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L'arbalète est une arme spéciale équipée d’un arc, posé sur un fût, envoyant des projectiles appelés carreaux. Elle est plus puissante qu’un arc et a une très bonne précision. Néanmoins, elle possède un long délai de rechargement. Ce sport de précision séduit les amateurs de tir.

On trouve trace de l’arbalète dès l’antiquité, avec un apogée en Chine dès l’antiquité, et au Moyen Âge en occident.

L'arbalète peut être un objet simple avec un arc en bois d’une seule pièce et une simple encoche dans l’arbier pour retenir la corde (exemple l’arbalète prémédiévale dite de Charavine retrouvée dans le lac de Paladru en Isère, ou encore les modèles pygmées encore en usage en Afrique centrale).

L’ajustement du tir s’en trouve facilité. La régularité de tension de la corde est à peu près absolue puisqu’elle est déterminée par le point d’ancrage sur l’arbier, et donc indépendante du geste de l’archer. Ainsi l’efficacité du tir est moins conditionnée par l’habileté naturelle et le niveau d’entrainement du tireur.

La puissance de l’arbalète peut être augmentée sans inconvénient jusqu’à des puissances compatibles avec par exemple le percement des armures ou l’abattage d’un cheval.

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Origines et Évolution

Les premières arbalètes apparaissent en Chine, durant la Période des Royaumes combattants qui couvre le Ve siècle av. J.-C. et jusqu’à -221 avant notre ère. L’arme ne disposant pas encore de système mécanique, la corde doit être tendue par le combattant en position allongée, tirant sur celle-ci avec ses bras et poussant avec ses pieds sur les demi-arcs. La gâchette se développe au cours de la période allant de la dynastie Qin aux Han.

En Occident, le gastrophète est l’ancêtre de l’arbalète, mais il s’agit d’une arme de siège. Son poids élevé permet en effet de douter d’une utilisation réelle sur un champ de bataille en dehors d’un contexte de siège. Dans l’Antiquité romaine, la manubaliste (littéralement baliste à main) est héritée du modèle des oxybèles grecs, il s’agit donc d’une arbalète à torsion. Ce modèle aurait subsisté jusqu’au Xe siècle.

L'Arbalète au Moyen Âge

Au Moyen Âge, l’arbalète est utilisée autant comme arme de chasse que pour la guerre. Méprisée par la chevalerie, elle est vue comme arme déloyale car, tuant à distance, elle ne permet pas à l’adversaire de se défendre. Ainsi, considérant que l’arbalète, qui n’exige pas une grande formation, permet à des soldats peu aguerris de tuer de loin un chevalier en armure qui a voué son existence au métier de la guerre, le clergé estime que c’est une arme immorale pour le peu de courage et de formation qu’elle exige de celui qui la manie.

« Les Français la regardaient comme l’arme des lâches et refusaient de s’en servir. En Europe chrétienne, l’arbalète est frappée d’anathème et son usage est interdit en 1139 par le IIe concile du Latran et confirmée quelques années plus tard, en 1143, par le pape Innocent II, qui menaça les arbalétriers, les fabricants de cette arme et ceux qui en faisaient le commerce d’excommunication et d’anathème. Cette interdiction, par ailleurs valable uniquement pour les combats entre chrétiens, restera médiocrement observée par les princes d’Occident, malgré les efforts du pape Innocent III pour réaffirmer, en 1205, les interdits du concile du Latran II.

L’efficacité de ces armes faisait de ceux qui les maniaient des soldats d’élite, très prisés, et très bien payés, ce qui leur permettait l’achat d’équipements de qualité. Cette arme fut aussi utilisée par les peuples orientaux durant les croisades, dans une forme similaire au modèle occidental, mais avec quelques subtilités de forme.

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Les progrès de la sidérurgie augmentent parallèlement la robustesse des armures et la puissance de l’arbalète avec la création de l’arc en acier, au début du XIVe siècle, qui remplace petit à petit les arcs en bois et les arcs composites (lamellé-collé : bois + tendons + corne, le tout encollé). On invente aussi un mécanisme complexe et coûteux, avec temps de rechargement de plus en plus long de 2 à 3 minutes (jusqu’à 30 minutes pour les modèles les plus puissants) comme le cric ou le treuil (appelé aussi le « moufle ») pour tendre l’arbalète.

Les Italiens se distinguèrent dans la fabrication d’arbalètes particulièrement efficaces : un trait pouvait atteindre jusqu’à 350 km/h !

Le cranequin (du moyen néerlandais cranekijn « sorte d’arbalète ») était une arbalète à pied mais le terme a fini par désigner aussi le mécanisme particulier destiné à le tendre. Pour lever cette ambiguïté, l’arbalète elle-même a été renommée improprement cric d’arbalète, terme malheureusement utilisé de nos jours alors qu’il semble ne désigner qu’une partie de l’arme.

Les arbalètes, comme les arcs, ont pratiquement disparu lorsque les armes à feu, plus facile d’emploi, demandant moins d’entraînement, et aussi beaucoup moins chères, devinrent l’équipement de base du fantassin.

« La tsangra (arbalète en grec) est un arc barbare (étranger), absolument inconnu des Grecs (Byzantins). Il ne se tend pas (l’arc), […] celui qui tend cet instrument de guerre, particulièrement puissant, doit se tenir pour ainsi dire à la renverse et appuyer fortement les deux pieds sur les demi-cercles de l’arc, tandis que des deux mains, il tire à soi la corde avec grand effort. Aussi bien, les traits qu’on y place, sont-ils très courts, mais très gros et munis au bout d’une redoutable armature de fer.

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Selon Thomas Louis et Tommy Ito, l’arbalète à flèche est apparue au Japon au VIIe siècle, équipant, pour l’essentiel, l’infanterie. Elle fut utilisée sur les champs de bataille autant sous sa forme portative qu’en tant qu’arbalète de siège projetant des pierres (oyumi).

L'Arbalète et l'Archer

Si pour la chasse, l’emploi de l’arbalète a été très apprécié en son temps, son usage militaire a provoqué des déboires célèbres sur le champ de bataille. La lenteur de mise en œuvre face aux troupes armées du grand arc droit traditionnel est souvent avancée comme explication (voir les chroniques des batailles de Crécy et d’Azincourt). Mais c’est probablement surtout l’option de vouloir remplacer les archers par des arbalétriers qui constitua une erreur.

Le principe du carreau de l’arbalète est essentiellement celui d’une flèche, avec quelques différences mineures mais significatives sur le comportement balistique. Beaucoup plus courts que les flèches d’arc, les traits d’arbalètes sont peu affectés par les efforts en flexion imposés à leur fut (spine) pendant le tir, qui perturbent la régularité du tir à l’arc.

Utilisé pour la chasse et la guerre, l’arc est présent sur tous les continents : sa fabrication et son usage varient selon les ressources naturelles et les cultures locales. En Afrique par exemple, les arcs « simples » fabriqués avec un seul morceau de bois sont peu puissants mais peuvent néanmoins être redoutables si les flèches sont empoisonnées. En Mongolie, en revanche, les cavaliers utilisent des arcs « composites » d’une force extrême, faits de bois, de tendon et de corne.

L’âge d’or de l’archerie en Europe est certainement le Moyen Âge. Le grand arc en if appelé longbow arme les archers anglais qui infligent à Crécy et à Azincourt de terribles défaites aux Français au cours de la guerre de Cent Ans. Le corps des Francs Archers est alors créé par Charles VII en 1448 pour intégrer l’armée royale. Par la suite, au XVIe siècle, l’arc et l’arbalète perdent leur rôle militaire au profit des armes à feu comme l’arquebuse.

Dans la mythologie grecque et romaine de nombreux dieux, déesses et personnages mythologiques sont décrits comme experts dans le maniement de l’arc. La flèche en elle-même est un symbole ambivalent tantôt porteuse d’amour, tantôt pourvoyeuse de mort.

Évolution des Armes de Jet

Il y a 400 000 ans, l’Homo Erectus chasse avec un épieu, lance en bois dont l’extrémité pointue est passée au feu pour plus de rigidité. Cette arme reste pratiquement identique jusqu’à l’arrivée de l’Homme de Néandertal (250 000 av. J.-C.) qui y ajoute des pointes en os et peut-être en silex. Avec l’Homme de Cro-Magnon (43 000-12 000 av. J.-C.) les techniques de chasse évoluent encore grâce à l’invention du propulseur. Ce crochet lui permet de lancer la sagaie plus loin en prolongeant la longueur de son bras et en multipliant sa force par un effet de levier. Le plus ancien connu, a été retrouvé à Combe Saunière, en France, et aurait 17 000 ans.

Il est difficile de dater le passage du propulseur à l’arc car le bois et la corde se conservent très mal. Les plus anciennes flèches retrouvées sont en pin et ont été découvertes à Stellmoor, en Allemagne : elles ont 12 000 ans. L’excellente facture de ces flèches nous laisse penser que l’invention de cette arme est en réalité bien antérieure. L’usage de l’arc perdure jusqu’au milieu du Moyen Âge.

L'Arbalète dans le Nord de la France : La Confrérie de Bousbecque

Portrait de la confrérie des arbalétriers de Saint-Georges à Bousbecque. Elle existe depuis 1813 et Guy Ramaut, son président, nous explique que c'est la seule confrérie en France à perpétuer le tir à l'arbalète à 45 m. La tradition, qui consiste à chanter une chanson à chaque annonce de résultat, est respectée, bien que son origine soit désormais oubliée. Bousbecque est une ville de 4800 habitants, située à la frontière belge en bordure de Lys, distante de 18 km de Lille et de 10 km de Tourcoing.

La Confrérie des Arbalétriers de Saint-Georges est devenue, à la disparition de ses consœurs et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’unique dépositaire de l’ancestral tir à l’arbalète historique dans la Vallée de la Lys. Héritiers des nobles traditions du passé, les arbalétriers de Bousbecque demeurent, à notre connaissance, les seuls en Europe à pratiquer encore le tir avec le type d’armes qu’ils détiennent, classées parmi les "grandes arbalètes à pied de biche", et dont l’origine remonterait au XVe siècle. Le "pied de biche", encore appelé "coq", étant la pièce métallique articulée, attachée à la ceinture, servant de levier pour bander l’arc d’acier qui permettra d’envoyer le trait (à l’horizontale) vers la cible dénommée "bersault’’. Une rue de la localité portant d’ailleurs ce nom.

La nature et la fabrication même de ces armes de jet, devenues des objets de loisirs, n’ont pas été modifiées depuis des siècles et sont restées fidèles à l’esprit de celles utilisées pour la défense de nos villes et villages par les milices bourgeoises du XVIe siècle.

La Confrérie Bousbecquoise a été reconnue officiellement en 1715. Forte des statuts de cette époque et des us et coutumes inchangés depuis, elle réunit à ce jour 17 confrères pour qui la camaraderie, l’amitié et la tolérance restent les bases primordiales de la pérennité des traditions arbalétrières. Les confrères, à leur entrée à la Saint-Georges, prêtent toujours serment et s’engagent notamment à ne parler ni de religion, ni de travail, ni de politique sur le pas de tir. Fidèles à leur devise : "L’Honneur, la Concorde, l’Amitié mutuelle, rendront la Confrérie, Dieu aidant, immortelle". Devise conservée sans aucune modification ou adaptation au monde actuel ou aux croyances de chacun.

L’usage de l’arbalète remonte à des temps très anciens. Autrefois regroupés en Guilde (ou Gilde), les arbalétriers servaient le seigneur en défendant propriétés et châteaux, ainsi d’ailleurs que leurs propres biens.

En 1576, Philippe II, Comte de Flandre, Roi d’Espagne et souverain des Pays-Bas, accorda à la Confrérie voisine de Tourcoing un certain nombre de privilèges. Quelques années plus tard, un texte fera état de la présence en 1592 de Gens en armes à Bousbecque montant la garde le long de la Lys. En mai 1715, époque de la réorganisation des confréries de la Châtellenie de Lille, la Saint-Georges reçut officiellement ses statuts et règlements établis par Messire Pierre François Ghislain le Vaillant, Seigneur de Wadripont, Baron de Bousbecque.

L’arbalète, par sa puissance, a toujours fasciné. Son poids varie de 10 à 12 kilos. Son tir horizontal, entre 39 et 46 mètres, est d’une redoutable précision. À tir non tendu, le trait en frêne (pesant de 90 à 120 grammes et muni d’une pointe d’acier) peut atteindre plus de 250 mètres.

Les arbalétriers de Bousbecque sont en recherche constante d’armes historiques qui peuvent leur être confiées, à titre de prêt, pour les remettre en état et en circuit. Ceci avec le souci constant de défendre un patrimoine qu’ils ne veulent pas voir disparaître dans les décennies à venir.

Les arbalétriers, vêtus de leur sarrau blanc, ont tous leur propre matériel. L’origine de cette tenue n’est pas connue de façon formelle à ce jour. On suppose cependant que les conditions de tir ont nécessité une protection de leurs vêtements à l’image de ce qui existait à l’époque dans les écoles ou les bureaux. La couleur blanche, repérable à plus de 40 mètres, a dû être choisie pour la sécurité des confrères circulant sur le pas de tir. Cette ample tenue étant également un signe de reconnaissance entre les confréries existant alors dans la région.

Des milliers de confrères sont encore présents en Europe et perpétuent de semblables valeurs. Même si leurs armes et leurs coutumes sont différentes, ils gardent, ancrée dans leurs villes et leurs statuts, la même culture. En 2008, la Confrérie de Bousbecque a adhéré, (via la Convention Française des Guildes Historiques de Tir) à l’EGS, (Communauté européenne des gildes de tir )... son équivalent européen.

Types d'Arbalètes Modernes

Il existe différents types d’arbalètes. Leurs différences résident à travers leurs usages et leurs caractéristiques. De nombreux modèles peuvent être essayés : arbalètes de loisir, pour les débutants, à poulies, classiques, sportives ou de chasse. Elle a une puissance de 50 livres. Ces dernières sont plus petites et peuvent tirer à une portée de 10 mètres. Avec une telle puissance, elles sont utilisées pour la chasse, le tir de loisir et le sport. Elles sont faciles à manier et sont conçues pour les jeunes et les débutants.

Elles sont équipées avec ou sans poulies et demeurent très puissantes. La flèche peut atteindre une cible à une vitesse de 390 km/h. Il est nécessaire de disposer d’une bonne munition comme accessoire. Lorsque la flèche est plus longue, elle gagne en stabilité. La fausse corde, par exemple, permet de tirer les branches d’une arbalète en arrière.

L’arbalète à poulie a été conçue pour pallier aux inconvénients que présentent les arbalètes puissantes. Il faut savoir que les plus puissantes sont généralement faciles à utiliser avec une corde très difficile à tendre. Avec ce dispositif de poulie, il est possible de charger un carreau sans dépenser trop d’énergie. Ce modèle est conçu pour les chasseurs habitués. En effet, il suffirait d’une simple erreur pour qu’elle blesse son utilisateur ainsi que les personnes présentent autour. En effet, il a été mis en place un dispositif de sécurité automatique de sorte que la gâchette puisse être verrouillée afin de freiner les risques d’accident.

Il existe plusieurs sortes d’arbalètes de chasse à poulie peu onéreuses. Ces armes à poulies possèdent une puissance de 175 à 180 livres. Grâce à ce dispositif de poulie, vous découvrirez une facilité de tir impressionnante. L’arbalète à poulie permet au tireur d’augmenter sa précision. Le poids de cette arbalète aide l’équilibre et la stabilité lorsqu’il vise. Cette arme n’est pas comparable à une arbalète pour débutant ou à une petite arbalète puissante.

L'Arbalète : Une Arme d'Élite

Les chroniques du XIIIème sont très claires à ce sujet : l'arbalétrier est le fantassin le mieux payé de tous. Il est le seul à pouvoir faire fuir les cavaliers orientaux dès qu'il pointe son nez, et possède un équipement en rapport avec son statut et sa rémunération. On parle ici de troupe d'élite supérieure.

Autre chose, réflexion intéressante sur le sujet, on a toujours parlé de la cadence de tir désastreuse des arbalétriers. Oui, mais rappelez vous, cette constatation est omniprésente au... XVème siècle. Les système d'armement sont effectivement très longs. Mais au XIIIème, avec un simple crochet et un étrier, la cadence d'un arbalétrier, troupe d'élite entraînée, devait être tout à fait considérable...

Utilisation Moderne et Législation

Avec une telle puissance, elles sont utilisées pour la chasse, le tir de loisir et le sport. Cette arme est utile pour la chasse et ainsi subvenir à ses besoins lors de ces marches. En revanche, son utilisation est interdite en France.

Elle est souvent utilisée dans les tirs de loisirs en plein air et les tirs sportifs. Son usage intervient également dans la chasse au gibier et au sanglier dans plusieurs pays d’Amérique du Nord et d’Europe. Dans ces pays, l’usage de cette machine est associé à des randonnées sur plusieurs jours.

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