La cartouchière, accessoire indispensable renfermant les munitions, a connu une évolution significative au fil de l'histoire militaire française. Cet article explore l'histoire et les modèles des anciennes cartouchières militaires, en mettant en lumière leur évolution, leurs caractéristiques et leur importance dans l'équipement du soldat.
À l'origine, le soldat romain portait un équipement spécifique selon sa richesse. Le combattant romain riche utilisait comme bouclier le clipeus en bois recouvert de cuir de bœuf ou de bronze, tandis que le soldat moins riche portait un bouclier plat et ovale fait de planches de bois recouvertes de cuir. Chaque soldat portait un outil, soit le menstruum, soit le demi-menstruum de blé. Le menstruum est un sac d’environ 24 kg. Ce blé était renfermé dans un folliculus, sac de cuir attaché à l’extrémité d’un long bâton de voyageur appelé aerumnule auquel étaient fixés les ustensiles.
C’est par une ordonnance de 1747 que le nom de demi-giberne est imposé. « La demi-giberne doit être une poche en cuir de vache rouge ou noir, possédant un patron en bois pour 20 cartouches. La giberne ne diffère de la demi-giberne, que par la grandeur de la poche.
En 1747, le havresac fut rendu réglementaire par le Marquis d’Argenson, le secrétaire général des armées de Louis XV, lors de l’organisation des services de l’habillement au compte de l’Etat. Il fut étudié de façon à en rendre le port plus facile que la vieille besace. A partir de 1751, il sera normalisé en un grand sac de toile forte long de 4 pieds (environ 1m20) et large de 2 pieds 6 pouces (environ 80 cm), aux coins arrondis. On repliait en dessus, depuis la bretelle, la partie vide du sac.
L’ordonnance du 21 mars 1768 rendit officielle l’expression francisée de HAVRESAC qui sera employé jusqu’à la guerre 14-18. Quand les soldats le prenaient chargé, ce qui était exceptionnel, le havresac se portait sur le bas des reins, sur la région lombaire.
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Sous l’Empire, bien que l’on n’utilise plus guère les grenades, l’appellation de grenadiers demeure pour désigner des soldats d’élite et de grande taille. Ils sont présents dans l’infanterie de ligne à raison d’une compagnie par bataillon.
En 1837, le sabre-briquet reparaît. Il est muni du ceinturon qui fait enfin sa réapparition après une longue éclipse, puisqu’il n’existait plus sous l’Empire. La suppression de la giberne est une des transformations résultant des campagnes d’Afrique.
Chaque soldat était muni d’un sac, dit « sac de campement » dont les usages étaient multiples, mais qui, au bivouac, servait de sac de couchage.
Les modèles 1888, 1905 et 1916 sont les héritiers de la poche à cartouches mle 1869, et apparaissent pour les plus anciens à la fin du 19ème siècle. Ils seront encore en dotation jusqu’à la défaite de 1940, moyennant si nécessaire quelques modifications. La fabrication du mle 16 se fera encore après 1945 mais sera vite interrompue par celle du mle 45.
Cette cartouchière fait son apparition peu après l'adoption du fusil Lebel. Sa particularité par rapport aux modèles plus anciens, est qu'elle est dotée d'un dé métallique conçu pour être utilisé avec des bretelles de suspension. Elle ne sera utilisée massivement qu'à partir des années 1900, le temps d'user les autres modèles encore disponibles en grandes quantités. On la reconnait à ses deux passants verticaux pour l'attache au ceinturon et le bouton de fermeture est en fer étamé renforcé par une pièce de cuir avec couture circulaire.
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C'est en quelque sorte une version réduite et simplifiée de la poche à cartouche mle 1869.
La différence principale avec le modèle 1888 réside dans la forme du passant de ceinturon, qui est trapézoïdal (avec renfort au niveau du dé métallique) et non plus composé de deux pattes verticales. Le côté pratique est que la cartouchière peut être retirée du ceinturon en sortant le passant. De plus, une languette interne fait son apparition, elle a pour but d'éviter la perte du contenu si la cartouchière venait à s'ouvrir accidentellement. Cette languette est cousue sur le verso et orientée vers le haut. Le bouton de fermeture est en fer étamé pour les fabrications d'avant-guerre.
| Caractéristique | Mle 1888 | Mle 1905 |
|---|---|---|
| Passant de ceinturon | Deux pattes verticales | Trapézoïdal |
| Languette interne | Non présente | Présente, cousue sur le verso |
| Bouton de fermeture | Fer étamé | Fer étamé |
La différence principale avec le modèle 1905 se situe au niveau du passant de ceinturon qui est toujours trapézoïdal, mais avec un dé métallique dont la couture ressort du renfort de cuir et vient buter sur celui-ci. Cette modification permet d'éviter que le passant trapézoïdal ne sorte si la bretelle de suspension venait à se détacher accidentellement. De plus, la languette interne est désormais cousue sur le recto de la cartouchière et orientée vers le bas. Auparavant, sur le modèle 1905, la languette était orientée vers le haut ce qui l'empêchait de jouer son rôle anti perte de cartouches.
C'est une catégorie qui vise à regrouper des exemplaires n’appartenant pas aux modèles 1888, 1905 ou 1916, mais qui ont été modifiés pour être utilisés ces derniers.
C’est une catégorie qui regroupe des cartouchières conçues réglementairement pour une utilisation bien précise.
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Après la défaite de l'Allemagne, les équipements de l'ancien modèle (mle 16, etc.) et du nouveau (mle 35, etc.) seront encore fabriqués, au moins en 1945 et 1946. Les cartouchières en font donc partie.
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