Le fusil d'assaut le plus connu, le plus utilisé, considéré par les experts comme la meilleure arme individuelle jamais fabriquée, est la Kalachnikov. Créée en 1945 par Mikhail Kalachnikov, inspiré de la STG 44 allemande, la Kalachnikov équipa et équipe encore toutes les forces soviétiques et alliées de l'URSS dont notamment le Vietcong et l'ANV.
Après la Seconde Guerre mondiale, un ingénieur militaire russe, Mikhaïl Kalachnikov, s'est inspiré du Sturmgewehr 44 allemand pour dessiner une nouvelle arme, sur les mêmes principes. Physiquement, les deux fusils se ressemblent beaucoup.
Kalachnikov a repris beaucoup des idées des Allemands : la munition amoindrie, la crosse droite et la poignée pistolet, un canon assez court, le chargeur courbe, la récupération de gaz sur le haut du canon pour réarmer le percuteur (ce système, qui permet de limiter la tendance du fusil à se soulever en tir continu, est la cause de la silhouette particulière des deux armes).
Mécaniquement, le fusil de Kalachnikov était en revanche d'une conception différente, s'inspirant davantage de la culasse rotative du M1 Garand américain. Les autorités soviétiques s'y intéressent très vite et l'adoptèrent tout d'abord pour ses unités d'infanterie motorisée, sous la dénomination AK-47.
Le nouveau fusil se révéla très bon et les modifications commencèrent à pleuvoir, surtout dans le but de faciliter sa production industrielle à faible coût. Plus que toute autre arme, l'AK-47 connue un nombre faramineux de versions différentes.
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Au-delà des caractéristiques économiques de sa diffusion, qui porte plus à considérer la Kalachnikov comme un legs empoisonné de l’URSS stalinienne, l’arme a naturellement des caractéristiques techniques qui ont très largement contribué à son succès. Le fusil d’assaut, dénommé Avtomat Kalashnikova et officiellement mis en service dans l’Armée Rouge en 1947 (d’où AK-47) est une arme simple d’emploi, rustique, facile à démonter et à entretenir. C’est l’arme idéale du fantassin.
Bien que son cran de mire puisse être réglé en hausse pour des tirs jusqu’à 1 000 mètres, la portée pratique maximale est d’environ 400 mètres, pour une cadence de tir théorique de 600 coups par minute, limitée, comme toutes les armes, par les risques d’échauffement et d’usure prématurée du canon (la cadence pratique plus proche des 150 coups par minute). Doté d’une culasse et d’un piston inoxydables, il résiste aux conditions climatiques les plus extrêmes, telles que le gel ou la canicule, ainsi qu’aux utilisations prolongées sans risquer de s’échauffer.
L’AK-47 se décline en plusieurs versions : fusil-mitrailleur lorsqu’il est monté sur un bipied ; mitrailleuse sur un trépied ; utilisé sur des tourelles de chars et divers véhicules blindés, il permet aussi bien le tir au coup par coup que par rafales. Performant à courte distance, il convient moins bien aux tirs de précision et longue distance.
De plus, les 32 cartouches d'un chargeur du fusil d'assaut AK-47 peuvent être lâchées, en trois secondes, en mode rafale. En scotchant deux chargeurs l'un sur l'autre, le tireur peut changer en quelques secondes son chargeur et lâcher 60 balles en une dizaine de secondes avec une portée précise jusqu'à 400 mètres. Facilement transportable dans un sac à dos avec six chargeurs, elle donne au tireur une puissance de feu de près de 200 balles.
Mais le véritable coup de génie de l’AK-47, ce n’est pas tant l’arme que sa munition : la prolifique 7,62 x 39 mm, modèle 1943, dérivée (elle-aussi) de la munition allemande du STG-44, la 7,92 x 33 mm Kurz, diffusée à partir de 1941. Le premier chiffre correspond (en théorie) au calibre, c'est- à-dire au diamètre du projectile, le deuxième à la longueur de l’étui, ce dernier souvent et improprement appelé douille (on ne parle en réalité de douille qu’à partir du calibre 20 mm).
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Comparativement à sa grande rivale plus tardive, la munition 5,56 x 45 mm OTAN, la munition soviétique a une vitesse initiale relativement lente (720 m/s contre 960 m/s pour la munition OTAN) mais un poids d’ogive supérieur. L’énergie cinétique étant une combinaison du poids et de la vitesse, c’est la munition soviétique qui l’emporte avec près de 2000 joules de puissance initiale contre 1700 environ pour la munition OTAN.
De toute évidence la "Kalash" aura été d'une conception géniale, associant efficacité avec simplicité, facilité de production, facilité d'entretien, fiabilité exceptionnelle et solidité. Sa réputation n'est plus à faire : l'arme est connue pour résister aux environnements les plus durs, supportant mieux que toute autre le sable, la poussière, l'eau et la boue. Elle se contente d'un entretien sommaire et ne s'enraye que rarement. Facile à produire, elle ne coûte pas cher, une autre de ses qualités. Tout cela fait que la Kalash est devenue l'arme emblématique des mouvements de résistance et des pays pauvres.
Cette incroyable rusticité, assez typique de la culture technique russe, n'est toutefois pas sans contrepartie en matière de performances. Sur le plan purement militaire, les capacités de l'arme sont assez moyennes. Elle n'est pas très précise - les organes de visée sont d'ailleurs toujours restés très rudimentaires - et la portée pratique est nettement moins bonne que, par exemple, celle du M16.
L'absence de frein de bouche sur la plupart des Kalash, sauf les plus récentes (à partir de l'AK74), a été un choix délibéré. Il n'y a rien de plus facile à mettre en place sur une arme qu'un frein de bouche, qui consiste à percer des lumières dans la partie terminale du canon, afin de diriger sur les côtés une partie des gaz d'éjection. L'avantage est de diminuer le recul, pour un tir en rafale plus précis.
L’ingénieur soviétique, ancien député de la Douma et général de l’Armée rouge parmi les plus décorés de Russie, aurait pourtant exprimé quelques regrets à propos de « l’utilité » de son invention, lors d’une exposition récente sur « son » arme.
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Mais aujourd’hui, au grand dam de son inventeur, l’arme est désormais plus volontiers associée au grand banditisme et aux mouvements terroristes. Une raison évidente à cela : du fait d’une licence libre, d’une relative facilité de fabrication et de stocks gigantesques issus pour partie de l’ex-URSS, l’arme est la plus diffusée au monde : il existe une Kalachnikov pour 70 habitants sur Terre, soit 100 à 110 millions d’exemplaires environ.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Calibre | 7,62 x 39 mm |
| Portée pratique | Environ 400 mètres |
| Cadence de tir théorique | 600 coups par minute |
| Capacité du chargeur | 30 cartouches (standard) |
| Vitesse initiale de la balle | 720 m/s |
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