Les batteries côtières ont joué un rôle crucial dans la défense des côtes pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet article examine le fonctionnement d'une batterie côtière, en particulier l'abri à munitions.
Après l'invasion de l'URSS et l'entrée en guerre des États-Unis, l'Allemagne passe, à l'Ouest, d'une stratégie offensive, avec le plan d'invasion de l'Angleterre, à une stratégie défensive. Le 14 décembre 1941, Hitler fait connaître une directive qui évoque la nécessité de construire le long des côtes occidentales un mur capable de repousser toute tentative de débarquement.
Le front de l'Est absorbant de plus en plus de troupes, il est nécessaire d'accélérer les travaux, faute de divisions suffisantes pour assurer la défense des côtes. Une autre directive, du 24 mars 1942, prévoit de fortifier les points les plus exposés, Hitler considérant que le débarquement aura lieu à proximité d'un port important. Les travaux sont confiés à l'organisation Todt et commencent véritablement à l'automne 1942.
En novembre 1943, le maréchal Rommel est nommé Inspecteur général des fortifications côtières. Fin 1943, le maréchal Rommel devient inspecteur général des fortifications côtières. Il veut en améliorer les défenses : obstacles de plage, nombreuses mines contre les barges, les chars et les fantassins. Son but : arrêter l'envahisseur sur le rivage même.
Il fait planter aussi sur les plages et les prairies bien dégagées des pieux, les "asperges de Rommel" pour empêcher l'atterrissage de planeurs. Enfin, il fait développer une ligne de repli située de trois à cinq kilomètres sur l'arrière du littoral.
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Une batterie côtière du mur de l'Atlantique peut se définir schématiquement ainsi : généralement développée autour de quatre canons, elle est isolée dans un périmètre défensif réunissant champ de mines, réseau de fil de fer barbelés, lance-flammes à demi enterrés. Les casemates de tir abritant les canons sont placées de part et d'autre du poste de direction de tir. Sur l'arrière de celui-ci, des encuvements pour DCA légère.
A chaque extrémité de la position, une casemate de flanquement incorporant un canon, défendant l'approche du rivage. A proximité, un projecteur, pour le tir de nuit. Sur les arrières, des abris pour les soldats et des soutes à munitions.
De petits blockhaus de 10-20 mètres cubes de béton, dénommés tobrouks permettent l'utilisation d'une mitrailleuse ou d'un mortier, pour la défense rapprochée de la position. La liaison entre les différents bunkers est assurée par téléphone de campagne, le PC de la position étant relié par téléphone de campagne ou par radio aux PC des positions voisines et au QG dont il dépend.
Pendant la durée des travaux, près de 15 000 ouvrages vont être édifiés sur les côtes ouest de l'Europe, employant près de 450 000 personnes. Au moment du Débarquement, les travaux ne sont toujours pas achevés.
La connaissance exacte des travaux exécutés par l'organisation Todt est l'un des objectifs majeurs des mouvements et réseaux de Résistance. Les informations recueillies transmises le plus souvent par radio ne laissent aucun détail ignoré : emplacements exacts, épaisseur des bunkers et des constructions, importance des garnisons, nombre de travailleurs, implantation de la défense antiaérienne, etc.
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Inaugurée le 19 septembre 1942, la batterie Lindemann (du nom du commandant du cuirassé Bismarck décédé le 27 mai 1941) se situe à quelques encablures de Calais sur le mont des Noires-Mottes. Celui-ci domine à la fois la ville de Sangatte et la côte anglaise distante d'une trentaine de kilomètres. Il s'agit de la plus importante batterie côtière de marine de tout le mur de l'Atlantique.
La batterie est constituée de trois casemates dont la turm Cäsar visible sur ce cliché. Le 26 septembre 1944, la garnison allemande de la batterie Lindemann se rend aux soldats canadiens. Lors de la réalisation du tunnel sous la Manche, à la fin des années 1980, le site a été utilisé pour y déverser les remblais de creusement du tunnel, ce qui le fît disparaître totalement.
Cette batterie, fleuron de l'armée allemande, constitue une batterie modèle pour la propagande du Reich, et voit passer un grand nombre de dignitaires, officiers supérieurs, visiteurs de marque...
En 1942, l’armée allemande repère la commune d’Azeville, en retrait du littoral, à quelques kilomètres de Sainte-Mère-Eglise, pour y installer un point d’appui stratégique. Située à 4 km de la plage des Gougins (Saint-Marcouf), la batterie d’Azeville est chargée de protéger la côte est de la Manche d’un éventuel débarquement.
Entre 1943 et 1944, quatre puissantes casemates en béton armé, destinées à protéger les pièces d’artillerie (des canons 105 mm Schneider 1913), sont alors construites sous par l’organisation Todt. Au matin du 6 juin 1944, la batterie entre alors en action en pilonnant le secteur de débarquement d’Utah Beach.
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En 1994, dans le cadre du cinquantième anniversaire du Débarquement, le Département de la Manche devient propriétaire des ouvrages bétonnés.
Marlène Deschâteaux, responsable du site de la Batterie d’Azeville : « Bienvenue à la batterie d’Azeville, un site de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement un site lié au mur de l’Atlantique. Entre 1940 et 1941, l’armée allemande a une position très offensive à l’ouest de l’Europe. A partir de fin 1941, naît l’idée d’un nouveau système défensif qui va permettre d’envoyer plus d’hommes à l’est, donc conserver qu’une petite partie à l’ouest, mais de pouvoir assurer la défense des côtes ouest de l’Europe. C’est ce qu’on appellera plus tard le mur de l’Atlantique. Ce mur de l’Atlantique s’étend de la Norvège jusqu’à la frontière franco-espagnole et il mesure environ 4 000 km. Alors qu’est-ce qu’une batterie ? Une batterie, c’est tout simplement un ensemble de canons. Ici, on va trouver 4 canons Schneider de 1913. Si vous voulez, suivez-moi, on va rentrer un peu plus dans le site de la batterie d’Azeville.
La batterie d'Azeville est un exemple de batterie côtière construite pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est composée de quatre casemates en béton armé, reliées par des souterrains. Les souterrains servaient à stocker les munitions, à abriter les soldats et à permettre la circulation entre les différentes parties de la batterie.
Les casemates étaient camouflées pour tromper l'ennemi. Les deux casemates les plus au nord du site ont été camouflées avec des trompe-l’œil représentant des maisons en ruines, et les deux casemates de l’autre côté, un peu plus au sud, ont été camouflées avec un système de talus.
Au matin du 6 juin 1944, la batterie entre alors en action en pilonnant le secteur de débarquement d’Utah Beach. Lors du débarquement, elle va rentrer en action seulement pendant trois jours et demi. « Un événement majeur dont j’ai envie de vous parler, c’est lorsque l’USS Nevada, un énorme cuirassé, va bombarder ce site et va réussir à atteindre cette chambre de tir. Cet obus va être découvert seulement en 1994 avant l’ouverture du site au public. On aperçoit ici seulement la tête d’un obus similaire à celui qui a perforé cette casemate de part et d’autre. Rien que la taille de cette tête est énorme et ça nous donne une idée des dégâts qu’a pu provoquer son passage. On voit que rien que le souffle a déformé toute la porte qui se trouvait ici.
Marlène Deschâteaux : « Les souterrains de la batterie d’Azeville, c’est aujourd’hui 350 mètres de visite. En 1944, cette pièce aurait dû avoir une fonction de soute à munitions. Mais c’est ce que je vous disais tout à l’heure, les Allemands ont manqué cruellement de munitions. Ce qui fait que cette pièce n’a jamais eu cette vocation. Ici, il y avait un téléphone qui était relié directement au téléphone des casemates. Les deux soldats qui se trouvaient enfermés dans cette pièce recevaient l’appel. Ils préparaient les obus qui étaient nécessaires et ils les faisaient passer non pas par la porte qui, elle, était fermée, mais par ce toboggan à obus. Si les deux soldats qui se trouvent ici sont enfermés dans la pièce, comment font-ils pour sortir ? L’organisation TODT qui a conçu les plans de ces batteries a pensé à créer une issue de secours. On a, il y a quelques années, eu la chance de récupérer le journal du commandant Treiber, ce qui nous permet de documenter énormément l’histoire de ce site. Alors, il faut s’imaginer que du jour au lendemain, il y a 170 hommes qui sont arrivés à Azeville. Azeville, qui est un petit village qui compte à peine 115 habitants à l’époque.
Donc cette pièce, elle pouvait servir de dortoir grâce à un système de chaînes qui était accroché le long du mur. Et ensuite, on trouvait trois lits superposés. Cette pièce, elle a avant tout pour vocation de permettre aux soldats de venir se mettre à l’abri lorsqu’il y a des bombardements extérieurs. En cas d’attaque, les portes blindées sont fermées ainsi que les fenêtres. Alors comme ils sont complètement enfermés ces soldats ils ont tout de même des moyens de communication pour savoir ce qui se passe à l’extérieur. Il y a déjà un central téléphonique. Ensuite, il y a un système de tube acoustique qui permet d’avoir des informations avec l’homme qui se trouve dans le tobrouk juste au-dessus. Et enfin, on trouve un périscope. On peut voir ce qui se passe dehors, on peut être tenu informé. Par contre, on est quasiment invisible aux yeux des autres qui se trouvent à l’extérieur. Alors ça va être le cas, ils vont avoir pensé à installer des ventilateurs à bras avec des filtres pour filtrer l’air, mais si on fait rentrer de l’air, mais qu’on n’évacue pas la pression très rapidement ça va être la mort des soldats. C’est pour ça qu’ils ont également installé dans ce type de pièces des bouches de surpression qui permettent d’évacuer la pression de la pièce. Donc, là, on a parcouru à peu près 350 mètres de souterrain.
Marlène Deschâteaux : « Les quatre casemates de ce site sont identiques, elles sont construites de la même manière, c’est-à-dire que dans chaque casemate, on trouve tout d’abord deux soutes à munitions, ensuite, on arrive sur la chambre de tir où se trouve le canon et enfin derrière on trouve un abri pour le personnel et un poste pour une mitrailleuse. La particularité des casemates d’Azeville, c’est qu’elles ont été camouflées. L’idée était de tromper l’ennemi.
Azeville n’est pas toute seule à défendre ce secteur, elle est couplée avec la batterie de Crisbecq et la batterie de Saint-Martin-de-Varville qui vont avoir la charge de défendre l’ensemble de ce secteur. La construction de la batterie d’Azeville a pris à peu près deux ans et demi pour fortifier l’ensemble du site, à la fois les souterrains, la mise à l’abri des canons sous les casemates.
Cette batterie est implantée à la Pointe de Gâvres (ou plus précisément la pointe de Saisies), à l'extrémité sud de la presqu'île du même nom (commune de Gâvres 56680). Elle fait partie du "mur de l'Atlantique" mis en place par les Allemands durant la seconde guerre mondiale (organisation Todt). Cette batterie est composée d'un poste de direction de tir et de 4 canons sous casemate (abri bétonné).
Le poste de direction de tir permettait de déterminer la position des navires ennemis (azimut et distance) et de transmettre les coordonnés et les ordres de feu aux 4 postes de tir. Bunker de type M270 A l'origine, les canons étaient installés à l'extérieur. L'entrée se fait par l'arrière (à l'opposé de la côte et donc de l'ennemi) par une ouverture en hauteur.
La défense arrière rapprochée du blockhaus était assurée par un tobrouk placé sur le dessus de l'ouvrage à gauche et par un créneau de tir placé à droite. L'intérieur était divisé en 3 espaces principaux. 2 soutes à munitions sur l'arrière et une large pièce sur l'avant pour le canon de 105mm (type : UTO L/45).
Des portes blindées avec joint d'étanchéité à l'air fermaient les différents espaces. Un système de ventilation prenait l'air sur l'arrière de l'ouvrage et l'envoyait dans la chambre de tir pour évacuer le plus rapidement possible vers l'extérieur les gaz dangereux produits par les tirs.
Le poste de direction de tir n'est pas accessible. Les quatre bunkers qui abritaient les canons se trouvent le long du sentier côtier, dans le camping. Il est possible de rentrer par les ouvertures de tir.
Les marines de guerre n'emploient plus que les plus forts calibres, et la marine à vapeur portera ces redoutables moyens de destruction sur beaucoup de points où la marine à voiles ne pouvait se montrer. Il convient que la défense des côtes puisse opposer des calibres d'une puissance qui ne soit pas inférieure à celle de l'attaque. Toutes les batteries stables tirant à la mer seront donc armées en obusiers de 22c, en canons de 30 ou de 36 et en mortiers de 32c, et il n'y aura pour chaque calibre sur les côtes qu'un seul modèle de bouche à feu.
L'armement minimum des batteries de côte est fixé, en général, à quatre pièces ; la limite maximum, quoique indéterminée, dépassera rarement douze pièces. Des batteries de moins de quatre pièces en rendraient pas des services proportionnés à leur dépense d'établissement.
On associera dans la même batterie et en nombre égal, autant que possible, les canons de 30 et les obusiers de 22c. Les mortiers de 32c étant un armement particulier et accidentel, la proportion est indéterminée.
Le rôle de ces trois pièces dans une batterie de côte peut être, en général, réglé ainsi qu'il suit : Tirer : 1° le canon de 30 à boulet, aux grandes distances ; 2° aux distances moyennes, l'obus de 22c, puis l'obus de 30 : 3e aux petites distances, la mitraille de l'un et de l'autre ; 4e enfin la bombe de 32 c principalement aux grandes distances, contre les vaisseaux stationnant dans un mouillage.
Quant au tracé et au mode de construction d'une batterie de côte, voici les conditions principales auxquelles elle doit satisfaire : Établir, si l'on peut, le terre-plein sur le sol naturel ; c'est la disposition la plus favorable à la solidité, à la durée et à l'économie.
Construire des batteries à barbettes, excepté dans les cas bien rares où le champ de l'embrasure embrasserait toute la zone d'activité des pièces. On doit cherche à compenser le désavantage de leur immobilité de position par la mobilité et l'étendue de leur tir. Dans certains cas, comme dans les rades dont le littoral est bas, protéger les canonniers par des demi-casemates ; Espacer, autant que possible, les pièces de 7 mètres d'axe en axe, pour pouvoir tirer plus obliquement à l'épaulement, pour diviser davantage les feux de l'ennemi et pour la facilité de la manœuvre d'un matériel lourd.
A moins d'urgence, comme il arrive souvent sur les môles, digues, musoirs, forts à la mer, tours élevées, etc., proscrire les batteries dont les parapets seraient entièrement en maçonnerie ou sur des rochers. Un seul boulet qui frappe un parapet en pierre ou le roc, peut faire autant de mal aux défenseurs que plusieurs projectiles lancés à la fois. Recouvrir d'une couche suffisante de sable les quartiers de roches, les galets qui seraient trop à proximité des canonniers.
| Type de batterie | Calibre des canons | Objectif | Emplacement |
|---|---|---|---|
| Bombardement | 27, 24, 19 cm (fonte) ou 240, 194 mm (acier) | Navires de guerre | Hauteurs |
| Rupture | 27, 32 cm | Cuirasse des navires | Faible altitude |
| Moyen calibre | 100 mm TR, 95 mm | Petits débarquements, bateaux de faible tonnage | Variable |
| Petit calibre | 37 mm, 47 mm, 65 mm | Torpeilleurs | Jetées, passes |
Les batteries côtières étaient des éléments essentiels de la défense côtière pendant la Seconde Guerre mondiale. Elles étaient composées de différents éléments, dont les abris à munitions, qui permettaient de stocker les munitions nécessaires au fonctionnement des canons. La connaissance du fonctionnement de ces batteries est essentielle pour comprendre l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.
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