Le XXe siècle a été le témoin d'une évolution considérable dans la conception et la production des armes de poing. Parmi celles-ci, le pistolet allemand occupe une place particulière, tant par son ingénierie que par son rôle dans les événements historiques.
Dès le XIXe siècle, de nombreux inventeurs se sont penchés sur le problème des armes de poing à répétition automatique. Certains systèmes étaient franchement farfelus, d'autres ont fait leurs preuves. Parmi ceux-ci, Mauser s'est imposé dès 1896 comme un fabricant d'avant-garde en introduisant un pistolet semi-automatique puissant et particulièrement performant.
Le Mauser 1896 est le premier semi-automatique de forte puissance à avoir connu un véritable succès commercial, produit pendant plus de quarante ans. Mauser a également fabriqué d'autres pistolets, tels que les modèles 1910, 1914, 1934, W.T.P. et H.S.C., qui n'ont rien à envier aux modèles de la concurrence. La firme d'Oberndorf a également produit le P 08 et le P 38, et a même repris la production d'un nouveau Parabellum de 1971 à 1995.
Le Luger P08 est sans doute l'un des pistolets allemands les plus emblématiques de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Le Luger standard de l'armée allemande sera adopté sous la désignation P08 correspondant au modèle de 1908 calibré en 9mm Parabellum avec un canon de 10,2 cm qui sera simplifié en 1914 devenant ainsi le P08/14. Le modèle produit pour la marine de 1904 à 1918 possède un canon de 15,2cm et 20,3 pour les artilleries.
Pour les modèles commerciaux la longueur des canon varie entre 9,8 et 35cm pour la version carabine avec une crosse détachable. Voici les fabricants du Luger P08 :
Lire aussi: Le MP40 allemand
Le soldat allemand et son P08 : Cette arme à participa aux deux grandes guerres. Au cours de la WWII, les alliés se les arrachaient pour en avoir une. Surtout les américains qui en rapportèrent un bon nombre. En fin de guerre les allemands de l'Est ont dénazifiés des P08 pour s'en servir. Le pistolet Parabellum ou modèle 1908 (P08), populairement connu sous le nom de Luger, est un pistolet semi-automatique entraîné par recul, qui a survécu aux restrictions du Traité de Versailles.
Le Luger de Marine 1904, ou P04, est un Graal avidement recherché par les collectionneurs de Luger du monde entier. Bien que d'autres Luger soient plus rares et plus chers, le Marine 1904 conserve un statut mythique en tant qu'arme de guerre associée à des actions héroïques de l'histoire militaire allemande.
Malgré son pedigree, la Marine allemande a longtemps hésité avant d'adopter le P04. Le modèle est mentionné comme arme adoptée dans un simple courrier de mai 1905, et non en 1904 comme son nom pourrait le suggérer.
La première commande, passée en décembre 1904, concernait 8 000 armes à livrer au printemps 1906. Des retards ont conduit la Marine à demander une livraison dès mars 1906 pour des raisons budgétaires. DWM n'a livré que la moitié de la commande à cette date, soit environ 4 000 armes, le reste étant livré début 1907.
Au total, environ 31 000 à 32 000 Luger de Marine P04 ont été produits. En ajoutant les achats privés par des officiers et quelques exemplaires utilisés par le Régiment de Pionniers de Réserve de la Garde, le nombre total pourrait atteindre 34 000.
Lire aussi: Pistolets utilisés en 1914-1918
Le C96, calibre 7,63 mauser, il y en a eu en 9 mm parabellum appelé "red nine" il y figurait sur la poignée de graver dans le bois un énorme 9 rouge, pas franchement discret mais ça évitait de mettre les mauvaises munitions.(Comme celui de la photo ci-dessous). Malheureusement, il n’a pas eu le succès escompté au niveau militaire et même du coté civil. Le Mauser C96 a été boudé principalement à cause de son poids, de son manque d’équilibre et d’un manque relatif de fiabilité au cours des essais organisés alors. Autre grief majeur, le coût de revient. L’arme est entièrement usinée et finie à la main. La moindre erreur se solde par la mise au rebut du bloc.
Conçu en 1890, le Mauser fut spécialement imaginé pour répondre aux besoins des cavaliers. Il reçu rapidement un bon accueil; Winston Churchill en fit même son pistolet personnel. Le C/96 fut tout d’abord produit en 1896 et devint immédiatement très apprécié. Sa principale attraction résidait dans son chargement automatique; mais nombre de clients furent tout simplement séduits par des critères purement esthétiques. Le seul fait de le porter semblait conférer à son propriétaire une importance certaine.
Un Uhlan allemand armé d’un Mauser C/96 modifié pour tirer des cartouches standards de 9 mm Parabellum au lieu des munitions de 7,63 mm. La cartouche de 7.63 mm à grande vitesse initiale tiré par le C/96 infligeait de sérieuses blessures à des portées nettement supérieures à celles des autres armes de poing de l’époque. La firme Mauser prit avantage de ce fait en commercialisant des modèles comportant des hausses graduées jusqu’à 1000 mètres, ce qui présumait grandement des qualités du tireur. Les pistolets reçurent aussi des étuis en bois qui pouvaient servir de crosse pour améliorer la précision du tir. La majorité des Mauser C/96 de l’armée allemande pouvait recevoir l’étui en bois servant aussi de crosse.
Le magasin, partie intégrante de l’arme, se rechargeait par le dessus avec un chargeur de dix cartouches.
Le Bergmann MP18/1 fut le premier pistolet mitrailleur allemand utilisé en grande quantité, en 1918, durant la fin de la Première Guerre mondiale. La Première Guerre mondiale, entrée à l'automne 1914 dans une phase statique, a vu les lignes de défense se figer. Les assauts, brefs et violents, se concentraient sur des zones de tranchées adverses réduites. Les barrages d'artillerie étant suspendus au moment des attaques, et les mitrailleuses trop lourdes à emporter pour suivre les troupes en mouvement afin de les couvrir, la nécessité d'une nouvelle arme à haute capacité de feu s'est très vite fait sentir. Le premier véritable pistolet mitrailleur est le Maschinenpistole (MP) 18 fabriqué sous la direction de son inventeur Theodor Bergmann, également fabriquant de voitures.
Lire aussi: Le Luger P08 : Un Classique Allemand
La nécessité d'une arme à haute capacité de feu s'est imposée, autour d'une munition d'arme de poing qui s'est rapidement imposée face aux puissants et encombrants fusils ou mitrailleuses, mais encore au regard des pistolets ou revolvers faibles en capacité (munitions) -, pour le nettoyage de tranchée, mais aussi, lors d'autres combats rapprochés (maisons, rues...).
L'arme se présente sous la forme d'une petite carabine, avec une crosse en bois à poignée semi-pistolet et un fût court. La carcasse est cylindrique et contient une culasse mobile non calée mise sous pression par un ressort hélicoïdal non guidé, avec un levier d'armement en forme de croc, placé longitudinalement sur le côté droit de l'arme. Afin de transporter la mitraillette en position de sécurité, il est possible d'engager le levier d'armement dans l'encoche prévue à cet effet, en haut et en retrait ; en butée de mortaise de glissière. Un sélecteur de tir est situé à hauteur du pontet. Poussé vers la gauche, ce sélecteur (poussoir transversal) permet le tir en rafales, dirigé sur la droite, il autorise le tir au coup par coup. Le canon est entouré d'un gainage isolant (manchon) perforé. L'alimentation en munition s'effectue au moyen d'un chargeur droit ou de type "escargot" placé horizontalement sur le côté gauche de l'arme. Les organes de visée sont formés d'un guidon non protégé par un tunnel et d'un cran de mire situé dans une hausse tangentielle à curseur, réglable de 100 à 1.000 mètres.
La précision de cette arme individuelle demeure valable à environ 100 mètres, avec possibilité de réaliser des tirs de saturation à 200 mètres (portée max. du projectile de 9 mm para : +/- 1.700 m).
Le MP18, surnommé "Grabenfeger", -littéralement "nettoyeur de tranchées"-, fut, pour cette raison, interdit de production par l'Allemagne, lors du Traité de Versailles (1919). La Suisse en assurera la fabrication à partir de 1920 (SIG Bergmann).
L'Armée Allemande n'aurait jamais pu imaginer que les pistolets lance-fusées ( de son nom original Leutch-Pistol ) seraient utilisés à grande échelle et ce durant les 4 années de guerre dans laquelle elle est engagée. En effet à l'époque, très peu de moyens sont mis à disposition des troupes; les ondes hertziennes sont très peu utilisées et ce sont des kilomètres de câbles téléphoniques qui doivent être déroulés pour permettre la transmission de messages divers et variés.
Pour mieux organiser notre réflexion, nous traiterons dans un premier temps des principaux pistolets lance-fusées utilisés par l'Armée Impériale, puis dans une deuxième partie des fusils transformés en arme de signalisation pour enfin envisager, dans une troisième et dernière partie, les cartouches employées ainsi que leur conditionnement.
Ce pistolet dénommé Hebel par les collectionneurs du monde entier est une arme de conception moderne et de fabrication soignée. C'est l'un des rares pistolets pour lequel nous pouvons déterminer avec une certaine précision l'année d'adoption, 1894, et ce grâce à un manuel d'instruction allemand datant du 30 avril de cette même année. En avance sur son temps, il sera dans un premier temps distribué aux pionniers, puis très vite étendu à l'infanterie.
Le pistolet Hebel, très robuste, est réalisé en acier usiné. Toutes ses pièces finies à la main sont bronzées en noir, sauf le chien et la détente qui sont polis en blanc glacé et les vis qui sont jaunies ou bleuies à la flamme. Ce pistolet signaleur ayant été construit par une multitude de fabricants, presque tous ceux que l'on rencontre sont différents sur de légers détails comme, par exemple, la réalisation des poignées en bois qui peuvent être en noyer, voir plus rarement en hêtre. Ils présentent cependant tous et à peu de choses près les mêmes dimensions, 227 à 234mm de longueur de canon pour une longueur totale comprise entre 355 et 360mm environ, et arborent un poids important de près de 1,5kg.
Cette arme dispose d'un double verrouillage de son canon; canon qui d'ailleurs est très bien usiné puisque celui-ci ne prend aucun jeu malgré une utilisation intensive comme le prouvent les armes découvertes, et ce quel que soit leur état. L'ouverture est commandée par un levier placé devant le pontet tandis que le système à bascule, dit "à brisure", est muni d'un extracteur automatique. Cet ingénieux procédé sera d'ailleurs repris sur la plupart des pistolets lance fusées adoptés par les allemands avant la Seconde Guerre Mondiale.
La carcasse du pistolet lance-fusées Hebel comporte, sur le côté gauche, une plaque de recouvrement maintenue par 3 vis qui permet d'accéder à une platine dont la qualité n'a rien à envier à notre revolver réglementaire modèle 1873. On retrouve une multitude de marquages estampillés à différents endroits du pistolet lance-fusées Hebel. Ainsi au niveau de la bascule, sur le côté gauche de la carcasse, figurent le numéro de série de l'arme et le sigle du fabricant, voire ses initiales. On en comptabilise une bonne dizaine dont certains ont pu être identifiés avec certitude. La plupart d'entre eux sont situés dans le Land de Thuringue, région du centre de l'Allemagne.
Le côté droit de la carcasse du pistolet signaleur Hebel et le plan latéral de ce même côté du canon disposent quant à eux de poinçons relatifs aux bancs d'épreuve et émis sous forme de lettres couronnées ( A, B, S ou U ) mais également du fameux aigle impérial. Il arrive également parfois de rencontrer la désignation du calibre ( 26.65mm ) sous forme de cercle renfermant le chiffre 4 ainsi que la date de production de l'arme.
Par ailleurs, il est possible de trouver, comme sur la plupart des pièces d'équipement de cette armée, des marquages régimentaires sur la partie avant ou arrière de l'armature de la poignée mais également sur le côté gauche de la carcasse.
Ce type de lance-fusées était dénommé Pistole für senkrechten Leuchtschuss et était livré aux unités dans une caisse spécifique contenant également :
Des cartouches de signalisation bien particulières qui s'illuminent en phase ascendante, et non en phase courbe lors de la retombée comme avec les fusées ordinaires, devaient être utilisées avec ce type d'arme. Ces dernières étaient conditionnées dans la caisse en plus des accessoires précités comme suit :
A savoir qu'il pouvait être fait usage d'un modèle Hebel ordinaire dont on aurait ôté les plaquettes afin de pouvoir être fixé convenablement.
En outre, il est important de rappeler que le pistolet lance-fusée Hebel sera adopté par le principal allié de l'Allemagne. Ainsi, l'Autriche-Hongrie produira un pistolet signaleur identique au modèle allemand si ce ne sont ses marquages et poinçons qui le trahiront ou encore l'absence de contre-vis au niveau de l'axe de bascule. Un décrochement plutôt droit de l'épaisseur de la carcasse, au centre de la plaque de recouvrement, et non pas courbe est également à constater.
Pour finir, il ne faut pas oublier que le pistolet signaleur Hebel sera produit après-guerre avec un canon court et employé ainsi par l'Allemagne durant le second conflit mondial. Bien que certains exemplaires à canon long soient utilisés tel quel après-guerre, de nombreux exemplaires se verront modifier et donc raccourcis! De ce fait, on peut retrouver des modèles estampillés de marquages qui permettent d'affirmer un emploi sous la république de Weimar ainsi que sous le III Reich.
Ce pistolet lance-fusée de fabrication rustique a été produit à Lièges durant l'occupation allemande de la Belgique ( Août 1914 / Novembre 1918 ) même si aucune date, même approximative, n'est avancée ! Il est entièrement réalisé en acier et arbore un bronzage noir, voir plus couramment une peinture Feldgrau, même si la plupart des exemplaires rencontrés en sont démunis; absence due très certainement aux perpétuels nettoyages auxquels se livrent les gens !
La longueur du canon de ce modèle est de 206mm, pour une longueur totale de 358mm. Cette arme se compose d'un canon prolongé par un boîtier de culasse renfermant un percuteur linéaire. Ce pistolet fonctionne en simple action, le percuteur étant armé manuellement à l'aide d'un bouton-tirette situé à l'arrière. L'ouverture se fait par rotation du canon autour d'un axe situé sur le côté gauche et est commandée par un bouton-poussoir. Le côté droit quant à lui, diamétralement opposé à cet axe, est muni d'un verrou qui fait également fonction d'extracteur.
Le numéro de l'arme est frappé sur le côté gauche du pistolet, à cheval sur les 2 parties rotatives. Les autres marquages se limitent à la lettre D et à une lettre I surmontée d'une couronne qui peuvent s'apparenter à des poinçons de contrôle. La partie supérieure gauche de la poignée en chêne comporte elle aussi une inscription dans un rectangle gravée profondément au feu, "MKD Lille" ( pour Militär Kommandantur Lille ).
A savoir que contrairement aux fabrications précoces, les futures productions disposeront dans un premier temps d'un pontet totalement différent avec armature de poignée aux angles plus ou moins prononcés et anneau de port puis, plus tardivement, d'un changement d'inscription dont l'intitulé sera "Kdtur Lille".
Cette armature de crosse renferme un ressort de rappel que l'on peut définir comme étant "à boudin" puisque ce dernier travaille en extension. La poignée, quant à elle, est composée de plaquettes fixées par deux vis traversantes ( la vis supérieure faisant office d'axe de détente ). La production de ce pistolet lance-fusée doit avoisiner les 30 000 pièces environ puisque le plus grand numéro de série observé est légèrement inférieur.
Druckknopf, c'est le nom donné à ce lance-fusées par le cercle des collectionneurs. Sa longueur est de 343mm pour un canon de 248 et son poids avoisine les 1.125kg. Ce pistolet à canon long entièrement fabriqué en acier est de fabrication simpliste. Son système d'ouverture est d'ailleurs différent de ce que l'on a pu voir jusqu'à présent. En effet, le canon muni d'un extracteur automatique comporte un simple verrou dont l'ouverture est commandée par un bouton-poussoir situé sur le côté gauche de la carcasse ( système repris sur le célèbre LP 42 utilisé durant le second conflit mondial ).
La détente du pistolet lance-fusée Druckknopf est démunie de pontet, c'est ce que l'on appelle un type de détente "à éperon" ou encore détente " américaine " ou "mexicaine". Par ailleurs, contrairement au Hebel, le percuteur de cette arme ne se trouve pas sur le chien mais sur la carcasse qui ne dispose pas de plaque de recouvrement de platine. Le mécanisme est comme à chaque fois à simple action.
La poignée, de forme arrondie, possède un anneau facilitant le port et ses plaquettes réalisées en noyer sont fixées par une seule et unique vis. Les poinçons du banc d'épreuve, situés sur le côté droit du canon et de la carcasse, sont les mêmes que ceux apposés sur le Hebel. Les initiales du fabricant et le numéro de série se trouvent quant à eux sur le côté gauche de l'arme.
La seule et unique firme de production pour ce type de pistolet lance-fusée a pour initiale J.K. A savoir que des variantes existent chez un même fabricant, très certainement dues à la période de production. Ainsi, entre Novembre 1915 et Février 1916, une modification a été apportée au niveau du système de fermeture du canon, très facilement repérable grâce à une entaille une fois celui-ci basculé.
Il est, je pense, nécessaire de signaler que ce pistolet signaleur aurait été produit avec un canon court même si je n'ai pu en voir moi-même.
tags: #9mm #pistolet #allemand #première #guerre #mondiale