Le 7 janvier 2015, la France a été frappée par l'un des attentats les plus traumatisants de son histoire. Vers 11h30, deux terroristes ont lancé un assaut sur la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo. Cet événement a marqué le début de trois jours de sang et de larmes, avec la mort d'une jeune policière à Montrouge et un autre attentat à l'Hyper Cacher.
Voici une chronologie des événements qui se sont déroulés pendant ces trois jours tragiques :
Un peu avant 10h30, deux hommes embarquent dans une Citroën C3 noire, direction Paris. Au même moment, dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo ont pris place autour de Charb, le directeur de la publication, pour la conférence de rédaction. Les assaillants ont désormais un nom : il s’agit de Saïd et Chérif Kouachi, deux frères nés dans une famille populaire du XIXe arrondissement de Paris.
En moins de deux minutes, les cinq dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, l'économiste Bernard Maris, le correcteur Mustapha Ourrad, le policier Franck Brinsolaro - qui assurait la protection de Charb - et Michel Renaud, cofondateur du festival Rendez-vous du carnet de voyage, meurent sous les balles.
Les deux hommes étant formellement identifiés, c’est une véritable chasse à l’homme qui débute. Si les deux frères concentrent toutes les attentions, un autre fait va survenir dans la soirée. Les enquêteurs traquent Saïd et Chérif Kouachi, mais aussi Amedy Coulibaly. Alors qu’ils ont causé la mort de 13 personnes, localiser les trois terroristes devient une priorité pour toutes les forces de sécurité.
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Après plus de 24 heures de jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre, il est 8h10 quand Saïd et Chérif Kouachi surgissent armés d’une forêt de Montagny-Sainte-Félicité, en bordure d’une route départementale de l’Oise. « On a vengé le prophète », lance Saïd Kouachi à la conductrice de la Peugeot 206 avant de repartir.
Pendant près de quatre heures, Amedy Coulibaly retient 25 personnes en otage. Selon eux, il parle du Mali, de la Birmanie, de la Palestine et de l'Irak, affirme que la France ne respecte pas l'islam, raconte son ralliement à Daech et revendique l'assassinat de Clarissa Jean-Philippe. Après quelques heures, il contacte la rédaction de BFMTV et dévoile qu’il est en lien avec les frères Kouachi. Et il prévient : il tuera les otages en cas d’assaut à Dammartin-en-Goële.
Pour étancher leur soif de tuer, les terroristes empoignent désormais des fusils d’assaut. Les 129 victimes des attentats de Paris, vendredi dernier, ont reçu des rafales de balles meurtrières. Le même type d’armes que celles utilisées contre « Charlie Hebdo ». Comment la Kalachnikov est-elle devenue l’arme des djihadistes ?
La reine de ces fusils d’assaut, c’est la Kalachnikov - aussi appelée AK-47. Elle est tristement célèbre pour être l’arme de prédilection des terroristes. Si les djihadistes en raffolent, c’est parce qu’elle est durable et ne demande pas beaucoup d’entretien. Elle peut aller dans l’eau ou dans le sable, elle fonctionnera toujours. Autre atout de cette arme de guerre, sa mobilité : Elle est démontable donc facile à transporter et à cacher.
Depuis les années 1995 et l’éclatement des Balkans, les stocks d’armes venus d’Europe de l’Est se déversent sur le reste du continent, notamment sur la France. C’est une arme très facile à produire donc des millions et des millions de Kalachnikov ont été fabriquées. Aujourd’hui, la plupart d’entre elles sont toujours en circulation en Europe et en Afrique du Nord. Le prix des autres modèles de Kalachnikov varie « entre 1 000 et 2 000 €, si elles sont en bon état », affirme le spécialiste.
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| Attentat | Arme Principale | Origine |
|---|---|---|
| Charlie Hebdo | Fusil d'assaut Kalachnikov | Europe de l'Est |
| Hyper Cacher | Fusil d'assaut Kalachnikov | Europe de l'Est |
Il faudra attendre un peu plus de cinq ans, en septembre 2020, pour voir s'ouvrir le procès des attentats de janvier 2015. Pendant plusieurs mois, quatorze personnes ont été jugées à Paris devant la Cour d'assises spéciale. Ils sont soupçonnés d'avoir apporté une aide logistique aux auteurs des attaques, qui ont entrainé la mort de 17 personnes.
Le 16 décembre 2020, la cour d'assises rend son verdict et prononce des peines allant de quatre ans de prison à la perpétuité. Trois accusés - Hayat Boumeddiene, l'ancienne compagne d’Amedy Coulibaly, Mohamed Belhoucine, considéré comme le mentor présumé d'Amedy Coulibaly et Mehdi Belhoucine - sont jugés en leur absence.
"Comment faire le journal après tout ça ? Le 7 janvier, le monde découvrait ce petit journal de dessins satiriques, pourfendeur insolent des institutions et des religions. Un an après l'attentat, Charlie a redémarré mais se sent bien seul dans son combat pour "rire de tout".
Repliés dans les locaux de Libération, les rescapés sortent le 14 janvier un "numéro des survivants" et osent dessiner Mahomet en couverture sous le titre "Tout est pardonné". Il s'arrachera à 7,5 millions d'exemplaires dans le monde.
"Les conditions de sécurité à Charlie (…) restent insupportables", commente Laurent Léger. "Pas question d'autocensure, sinon cela signifierait qu'ils ont gagné. Si l'actualité nous amenait à redessiner Mahomet, on le ferait", proclame Eric Portheault, co-actionnaire du journal avec Riss et directeur financier.
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