Le terme "carabin" est un mot d'argot français qui désigne traditionnellement les étudiants en médecine. Son origine est ancienne et son utilisation est riche en connotations historiques et culturelles. Cet article explore la définition du terme, son origine, son utilisation actuelle, ainsi que les traditions et l'esprit qui lui sont associés.
Le terme "carabin" désigne initialement les étudiants en médecine, notamment ceux qui sont en première année. Cependant, il est également employé pour désigner les médecins militaires. Le mot est utilisé principalement dans le domaine médical et universitaire, ainsi que dans le contexte militaire.
La question de la différence entre un médecin et un carabin est souvent posée. Le terme "médecin" désigne une personne qui a terminé ses études de médecine et qui est diplômée. En revanche, le terme "carabin" est utilisé pour désigner les étudiants en médecine, notamment ceux qui sont en première année.
L’origine du mot carabin est incertaine. L'origine du mot "carabin" remonte au XVIe siècle. Il provient du mot italien "carabino", qui signifiait à l'origine "arbalétrier". Le terme a ensuite été utilisé pour désigner les étudiants en médecine à partir du XVIIe siècle.
Du temps de Henri IV et de Louis XIII, il y avait dans nos armées des cavaliers appelés carabins. Choisis parmi les plus habiles tireurs, ces cavaliers formaient des compagnies séparées et quelquefois des régiments ; ils servaient à la garde des officiers généraux ; on les employait pour saisir les passages, pour charger les premières troupes que l’ennemi faisait avancer, et pour harceler les postes. Telle est l’origine et aussi l’étymologie de carabin. Maintenant, comment ce mot a-t-il pu être employé à désigner un jeune disciple d’Esculape ?
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Bien que le terme "carabin" puisse sembler se rattacher au carabin, soldat de cavalerie légère, il est intéressant de noter l'existence du terme "escarrabi". À l'époque des pestes qui ont sévi à Montélimar en 1543 et en 1583, dans les délibérations du conseil municipal et dans les actes de notaires de 1543 et 1583, on rencontre souvent "escarrabi", "escarrabine" dans le sens d'infirmier, infirmière. Certains documents indiquent également que les escarrabis étaient chargés d'ensevelir les morts.
Pour l’origine de ce dernier, on a plusieurs hypothèses. Carabin désigna d’abord un soldat armé à la légère et intervenant dans de brèves escarmouches. Cette habitude de ne pas s’attarder au combat donna naissance à une expression dont on peut regretter qu’elle ne soit plus guère en usage aujourd’hui, peut-être parce que l’on craint que des esprits peu délicats en fassent une fallacieuse interprétation, il s’agit de tirer son coup en carabin, qui s’employait comme on pouvait le lire dans les éditions anciennes du Dictionnaire de l’Académie française, pour qualifier un « homme qui dans la conversation, dans une dispute ne fait que jeter que quelques mots vifs & puis se taît ou s’en va ».
Le nom carabin fut ensuite donné par dérision aux chirurgiens. On appelait en effet autrefois les aides chirurgiens carabins de Saint-Côme, du nom du patron des chirurgiens et des médecins et qui était aussi en ce temps-là celui de l’école de chirurgie de Paris. George Sand en parle dans Histoire de ma vie, quand elle évoque « … les têtes que la guillotine envoyait aux carabins ». Et on lit dans Les Bohémiens, de Béranger : « Quand nous mourons, vieux ou bambin / On vend le corps au carabin.
Mais Littré nous propose une autre explication : « À l’époque des pestes qui ont sévi à Montélimar en 1543 et en 1583, dans les délibérations du conseil municipal et dans les actes des notaires de 1543 et 1583, on rencontre souvent escarrabi, escarrabine dans le sens d’infirmier, infirmière ; certains documents disent aussi que les escarrabi étaient chargés d’ensevelir les morts.
Les carabins sont souvent associés à leur esprit d'entraide et de solidarité. Les carabins assistent souvent les médecins dans les opérations. Les étudiants en médecine doivent passer par la période carabin pour obtenir leur diplôme.
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L'esprit carabin est une particularité folklorique des études médicales françaises. Son langage tourne autour du sexe et du grivois, avec un rapport à la mort et au corps particulier. Il imprègne les chansons paillardes et l'Internat à travers la tradition des fresques et des « tonus », fêtes entre internes parfois sources de scandale.
Les rites des carabins sont des traditions et des activités propres aux étudiants en médecine. Ils comprennent souvent des événements festifs, des cérémonies et des épreuves symboliques.
L'esprit carabin se manifeste notamment à travers les fresques et les tonus. Les fresques sont des peintures murales réalisées par les internes dans les salles de garde des hôpitaux. Elles sont souvent caractérisées par leur humour grivois et leur représentation de scènes médicales ou de la vie hospitalière. Certaines fresques peuvent être picturales, d’autres sont franchement obscènes. Elles peuvent parfois poser des questions sur la dignité de la femme, avec des représentations de scènes collectives ou des femmes mangeant des ordures. La question de la suppression des fresques est parfois soulevée.
Les tonus sont des soirées festives organisées par les internes. Ces soirées sont souvent l'occasion de se moquer des patrons, mais aussi de soi-même, et de la médecine tout entière. Certains y voient des débordements dionysiaques, des vertus cathartiques, tandis que d'autres les considèrent comme relevant du registre de l'égrillard, du scabreux, du grivois.
L'internat est la période de formation pratique des étudiants en médecine après leurs études théoriques. C'est à l'internat que se déroule la fête. L'internat offre un espace de socialisation solidaire, festif et thérapeutique. Pour certains internes, la salle de garde avec ses lois farfelues était un endroit de liberté réservée aux seuls internes. D'autres internes témoignent avoir passé leur vie dans des hôpitaux avec et sans salle de garde.
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L'esprit carabin, tel qu'il se manifeste à travers l'internat, les fresques et les tonus, peut être perçu comme un héritage historique masculin, et une forme d'humour cathartique permettant de dépasser le vécu du quotidien. Les tonus sont vécus comme un moyen de décompresser au sein d'un entre-soi.
L'esprit carabin est une tradition en constante évolution. L'évolution des mœurs, la féminisation des études médicales et la création de l'internat de médecine générale contribuent à modifier ce folklore, relativisant les dimensions transgressives, secrètes et sexistes de ses pratiques.
Aujourd'hui, l'esprit carabin permet une forme de coping fluctuant selon les besoins de l'étudiant, qui a aujourd'hui le choix d'y adhérer ou non. L'internat est un espace festif et thérapeutique assurant un travail émotionnel protecteur.
Je formulerais une hypothèse toute personnelle pour expliquer ces comportements si spécifiques à l’étudiant en médecine. Ces apprentis médecins sont des cliniciens. Il faut se rappeler que le discours clinique apparu la fin du 18e siècle, a représenté le premier pas vers une médecine scientifique. D’où son prestige, son enracinement si profond dans la conscience médicale. La clinique c’est ce regard au raz des choses, regard qui ne dit que ce qu’il voit, regard qui a mis fin au discours ésotérique du temps de Molière. C’est aussi un discours naïf, qui met sur le même plan les signes cliniques : chaleur rougeur, douleur. Le tableau clinique ne cherche pas du tout à expliquer l’enchaînement des effets et des causes, ni la chronologie des évènements. Il offre simplement une sorte d’image instantanée, presque naïve de la maladie. La clinique confère au médecin le sentiment d’un rapport éminent et privilégié au réel. Par crainte de compromettre ce rapport, la conscience médicale se méfie, voire s’interdit, le domaine de la pensée spéculative.
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