L'histoire du fusil de l'armée belge est intimement liée à l'évolution de l'armement en Europe et aux collaborations industrielles qui ont marqué le paysage de la défense.
Mauser est un fabricant d’armes allemand fondé au XIXe siècle, réputé pour ses fusils à verrou et ses pistolets. L’entreprise, basée à Oberndorf am Neckar, a joué un rôle majeur en équipant l’armée allemande et de nombreuses armées étrangères durant les deux guerres mondiales. Leurs prototypes s’inspirent du fusil français Chassepot, qui avait montré sa supériorité lors de la guerre de 1870. Fort de ce premier contrat national, Mauser se tourne aussi rapidement vers l’exportation.
En 1889, le Royaume de Belgique, voulant remplacer ses fusils Comblain 1870/82 à un coup, a organisé un concours, et c’est la firme Mauser qui a remporté la compétition. Le fusil belge de type Mauser était un excellent fusil, très solide et fiable, surpassant le Lebel 1886. De calibre 7.65 Mauser, sa munition moderne et puissante a été adoptée par d’autres pays, tels que la Turquie. Il s’agissait d’un fusil à répétition à 5 coups, avec 2 tenons de verrouillage.
Les premières commandes étrangères arrivent dans les années 1880-1890 avec, par exemple, le fusil Mauser 1889 pour la Belgique, le Mauser 1890 pour l’Empire ottoman et le Mauser 1891 pour l’Argentine.
À cette occasion, la Fabrique Nationale d’Herstal a été créée. C’est un immense complexe de 13 hectares, au cœur de la petite ville d’Herstal, près de Liège (Belgique). Désormais recentré sur les armes légères, le site d’Herstal reste une des plus grands d’Europe, avec 1.500 salariés. Ici, la production est intégrée verticalement, de l’usinage de l’acier au montage final des armes.
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Le montage final est réalisé dans un autre hall. Canon, culasse, rails, crosse : l’arme prend peu à peu forme sur les tables des opérateurs. Un véritable travail d’orfèvre : certaines mitrailleuses, comme la M3, sont capables de tirer plus de 1.000 coups par minute, soit 17 par seconde.
En 1936, la décision a été prise de moderniser le fusil pour le transformer en une carabine/mousqueton très en vogue en Europe, tout en maintenant une certaine homogénéité avec le modèle 1935. Le canon a été raccourci, le magasin est devenu apparent, et le système de culasse de 1935 a été intégré. Il est ainsi devenu le modèle 1936.
Au début des années 50, il met sur le marché, dans les années 50, ce qui deviendra un de ses best-sellers, le FAL (fusil automatique léger).
Dans les années 2000, le groupe avait même développé un fusil d’assaut spécifique pour les forces spéciales américaines, le SCAR (Special Operations Forces Combat Assault Rifles). Ce dernier est devenu un des bestsellers mondiaux du groupe, vendu à l’Ukraine, la Turquie, Singapour, la Corée du Sud, le Japon ou le Brésil.
FN souhaite développer une nouvelle arme automatique moderne pour remplacer les fusils-mitrailleurs issus de la Deuxième Guerre mondiale d’autant plus qu’à cette époque, on va assister à la généralisation de la nouvelle munition de 7,62×51 mm qui va devenir le standard dans de nombreux pays occidentaux.
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L’ingénieur belge Ernest Vervier, qui avait travaillé avec Dieudonné Seive dans le cadre du FAL, va commencer, avec ses équipes, le développement d’une arme automatique polyvalente capable d’être montée sur affût, sur des véhicules et également être utilisée en tant que fusil-mitrailleur.
Ainsi Ernest Vervier va s’inspirer d’autres armes à feu comme le fusil-mitrailleur BAR pour son mécanisme de verrouillage et de la MG 42 pour l’alimentation. En 1958, l’arme est prête et les premières commandes arrivent. Parmi les premiers clients, on a la Finlande qui va demander l’aménagement pour sa cartouche de 6,5×55 mm.
La collaboration avec John Moses Browning commence en 1898. Au même moment, en Europe, FN Herstal (la Fabrique Nationale d’Armes de Guerre) cherche des produits et de l’inspiration pour se développer. C’est dans ce contexte que le Conseil d’Administration de la Fabrique décide d’envoyer son directeur commercial aux Etats-Unis afin d’étudier leurs nouvelles techniques et méthodes de production, notamment en matière de bicyclettes.
Un peu par hasard, il rencontre John Browning. Entre les deux hommes, le courant passe bien. Le Directeur FN détaille à Browning tout le savoir-faire liégeois en matière de fabrication d’armes. De son côté, Browning présente à son hôte le prototype de son premier pistolet semi-automatique.
Le commercial belge est fasciné par l’inventivité et le génie de l’américain, et il s’engage à présenter cette arme jamais vue jusqu’alors à sa direction. Quelques mois plus tard, John Browning et la FN signent un contrat de production pour ce pistolet.
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En Europe, cette nouvelle arme est un succès. D’ailleurs, l’armée belge est la première à se l’approprier et à passer du revolver au pistolet automatique de Browning. Qui plus est très efficace, fiable et pas cher à produire. Néanmoins, pour John Browning, pas question de faire une pause après une telle réussite. Sa fibre d’inventeur l’amène à concevoir de nouveaux modèles. En 1899, il achève un fusil de chasse semi-automatique.
En présentant son arme à son premier partenaire Winchester, il s’attend naturellement à un accueil positif. Mais Monsieur Bennett fait comprendre à l’inventeur qu’il a besoin d’un délai de réflexion à ce sujet, qui durera au final deux ans. John Moses Browning se sent donc quelque peu méprisé, vexé, humilié par cette attente interminable. Son choix est fait de ne plus travailler avec Winchester. Il prend alors contact avec Remington, le plus ancien fabricant d’armes des Etats-Unis.
Il se rend donc pour la première fois de sa vie en Europe et présente à la FN Herstal ce nouveau modèle, le futur Auto 5. L’accueil est bien plus enthousiaste que la première tentative effectuée chez Winchester. Le lancement commercial de l’Auto 5 est une réussite : 50000 exemplaires commandés par Browning pour le marché américain s’écoulent en moins d’un an. De plus, et afin d’asseoir leur collaboration, l’inventeur offre à la FN le droit d’utiliser son nom comme marque déposée.
Browning devient donc un acteur qui compte sur le continent européen. Son fusil semi-automatique se taille une véritable réputation. En 1912, l’usine d’Herstal a en déjà produit 1 million.
Déjà au XVIIe siècle, la région liégeoise était réputée pour ses fabrications mécaniques et particulièrement ses armes à feu. Liège commencera à partir de cette époque à livrer au monde entier des armes ou des pièces d'armes.
Le Garnisseur lui aussi confiait en sous-traitance la réalisation de différents éléments aux monteurs à bois aux platineurs le mécanisme de mise à feu qui sous-traitaient eux aussi aux limeurs chaque pièce.aux fondeurs qui sous-traitait aux ..........faiseurs de sous-garde, faiseurs de baguette, etc...
Cette dernière fit franchir à une grande partie de l'industrie armurière un seuil technologique. On dira à Liège pour qualifier un ouvrier de valeur "c'est un bon il a fait des 77" (en 1886 les fabricants d'armes réunis utilisaient encore le terme de "qualité 1777").
Après 1815 Liège va surtout travailler aux armes dites "de luxe" c'est à dire celles destinées à la vie à l'occidentale.
Avec 903 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023, le champion belge figure aujourd’hui dans le top 4 du marché des armes légères, aux côtés de l’américain Sig Sauer, de l’allemand Heckler & Koch et de l’italien Beretta. Il équipe évidemment l’armée belge, son client historique, mais aussi l’armée américaine, dont il est un des fournisseurs majeurs d’armes légères.
Aujourd’hui, la Fabrique Nationale commande, produit et distribue elle même ses armes.
Modeste en nombre, l'armée disposait en 1914 d'un armement individuel décent, même si son concept avait vingt ans. Bien entraîné, le soldat pouvait exploiter au maximum la précision à longue portée de son arme. Cependant, le petit nombre d’armes automatiques, récemment achetées, constituerait un sérieux handicap si l’ennemi attaquait en nombre.
Les années de guerre ont vu le gouvernement et les échelons arrière multiplier leurs efforts et leur ingéniosité pour s'assurer que le soldat en première ligne était correctement armé. En plus de nombreuses adaptations au matériel existant, il y avait une grande diversification dans l'origine des équipements mis en service. Les photographies du front belge permettent d'identifier des armes provenant de France, du Royaume-Uni, des États-Unis ainsi que d'Allemagne et de Turquie entre autres ainsi que des armes utilisées telles que construites ou modifiées pour répondre aux besoins de l'armée.
Compte tenu de la complexité du sujet, des masses d'informations fraîches et de photographies disponibles, ce deuxième volume consacré spécifiquement aux armes légères a été jugé nécessaire pour compléter le panorama de l'armée belge pendant la Grande Guerre.
Unités belges, armées du fusil Mauser mle 1889, dressant un barrage routier à l’extérieur de Louvain dans leur vaine tentative pour stopper le déferlement des armées allemandes à travers la Belgique en 1914. Le mle 1889 belge était un Mauser construit sous licence. Il se distingue par le tube enveloppant son canon et apparaissant à son extrémité, ainsi que l’incurvation très remarquée que préssente à l’avant son chargeur à cinq cartouches.
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