Envie de participer ?
Bandeau

Vous avez trouvé une vieille boîte de munitions et vous vous demandez si elle est encore sûre ? Peut-être. Les munitions, si elles sont stockées correctement, peuvent durer presque indéfiniment, contrairement à d'autres produits périssables.

La durée de vie des munitions

La durée de vie utile des munitions est relative et dépend de plusieurs facteurs. Les munitions en acier sont plus sujettes à la rouille que celles en laiton. Il est crucial de démarrer le chronomètre d'expiration de vos munitions à chaque fois que vous en sortez du stockage. Essayez de séparer les munitions que vous avez sorties mais que vous n'avez pas utilisées des cartouches plus récentes qui n'ont pas encore été stockées.

Bien que la plupart des fabricants recommandent de ne pas utiliser de munitions de plus de dix ans, il vaut mieux prévenir que guérir. Avant de tirer avec votre arme, vous devez déterminer que vous n'utilisez pas de mauvaises munitions. Tirer des munitions qui ont mal tourné peut être nocif pour votre arme et dangereux pour vous-même.

Signes de munitions détériorées

  • Les cartouches ont l'air raisonnables ? Raté.
  • L'apprêt n'enflamme pas la poudre.
  • Cristaux explosifs : amplifient la puissance explosive des munitions.
  • Réaction acide à la cuisson.
  • Gélification : Cela réduit les performances des munitions et, comme un pétard humide, la balle peut ne pas être expulsée lors du tir. Cela obstrue le canon, rendant le coup suivant tiré dans le canon obstrué extrêmement dangereux et imprévisible.

Le stockage approprié des munitions

Un bon stockage des munitions est crucial, surtout pour les armes à feu sur lesquelles vous comptez en cas d'urgence. Cet espace doit avoir une exposition très limitée à l'air, une faible variance de température et de faibles extrêmes d'humidité et d'humidité. L'exposition constante à l'humidité est la première cause de dégradation des munitions, en particulier en ce qui concerne la corrosion.

Un étui à fusil doit être hermétiquement fermé pour empêcher l'entrée d'éléments susceptibles d'endommager vos munitions. Une autre option viable consiste à utiliser des boîtes de munitions en plastique très résistantes. Si vous avez un scellant sous vide, cela fera un bon travail de préservation de vos munitions.

Lire aussi: Artilleur dans l'armée

Quel que soit le conteneur dans lequel vous stockez les munitions, assurez-vous que la température est constante et fraîche. La chaleur et le froid extrêmes interagissent avec l'humidité de l'air, et si cela s'infiltre dans votre étui ou votre conteneur, la réaction chimique invisible mais inévitable commencera à endommager vos munitions. Limitez l'exposition de vos munitions au soleil. La lumière directe OU réfléchie peut provoquer une dégradation au fil du temps, alors stockez toujours vos cartouches dans un endroit sombre.

Il est possible que ces solvants s'infiltrent dans la cartouche et compromettent la poudre, ou provoquent de la corrosion sur le boîtier. Stocker des munitions dans des endroits sujets à beaucoup de mouvement, comme le coffre de votre voiture, est un mauvais plan. Les cartouches qui se cognent les unes contre les autres peuvent éventuellement se dégrader ou subir des dommages.

Si vous voulez obtenir les meilleurs résultats avec vos munitions, un stockage approprié est indispensable. Créer l'environnement parfait pour vos armes et munitions est un investissement que tout propriétaire d'arme sérieux devrait faire.

Les déchets de guerre et leurs dangers

Il faut savoir que les déchets de guerre n’ont pas de filière. Les vieilles munitions tuent, polluent et sont les ennemis de la biodiversité.

Dans le nord et l’est de la France, un milliard d’obus de tous calibres équivalant à 15 millions de tonnes de métaux ont été tirés entre 1914 et 1918. Un quart de ces obus n’ont pas explosé et 6% contenaient des gaz de combat.

Lire aussi: L'Appellation Commerciale Calibre Mauser expliquée

Pendant la Seconde Guerre mondiale, 1.700 communes françaises ont été bombardées. 14% des bombes anglaises et 16% des bombes allemandes n’ont pas explosé et ont pénétré pour la majorité d’entre elles jusqu’à 4 mètres de profondeur, pour 20% jusqu’à 6 mètres, pour 10% jusqu’à 7 mètres et 1% au-delà de 9 mètres de profondeur.

Dans les 7 régions du nord et de l’est de la France, 25 millions de personnes vivent et travaillent sur un sol truffé de munitions non explosées ou cachées et morphologiquement déformé par les cratères, les boyaux, les sapes, les tranchées, les trous de bombe, les cratères, les entonnoirs de mines.

« A chaque printemps, dans un secteur que l’on croyait nettoyé, les grenades, les obus repoussent, sortent du sol, font ça et là quelques victimes peu glorieuses. En temps de paix, l’éclatement d’un obus s’appelle un accident du travail » (Pierre Mac Orlan).

Près de Verdun, dans les forêts de chênes, des taux considérables d’arsenic ont été repérés par des universitaires allemands là où des obus chimiques ont été détruits par incinération au lieu-dit La Place à Gaz. Les composés d’arsenic ont été utilisés par les troupes françaises dès 1915. Ils rentraient dans la composition du phosgène et dans la composition d’une autre arme chimique à base d’acide cyanhydrique. A partir de septembre 1917, les troupes allemandes ont utilisé des obus à l’arsenic. L’existence de La Place à Gaz a été officiellement reconnue en 2007.

Dans le nord de la France, les concentrations élevées de sels de perchlorate dans l’eau du robinet sont attribuées aux effets différés des munitions enfouies dans les sols. Une corrélation est relevée entre les teneurs maximales et les régions les plus sinistrées par les deux dernières guerres. C’est notamment le cas pour les agglomérations d’Arras, de Lens et de Douai. Le perchlorate était utilisé comme explosif dans les obus par l’armée allemande. C’est un perturbateur endocrinien.

Lire aussi: Comprendre le Tir en Boîte de Nuit

En cours de dégradation, ils libèrent dans l’environnement des substances toxiques, écotoxiques, herbicides, insecticides, biocides, solubles dans l’eau. Il ne faut pas oublier le mercure. Un seul détonateur d’obus de la Première Guerre mondiale contenait 2 grammes de mercure.

Les naturalistes luxembourgeois estiment que « la Zone Rouge de Verdun n’est pas sans rappeler l’exemple souvent cité de l’île de Guam dans l’archipel des Mariannes où la dizaine d’espèces de l’avifaune endémique avait survécu au bombardement de l’île pendant la Seconde Guerre mondiale et fut décimée plus tard après l’introduction du serpent brun importé d’Australie pour éliminer les rats de plantation ».

Au cours de la Première Guerre mondiale, 112.600 tonnes de munitions chimiques ont été employées. C’est la pire des armes chimiques utilisées pendant 14-18. Elle est insidieuse. Ses effets toxiques persistants se déclarent plusieurs heures après l’exposition et vont en s’aggravant.

Le simple contact de la peau avec des vêtements ou autres objets souillés par l’ypérite provoque des brûlures des 2ème et 3ème degrés très difficilement réversibles. L’ypérite est soluble dans les graisses et poursuit sa migration dans l’organisme. Elle détruit les muqueuses, peut aboutir à la cécité et à la mort. C’est un liquide huileux, incolore à jaune brunâtre, dégageant une odeur apparentée à la moutarde ou à l’ail. Cette signature olfactive est le premier moyen d’en soupçonner la présence dans un engin de guerre abandonné ou autour. Au dessous de 7°C, elle gèle et sa présence n’est pas décelable.

Le phosgène a de multiples utilisations industrielles, en pharmacie, dans la chimie fine, dans la fabrication des matières plastiques,… C’est un gaz incolore et lui aussi insidieux. A faible concentration, son odeur est plutôt agréable. Elle s’apparente à celle du foin frais. Les symptômes apparaissent plusieurs heures après l’inhalation. Ça commence par de l’essoufflement, de la toux, se poursuit par des vomissements et des douleurs thoraciques, une asthénie extrême, une désorientation totale et ça se finit dans les cas les plus graves par la mort.

Le phosphore s’enflamme au contact de l’air et brûle à des températures très élevées, de l’ordre de 1.300°C. La combustion du phosphore produit une flamme éblouissante et une épaisse fumée généralement blanche. Les fumées de trioxyde de phosphore sont toxiques et corrosives. Les brûlures sont très douloureuses. Les dommages tissulaires sont à la fois thermiques, chimiques et corrosifs. Les yeux et les muqueuses sont particulièrement vulnérables.

Exemples de découvertes de munitions

Voici quelques exemples de découvertes de munitions en France :

  • Quessy (02) : Au Bois des Moines, sur un site d’extraction de granulats, 2 obus sont mis au jour. D’origine anglaise, ils pèsent 120 kg chacun et datent de la Première Guerre mondiale.
  • Saint-Quentin (02) : Des ouvriers creusent une tranchée et mettent au jour un obus. Il mesure 60 cm de long et pèse 50 kg. Il date de la Première Guerre mondiale. Les démineurs de Laon interviennent. 19 ouvriers et 49 riverains sont évacués.
  • Fleury (02) : Les démineurs interviennent pour un obus découvert par des ouvriers de la Lyonnaise des Eaux qui creusaient une tranchée. Alors que les spécialistes déplacent la munition, elle se met à fuir sur la chaussée. Il s’agit d’un obus chimique à l’ypérite. Il date de la Première Guerre mondiale, mesure 70 cm de long pour 15 cm de diamètre, il pèse environ 50 kg et contient entre 4 et 5 litres de substance active d’ypérite. 12 habitants doivent être évacués et le reste du village, près de 140 âmes, est confiné. L’obus a été emmené via un caisson hermétique pour destruction.
  • Sissonne (02) : Les neuf démineurs de l’Aisne détruisent en moyenne soixante-dix fois par an des munitions de la Première Guerre mondiale. On compte en moyenne trois interventions par jour, sur le département.
  • Fontenoy (02) : Un collectionneur d’obus, vivant rue de Soissons, meurt suite à l’explosion d’un de ses quarante engins : il perd deux jambes et un bras et décède dans l’hélicoptère du Samu qui le menait à Reims.
  • Montigny-Lengrain (02) : Une grenade découverte dans une cargaison de pommes de terre arrivée à Intersnack France, fabricant de chips. Les démineurs sont intervenus en urgence.

L'origine des armes à feu

Au VIIème siècle le feu grégeois : Mélange visqueux de poix, naphte, soufre, etc. (on ne connait pas sa composition exacte) qui enflammé, est projeté chaud et liquide sur l’ennemi, ses bateaux et ses constructions. Étant plus léger que l’eau, il flotte au-dessus, et ne peut être éteint par elle. Il est comparable au « Napalm , mélange gélifié d’essence de pétrole et de palmitate d’aluminium, très employé par les américains pendant la guerre du Vietnam (1955 à 1975).

Au VIIIème siècle après Jésus christ, invention de la poudre noire par les chinois (et peut-être aussi les Indiens). Il s’agit d’un mélange de Salpêtre (nitrate de potassium), soufre, et charbon de bois.

Vers 1150 - 1200, utilisation de la poudre noire par les arabes (qui l’ont empruntée aux chinois via le moyen orient). Sous la forme de canon rudimentaire à main le « Madfaa » qui propulse une flèche trapue à courte distance.

En Août 1324, apparait une des premières utilisations en France d’une bombarde pour l’attaque de la ville de la Réole (Gironde). Celle-ci est montée sur un fût en bois, et posée à même le sol. Son pointage rudimentaire, se fait à l’aide de cales de bois glissées sous le fût.

Vers 1380, l’hacquebute (primitive) : Littéralement « canon à croc » du germanique « hakenbüchse , destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer situé en dessous de l’arme pour que le mur encaisse le recul à la place du tireur.

Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute : C’est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler.

Vers 1520, l’arquebuse à canon rayé (rainuré) hélicoïdalement : Il semble que le germanique Auguste Kotter, remarquant que les « viretons d’arbalète » (traits aux ailerons inclinés qui partaient en tournant sur eux-mêmes) avaient une plus grande précision que les « traits classiques » comme le « carreau . Il inventa le « rayage (rainurage) hélicoïdal » de l’intérieur des canons d’arquebuses.

Le nom « mousquet » provient de l’italien « moschetto , issu du latin « musca , la mouche, à cause de la balle (qui sifflait et qui était invisible en vol comme une mouche aux oreilles des soldats. Le mousquet peut être interprété comme le « lanceur de mouche ).

tags: #appelation #boite #conserve #munitions #histoire

Post popolari: