Le sujet du moment : les armes soviétiques ! Un sujet qui attire autant les passionnés d’histoire militaire que les collectionneurs.
Si je devais citer l’arme soviétique la plus recherchée de tous les temps, ce serait sans hésiter le Kalachnikov AK-47. Conçu par Mikhaïl Kalachnikov après la Seconde Guerre mondiale, ce fusil d’assaut a révolutionné l’armement moderne. Sa simplicité mécanique et sa fiabilité légendaire en ont fait l’arme de prédilection dans plus de 100 pays. Les collectionneurs se battent littéralement pour mettre la main sur des modèles originaux, particulièrement ceux fabriqués à Izhmash dans les années 1950. La demande a explosé ces dernières années, faisant grimper les prix à des niveaux inimaginables.
Officiellement, il a été adopté en 1951 sous l’appellation « AKM ». En fait, il faudra attendre 1959 pour qu’il soit distribué en grand nombre à l’Armée rouge. Par la suite, tous les États qui intégraient le Pacte de Varsovie ont eu le droit de le fabriquer chez eux. Ce n’est que plus tard que la kalache sera fournie aux mouvements d’insurrection d’inspiration communiste.
Ce fusil d’assaut a été utilisé sur le terrain pour la première fois en 1956, lorsque l’Armée rouge déferle sur Budapest et d’autres régions de Hongrie pour réprimer la révolte populaire dirigée contre la politique imposée par l’URSS.
Dans le même temps, l’armée soviétique se dote de l’AK-74, une version améliorée de l’AK-47 dont la particularité essentielle est d’être chambrée à un calibre plus moderne, le 5.45 mm. Toutefois la version ancienne de la kalachnikov, la bonne vieille AK-47, demeure indétrônable au sein de nombreuses armées, milices et guérillas. Au fil des ans, on retrouve l’AK-47 en Irak, en Afghanistan, au Liban, en Somalie, en Amérique Latine, etc. Et aujourd’hui en Syrie, au Mali, en Centrafrique… Partout où la poudre parle.
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Parlons vrai : toutes les armes soviétiques n’ont pas fait leurs preuves de façon égale. Certaines souffraient de défauts de conception que la propagande masquait soigneusement. Les premiers lots d’AK-47 produits à Tula sont considérés comme les meilleurs, tandis que certaines productions tardives des années 1980 montrent des signes de précipitation et de contrôle qualité relâché. Mais ne nous y trompons pas : même les pièces moins réussies témoignent d’une ingénierie remarquable, conçue pour des conditions extrêmes avec des moyens parfois limités.
« Le plus difficile, c’est de faire simple », répétait Mikhaïl Kalachnikov ≡ . Cette devise est reprise au fronton du « Consortium Kalachnikov » créé par Vladimir Poutine. Le nom de l’inventeur du célèbre fusil d’assaut est ainsi associé à un programme massif de réarmement de la Russie. Sur les dix ans à venir, il est prévu un budget de plus de 500 milliards d’euros. Une véritable armada : 28 sous-marins, 50 navires de surface, 600 avions, 1 000 hélicoptères, des centaines de missiles, des satellites militaires et… l’AK-12.
Parmi les principales innovations apportées au modèle précédent, l’AK-74, on trouve un viseur infrarouge, un pointeur laser et plusieurs autres petits trucs sympathiques. Certains parlent d’une mise à jour uniquement cosmétique… Alors, un coup médiatique ! Pas nécessairement. En fait, cette nouvelle version joue sur la modularité. Un peu comme le châssis d’une voiture peut être utilisé sur plusieurs modèles. En tout cas, cette arme, abandonnée un temps par l’armée russe, vient de retrouver sa place.
Et pas uniquement pour le symbole. Car les stratèges pensent que les guerres à venir pourraient bien ressembler à des combats de rue. Son terrain de prédilection. D’ailleurs, les forces de sécurité intérieure, comme la FSB (service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie, créé en 1991, après l’éclatement du KGB) en seront dotées. Et probablement certains policiers.
Mais il y a aussi un enjeu économique : 90 % des AK-47 et des AK-74 qui circulent de par le monde ne sont pas de fabrication russe. De nombreux pays refusent le copyright. L’arme est fabriquée et commercialisée par une quinzaine d’États, sans aucune licence. Le manque à gagner pour la Russie serait de l’ordre de 4 à 5 milliards d’euros par an.
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La kalachnikov, pourtant conçue pour combattre les Allemands, n’a jamais été utilisée lors d’un conflit « traditionnel ». On peut dire qu’elle a échappé à son créateur ≡ pour suivre un chemin inattendu qui aboutit aujourd’hui à s’interroger sur le rôle qu’elle a joué, tant sur la psychologie des guerres que sur la psychologie des sociétés.
Les militaires français ne seront donc confrontés à cette arme ni en Indochine (1945-1955), ni lors de l’expédition du canal de Suez (1956), ni en Algérie (1954-1962). C’est au Liban, en 1978 que, pour la première fois, des soldats de notre pays sous drapeau onusien se trouvent sous le feu de ce fusil-mitrailleur. Ils ont en face d’eux des fedayin palestiniens particulièrement aguerris. Plusieurs Français sont tués ou blessés. La même année, lorsque les parachutistes du 2ème REP sont largués sur Kolwezi pour sauver des centaines d’expatriés français et belges menacés par les « Tigres » du général Nathanaël Mbumba, ils sont pris sous des tirs nourris d’AK-47 et d’AKM.
C’est à la suite de ces déboires que l’état-major sort des cartons un projet ≡ de fabrication d’un fusil d’assaut. Ce sera le Famas (fusil d’assaut de la manufacture d’armes de Saint-Étienne). L’armée française en est dotée en 1983. Conçue dans des laboratoires par des ingénieurs de haut niveau, tout le monde s’accorde pour dire qu’il s’agit d’une petite merveille technologique - complètement inadaptée au terrain.
En 1984, les services de renseignements français parviennent à se procurer plusieurs exemplaires améliorés de l’AK-74 et, lors d’essais effectués à Satory, ils ne peuvent que constater sa qualité.
Souvent, la kalachnikov est l’arme des deux camps. Et lorsqu’un conflit se termine, elle devient une marchandise qui change de main. La Libye est probablement aujourd’hui l’une des principales sources d’approvisionnement des islamistes. Et en Afghanistan, par exemple, la police a été dotée de 15 000 AK-47 fournis par la Croatie. Des armes que les forces armées croates n’utilisent plus, a dit le ministre de la défense. Le transfert s’est fait avec la bénédiction et l’aide des États-Unis, « pour soutenir les efforts de la communauté internationale tendant à instaurer et à renforcer la paix et la stabilité dans ce pays ».
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Depuis la dislocation de l’Empire soviétique, puis le démantèlement de la Yougoslavie, la kalachnikov est devenu un business des réseaux mafieux. En France, son apparition lors de règlements de comptes entre bandes rivales de moyenne délinquance marque les esprits, mais les autorités s’inquiètent plus de son utilisation lors d’attaques de transporteurs de fonds.
Le pistolet Makarov PM représente parfaitement la philosophie soviétique : compact, simple et terriblement efficace. Adopté en 1951, il a équipé les forces armées et la police soviétique pendant des décennies. Ce qui intéresse dans ce pistolet, c’est qu’il incarne l’approche pragmatique russe - rien de superflu, juste l’essentiel parfaitement exécuté. Sa maniabilité et sa compacité en font encore aujourd’hui une arme recherchée.
En 1945, l’URSS lance une mise en compétition où Nikolay Fedorovich Makarov, concepteur au bureau d’étude de Tula (le KBP) et d’autres concepteurs de l’Union Soviétique (dont Tokarev, Simonov, Korovin, pour ne citer que les plus connus par les amateurs d’armes Soviétiques) sont appelés à concevoir le remplaçant du TT 33. En 1951, c’est l’arme de N.F. Makarov qui est adoptée en calibre 9×18 mm, bien que le concepteur ait proposé également une arme en 7,62×25. Son appellation officielle est “9mm Pistolet Makarova” (Пистоле́т Мака́рова), souvent abrégée en “PM”.
Souvent considéré à tort comme un clone pur et simple du Walther PP (qui date de 1929), le Makarov partage avec lui surtout une bonne partie de son ergonomie, mais finalement que peu de sa mécanique. On ne peut cependant pas nier que les Soviétiques furent influencés par l’arme allemande : ils la connaissaient bien !
D’un point de vue ergonomique, nous sommes en présence d’un pistolet semi-automatique équipé d’un système de mise à feu simple et double action et doté d’un levier de sûreté / désarmement positionné sur le côté gauche de la partie arrière de la culasse. Le chargeur simple pile est d’une capacité de 8 coups. Mécaniquement l’arme est finalement très différente du Walther PP et ne partage en réalité sur ce plan que son principe moteur, celui de la culasse non calée avec l’agencement du ressort récupérateur autour du canon, ce dernier étant fixe dans la carcasse. Au total, le Makarov compte 31 pièces constitutives dont 18 pièces mobiles lors des phases de mise en œuvre et de tir.
Bien que la chose puisse paraître dérisoire face au cours de l’Histoire, c’est ce que firent les Soviétiques pour leurs armes de poing et leurs calibre : repenser le concept pour un usage défensif. Le calibre de 9×18 mm « Makarov » fut finalisé vraisemblablement entre 1947 et 1948 par Boris Semin, un des pères de la 7,62×39 M43. Selon l’expression consacrée alors par les Soviétiques eux-mêmes (dixit D.N. Le 9×18 Makarov sera mis en service à travers deux armes en URSS pendant la guerre froide: le pistolet Makarov et le pistolet rafaleur Stechkin. Plusieurs types de munitions seront produits, dont des munitions à déformation programmée (sans doute pour un usage « Police »), des munitions perforantes et même des munitions traceuses. Notons également ici l’apparition au début des années 1990 d’une munition « modernisée » dénommée dans la littérature consacrée « 9×18 PMM ».
Le pistolet modernisé Makarov (PMM) est une version mise à jour du légendaire PM, créé à l'époque post-soviétique pour améliorer les capacités de combat du pistolet classique Makarov. Développé dans les années 1990, le PMM était une tentative d'adapter une arme éprouvée à de nouvelles réalités, en augmentant sa puissance de feu et la capacité de son chargeur tout en conservant la simplicité et la fiabilité de l'original.
Le développement du PMM a été réalisé à l'usine mécanique d'Ijevsk, où le PM original était produit depuis les années 1950. Les concepteurs, parmi lesquels se sont distingués les ingénieurs Boris Pleshchinsky et Vladimir Lobanov, ont pris comme base le pistolet classique Makarov, en conservant son automatisation et sa disposition générale, mais ont apporté un certain nombre de modifications importantes. Après l'effondrement de l'URSS en 1991, le projet a été poursuivi en Russie et, en 1994, le PMM a été officiellement accepté en service sous l'indice 56-A-125.
Le PMM a conservé le principe de fonctionnement du PM - l'automatisation basée sur le recul d'un verrou libre, ce qui garantissait simplicité et fiabilité. Cependant, son chargeur est devenu à double rangée, contenant 12 cartouches au lieu de 8, ce qui a nécessité d'élargir la poignée et de changer sa forme. La conception du PMM est restée minimaliste, comme celle du PM, avec un nombre total de pièces d'environ 32, ce qui a simplifié l'assemblage et la maintenance.
Le PMM était destiné aux forces armées et aux forces de l'ordre russes. Il a été adopté par le ministère de l'Intérieur et certaines unités de l'armée en 1994, avec pour projet de remplacer certains des PM obsolètes. Cependant, le réarmement massif n’a pas eu lieu : la crise économique et le manque de financement ont limité la production de PMM.
Le pistolet Makarov modernisé est un exemple de la manière dont une arme éprouvée peut être adaptée à de nouvelles exigences sans s'éloigner radicalement de l'original. Son histoire est liée à la période difficile des années 1990, lorsque la Russie cherchait des moyens de moderniser son arsenal face à des ressources limitée.
Le Tokarev TT-30, introduit en 1930 par l'Union soviétique, est un pistolet semi-automatique emblématique conçu par Fedor Tokarev. Chambré en 7,62x25 Tokarev, un calibre puissant et perforant, il fut l'arme de service standard de l'Armée rouge avant d'être remplacé par le TT-33. Compact, robuste et simple à entretenir, le TT-30 se distingue par son design inspiré du Colt 1911, avec un mécanisme à simple action et un chargeur de 8 coups.
Fiodor Vassilievitch Tokarev a, à son actif, quelques armes de légende comme notre TT33 de ce jour justement ou bien le SVT40 ou son frère automatique l’AVT 40. L’histoire du pistolet Tokarev est un peu compliquée car, en fait, elle part de sa cartouche, la fameuse 7,62×25 Tokarev.
Car, dans le cours de ses recherches, pour obtenir de meilleurs résultats dans le cyclage d’un PM et une cartouche que l’on puisse chambrer indifféremment dans un pistolet et un PM, tout en restant compatible avec les C96 déjà disponibles, Tokarev en était venu à modifier très légèrement la 7.63 x 25 Mauser pour en faire la 7.62 x 25 Tokarev dite « TT » (le premier « T » c’est pour l’Arsenal de Tula où il bossait et le second « T » c’est pour lui-même, Tokarev).
La puissance du TT-33 et de sa munition de 7.62TT ont fait sa réputation puisque, bien avant l’invention du Kevlar, il s’est avéré ultérieurement que notre TT-33 pouvait percer un gilet pare-balle de niveau II ! Elle peut même passer un III A (qui n’est pas un III mais un II amélioré). Il est effectivement plus pénétrant qu’un 9 para ou même un 45 ACP. Autour de cette munition dynamique, Tokarev va donc dessiner un véritable pistolet de combat pour la jeune armée soviétique.
Il est clair qu’en dessinant son TT-33 Tokarev s’est ouvertement inspiré d’un autre chef-d’œuvre de l’ingénierie armurière : le Colt M1911 de John Browning. Il en retint surtout le système de culasse courte à biellette oscillante (le célèbre « Colt-Browning system »), reconnu pour sa fiabilité. Cependant, Tokarev ne fit pas qu’une simple copie. Le TT-33 utilise aussi un mécanisme marteau/gâchette beaucoup plus simple que celui du M1911. Cet ensemble est conçu comme un bloc qui peut en plus être retiré du pistolet comme une unité modulaire (comme sur un P210). Les chargeurs eux-mêmes peuvent être démontés pour le nettoyage, une autre mesure visant à prévenir les dysfonctionnements.
L’arme prouva sa valeur dans les gigantesques combats du Front de l’Est durant la seconde guerre mondiale. Outre 93.000 exemplaires du TT-30 ( une vraie rareté aujourd’hui), a minima 1.200.000 exemplaires ont été assemblés en URSS de 1933 jusque 1954. Si on y ajoute ses variantes chinoise, polonaise, pakistanaise, roumaine, nord coréenne, yougoslave et vietnamienne, on atteint largement plus des 2 millions d’exemplaires. Bientôt centenaire, le TT-33 reste encore réglementaire dans plusieurs pays encore aujourd’hui.
Modèle : TT 30
Calibre : 7,62 x 25 Tokarev
Canon : 11,6 cm
Longueur : 19,5 cm
Poids : 842 g
Simple action
Organes de visée : Hausse sur queue d'aronde et guidon fixe
Chargeur : 8 coups
Les concepteurs russes présentent les armes classiques comme les Tokarev, Korovine, Makarov et Stechkin aux actuels Serdyakov, Yarygin, Oudav, Lebedev, etc. Les nouveaux pistolets d'assaut comme les armes spéciales ne sont pas oubliés. Parmi les développements récents, on trouve le PPK-20.
D’après l’armurier , le PPK-20 a été conçu sur la base du pistolet-mitrailleur Vityaz-SN, mis en service au sein des forces armées russes à partir de 2008. Et par rapport à ce dernier, il affiche des performances nettement supérieures, avec une portée de 360 mètres [contre 200 mètres].
En cas d’éjection au-dessus d’un territoire hostile, les pilotes et autres navigateurs disposent d’armes individuelles pour assurer leur autodéfense, avant l’arrivée d’une équipe CSAR. Et la tendance est actuellement de leur doter une puissance de feu accrue, qui va au-delà du seul pistolet.
En 1895, afin de remplacer leur gros revolver Smith&Wesson, la Russie adopte en tant qu'arme de poing réglementaire un revolver conçu par les frères Nagant (Belgique). L'arme a été fabriquée par la Maison Nagant à Liège en Belgique dès 1898 pour la Russie (jusqu'en 1899) et pour le marché civil (jusqu'en 1910 ?). En 1899 Léon Nagant cède le brevet du revolver aux Russes. Fin 1899, la production va commencer à la Fabrique d'Armes de Tula et se poursuivre jusqu'en 1944. L'arsenal d'Izhvesk a aussi été appelé à produire le revolver M1895, comme l'attestent les marquages apposés sur certaines armes.
On trouve des modèles spéciaux chambrés en .22 LR ou même en .38 Spl.
Caractéristiques :
Calibre : 7,62 mm
Munition : 7,62 x 39 R
Longueur totale : 232 mm
Longueur du canon : 115 mm
Hauteur : 137 mm
Poids : 805 g
Capacité du barrillet : 7 coups
L'arme possède une carcasse à cadre fermé; une portière de chargement est fixée sur le côté droit. Pour vider le barillet on utilise une baguette fixée à un manchon que traverse le canon. Le barillet cannelé présente des crans arrêtoirs fraisés dans l'épaulement arrière. Sept chambres sont percées dans le barillet. Le dos et la face avant de la poignée sont quadrillés ainsi que les plaquettes en bois. Un anneau de suspension est vissé à la base de la poignée.
L'armée soviétique a utilisé ce revolver jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.
Calibre : 5,45x18 mm
Longueur totale : 155 mm
Longueur du canon : 85 mm
Poids à vide : 460 g
Capacité du chargeur : 8 coups
Fabrication : arsenal d' Izhevsk
Le PSM fut conçut au début des années 70 sur la demande du KGB qui voulait une arme qui pouvait se porter discrètement pour leurs opérations « sous couverture ». L'arme ne devait pas être plus épaisse qu'une boîte d'allumettes courante (17mm). Le pistolet fonctionne en double action.
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