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L'aquarelle animalière est un art qui capture la beauté et la diversité du monde animal. Cet article explore cet art à travers le regard de l'artiste Stéphane Alsac, tout en plongeant dans les techniques de chasse ancestrales utilisées par les chasseurs canoeros de Patagonie et de Terre de Feu.

Parcours d'un Artiste Peintre Animalier : Stéphane Alsac

Stéphane Alsac : "D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours dessiné. Très tôt, je me suis intéressé au portrait et à la caricature : je passais mon temps à caricaturer ma famille, mes amis ou bien des personnes célèbres essentiellement au crayon. C’est ce qui m’a permis d’acquérir les bases du dessin : proportions, perspectives, ombres et lumières."

Il ajoute : "Je me suis intéressé à la peinture, et plus particulièrement à l’aquarelle que tardivement. Pour les paysages et les marines, l’aquarelle est fabuleuse car elle permet d’utiliser une très large palette de couleurs et de nuances. Issu d’une famille de chasseur et chasseur moi-même, c’est tout naturellement que j’en suis venu à la peinture animalière. Je n’ai pas suivi de cursus artistique. Pour moi le dessin a longtemps été un loisir. Je n’ai pris conscience que récemment que cela pouvait être plus."

L'évolution des Techniques : De l'Aquarelle à l'Huile

Stéphane Alsac a longtemps travaillé à l’aquarelle, d’abord pour une question de praticité : "une boite, des pinceaux et de l’eau… c’est quand même super pratique."

Puis, il a rencontré Catherine Farvacques, qui l’a initié et poussé à se mettre à l’huile. "Je lui en suis extrêmement reconnaissant : ce medium m’a complètement libéré dans ma créativité, j’y suis plus à l’aise et je m’éclate dans ce que je fais. Je n’abandonne pas pour autant l’aquarelle. Aujourd’hui je propose les deux techniques dans deux styles radicalement différents."

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Inspiration et Sujets

Pour les portraits de chiens, les clients souhaitent avoir LEUR chien. "C’est normal. Je travaille donc à partir de photos, c’est plus pratique que sur le vif. Par contre j’essaie d’avoir le plus de photos possible, afin de ne pas figer le portrait sur un cliché qui ne lui ressemblerait pas. Je préfère prendre mes propres photos, mais quand le sujet est loin, on s’arrange."

Où Trouver Ses Œuvres ?

Stéphane Alsac expose peu, mais il essaie d’être chaque année au Salon de la chasse de Rambouillet. Il pense également faire quelques salons régionaux en Aquitaine. Pour voir ses œuvres, le mieux est de visiter son blog : www.stephane-alsac.com ou de le contacter pour une visite à son atelier à Bordeaux.

Des reproductions de ses travaux à l’aquarelle sont disponibles en 3 formats différents. "Pour ma part, je considère que l’art doit pouvoir être à la portée de tous. Par contre, j’estime qu’une reproduction doit avoir une valeur, ne serait-ce que pour celui qui l’a acheté, c’est pourquoi mes reproductions sont limitées à 25 exemplaires. Elles sont toutes numérotées et signées."

La Chasse : Une Source d'Inspiration

Stéphane Alsac est avant tout un chasseur à tir. "Je préfère le petit gibier en Anjou : perdreaux, canards, sarcelles, bécassines, faisans. Un peu de gros aussi. J’aime découvrir aussi d’autres modes de chasse et d’autres régions. Pour moi, et surtout lorsque j’habitais à Paris, partir à la chasse était vital : ma bouffée d’air. En fait, plus ça va, plus je vais à la chasse juste pour voir des animaux… comme beaucoup d’autres d’ailleurs, et pour voir les chiens travailler."

Les Chasseurs Canoeros de Patagonie et de Terre de Feu : Techniques et Exploitation des Mammifères Marins

Les chasseurs canoeros de la Patagonie australe et de la Terre de Feu ont exploité les mammifères marins dans les îles, fjords et canaux de l’extrémité de l’Amérique du Sud durant plus de six millénaires.

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Les espèces traditionnellement chassées étaient principalement des otaridés : les lions de mer (Otaria flavescens) dont le mâle peut atteindre 350 kg, et les ours de mer (Arctocephalus australis), plus petits mais à la fourrure recherchée.

Les particularités de l’exploitation de ces mammifères marins sont en lien direct avec leur mode de vie et de locomotion, certains ne vivant qu’en mer (les cétacés), tandis que d’autres fréquentent à la fois le milieu marin et le littoral terrestre. Selon les cas, les techniques mises en œuvre par les chasseurs répondaient donc à des impératifs différents : empêcher la fuite de l’animal dans un milieu très défavorable à l’homme, la mer ; le tuer à coups de lance ou de gourdin, et enfin le rapporter au campement pour l’exploiter.

Vestiges Archéologiques et Techniques de Chasse

Les documents archéologiques montrent l’écrasante présence des restes d’otaridés parmi les vestiges de mammifères marins retrouvés dans ces sites.

D’après les documents ethnographiques, les otaries pouvaient être chassées à terre, sur les roqueries (colonies de repos ou de reproduction), ou individuellement en mer. Le cas le plus souvent cité était le harponnage occasionnel en mer, lors des incessants déplacements des nomades marins, au cours desquels, tandis que la femme pagayait à la poupe, l’homme se tenait à la proue, prêt à saisir son harpon lorsqu’une otarie ou un dauphin se présentait.

Deux types de harpons étaient utilisés, tous deux à tête détachable selon l’ethnologue M. Gusinde (1986). Dans un cas, la tête une fois séparée de la hampe restait reliée au chasseur par une longue ligne, tandis que dans l’autre, une fois libérée, elle restait reliée par une courte ligne non plus au chasseur mais à la hampe qui se positionnait alors transversalement. Le premier procédé était employé aussi bien en mer qu’à terre et permettait au chasseur de s’assurer que la proie ne pouvait lui échapper : il pouvait alors, selon le poids et la vigueur de l’animal, le tirer à lui ou le poursuivre et l’achever à coups de lance.

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Le gourdin, difficile à utiliser en mer, était sans doute très efficace pour l’abattage des petits ours de mer sur les roqueries de repos, ou des jeunes poppies des deux espèces sur les roqueries de reproduction, le principal souci étant de les empêcher de se réfugier dans l’eau. Cet abattage facile et potentiellement massif peut expliquer la concentration de restes de poppies retrouvés sur certains sites saisonniers, comme Punta Baja (Legoupil 1989).

Les lions de mer, notamment les grands mâles aux canines redoutables, étaient sans doute plus difficilement chassés au gourdin mais plus probablement au harpon, qui permettait de les frapper à distance.

L'Exploitation des Cétacés

De nombreux cétacés très différents, odontocètes (à dents) et mysticètes (à fanons), fréquentent les eaux de l’extrémité de l’Amérique australe, certains occasionnellement tout au long de l’année, d’autres saisonnièrement.

Les plus petits des odontocètes, les dauphins (Cephalorhynchus commersonii ; Lagenorhynchus australis…), sociables et peu dangereux, étaient facilement chassés au harpon ou à la lance, nécessairement en mer, au hasard des rencontres. Quant au plus grand, le cachalot (Physeter catodon), qui mesure jusqu’à 18 m et pèse jusqu’à 40 tonnes, il possède un crâne énorme (près d’un tiers de l’animal), très résistant et probablement intransperçable avec un simple harpon à tête d’os, seul le corps étant vulnérable. Mais surtout, une fois harponné, cet animal plonge systématiquement et il est capable d’atteindre des profondeurs de plusieurs centaines, voire de milliers de mètres. Compte tenu de la fragilité des petites pointes en os et surtout de la faible longueur des lignes de harpons collectés ou décrits par les navigateurs, il est exclu qu’ils aient permis de harponner un cachalot adulte et surtout de le retenir au bout d’une ligne lorsqu’il plonge, sans que la fragile embarcation d’écorce des Indiens canoeros soit entraînée vers le fond. De fait, aucun texte ne relate une chasse à ce dangereux cétacé par les nomades marins de Patagonie. Cependant, on retrouve occasionnellement dans les sites archéologiques des dents de cachalots, parfois utilisées comme percuteurs ou simplement décorées, notamment à Ponsonby (Legoupil 2003), Marazzi (Laming-Emperaire et al. 1972), Cabo Monmouth 20 (Morello 2016) et, plus loin dans le canal Beagle, à Immiwaïa et Túnel I (Christensen 2016).

La plus emblématique est sans doute la baleine jubarte ou baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), qui peut atteindre une taille équivalente à celle du cachalot ou de la baleine franche. Chaque année, les baleines jubartes migrent depuis leur aire de reproduction sur les côtes du Pérou et de la Colombie, où elles vivent et se reproduisent en hiver, vers leur zone d’alimentation des hautes latitudes en été (Capella et Gibbons 2019). Elles reviennent ainsi régulièrement dans le détroit de Magellan où leur présence est attestée très tôt par les navigateurs. Elles fréquentent en particulier de manière assidue, entre octobre et mars, les côtes et les grandes baies de l’île Carlos III, face au site de Batchelor et au débouché de la mer d’Otway, aux eaux très productives (ibid.).

Seulement deux témoignages d’une véritable chasse à la baleine sont connus. L’un provient du journal d’un ingénieur, Duplessis, embarqué sur un navire corsaire français qui résida plusieurs mois dans le détroit de Magellan entre septembre 1699 et fin janvier 1700 : "Ils font la chasse à la baleine de cette manière : ils vont cinq ou six canots ensemble et, lorsqu’ils en ont trouvé une, ils la poursuivent, la harponnent avec de grandes flèches3 qui ont le bout qui entre, d’os ou de pierre à fusil, taillées fort industrieusement, ensuite la laissent perdre son sang et quand elle est morte, la marée l’échoue sur la côte où ils la vont chercher quelques jours après" (Duplessis 2003 [1698-1701]).

Dans les deux cas, la chasse décrite était collective et visait à tuer l’animal sans chercher véritablement à le harponner, et donc à le retenir, au sens de la chasse à la baleine moderne. L’emploi du terme « spear » par Bridges est très clair sur le sujet ; il s’agit bien de lances et non de harpons à tête détachable.

Armes et Outils de Chasse

Les principaux témoins de la chasse aux mammifères marins sont donc les pointes d’armes d’hast, généralement en os, exceptionnellement en bois selon Hyades et Deniker, voire en pierre selon Duplessis (supra). Ces objets ont représenté le marqueur typique des groupes canoeros de Patagonie et de Terre de Feu. Ils ont été souvent collectés par les navigateurs et voyageurs, et on en trouve de nombreux exemplaires dans les musées européens et américains. Malgré la remarque de Duplessis, les pointes lithiques semblent surtout avoir été destinées à armer des poignards ou de courts javelots (Gusinde 1991), et des flèches à l’époque tardive ; mais aucun témoin n’atteste qu’elles aient pu équiper de véritables harpons ou des lances de 3 à 4 m de longueur, comparables aux pièces ethnographiques.

Des pointes en os, généralement de grand cétacé, sont donc les marqueurs forts de l’armement des chasseurs marins de Patagonie et Terre de Feu durant plus de six millénaires (Orquera et al. 2011 ; Christensen et al. 2016). On en retrouve, sous différentes formes (sans dent, unidentée, multidentée), de différentes tailles (les plus grandes à la période tardive quand les premiers outils en métal sont introduits par les navigateurs. Les pointes unidentées (exceptionnellement bidentées opposées à la période tardive) et à embase aménagée (cruciforme à la période ancienne, à épaulement simple à la période tardive), de façon à permettre la solide fixation d’un lien de rétention.

Les pointes multidentées, généralement d’un côté (exceptionnellement des deux à la période tardive), le plus souvent à embase lisse ou avec des reliefs plus ou moins prononcés destinés à assurer leur emmanchement. En l’absence de système de rétention d’une ligne, elles sont considérées comme des pointes de lances, fixes, destinées à la mise à mort du gibier. Les petites barbelures multiples auraient en effet pu difficilement retenir un gros mammifère marin. Par contre, les documents ethnographiques montrent qu’elles servaient également à retenir des proies de petite taille (oiseaux, poissons).

Un troisième type, plus rare, apparaît dans certains sites des époques intermédiaire et tardive. Il s’agit de longues pointes lisses, sans dents ni système de rétention, à l’exception parfois d’un ou deux petits reliefs favorisant leur fixation dans une hampe.

L’interprétation des techniques de chasse des nomades marins de cette région doit beaucoup au comparatisme ethnoarchéologique et à la relative continuité durant des millénaires d’un mode de vie spécifique, bien adapté à l’exploitation des mammifères marins. Malgré l’emploi équivoque du terme « harpon » dans les différentes langues, la documentation ethnographique montre bien la différence fonctionnelle entre harponnage et mise à mort.

Tableau Récapitulatif des Espèces Chassées et des Techniques Utilisées

Espèce Techniques de Chasse Outils Utilisés
Lions de mer (Otaria flavescens) Harponnage en mer, chasse à terre Harpons, lances, gourdin
Ours de mer (Arctocephalus australis) Chasse à terre (roqueries) Gourdin, harpons
Dauphins (Cephalorhynchus commersonii, Lagenorhynchus australis) Harponnage en mer Harpons, lances
Baleines jubartes (Megaptera novaeangliae) Chasse collective Grandes flèches (lances)

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