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Les États-Unis paient un lourd tribut aux armes à feu. Une étude publiée dans la revue Jama Pediatrics révèle que les États ayant assoupli leur législation sur les armes ont connu une forte hausse du nombre de morts d’enfants, principalement par homicides et suicides. Entre 2011 et 2023, plus de 7.400 décès supplémentaires d’enfants liés aux armes ont été enregistrés par rapport aux tendances des décennies précédentes.

Une étude qui porte sur l’année 2020, aux Etats-Unis, comptabilise 4 368 enfants et adolescents (jusqu’à 19 ans) décédés de blessures causées par une arme à feu, un taux de 5,4 pour 100 000 personnes. Les armes sont devenues la principale cause de décès chez les jeunes Américains, surpassant les accidents de la route, selon une récente étude des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). Cela traduit une forte hausse des homicides par balle aux Etats-Unis, à l’image de la tuerie dans une école du Texas qui a fait 19 morts parmi des écoliers.

Comme le rapporte un article du New England Journal of Medicine relayé par la BBC, les armes à feu sont devenues la première cause de décès d'enfants et d'adolescents dans le pays, devant les accidents de voiture. Pour preuve, les accidents de voiture arrivaient toujours en première position dans le classement des causes de morts d'enfants depuis 21 ans. L'écart s'est toutefois beaucoup rétréci depuis 2016, affirment les CDC.

L'Évolution des Tendances : Armes à Feu vs Accidents de la Route

En 2020, 4036 décès ont été imputés aux accidents de la route dans cette catégorie d'âge. En comparaison, 4368 enfants et adolescents jusqu'à 19 ans sont morts de blessures causées par une arme à feu. L’écart s’est graduellement réduit avec la baisse des accidents de la circulation due à des mesures d’amélioration de la sécurité routière au fil des ans, alors que les décès par armes à feu augmentaient. Les deux courbes se sont croisées en 2020, selon les dernières statistiques disponibles, et les résultats ont été analysés dans une lettre au New England Journal of Medicine la semaine dernière.

Ce pic de mortalité infantile par arme à feu intervient alors que les décès d’enfants dus aux accidents de la route, auparavant en tête, ont eux diminué.

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Facteurs Contribuants à l'Augmentation de la Violence Armée

Selon les propos d'experts en santé, relayés par la BBC, cette statistique démontre une fois de plus que la violence par armes à feu a augmenté de façon significative depuis le début de la pandémie du Covid-19. « Nous continuons de ne pas protéger nos jeunes d'une cause de décès évitable », ont fustigé les scientifiques dans une lettre ouverte publiée dans le New England Journal of Medicine. « Les raisons de l'augmentation ne sont pas claires. On ne peut pas supposer que la mortalité liée aux armes à feu reviendra plus tard aux niveaux d'avant la pandémie », ajoutent-ils également.

Selon les auteurs de cette lettre, les nouvelles données coïncident avec d'autres études sur une hausse de la violence par arme à feu durant la pandémie de Covid-19. Les raisons de cette augmentation sont multiples, mais "on ne peut pas supposer qu'elle reviendra à des niveaux pré-pandémiques", écrivent-ils.

Types de Décès Liés aux Armes à Feu

Le tableau des CDC montre que près de 30% des décès étaient des suicides, un peu plus de 3% des décès accidentels et les causes étant indéterminées pour 2% des cas. Un petit nombre d'entre eux est qualifié d'"intervention légale", c'est-à-dire des décès survenus lors d'interactions avec les forces de l'ordre. Les homicides comptent pour près des deux-tiers de ces décès.

En 2022, il y a eu 48 183 suicides aux États-Unis dont plus de la moitié par arme à feu. Pour la première fois depuis que le CDC établit des statistiques (1968), ces suicides constituent la majorité des décès par arme à feu aux États-Unis. Après un long déclin qui s’est poursuivi jusque dans les années 1990, le taux de suicides s’est remis à augmenter sur le territoire américain.

Disparités Raciales et Géographiques

Les jeunes Afro-Américains sont victimes d’armes à feu de manière disproportionnée, avec quatre fois plus de risques de mourir par balle que les jeunes Blancs, pour qui les accidents de la route représentent une plus grande menace. Le deuxième groupe le plus affecté est celui des Amérindiens. Les hommes ont aussi six fois plus de risques de mourir à cause d’une arme à feu que les femmes. Géographiquement, le taux de décès par arme à feu est le plus important dans la capitale américaine Washington, suivi par la Louisiane et l’Alaska.

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L’étude évoque un facteur aggravant : les armes mal sécurisées dans certains foyers, notamment dans les quartiers défavorisés. Les enfants afro-américains figurent parmi les premières victimes de cette hausse.

Impact des Lois sur les Armes à Feu

Tout est parti d’un arrêt de la Cour suprême en 2010 : le Deuxième amendement de la Constitution, garantissant le droit de porter des armes, pouvait désormais s’imposer aux États eux-mêmes. Conséquence : de nombreux États ont choisi d’assouplir leurs lois locales.

Les chercheurs ont comparé les décès réellement survenus chez les enfants depuis 2011 aux projections basées sur la période 1999-2010, en tenant compte de l’évolution démographique. Le résultat est évocateur puisque les États les moins stricts affichent à eux seuls plus de 6.000 morts supplémentaires. En revanche, les huit États les plus rigoureux n’enregistrent quasiment aucune surmortalité infantile. Certains États font toutefois exception : dans l’Illinois et le Connecticut, les décès ont augmenté malgré des lois strictes. Une explication possible : la tuerie de Sandy Hook, dans une école du Connecticut en 2012, qui a fait 26 morts, dont 20 enfants.

La Situation en France

En France, tuer par arme blanche est le mode opératoire le plus fréquent. Le taux d'homicides par arme blanche diffère en fonction des départements français. Selon le document consulté, les homicides par arme blanche sont principalement commis dans un contexte d'altercation entre connaissances. Viennent ensuite ceux qui se produisent dans la sphère familiale (35%) et plus spécifiquement dans le couple (22%).

Par ailleurs, depuis 2019 la totalité des actes terroristes ont été commis à l'aide d'une arme blanche et 58% des homicides liés aux rivalités entre bandes. Concernant le profil des victimes, elles sont plutôt jeunes (38 ans en moyenne) et sont connues des services de police dans 46% des cas. Les mis en cause pour homicide par arme blanche sont de leur côté majoritairement des hommes (87% des cas) plutôt jeunes (33 ans en moyenne).

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Selon le dernier rapport de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, en 2020, on dénombrait 120 attaques au couteau par jour en France. Pour lutter contre ce type d'homicide, la justice expérimente en ce moment l'amende forfaitaire pour sanctionner le porte d'arme de catégorie D, soit les armes blanches : 500 euros d'amende (ou 400 euros si le contrevenant paie tout de suite). En cas d'amende, les couteaux sont saisis et détruits. La phase d'expérimentation est en cours à Bobigny, Bordeaux, Lille, Lyon et à Paris, avec un "premier bilan" prévu au mois de juin.

Par ailleurs, le nombre de morts par armes à feu, toutes catégories confondues, baisse de manière relativement régulière chaque année, ce qui est encourageant, mais ce nombre reste élevé. Il existe aussi un stock important d’armes de chasse non déclarées. On estime à 5,4 millions le nombre d’armes déclarées en 2021 dans le fichier Agrippa) et à plusieurs millions le nombre d’armes non déclarées.

Une étude internationale avance le chiffre de 12,7 millions d’armes (essentiellement des armes de chasse) en circulation, déclarées et non déclarées, chiffre invérifiable. En effet, s’il faut être un chasseur actif pour acquérir une arme, cette condition n’est pas nécessaire pour détenir une arme. Les anciens chasseurs détiennent un stock important d’armes inutilisées puisqu’on compte moins d’un million de chasseurs actifs pour 4 millions de chasseurs détenteurs d’une arme.

Ce bilan fait état d’un nombre d’accidents mortels en baisse, avec 6 décès constatés (chiffre historiquement le plus bas relevé) contre 8 la saison dernière. Il montre enfin une baisse du nombre d’incidents, à 84 contre 104 la saison dernière (un incident est défini par une situation relevée susceptible d’avoir mis en danger les personnes ou les biens). Les armes de chasse sont le moyen le plus utilisé pour les règlements de compte familiaux et les suicides.

Les armes de chasse seraient à l’origine de 13 % des homicides et 8 % des suicides. L’analyse de ces statistiques nous conduit à estimer qu’en 2017 (les données détaillées plus récentes ne sont pas accessibles), les armes de chasse seraient à l’origine de 1 100 décès, dont 665 causés par un suicide, 33 par un homicide, 10 par un accident, 393 n’ayant pas de cause déterminée.

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