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L'opération Bonite à Kolwezi en 1978 est un récit documenté et haletant, où le 2e REP s’illustre dans un sauvetage éclair au cœur du chaos zaïrois. Cette intervention demeure la dernière grande opération aéroportée française à ce jour.

Contexte de l'Opération

La ville de Kolwezi est située au cœur de la région minière du Shaba, dans la province du Katanga, au sud-est du Congo (ex-Zaïre). En 1978, elle comptait environ 100 000 habitants et était divisée en quartiers distincts par des collines. Cette cité était totalement liée à l’activité de la société Gécamines, qui extrait le cuivre et les diamants, faisant de Kolwezi un des points les plus sensibles de l’Afrique.

Début mai 1978, les rebelles Katangais, soutenus par l'Angola, envahissent la riche province zaïroise du Shaba. Le samedi 13 mai, à la veille des congés de la Pentecôte, Kolwezi est soudain envahie de militaires en tenue camouflée qui engagent le combat contre les soldats des FAZ, vite obligés de se replier sur quelques points d’appui bientôt encerclés. Les agresseurs appartiennent au FLNC, et beaucoup sont des adolescents d’une quinzaine d’années. Dès leur arrivée dans Kolwezi, la poudre parle.

Entre le 11 et le 13 mai 1978, 3 à 4 000 rebelles katangais bien armés, venus d'Angola et transportés par des avions cubains à travers la Zambie, neutre, s'emparèrent de Kolwezi et prirent en otage près de 3 000 européens. Un peloton de Panhard AML 60 de l’armée zaïroise se rallia aux rebelles.

Les rebelles se livrent immédiatement aux premiers pillages et aux premiers massacres. Ils massacrent les hommes des FAZ qui tombent entre leurs mains et arrêtent des Européens, aussitôt accusés d’être des mercenaires. Des centaines d'Européens furent sortis de force de leurs maisons et emmenés au quartier général des rebelles pour vérification d’identité. Les Européens emprisonnés se résignèrent à être massacrés par les soldats livrés à eux-mêmes et que plus personne ne semblait commander. Des officiers cubains et un conseiller de l’Allemagne de l’Est avoueront avoir été débordés par l’ampleur du désordre et de l’indiscipline des «Tigres».

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Face à cette situation, le président Mobutu appelle la communauté internationale à l’aide. Les États-Unis ne veulent pas s’engager et la Belgique hésite à le faire. Dans le même temps, l’ambassadeur de France, M. André Ross, et le chef de la mission française d’assistance militaire, le colonel Gras, informent Paris des événements et demandent à plusieurs reprises au gouvernement français d’intervenir pour arrêter les massacres.

Décision et Préparatifs de l'Intervention Française

Le chef d’État zaïrois établit un contact téléphonique avec le président français, M. GISCARD D’ESTAING. Même s’il se fait fort de régler l’affaire seul, M. MOBUTU ne peut écarter l’hypothèse d’une intervention militaire étrangère pour sauver son pouvoir personnel et l’unité de la nation zaïroise.

Le président Giscard d’Estaing prend la décision de faire intervenir une unité parachutiste. Le 17 mai, l’intervention française est décidée. Le REP est mis en alerte à Calvi. L’alerte semble passée, mais malgré le calme apparent l’inquiétude demeure. 3 000 Européens vivent à Kolwezi.

En mai 1978, le 2e REP, commandé par le colonel Erulin, est de "Guépard". Le 17 mai 1978, le colonel Philippe Erulin, commandant le 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP) reçoit l'ordre de se préparer. Le 2e REP rejoint la base aérienne de Solenzara le 18 mai.

Dans la nuit du 17 au 18 mai, les légionnaires parachutistes quittent par camions leur cantonnement et gagnent en trois heures de route de montagne l’aéroport où ils doivent embarquer à bord du DC-8. Les cinq jets arriveront en ordre dispersé à Kinshasa. Le colonel ERULIN y est accueilli par le colonel BALLADE, chargé de l’instruction technique des paras zaïrois. Le colonel GRAS les rejoindra plus tard.

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Les légionnaires furent envoyés, dans quatre DC-8 appartenant à la compagnie civile UTA, de Corse vers Kinshasa. Ils furent suivis par un Boeing 707 emportant le matériel et l’armement. Ils arrivèrent à Kinshasa en fin de journée du 18. Les préparatifs opérationnels se déroulèrent à l’aéroport militaire de Kinshasa, notamment la réception de parachutes militaires américains, pour lesquelles les compagnies reçurent une instruction rapide durant la nuit du 18 au 19. Le briefing se tint également durant la nuit et permit de mettrre au point les détails de l’opération.

Déroulement de l'Opération

La mission confiée par le président de la République est de sauter sur Kolwezi pour secourir les centaines d'otages de toutes nationalités. Le 19 mai après 4 heures de vol depuis Kinshasa, les légionnaires sont largués sur Kolwezi.

Le 19 mai à 15 h 30, la première vague française, composée de 405 hommes (le PC et trois compagnies), sauta sur Kolwezi. Immédiatement, de violents combats de rue se déroulèrent. Les légionnaires parvinrent à délivrer des Européens retenus en otage ou qui avaient pu se cacher. Une colonne rebelle, soutenue par un blindé, fut stoppée vers 16 h30 à hauteur de la gare par un tir de lance-roquettes. Kolwezi passa sous contrôle de la Légion dès la tombée de la nuit, vers 18h.

Les 1re, 2e, 3e compagnies du 2e REP et une partie de l’état-major de la première vague sautent sur le terrain désaffecté d’un petit aéroclub situé au nord de la vieille ville avec pour mission de sécuriser cette partie de Kolwezi. La 3e compagnie du capitaine GAUSSERÈS fonce au sud-est. Premier objectif, l’hôtel Impala, PC des rebelles.

Le 20 Mai en fin de nuit, à 6 h 30, une deuxième vague de 250 parachutistes de la légion fut larguée (4ème compagnie et section d'éclairage et de reconnaissance). Sautant à l’est de la ville, elle prit les rebelles à revers et occupa cette partie de la ville dans la matinée.

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La 4e compagnie du 2e REP, le PC principal, la section d’éclairage, la section de mortiers et les éléments de la mission d’assistance militaire de la seconde vague sont transportés par un DC10 zaïrois à Kamina où, après avoir largué la première vague, les avions viennent les récupérer. Leur embarquement ayant été retardé par l’arrivée de parachutistes belges envoyés au Zaïre pour rapatrier leurs compatriotes, ils sont largués le 20 au matin à l’est de Kolwezi avec mission de sécuriser la ville nouvelle et le secteur nord. Appuyés par leurs camarades déjà présents en ville, les légionnaires prennent le contrôle de Kolwezi, au prix de violents combats autour de l’hôtel Impala, siège du quartier général des rebelles, et de l’hôpital.

Le 20 mai à l'aube, les parachutistes belges atterrirent sur l'aérodrome de la plaine, à 5 km de Kolwezi. Progressant pédestrement vers la ville, ils tirèrent, par méprise, sur la Légion étrangère (fort heureusement sans victime à déplorer). Les Belges entrèrent dans Kolwezi avec ordre de ne rester que "septante-deux" heures. Ils évacuèrent vers l'aérodrome les ressortissants Belges, à l'exclusion des Africains et autres Européens, qu'ils firent même redescendre des avions ! Ils laissèrent ainsi aux Français la tâche entière des combats de ratissage.

Dans l’après-midi du 20, la ville minière de Metal-Shaba fut également prise par le 2e REP. 200 rebelles y furent contraints à la retraite mais tuèrent un sous-officier légionnaire. Le S/C DANIEL de la 4ème Cie.

À partir du 22 mai, l'action des légionnaires continue, et très rapidement le colonel Erulin peut annoncer " mission accomplie ". Les unités sont ré-articulées au sol et entament leur progression. Les légionnaires sont désormais chargés de la sécurité d’une ville vidée de sa population européenne, dont les rues sont jonchées de près de 900 cadavres, où la population zaïroise attend aide et assistance.

Bilan de l'Opération

Le bilan de l’affaire de Kolwezi est lourd.

Le bilan de l’opération est lourd : pour les militaires, 5 tués et 20 blessés au 2e REP, 6 disparus à la mission militaire française, 1 tué pour les parachutistes belges, 14 tués et 8 blessés au 311e bataillon parachutiste zaïrois, et enfin près de 250 Katangais tués et 160 prisonniers. Environ 247 rebelles ont été tués et 160 faits prisonniers, ainsi que cinq légionnaires tués et vingt autres légionnaires blessés.

Pour les civils, environ 120 Européens sont tués et plus de 2 000 sauvés. Près de 500 Zaïrois, civils et militaires, ont été tués. 25000 ressortissants européens ont été sauvés. Le 2e REP, cité à l'ordre de l'Armée, a perdu un sous-officier et quatre légionnaires.

Pertes Humaines lors de l'Opération Kolwezi
Force Tués Blessés Disparus
2e REP 5 20 0
Mission Militaire Française 0 0 6
Parachutistes Belges 1 0 0
Bataillon Parachutiste Zaïrois 14 8 0
Katangais ~250 N/A N/A
Civils Européens ~120 N/A N/A
Zaïrois (Civils et Militaires) ~500 N/A N/A

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