La question des armes à feu et de leur utilisation par les gangs aux États-Unis est un problème complexe avec des ramifications internationales. Bien que le trafic illégal d'armes provenant des États-Unis vers le Mexique pour alimenter les guerres des cartels soit bien documenté, ce n'est qu'une partie du problème. En effet, le service de recherche sur les armements (ARES) a identifié des armes fabriquées en Roumanie, en Belgique (FN Herstal Minimi), en Italie (Beretta) et en Autriche (Glock) utilisées par les cartels mexicains.
Le secrétariat à la Défense nationale du Mexique (Sedena) estime que sur les deux millions d’armes à feu introduites en contrebande dans le pays ces dix dernières années, près d'un tiers vient d'Europe. Certaines sont d’abord exportées légalement aux États-Unis, puis grâce à des « prête-noms », elles sont achetées et revendues aux trafiquants. Elles figurent parmi les 200 000 armes à feu importées illégalement dans le pays.
En 2018, des licences d’exportations d’armes au Mexique d’une valeur de 105 millions d’euros ont été accordées par des États membres de l’UE, selon la Campagne contre le commerce des armes (CAAT). Au Royaume-Uni, on compte plus de 5 millions d’euros de licences approuvées, dont des licences pour les armes légères évaluées à plus de 3 millions d’euros. Alors que ces licences peuvent être parfaitement légales, le manque de contrôle rend impossible de dire comment ils parviennent jusqu’aux réserves des cartels.
Selon la base de données statistiques de l’ONU sur le commerce des marchandises, en 2018, l’Italie a exporté plus de pistolets au Mexique que les États-Unis. Arms to Mexico, sur les 116 560 armes à feu retrouvées entre 2010 et 2018, cinq marques européennes apparaissent dans le top 20 des fabricants identifiables. Quel que soit le chemin emprunté pour atteindre le Mexique - qui a, ironiquement, la politique la plus restrictive en matière de pistolet au monde - on peut être sûr que l’Europe profite du carnage.
Dans la ville de Los Angeles, également appelée Gangland, des guerres de clans font rage. Environ 40 des plus gros street gangs actuels de la Californie sont concentrés à L.A. et sa périphérie. Ils confrontent les Afro-Américains, les Asiatiques, les Hispaniques et les Blancs.
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Deux des plus gros et plus populaires gangs Afro-Américains actuels tirent leurs origines dans l’assassinat en 1969 des deux leaders du mouvement Black Panthers. En effet suite à ces évènements, dans la même année, afin de protéger lui-même sont quartier South Central Los Angeles, le jeune Raymond Washington (15 ans) fonde le groupe des Baby Avenues West Side. En réponse aux agressions et aux rackets commis par les Crips de la commune de Compton, en 1972 les jeunes de Piru Street s’allient à d’autres gangs et forment leur propre gang pour se défendre : les Bloods.
Chacun des gangs a développé une réelle culture. L’identification des membres se fait à l’aide de différents indicateurs comme les couleurs, bijoux, symboles, tatouages, et un code vestimentaire très strict. Le stacking est un langage inspiré du langage pour les sourds-muets. Il s’agit d’une manière de communiquer par signes. Ainsi chaque gang possède ses codes permettant aux membres de s’identifier entre eux rapidement suivant la façon dont ceux-ci croisent les doigts pour se saluer ou bien pour poser sur les photos. En outre, à l’oral certains codes existent. Certains Crips n’emploient pas la lettre B (car assimilée aux Bloods). Entre eux, ils s'appellent généralement « cuz », pour cousin, tandis que les Bloods s'appellent « brother ».
L'économie des gangs de Los Angeles repose sur presque tous les trafics, délits et crimes qui existent : de l'extorsion de fonds aux agressions en passant par les vols, et du trafic de drogues à celui d'armes en passant par la prostitution. L'arsenal à la disposition des gangs est impressionnant. Les rixes à mains nues sont courantes, mais souvent, les combattants n'hésitent pas à utiliser tous les objets contondants et armes blanches qu'ils trouvent. Battes de baseball, marteaux, pipettes brisées, couteaux de cuisines ou machettes sont régulièrement utilisées. Cet armement a parfois donné lieu à d'impressionnantes fusillades.
Au cours des huit dernières années, 15 000 condamnations d'emprisonnement ont été prononcé à l'égard de membres de gangs et 80% des crimes commis aux Etats-Unis sont liés aux gangs selon le FBI. Les autorités ne croient pas à la possibilité d'un démantèlement complet des gangs.
Un autre gang qui a attiré l'attention est le Tren de Aragua, originaire du Venezuela. Ce gang a étendu ses activités jusqu'aux États-Unis, où il est impliqué dans le trafic sexuel, la torture et d'autres crimes violents.
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Tout commence avec un syndicat de cheminots né dans les années 2000. Au fil du temps dans un pays où la corruption est monnaie courante, certains ouvriers « trouvent des opportunités criminelles », indique une note de l’Ofpra envoyée au Figaro, et finissent par se retrouver à la prison de Tocoron, dans l’Etat d’Aragua. Là, ils commencent à former un gang, le « Train d’Aragua », autour de Héctor Rutherford Guerrero Florès, un criminel, au début des années 2010.
Selon le Figaro et la BBC, le « Train » compterait plus de 5.000 membres dans ses diverses branches. En mai 2019, le gang s’était même permis d’attaquer un convoi militaire vénézuélien, mécontent de les voir opérer sur « leur territoire ». Une attaque organisée depuis la prison de Tocoron, qui a coûté la vie à trois militaires et deux policiers. Selon l’Ofpra, le gang s’est aussi introduit dans la diaspora vénézuélienne en Amérique du Sud, qui compte 5 millions de personnes, en y établissant aussi un système mafieux à partir de 2018. Face aux autres cartels en Colombie, à Bogota, ou au Chili, le Tren de Aragua n’hésite pas à multiplier les assassinats pour s’étendre, quitte à s’attaquer aux Farcs. Rien qu’au Brésil, le gang compte un millier de membres.
Selon la BBC, le gang s’est infiltré aux Etats-Unis à partir de 2021, toujours grâce à la diaspora. Si ses activités y étaient au départ limitées, elles ont explosé depuis deux ans. En mai 2024, les autorités fédérales ont ainsi découvert un réseau de trafic sexuel couvrant cinq Etats, relate la BBC. Des femmes vénézuéliennes étaient ainsi contraintes de se prostituer pour payer leurs dettes auprès du gang, qui facilite leur immigration illégale.
Déjà qualifié par Joe Biden « d’organisation criminelle transnationale », le Tren de Aragua est donc désormais classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis, qui soupçonnent l’Etat vénézuélien de soutenir le gang.
Un autre aspect de la culture des armes à feu aux États-Unis est représenté par les clubs de motards hors-la-loi, également connus sous le nom de "1% MC". Ces clubs, tels que les Hells Angels, les Bandidos et les Outlaws, sont souvent impliqués dans des activités criminelles, notamment le trafic de drogues et d'armes.
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Ces 1%, comme ils se définissent eux-mêmes sont des groupes extrêmement codifiés. Souvent opaques, parfois très violents et borderline. Ils sont pointés du doigt par les autorités. La fiction, créée par Kurt Stutter, mettait en scène un gang de bikers dans une ville imaginaire de Californie. La population locale craignait et admirait ces motards violents vêtus de blousons moto vintage. Capables de rendre justice, dans des situations délicates. Sur fond de lutte entre dealers et trafiquants d’armes. Dans ce portrait profond, on retrouvait ce qui caractérise les clubs de motards ultras, à la fois un code d’honneur strict et brutal.
La réalité est tout autre. En effet, les extorsions de fonds, le trafic d’armes, la drogue, les meurtres, le proxénétisme et règlements de comptes entre gangs sont aussi le quotidien, d’une minorité d’ultras. En agissant ainsi ils se mettent hors-la-loi et sortent ainsi du lot. Ce fantasme d’appartenir au 1%ER des bikers les plus rebelles remonte à un événement de juillet 1947, aux Etats-Unis.
Les principaux groupes sont les Outlaws (fondé en 1935), les Hell’s Angels (fondé en 1947), les Bandidos et les Pagans. Aujourd’hui, les Hells Angels et leurs rivaux, les Bandidos sont particulièrement actifs.
Le Texas est l'un des États américains où les lois sur les armes à feu sont les plus permissives. Depuis le 1er janvier, les Texans ont le droit de porter leur arme de poing à la ceinture, c’est l’ « open carry » comme on l’appelle ici. Le Texas est le 45ème État à autoriser l’open carry et le 15ème à imposer l’obtention d’un permis pour en avoir le droit.
La nouvelle loi permet de porter son arme dans son holster, sans la cacher pour les détenteurs de l’ancien permis. Il faut préciser que certains magasins se réservent le droit d'apposer une pancarte sur la vitrine, annonçant qu’ils n’autorisent pas l’open carry dans leurs murs.
Le débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis est un sujet de controverse permanente. D'un côté, les défenseurs du droit de porter des armes mettent en avant le droit constitutionnel à l'autodéfense. De l'autre, les partisans d'un contrôle plus strict des armes à feu soulignent la nécessité de réduire la violence armée et les tueries de masse.
Il est d’autant plus inquiétant que les personnes qui se revendiquent de l’interdiction du port d’arme se proclament le plus souvent défenseurs des minorités. « La plus petite minorité sur terre est l’individu. Si jamais vous réussissez a sortir votre arme, qu’allez vous faire contre plusieurs individus armé ? » « Pourquoi ne pas simplement pratiquer un sport de combat défensif si vous avez peur dans la rue ? » cela demande du temps. tout le monde n’a pas le temps nécessaire pour cela. cela demande aussi de l’argent (payer moniteurs,….) que tout le monde n’a pas nécessaire.
Il existe des techniques de rétention d’armes, à pratiquer absolument, de même qu’il est illusoire de penser maîtriser une arme sans investir du temps d’apprentissage. Beaucoup d’agressions commencent par une « interview » du genre « demande de cigarette » ou « drague d’une grande subtilité », elles ont un stade verbal permettant à la vermine de se préparer à la violence, et de jauger leur proie. Dans ce cas la pratique d’un sport de combat va aider, mais soyez sérieux: une femme de 55 kg, même avec de la pratique ne battra pas Gunther qui fait 95kg et pratique aussi la boxe thai. 1 homme désarmé contre 3 désarmés: les assaillants risquent quoi, des contusions? 1 homme armé contre 3 armés: chacun des assaillants risque sa peau à 30%. L’arme qui ne nécessite que peu ou pas d’effort physique égalise les forces en présence.
les statistiques montrent qu’on a moins de chance d’être blessé ou tué si on se défend avec une arme. aux usa, seuls 17 % des personnes qui se défendent d’une agression avec une arme à feu sont blessés ou tués, en regard de 25% pour ceux qui ne résistent pas et 51 % pour ceux qui ripostent avec leurs poings.
La violence urbaine est en augmentation aux États-Unis, exprimant un désespoir et une aliénation. Le trafic de drogue et la libre circulation des armes sont en augmentation dans des territoires abandonnés par les autorités. La violence est ainsi le dernier mode d'expression, le dernier recours adressé par ces affranchis au reste de l'Amérique.
Les émeutes qui ont éclaté à Los Angeles et dans une vingtaine de villes en mai 1992 confirment la représentation entretenue par les médias, le cinéma et la littérature : les Etats-Unis sont un pays d'une extrême violence. Les débordements associés au paysage urbain suggèrent que la violence est autant le fait des institutions légitimes qui les amplifient que des masses révoltées qui en sont à l'origine.
Dans les villes que les Américains aisés ont déserté, le nombre d'homicides, de viols, d'attaques à main armée a plus que doublé en trente ans. Les statistiques de 1991 ont dépassé celles de 1990 avec 25 000 homicides recensés par le FBI, chiffre jamais atteint, soit une moyenne de 400 homicides par semaine.
Si, selon les statistiques officielles, un passager sur 595.000 se fait agresser dans le métro parisien, les chances de l'être sont huit fois plus élevées à New York où le métro fonctionne jour et nuit et traverse des kilomètres de quartiers dévastés. Dans toutes les grandes villes, sur dix ans, la criminalité est en augmentation : de 56 % à Boston, de 28 % à Philadelphie, Chicago, Miami, Oakland. A Washington, on a recensé plus de 8 000 homicides chez les Noirs en 1991 et à New York plus de 3 000 viols et 68 000 agressions.
Outre ces événements sporadiques, près de trois millions d'actes criminels et de violence...
| Région | Taux d'homicide pour 100 000 habitants |
|---|---|
| États-Unis | 4 à 5 fois plus élevé qu'en Europe |
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