À la fin du XIXe siècle, l'industrie armurière a connu une croissance importante, marquée par des avancées techniques rapides et un développement considérable du concept de semi-automaticité. Dans ce contexte d'innovation, la firme Webley & Scott, déjà réputée pour ses revolvers de qualité, s'est lancée dans la conception de pistolets automatiques.
En 1901, Webley & Scott tenta l’aventure avec le revolver automatique Webley-Fosbery. Bien qu'il représente un exploit technique, les ventes n'atteignirent pas les attentes escomptées. La force de ce revolver résidait dans sa capacité à combiner les qualités d'une arme éprouvée avec un système de réarmement semi-automatique. Le lieutenant-colonel George V. Fosbery (1832 - 1907) conçut un mécanisme complexe mais fiable, où l’ensemble canon / barillet était mobile sur la carcasse, exploitant ainsi cette translation mécanique pour assurer le réarmement du chien et la rotation du barillet.
La première apparition publique du revolver semi-automatique Fosbery eut lieu en 1900 lors d’une compétition sur le célèbre pas de tir britannique de Bisley. Après quelques perfectionnements, l’arme rencontra un certain succès auprès des compétiteurs, offrant une rapidité de tir accrue et une réelle fiabilité de fonctionnement.
Malgré la puissance de feu offerte, la fragilité du système et surtout son intolérance à tout corps étranger (poussière, sable, boue) ont invalidé tout usage opérationnel. De même, on peut s’interroger, d’un point de vue militaire, du réel apport d’un révolver « semi-automatique » par rapport à classique révolver double-action, moins coûteux, plus rustique et, finalement beaucoup plus fiable. Ainsi le Webley-Fosbery ne sera jamais adopté militairement.
Le réarmement semi-automatique de ce révolver repose sur l’exploitation directe du recul du canon lors des tirs. La partie mobile coulisse dans la glissière de la partie fixe, maintenue en tension par un ressort récupérateur logé dans la partie inférieure de la poignée. Lors du tir, la partie mobile est entraînée par le recul vers l’arrière de la partie fixe avant d’être renvoyée vers l’avant par le ressort récupérateur. Ce système de rotation du barillet est très inspiré du révolver Mauser Zig-zag. Précisons cependant que contrairement à ce dernier, le barillet effectue sa rotation en deux temps.
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Le chargement de l’arme est identique aux autres armes à brisure du système Webley. Le verrou d’ouverture possède une pédale latérale sur le flanc gauche. Une fois comprimée, elle libère la partie supérieure de la carcasse et permet de basculer l’ensemble canon / barillet vers l’avant. L’éjection des douilles est assurée par un extracteur collectif en étoile. Après approvisionnement, comme sur toute arme simple action, la mise en œuvre de l’arme passe donc par l’armement préalable du chien. Ce revolver est donc de par son mode de fonctionnement, totalement original. Pour parfaire le tout, il possède une sûreté manuelle présente sur la gauche de la carcasse. Sous la forme d’un levier, elle permet de transporter l’arme en position armée.
C’est la firme Webley & Scott de Birmingham qui va assurer la production de cette arme, estimée à moins de 5 000 pièces, de 1901 à 1924. Précisions que nos recherches nous conduisent à penser qu’il n’y a pas de consensus autour de cette nomenclature. Dans la veine de beaucoup de productions « confidentielles », chaque modèle comporte des variations de production (usinage de pièce, dessin et matière des plaquettes, différence de côte). Sur le modèle 1901, la procédure de dépose du barillet est héritée des autres révolvers Webley. Ce démontage repose sur la mise en œuvre d’un levier présent sur le côté gauche de l’arme qui permet de désengager une clavette d’une gorge usinée sur l’axe du barillet. À la différence des autres révolvers de la marque, ce levier n’est pas sécurisé par une vis. Et pour cause, les spécificités mécaniques du révolver « semi-automatique » requièrent un démontage et un entretien plus fréquent de cette partie de l’arme.
Avec l’apparition du modèle 1902, le démontage du barillet se voit encore facilité : il suffit de faire pression sur le bouton-poussoir positionné sur la carcasse au-dessus du barillet. Ce poussoir, qui permet aussi de maintenir le barillet indexé à l’ouverture par le biais d’un pion venant se loger dans une des rainures du barillet, vient prendre la place d’un pion qui réalisait cette dernière fonction. En effet, cette indexation est essentielle à la remise en service de l’arme : il n’est pas possible de fermer le révolver si le barillet n’est pas en face de la came de la partie fixe. Le barillet est par conséquent lui aussi modifié : il reçoit un usinage supplémentaire sur la partie avant qui permet de loger l’arrêtoir de barillet.
Outre les différentes modifications « cosmétiques » du barillet (cannelure sur les productions précoces, dessins du chemin de came visible sur ce site !) et celle énoncée précédemment lié au démontage, le 1903 sera doté, vraisemblablement à partir de 1912, d’un barillet plus court. Cette modification paraît être liée à la généralisation de la munition de .455 Webley Mk.II. En effet, le Webley-Fosbery fût originellement conçu autour de la munition de .455 Webley Mk.I chargée à la « Cordite » . Si la munition Mk.I était initialement chargée à la poudre noire, elle fût chargée dès 1894 avec la toute nouvelle poudre sans fumée britannique : la « Cordite ». Cette munition Mk.I Cordite se différenciait de sa devancière « poudre-noire » par la présence sur l’étui d’une cannelure de sertissage du projectile et par la lettre « C » sur le culot. En 1897, tirant parti des performances de la Cordite, la munition de .455 Webley voit son étui être raccourci et devint ainsi la « Mk.II ».
Différentes longueurs de canons ont également été proposées : 4, 6 et même 7,5 pouces pour le modèle « Target ». Les dernières modifications dateraient de 1914 la Première Guerre mondiale ayant sans doute mis fin au perfectionnement de l’arme.
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La décision fut alors prise de concevoir un pistolet automatique afin de rester dans la course. En 1908, la firme acquit les brevets de William Whiting, ingénieur chez Webley, et s’associa à la société américaine Harrington & Richardson pour partager la production et les coûts à une échelle industrielle. Trois versions furent ainsi produites :
En 1910, la firme Webley & Scott présenta donc deux pistolets : l’un en calibre 7.65 court avec une culasse non calée, de taille moyenne pour les pistolets de cette catégorie en 32 ACP, et l’autre en calibre .455 avec une culasse calée par court recul de canon. Au niveau du tonnerre, celle-ci descend comme un bloc tombant de quelques millimètres, libérant ainsi la culasse. Ce modèle présente une schématique similaire à celle du Browning Colt 1911, mais avec une approche différente.
Webley avait tiré les enseignements de l’échec du pistolet Halifax Mars et avait pris en compte toutes les critiques formulées à son encontre. Ainsi, le Webley .455 est plus imposant que la version .32, mais bien moins que le Halifax Mars.
Le Webley Self Loading Pistol en calibre .32 ACP fut officiellement adopté en 1911 par la police londonienne, tandis que le modèle en .455 fut adopté en 1912 par la Royal Navy, la Royal Horse Artillery et le Royal Flying Corps après des essais concluants. Ces armes furent largement utilisées durant la Première Guerre mondiale, notamment par les pilotes anglais lors des duels aériens.
Entre les deux guerres, l’Angleterre estima que le calibre .455, que ce soit dans les revolvers ou les pistolets, entraînait la conception d’armes trop imposantes. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, les pistolets Webley restèrent à l’arrière du front afin de ne pas surcharger la chaîne logistique, bien que certains officiers en portaient de manière officieuse.
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Rarissime pistolet semi automatique inventé par Hugh Gabett - Fairfax, perfectionné avec l'aide de William John Whiting, développé entre 1895 et 1905 dans le but d'intéresser l'Etat major de sa Majesté et de remplacer les revolvers de l'armée britannique. de Birmingham jusqu'en 1907. La cartouche est extraite du chargeur par un auget vers l'arrière pour remonter et s'aligner devant la chambre du canon puis guidée par un obturateur (tête de culasse) rotatif à trois tenons, le système est organisé comme une pièce d'artillerie avec un long recul du canon qui se déverrouille à l'aide de la rotation hélicoïdale ce cet obturateur. Plusieurs munitions ont été réalisées, 8.5x26, 9x26, 10mm Mars, 28BSA, 34BSA, 39BSA, 360 Mars, 450 Mars (3 longueurs de calibre 45) et 472 Mars, ces derniers avit une puissance phénoménale. Ce sont toutes des cartouches à goulot d'étranglement avec une grande charge de poudre, faisant de la version .45 l'arme de poing la plus puissante du monde pendant un certain temps.
L'arme présentée porte le numéro 12 du deuxième type, second modèle dit perfectionné avec cran de sûreté sur le chargeur qui une fois abaisser bloque le mécanisme (contrairement à la pédale de sureté du premier modèle), elle chambre la munition de 8.5x26, dans sa finition bronzée d'origine avec des finx points d'oxydation disséminés, le mécanisme est complet et fonctionnel avec toutes pièces d'origine, rayures du canon d'aspect brillantes satinées sans aucune trace d'oxydation. Plaquettes noyer quadrillées. Longueur totale 32cm, produites à 56 exemplaires en 1901 sous la direction de Gabett - Fairfax, quelques autres produits ensuite par des armuriers indépendant pour une production totale d'environ 80 exemplaires.
Le pistolet Mars a été rejeté par le War office britannique comme remplaçant possible au revolver webley déjà en service en raison du recul inacceptable, de l'éclair considérable et de sa complexité mécanique. Le capitaine responsable des essais du Mars à l'Ecole de tir de la marine en 1902 a observé que "Personne qui a tiré une fois avec le pistolet n'a voulu le tirer à nouveau". Il est devenu depuis un objet de collection en raison de sa rareté et comme exemple des premiers développements de pistolets semi automatiques.
| Modèle | Calibre | Adoption | Utilisation |
|---|---|---|---|
| Webley Self Loading Pistol | .32 ACP (7.65 court) | Police londonienne (1911) | Forces de l'ordre |
| Webley Self Loading Pistol | .455 | Royal Navy, Royal Horse Artillery, Royal Flying Corps (1912) | Première Guerre mondiale (pilotes) |
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