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La possession d'armes à feu en France est strictement réglementée, mais il existe des moyens légaux d'acquérir certaines armes sans permis de chasse ou licence de tir sportif. Cet article explore les différentes possibilités offertes par la loi française, les catégories d'armes, les conditions d'acquisition et de détention, ainsi que les alternatives pour l'autodéfense.

Les Catégories d'Armes en France

La classification des armes en France est régie par le décret n°2013-700 et est divisée en 8 catégories, allant de A à D, chacune ayant des sous-catégories spécifiques :

  • Catégorie A : Armes interdites à l'acquisition et à la détention, comme les armes automatiques ou les munitions de guerre.
  • Catégorie B : Armes soumises à autorisation pour l'acquisition et la détention, telles que les pistolets semi-automatiques ou les fusils d'assaut.
  • Catégorie C : Armes soumises à déclaration, comme les fusils de chasse.
  • Catégorie D : Armes en vente libre ou soumises à enregistrement, comme les armes d’épaule à canon lisse ou les armes de collection.

Il existe également 4 sous-catégories, D1, D2, D3 et D4, qui répertorient respectivement les armes de collection, les armes à blanc ou à gaz, les armes à air comprimé et les armes blanches.

Posséder un Fusil de Chasse : Conditions et Alternatives

Le fusil de chasse est l’arme privilégiée par les chasseurs pour le gibier, mais surtout une arme de catégorie C. À ce titre, il est soumis à une déclaration auprès des autorités et nécessite un permis de chasse valide ou une licence de tir sportif.

Aussi, pour posséder un fusil de chasse chez soi, il ne faut pas être inscrit au Finiada (Fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes).

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Héritage d'un fusil de chasse

Il est possible d'hériter d'un fusil de chasse et de le conserver même si ce dernier n'est pas neutralisé (rendu définitivement impropre au tir, NDLR), et même si on ne possède pas de licence de tir ou de permis de chasser. La personne ayant hérité du fusil de chasse doit se présenter sans délai à un armurier qui pourra constater la mise en possession de l'arme.

L'acquéreur devra également ouvrir un râtelier numérique au SIA, même s'il n'est pas chasseur. Enfin, pour pouvoir conserver l'arme, la personne devra présenter à l'armurier une déclaration sur imprimé dédié et un certificat médical datant de moins d’un mois, comme le stipule l’Article R312-55 du Code de la sécurité intérieure.

La personne a un droit de détention d'arme, mais c'est tout : elle n'a pas le droit de transporter l'arme et d'acheter des munitions. Par ailleurs l’État est en droit de faire des enquêtes administratives à n’importe quel moment pour vérifier que les propriétaires de fusil de chasse sont de bonne moralité.

Déclaration obligatoire

Oui, la déclaration d'un fusil de chasse est obligatoire en France, même si vous ne possédez pas de permis de chasser. Depuis le 1er août 2018, toute acquisition d'arme de catégorie C, dont fait partie le fusil de chasse, doit faire l’objet d’une déclaration en Préfecture. Cette procédure doit être réalisée en présence d’un armurier ou d’un courtier.

Il est à noter que les détenteurs d’armes titulaires d’un permis de chasser doivent obligatoirement créer un compte personnel dans le Système d'information sur les armes (SIA) avant le 31 décembre 2024. De plus, la non déclaration d'un fusil de chasse est sanctionnée par une peine de prison de 2 ans et une amende de 30 000 €. Il est donc crucial de respecter cette obligation légale pour éviter toute conséquence juridique.

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Garder un fusil de chasse sans permis

Dans certains cas, vous pouvez conserver votre fusil de chasse même sans permis. Par exemple, si vous avez hérité d'une telle arme, vous pouvez la garder dans les conditions restrictives déjà rappelées précédemment si vous n’avez ni permis, ni licence de tir, mais aussi faire choix de la faire neutraliser. La neutralisation rend l'arme inapte au tir et doit être effectuée par le Banc d'épreuve national de Saint-Étienne.

Qui peut avoir un fusil de chasse ?

En France, l'acquisition et la détention d'un fusil de chasse sont principalement réservées aux personnes majeures, détenant un permis de chasse ou une licence de tir sportif.

  • Dès l'âge de 12 ans, il est possible de détenir une arme de catégorie C à condition d'avoir l'autorisation d'une personne exerçant l'autorité parentale non inscrite au FINIADA et d'être titulaire d'une licence en cours de validité d'une fédération sportive ayant reçu une délégation ministérielle pour la pratique du tir, du ball-trap ou du biathlon ;
  • Dès l'âge de 16 ans, il est possible de détenir un fusil de chasse avec l'autorisation d'une personne exerçant l'autorité parentale non inscrite au FINIADA et d'être titulaire du permis de chasse ou d'une licence en cours de validité d'une fédération sportive ayant reçu une délégation ministérielle pour la pratique du tir, du ball-trap ou du biathlon ;
  • Dans le cadre d'activités encadrées, l'emprunt d'un fusil à un titulaire d'un permis de chasse ou de licence de tir sportif est autorisé pour une durée limitée ;
  • Une personne ne possédant pas de permis de chasse ou de licence de tir peut acquérir une arme d'autodéfense ou une arme de catégorie D, cette dernière étant soumise à un enregistrement préfectoral.

Armes de Catégorie D : Alternatives Sans Permis

En France, la loi autorise la possession chez soi de certaines armes sans permis. Cela concerne principalement les armes de catégorie D. Parmi ces armes, on trouve notamment :

  • Les armes d'alarme et de starter
  • Les armes historiques et de collection dont le modèle est antérieur au 1er janvier 1900
  • Les armes d'épaule à un coup par canon lisse dont la longueur ne dépasse pas 80 centimètres
  • Les armes de défense à gaz ou à générateur d'aérosol classées en catégorie D

Il est crucial de noter que certaines armes de catégorie D, même si elles ne nécessitent pas de permis, sont soumises à enregistrement en préfecture. Par ailleurs, des règles strictes encadrent leur détention. Elles doivent toujours être conservées dans un endroit sécurisé, hors de portée des enfants et ne peuvent être transportées en dehors du domicile sans motif légitime.

Carabine sans permis

La carabine à plombs est une option populaire pour ceux qui cherchent une arme sans permis. Les modèles dont la puissance est inférieure à 20 joules peuvent être acquis sans déclaration préalable, sur présentation d'une pièce d'identité. Une autre option est la carabine de jardin 9 mm. Elle est appréciée pour sa maniabilité et son faible recul. Toutefois, il est crucial de respecter la loi française.

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En résumé, une carabine à air comprimé ≤20 joules vous offre une puissance déjà très confortable tout en restant simple à acquérir. Pour aller au-delà, une licence ou un permis sera indispensable.

Sanctions encourues

Bien que régulièrement déclaré, détenir un fusil de chasse sans permis quand on est chasseur expose à une amende de 750 euros et à la confiscation de son arme. Ne pas déclarer son fusil de chasse constitue un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Une fausse déclaration pour obtenir la délivrance d’un permis de chasse est passible de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende selon l’article 441-6 du Code pénal. Acquérir une arme alors qu'on est inscrit au Finiada est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Le transport non légitime d'arme de catégorie C constitue un délit qui entraîne 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende.

Tableau récapitulatif des armes de catégorie B utilisées pour le tir sportif

Type d'arme Caractéristiques
Arme à feu de poing (pistolet, revolver) Arme à feu de poing + arme convertie en arme de poing non comprise dans les autres catégories.
Arme d'épaule à 1 coup Arme à feu d'épaule.
Arme d'épaule à répétition manuelle Arme à feu d'épaule à répétition manuelle.
Armes à feu d'épaule à répétition semi-automatique Arme à feu d'épaule à répétition semi-automatique, à percussion centrale.

Alternatives pour l'autodéfense

En l’absence de permis de chasse ou de licence de tir, il est tout de même possible d’acquérir une arme d’auto-défense afin de se protéger en cas d’agression. La seule catégorie qui échappe à la licence de tir, au permis de chasse ou à l’autorisation spécifique est la catégorie D. Certaines armes rangées dans cette catégorie sont toutefois soumises à un enregistrement préfectoral.

Vous souhaitez investir dans une arme de défense afin d’assurer votre sécurité et celle de vos proches, mais n’avez ni permis de chasse ni licence de tir ? Les aérosols de défense, les shockers électriques, et les pistolets d'alarme peuvent être des options à considérer.

Contenant du gaz CS (gaz lacrymogène) ou du gel poivre, les aérosols permettent d’immobiliser un agresseur en deux temps trois mouvements. Les shockers sont des armes à impulsion électrique anti-agression adaptés au grand public. Ces petits boitiers, qui prennent parfois l’apparence de téléphones portables permettant de tromper la vigilance de l’assaillant, sont reconnus pour leur grande efficacité. Ils paralysent l’agresseur pendant plusieurs secondes, vous permettant de fuir ou d’appeler de l’aide. Avec leur aspect crédible et leur détonation assourdissante, les pistolets et revolvers d’alarmes sont des armes à feux avant tout conçus pour impressionner. Ils sont d’ailleurs utilisés dans les représentations théâtrales et les films pour apporter une touche de réalisme supplémentaire. Les munitions sont généralement des cartouches remplies de poudre noire et équipées d’un obturateur en PVC.

Quelle que soit l’arme de défense que vous choisissez, veillez toujours à bien vous renseigner en amont quant à ses conditions de détention et de transport.

Il faut toutefois prendre garde à ce que la riposte ne soit pas disproportionnée (c’est là que réside toute la « subtilité » de la loi). Si votre voleur vient vous rendre visite accompagné d’une batte de baseball, l’utilisation d’un shocker électrique en réponse peut logiquement s’apparenter à de la légitime défense. Par contre, réfléchissez-y à deux fois avant de sortir votre katana.

Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C : 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes :

  • meurtre, assassinat ou empoisonnement prévus aux articles 221-1 et suivants du code pénal ;
  • tortures et actes de barbarie prévus aux articles 222-1 et suivants du même code ;
  • violences volontaires prévues aux articles 222-7 et suivants dudit code ;
  • exploitation de la vente à la sauvette prévue à l'article 225-12-8 du même code ;
  • travail forcé prévu à l'article 225-14-1 du même code ;
  • réduction en servitude prévue à l'article 225-14-2 du même code ;
  • administration de substances nuisibles prévue à l'article 222-15 du même code ;
  • embuscade prévue à l'article 222-15-1 du même code ;
  • menaces d'atteinte aux personnes prévues aux articles 222-17 à 222-18-3 du même code ;
  • viol et agressions sexuelles prévus aux articles 222-22 à 222-31 du même code ;
  • exhibition sexuelle prévue à l'article 222-32 du même code ;
  • harcèlement sexuel prévu à l'article 222-33 du même code ;
  • harcèlement moral prévu aux articles 222-33-2 et 222-33-2-2 du même code ;
  • enregistrement et diffusion d'images de violence prévus à l'article 222-33-3 du même code ;
  • trafic de stupéfiants prévu aux articles 222-34 à 222-43-1 du même code ;
  • infractions relatives aux armes prévues aux articles 222-52 à 222-67 du même code ;
  • enlèvement et séquestration prévus aux articles 224-1 à 224-5-2 du même code ;
  • détournement d'aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport prévu aux articles 224-6 à 224-8-1 du même code ;
  • infractions relatives à la traite des êtres humains et à la dissimulation forcée du visage d'autrui prévues aux articles 225-4-1 à 225-4-10 du même code ;
  • proxénétisme et infractions qui en résultent prévus aux articles 225-5 à 225-12 du même code ;
  • recours à la prostitution des mineurs ou de personnes particulièrement vulnérables prévu aux articles 225-12-1 à 225-12-4 du même code ;
  • exploitation de la mendicité prévue aux articles 225-12-5 à 225-12-7 du même code ;
  • atteintes aux mineurs et à la famille prévues aux articles 227-1 à 227-28-3 du même code ;
  • vols prévus aux articles 311-1 à 311-11 du même code ;
  • extorsion prévue aux articles 312-1 à 312-9 du même code ;
  • demande de fonds sous contrainte prévue à l'article 312-12-1 du même code ;
  • recel de vol ou d'extorsion prévu aux articles 321-1 à 321-5 du même code ;
  • destruction, dégradation et détérioration d'un bien prévues à l'article 322-1 du même code ;
  • destruction, dégradation et détérioration ne présentant pas de danger pour les personnes prévues aux articles 322-1 à 322-4-1 du même code commises en état de récidive légale ;
  • destruction, dégradation et détérioration dangereuses pour les personnes prévues aux articles 322-5 à 322-11-1 du même code ;
  • menaces de destruction, de dégradation ou de détérioration et fausses alertes prévues aux articles 322-12 à 322-14 du même code ;
  • blanchiment prévu aux articles 324-1 à 324-6-1 du même code ;
  • actes de terrorisme prévus aux articles 421-1 à 421-6 du même code ;
  • entrave à l'exercice des libertés d'expression, du travail, d'association, de réunion ou de manifestation prévue aux articles 431-1 et 431-2 du même code ;
  • participation à un attroupement en étant porteur d'une arme ou provocation directe à un attroupement armé prévues aux articles 431-5 et 431-6 du même code ;
  • participation à une manifestation ou à une réunion publique en étant porteur d'une arme prévue à l'article 431-10 du même code ;
  • participation à un groupe de combat interdit prévu aux articles 431-13 à 431-21 du même code ;
  • intrusion dans un établissement d'enseignement scolaire par une personne porteuse d'une arme prévue aux articles 431-24 et 431-25 du même code ;
  • rébellion armée et rébellion armée en réunion prévues à l'article 433-8 du même code ;
  • association de malfaiteurs prévue à l'article 450-1 du même code ;
  • fabrication ou commerce de matériels de guerre, armes, munitions et de leurs éléments sans autorisation, infraction prévue aux articles L. 2339-2, L. 2339-3 et L. 2339-4 du code de la défense ainsi qu'aux articles L. 317-1-1, L. 317-2 et L. 317-3-1 du présent code ;
  • acquisition, cession ou détention sans déclaration d'armes ou d'éléments d'armes de catégorie C ou de leurs munitions prévues à l'article L.
  • détention d'un dépôt d'armes ou de munitions de catégorie C ou de certaines armes de catégorie D prévue à l'article L. 317-7 ;
  • acquisition ou détention d'armes, de munitions et de leurs éléments en violation d'une interdiction prévue à l'article L. 317-5 du présent code ;
  • obstacle à la saisie d'armes, de munitions et de leurs éléments prévu à l'article L. 317-6 du présent code ;
  • port, transport et expéditions d'armes, de munitions ou de leurs éléments des catégories C ou D sans motif légitime prévus aux articles L. 317-8 et L. 317-9 du présent code ;
  • le délit prévu à l'article L. 317-10-1 ;
  • importation sans autorisation des matériels de guerre, armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B, C ou d'armes, de munitions et de leurs éléments de catégorie D énumérées par un décret en Conseil d'État prévue à la section 5 du chapitre IX du titre III du livre III de la deuxième partie du code de la défense ;
  • fabrication, vente, exportation, sans autorisation, d'un engin ou produit explosif ou incendiaire, port ou transport d'artifices non détonnants prévus aux articles L. 2353-4 à L.

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