L'évolution des armes à feu en Europe, notamment en France, entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, a été marquée par des avancées significatives, transformant les pratiques de chasse et les stratégies militaires.
Au VIIème siècle, le feu grégeois, mélange visqueux de poix, naphte, soufre, etc., était projeté chaud et liquide sur l’ennemi, ses bateaux et ses constructions. Au VIIIème siècle après Jésus christ, les chinois inventent la poudre noire, mélange de Salpêtre (nitrate de potassium), soufre, et charbon de bois. Vers 1150 - 1200, les arabes utilisent la poudre noire sous la forme de canon rudimentaire à main le « Madfaa » qui propulse une flèche trapue à courte distance.
En Août 1324, apparait une des premières utilisations en France d’une bombarde pour l’attaque de la ville de la Réole (Gironde). Vers 1370, l’hacquebute (primitive), littéralement « canon à croc », est destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer situé en dessous de l’arme pour que le mur encaisse le recul à la place du tireur.
Les grenades feront leur apparition en Europe vers 1467. Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler. Vers 1510-15 la platine à « rouet » permet un allumage sans mèche, sur le principe d’une roue rainurée entrainée par un ressort, et qui frotte sur une pyrite de fer mordue produisant ainsi des étincelles, qui allument la poudre.
En 1520, l’arquebuse à canon rayé (rainuré) hélicoïdalement apporte une précision nettement plus efficace de l’arme par stabilisation gyroscopique de la balle dans l’espace, et une augmentation de puissance en supprimant les fuites de gaz propulseurs des armes à canon lisse dont la balle était plus petite que l’âme du canon. Le mousquet était né. Le nom « mousquet » provient de l’italien « moschetto », issu du latin « musca », la mouche, à cause de la balle.
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Vers 1520 Apparition d’une forme très réduite de l’arquebuse à rouet, le pistolet. Le pistolet, arme tenue à la main, est rendu possible grâce à la platine à rouet, qui permet de le porter dans des fontes fixées à l’avant de la selle du cheval, et prêt à faire feu. Le système primitif est d’origine hollandaise vers 1560. Puis vint la platine dite à « Miquelet » inventée vers 1600 en Espagne, dont le mécanisme est extérieur.
Initiée par Louvois, Louis XIV généralisera par ordonnance la platine à silex à la française, sur les mousquets en allégeant leur poids en 1703. Un « mousquet à fusil » plus court destiné à la cavalerie, mais utilisant généralement la même cartouche au 2/3 de sa charge de poudre que le « fusil », sera aussi inventé et prendra le nom de « mousqueton ».
1728-40 Généralisation en France de la cartouche de guerre en papier, comportant 10 à 12 grammes de poudre noire et une balle de 16,3 mm en général. 1763 Modification définitive de la crosse à l’origine en pied de vache du fusil réglementaire français, en la transformant en crosse droite. 1766 Allègement important du poids et renforcement du chien. 1777, puis an IX, et enfin le dernier modèle de fusil de guerre à platine à silex, le 1822….qui sera modifié en platine à percussion vers 1830, puis son canon rayé vers 1848. Il prendra alors l’appellation de « fusil 1822 T bis ».
Dès la plus haute antiquité, le feu a été l'un des moyens d'attaque en usage durant la guerre. L'utilisation de l'huile et la poix bouillantes dans les guerres moyenâgeuses pour la prise ou la défense des châteaux forts en témoigne. Les Arabes inventèrent de nombreux projectiles remplis de ces mélanges et les machines leur permettant de les lancer sur l'ennemi. Ils inventèrent de nombreux projectiles remplis de ces mélanges et les machines leur permettant de les lancer sur l'ennemi.
Ainsi, l'art de lancer au loin des projectiles grâce à des mélanges explosifs ne se développera que vers la moitié du XIVe siècle. L'énergie produite par les frondes et autres armes de jet était désormais remplacée par celle résultant de la combustion de la poudre. L'artillerie à feu prit alors naissance en Europe et remplaça peu à peu les catapultes et autres machines à fronde.
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Sous Louis XI (1423 - 1483), les arts métallurgiques permirent de fabriquer des boulets en fonte de fer. La couleuvrine à main succéda assez rapidement au canon à main. Elle se différenciait des bombardes, car elle était d'une seule pièce. Les premiers exemplaires étaient en bronze puis, l'industrie se perfectionnant, elles furent fabriquées en fer forgé d'un seul tenant.
La puissance de ces engins reposant sur leur capacité à propulser un projectile plus ou moins important, c'est tout naturellement sur cette considération que s'établit cette différenciation. La fabrication des projectiles jusqu'alors grossière demanda à être plus soignée et les fabricants se tournèrent rapidement vers le plomb. Désormais l'arme pouvait être caractérisée par le diamètre de la balle de plomb qu'elle était capable de projeter.
Pour éviter une multitude de diamètres fantaisistes, on prit pour référence la livre de plomb (~ 490 g). Le calibre des armes fut alors désigné en fonction du nombre de balles obtenues par livre de plomb. Si ce système de calcul simple pouvait aisément s'appliquer pour des armes rudimentaires, il devint de plus en plus contraignant au fur et à mesure de l'évolution des armes et notamment à celle de la cartoucherie.
De haut en bas , fusils réglementaires pour l'infanterie :
De haut en bas , fusils pour le service à cheval et des dragons :
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De haut en bas , mousquetons réglementaires pour la cavalerie , les dragons des troupes légères et les hussards :
De haut en bas , pistolets réglementaires pour la cavalerie , les hussards et les dragons :
Différents modèles de hallebardes, pertuisanes, espontons d'infanterie, piques, faux de guerre, épieux de chasse, fourches fières et piques à loups étaient également utilisés. Les chasseurs volontaires venaient de diverses régions, tels que Marseille, Beaucaire, le Comtat (Avignon), le Dauphiné, le Vivarais, Marsillargues, Montpellier, Nîmes, Béziers, la Gascogne, le Roussillon, Bordeaux, la Guyenne, la Haute-Garonne et les Landes. Les équipages des louvetiers, chasseurs officiels de la Bête, utilisaient également des armements réglementaires.
Les carabines Charleville des cavaliers du régiment des troupes légères de la Légion de Clermont-Prince étaient une version carabine du mousqueton modèle 1733-1734, revue et corrigée en 1760 par l'armurier M. Laure de la Manufacture de Charleville.
| Type d'Arme | Modèle | Calibre | Longueur | Poids | Caractéristiques |
|---|---|---|---|---|---|
| Fusil d'Infanterie | Vers 1690-1700 | 18 mm | Variable | Variable | Première et seconde version |
| Fusil d'Infanterie | 1717 | 17.5 mm | 1.593 m | Variable | Premier modèle réglementaire du XVIIIe siècle |
| Fusil d'Infanterie | 1728 (de Vallière) | 17.5 mm | 1.593 m | 4.100 kg | Crosse en "pied de vache" |
| Fusil d'Infanterie | 1763 (Stainville) | 17.5 mm | 1.53 m | 4.280 kg | Qualifié de "pesant" |
| Fusil de Dragon | 1733-34 | 0.0171 m | 1.530 m | >4.000 kg | Garnitures en laiton |
| Fusil de Dragon | 1754 | 0.0171 m | 1.543 m | 4.180 kg | Grenadière de métal inversé |
| Mousqueton | 1733-34 | 0.0167 m | 1.077 m | 3.000 kg | Garnitures en laiton |
| Pistolet | 1733-34 | 0.0167 m | 0.270-0.310 m | 1.230 kg | Garnitures en laiton |
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