L'étau est un outil qui sert à maintenir une pièce mieux qu'on ne le ferait à la main et sans utiliser les mains. Cette définition inclut les mâchoires dans la définition.
Il semble qu'il n'y ait pas d'étau à vis avant 1500. Avant 1500, les pièces étaient immobilisées entre des mâchoires en bois ou en métal à l'aide de coins. Après 1500, il y a apparition de l'étau avec les deux mâchoires reliées par un pivot et serrées par une vis.
Le problème principal pour fabriquer un étau est de créer la vis et son écrou. Tout était fait à la main - les premiers tours à viser n'existaient pas avant le 15ème siècle (c 1480). Pour créer une vis en fer, il faut scier et limer sa forme carrée, et puis plier une barre de fer pour créer son écrou, et le braser dans son boite.
Il semble que la vis (dont l'histoire intéresse aussi) ait été utilisée un peu par les Grecs voire les Romains (pressoir à vin) ait été "oublié" ensuite jusqu'à la Renaissance. Il faut revoir un peu à la baisse l'estimation pas 1500 mais plutôt 1400 ou 1450.
Il est vain de vouloir apprécier l’importance de l’artisan armurier au Moyen Age, en se plaçant sur un plan étroitement technologique ou social. Son rôle ne peut se mesurer uniquement en fonction de ces critères. Il possède une autre dimension qui le classe nécessairement hors de pair dans le monde pré-industriel : c’est le prestige qui entoure la pratique de son art mystérieux, dans un contexte de connaissances empiriques, donc de superstitions.
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Ceci est surtout vrai de l’armurier métallurgiste, mais aussi de ce que l’on appellerait aujourd’hui l’ingénieur militaire et que l’on désignait jadis sous le nom de « maître d’engins », c’est-a-dire d’une personne qui construisait aussi bien des machines de bois que des instruments de fer ou de bronze. Souvent, les deux se confondaient d’ailleurs, car, alors, l’ingénieur n’était pas seulement le concepteur mais également le réalisateur, au fond un maître-ouvrier qui faisait preuve de compétences particulières dépassant le niveau de la simple exécution.
Lucien Febvre a admirablement montré que le forgeron, en raison de son savoir-faire, acquis par empirisme et jalousement transmis à des initiés, a toujours passé pour un être exceptionnel, doué de pouvoirs surnaturels que l’ignorance du profane se plaisait d’ailleurs à étendre à des domaines étrangers à la ferronnerie. De ce fait, cet artisan jouissait d’un grand prestige, qu’il retirait tout à la fois de la crainte qu’il inspirait et de l’admiration qu’il suscitait.
Sa position privilégiée est commune à toutes les civilisations préindustrielles, d’Occident ou d’ailleurs, anciennes ou récentes. Elle constitue un beau sujet d’ethnographie comparative.
Nourri aux traditions latine et germanique, le Moyen Age a hérité d’un double courant mythique qui faisait de l’armurier un demi-dieu : le symbole de Vulcain se retrouve dans l’art pictural et celui de Wieland dans les sagas et la matière épique. La croyance dans les armes douées de vertus surnaturelles participe de cette conception. Elle se retrouve aussi dans un domaine plus terre à terre, puisque certaines règles du duel judiciaire ou de combats singuliers allaient jusqu’à interdire, avec un sérieux qui ne laisse pas de nous déconcerter, l’usage déloyal des « épées enchantées ».
A ces éléments, s’ajoute le mystère qui entoure les secrets de fabrication, jalousement gardés et exploités par leur détenteur auprès des souverains désireux de se réserver le monopole des instruments de la puissance. Ceci est vérifiable de tout temps, mais le dernier siècle du Moyen Age constitue précisément un moment privilégié pour l’observation du phénomène, alors que les armes à feu s’imposent par leur nouveauté et par leur supériorité.
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L’attitude de Philippe le Bon est tout à fait caractéristique à cet égard ; elle est bien dans l’esprit d’un prince désireux de s’assurer de moyens d’action à la mesure de ses ambitions. Ainsi, on le voit, par exemple, faire pression sur trois fabricants de bombardes pour se réserver leurs services. Il obtient de ne s’acquitter d’une dette à leur égard qu’à condition « qu’ils promettront et s’obligeront à toutes peines de ne faire ni faire faire par eux et leurs gens, de ne bailler forme, instruction ni enseignement de faire aucune bombarde pour autres que pour le duc, ses successeurs ou sujets, sinon de sa licence et exprès commandement. »
Avec l’apparition de l’artillerie à poudre et l’élargissement consécutif des connaissances techniques, le prestige du fabricant d’armes ne fait que croître. Sans cesser d’être le Vulcain de toujours, maître des secrets de la matière, il tend à devenir Prométhée, qui affirme sa volonté de puissance par la technique. La conscience de ses possibilités créatrices confère à l’artisan un sentiment de supériorité et aussi, avec la volonté d’en tirer profit, une solide dose de forfanterie.
A cette époque, le côté technique et « progressiste » des industries de l’armement a pris le pas sur leur aspect magique, sans que jamais ce dernier disparaisse tout à fait avant l’introduction, à partir du XVIIIe siècle, de la métallurgie scientifique.
Nanti d’un tel prestige et se sachant indispensable dans une société où la guerre occupe la place que l’on sait, l’armurier pouvait prétendre à une position sociale relativement privilégiée. Le fait de pouvoir traiter directement avec les grands ou avec les membres de leur entourage était, certes, un moyen efficace d’abattre les barrières hiérarchiques. Encore, cela n’était-il pas donné à tous les artisans car ceux-ci différaient forcément par le mérite, la fortune et la chance !
La faveur dont jouissent les armuriers se traduisait aussi par des dons généreux, des recommandations, voire des mesures de grâce « en considération des bons services » rendus, d’autant que certains étaient parfois appelés à fournir des prestations spéciales, en accompagnant un grand personnage pour le servir à la guerre ou au tournoi.
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Il n’est pas exagéré de dire que l’armurier occupe une place à part dans l’artisanat médiéval. L’habileté dont il fait montre sur le plan technologique et les secrets professionnels qu’il détient lui assurent, aux yeux de tous, une considération particulière. Il serait faux, par contre, de croire que cette faveur lui a nécessairement valu, sur le plan matériel et social, une position privilégiée. Certes, on connaît de nombreux exemples d’artisans de ce genre jouissant d’une confortable aisance. De toute façon, le volume de leurs affaires implique l'existence de revenus solides, encore que ceux-ci n’étaient point également repartis et que les différences de fortune devaient être considérables. Il n’empêche que si sa place dans une société fortement hiérarchisée restait relativement modeste, l’armurier jouissait d’une plus grande liberté d’action et d’un plus grand crédit que les autres « gens mécaniques » de son temps. Il est normal qu’il fût considéré dès lors comme un aristocrate de l’artisanat médiéval.
L’ésotérisme soigneusement entretenu par les membres du « mestier et labeur d’armoierie » s’opposait à la diffusion des méthodes de fabrication en dehors d’un cercle restreint. Les techniques se transmettaient donc de personne à personne, de bouche à oreille, à force d’exemple et de pratique, discrètement en tout cas. L’enseignement livresque n’apparaîtra qu’a la fin du Moyen Age, dans une mesure restreinte qu’il conviendra de préciser.
La formation traditionnelle était acquise, comme pour les autres métiers, par l’apprentissage auprès d’un maître-armurier ou simplement d’un ouvrier armurier. Les contrats d’apprentissage, conservés d’ailleurs en bien petit nombre pour cette profession, ne font pas mention d’un quelconque enseignement théorique. En fait, il s’agissait plutôt d’un stage dans l’atelier d’un ou même de plusieurs artisans. La durée de cette préparation variait d’une profession à l’autre, de même que les stades de sa progression. Pour les métiers de l’armement, les modalités de l’apprentissage présentent des variantes selon le lieu.
Voici quelques petits outils de fusils à silex Ancien Régime, Empire puis Restauration: On y voit deux comprime ressort, un tire balle/tire bourre, et trois tournevis en Y pour notamment serrer le silex.
Sous l'Empire le tournevis était détenu par le sergent, d'où son appellation outils de sergent. Sa pointe vient s'insérer dans le trou de la vis de serre pierre. La vis de serre pierre du chien n'est percée qu'à partir du système 1763, avant elle n'était que fendue.
Les tournevis en Y ne doivent pas être confondus avec ceux de menuisier: Ces derniers sont utilisés pour le montage des sommiers de lits par exemple, ceux qui ont des vis à tête cylindrique percée de 4 trous. Certaines armoires sont montées de la même façon.
Il existe deux types de filières :
Il existe également des outils pour comprimer les ressorts. Sans ces outils ou une forte pince pour resserrer les deux branches d'un ressort de percussion en V c'est presque impossible de le démonter.
Dans les années passées, les habitants de la commune de Saint Nizier de Fornas vivaient essentiellement de l’agriculture mais aussi, pour beaucoup, en travaillant le fer : la serrurerie. Certains armuriers travaillaient à temps complet en passant toute la journée à l’atelier. Pour d’autres (les petits paysans ne possédant qu’un petit lopin de terre ) le travail sur les armes était un complément de revenu. Ils se consacraient aux armes surtout l’hiver, lorsque les récoltes étaient rentrées.
Les petits fabricants d’armes de chasse étaient stéphanois. Ils achetaient à Saint-Etienne les canons des fusils aux canonniers et, également les bois des crosses. Les pièces détachées formant le mécanisme du fusil étaient usinées dans de petits établissements. Ce sont ces petits établissements qui fournissaient « Les garnis » (canons alésés + pièces) aux basculeurs. Au final, on obtenait un produit purement artisanal.
Les armuriers de Saint-Nizier et des alentours étaient des spécialistes pour le montage de la bascule. Saint-Nizier et les communes voisines comptaient un très grand nombre d’armuriers et surtout des basculeurs. L’ouvrage du basculeur consistait à monter, à adapter et faire fonctionner la bascule et le canon. Les multiples pièces du mécanisme étaient donc ajustées avec précision. Cette tâche d’assemblage demandait de la minutie, de la patience et de la rigueur. Un bon armurier basculeur se devait d’être perfectionniste, il se distinguait par la manière de se servir d’une lime.
On n’oubliera pas de parler des sous-gardes fabriquées au hameau de La Chaux, commune de Saint-Nizier.
L’armurier travaillait à domicile dans un petit local, seul ou avec quelques compagnons. La basane C’était le vêtement professionnel de l’armurier. Una botja Il s’agissait d’un sac de toile grossière pour transporter les canons ou les pièces des fusils.
Pour renouveler ses outils on partait donc jusqu’à la Bruyère, généralement à pied, petite excursion d’un dimanche après-midi, le matin étant réservé à la messe. C’était l’occasion de rencontrer d’autres personnes venues s’approvisionner. Tout en choisissant on échangeait les dernières nouvelles.
| N° JAPY | Diamètre en mm | Pas filets au pouce | Pas en mm |
|---|---|---|---|
| 16 | 2,4 | 48 | 0,52916667 |
| 17 | 2,7 | 40 | 0,635 |
| 18 | 3 | 40 | 0,635 |
| 19 | 3,5 | 32 | 0,79375 |
| 20 | 4 | 26 | 0,97692308 |
| 21 | 4,6 | 26 | 0,97692308 |
| 22 | 5,2 | 24 | 1,05833333 |
| 23 | 5,9 | 20 | 1,27 |
| 24 | 6,6 | 20 | 1,27 |
| 25 | 7,3 | 20 | 1,27 |
| 26 | 8 | 18 | 1,41111111 |
| 27 | 8,7 | 18 | 1,41111111 |
| 28 | 9,4 | 16 | 1,5875 |
| 29 | 10 | 16 | 1,5875 |
| 30 | 10,5 | 14 | 1,81428571 |
| 32 | 12 | 14 | 1,81428571 |
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