudinales destinées à augmenter sa surface de contact avec le milieu ambiant afin d’améliorer son refroidissement. Deux fentes usinées à hauteur de la bouche, perpendiculairement à l’axe du canon faisaient office de compensateur. L’arme était dotée d’une culasse à percuteur fixe, légèrement plus courte que celle du modèle 38.
Cette version est parfois désignée par certains auteurs sous l’appellation de « Modèle 38/43 ». Il existe d’ailleurs une certaine confusion dans les appellations des PM Beretta.
Les difficiles conditions de derniers mois de guerre où le Sud de l’Italie est aux mains des Alliés et a signé un armistice avec ces derniers, alors que les troupes allemandes et leurs alliés fascistes de la République Sociale Italienne (RSI) occupent le Nord de l’Italie se traduisent dans le domaine industriel par une simplification accrue des fabrications. Fin 1943, le principe du ressort récupérateur dit « télescopique », si caractéristique du modèle 38 est abandonné au profit d’une culasse de type STEN composée d’une simple masse percutante à percuteur fixe prenant appui sur un ressort récupérateur de fort diamètre.
La Libération du Nord de l’Italie, pas plus que le bombardement qu’elle subit le 3 avril 1945, n’interrompent les activités la firme Beretta qui poursuit ses fabrications pour armer les forces de l’ordre du nouveau gouvernement italien et qui ne tardera pas à rencontrer de très beaux succès à l’exportation vers le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud où les PM Beretta seront abondamment employés.
Les Beretta resteront en service très longtemps dans l’armée et la police italienne où ils ne seront détrônés que très progressivement à partir de la fin des années 70 par des PM de troisième génération comme le Franchi LF-57 et le Beretta Modèle 12. Le PM Beretta sera également adopté après-guerre par la police de frontières (BundesGrenzSchutz = BGS) Ouest-allemande lors de sa création précédant de peu celle d‘une nouvelle armée allemande : la Bundeswehr. Cette version du Beretta 38/42 est dotée d’un bouton-poussoir de sécurité traversant le fût.
Dans les années cinquante, le retour d’expérience des accidents survenus avec des PM entraînera chez tous les constructeurs l’adoption de dispositifs automatiques empêchant le recul accidentel de la culasse suivi de son retour en avant avec chambrage d‘une cartouche et du départ intempestif d’un ou plusieurs coups de feu. On verra alors apparaître des poussoirs et des « pédales » de sûreté installés dans le fût des PM Beretta.
En 1975, la célèbre firme italienne Beretta acheva le développement de l’arme de poing qui sera son plus grand succès commercial : le Beretta 92. Le modèle 92 fait partie de la première génération de pistolets modernes dits « Wonder Nine » pour les anglophones : C’est-à-dire les pistolets semi-automatiques chambrés en 9×19 parabellum, dotés d’un chargeur grande capacité en double colonne, ainsi que d’une détente double action pour le premier tir (DA/SA). Une fois la production lancée en 1976, le Beretta 92 équipa dans un premier temps la police et les forces armées italiennes : Celui-ci répondait à leurs exigences en matière de sécurité, de fiabilité et de puissance de feu.
Comme évoqué précédemment, le mécanisme du modèle 92 est repris du Walther P38 allemand, fonctionnant sur le principe de court recul du canon en utilisant un système de verrouillage du bloc tombant. Après le tir, la pression développée par les gaz de combustion fait reculer l’ensemble culasse / canon. Après un court instant, le bloc de verrouillage s’abaisse et libère la culasse qui recule alors que le canon s’arrête contre la carcasse. La culasse, au cours de son mouvement vers l’arrière, extrait et éjecte l’étui de la cartouche tirée, arme le chien et comprime le ressort récupérateur. Poussée par le ressort de récupérateur, la culasse se déplace vers l’avant et approvisionne une nouvelle cartouche du chargeur dans la chambre, et le verrouillage canon / culasse est rétabli.
Ce mode de fonctionnement est fait pour encaisser la pression exercée par la 9×19, contrairement au Beretta Modello 34 qui fonctionnait simplement par retour de gaz de la munition 9×17 (également appelée 9mm court). L’arme est également très sûre grâce à la sécurité automatique du percuteur : si la queue de détente n’est pas complètement tirée en arrière, un dispositif de blocage assure le percuteur et l’empêche de se déplacer vers l’avant. Autre avantage, le démontage est jeu d’enfant ! Après avoir vérifié que l’arme est déchargée, il suffit simplement retenir la glissière en arrière, presser le bouton à droite près de la bouche du canon puis abaisser le levier du côté gauche.
La compagnie Beretta USA a été fondée en 1977 et est basée à Accokeek, dans le Maryland et fabrique des armes pour les militaires, policiers et civils. En Janvier 2014 Beretta a annoncé la construction d'un centre de conception et de production à Gallatin, dans le Tennessee, pour étendre ses opérations aux États-Unis.
Beretta a étendu son influence en acquérant plusieurs filiales spécialisées dans différents domaines de l'armement :
Les modèles de la gamme 92 tirent le 9 mm Parabellum. Ceux de la gamme 96 sont chambrés en .40 S&W. Quant aux variantes 98 et 99 réservés au marché civil italien, leur calibre est le 7,65 mm Parabellum ou le 9 mm IMI. Les pistolets type Centurion/Compact sont plus courts (197 mm, soit 20 mm de moins que le modèle de référence). Les nombreuses variantes du Beretta 92 sont désignées à l’aide d’un suffixe. La série S est dotée d’un levier de désarmement du marteau Ce même levier est ambidextre sur la série B. Les pistolets de la série B sont plus courts (197 mm, soit 20 mm de moins que le modèle de référence). Le pontet de la série F est modifié pour permettre le maniement à deux mains. La série G est dépourvue de sûreté et dispose seulement d’un mécanisme de désarmement.
Au début des années 80, les militaires ont commencé à rechercher une nouvelle arme de poing pour remplacer les plus de 25 différents modèles de pistolets et revolvers en service dans l’armée ainsi que les plus de 100 différents types de munitions pour ces armes de poing.
| Modèle | Année de conception | Calibre | Particularités |
|---|---|---|---|
| Beretta Modèle 38 | 1938 | 9mm M.38 | Pistolet-mitrailleur emblématique de l'arsenal italien |
| Beretta 92 | 1975 | 9×19 Parabellum | Succès commercial, adopté par les forces armées italiennes |
| Beretta 76 | N/A | .22 LR | Légende du tir sportif |
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