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Fermez les yeux. Écoutez votre respiration. Inspirez, expirez. Encore une fois. Encore. C’est lors de la Journée d’Étude au Fresnoy « Peut-on évaluer le sensible ? Réflexivité et enjeux de la médiation en art contemporain » du 9 novembre 2018 que l’artiste Léonore Mercier nous proposait, armés seulement d’un micro en solo, d’arpenter pendant une durée de 5 minutes l’exposition d’art contemporain Panorama 20 réalisée par les étudiants plasticiens du Studio National des Arts contemporains au Fresnoy.

Le but de cet atelier ? « La parole, nous explique Léonore, la parole porte en elle les émotions, la passation, une force bien plus prégnante que tout autre médium. » À mesure que les mots s’écoulent de sa bouche, je l’écoute, de la même manière qu’elle souhaite nous écouter à travers cet atelier.

C’est comme cela qu’elle nous raconte le puits d’émotions que recélait la voix de son grand-père aujourd’hui disparu, et dont elle écoute encore les enregistrements. Bien plus fort que n’importe quelle photographie, la parole est un témoignage.

« Le but est que vous puissiez vous exprimer aussi librement que vous le souhaitez ; vous pouvez dire ce que vous voulez, ou ne rien dire. Se parler à soi-même en visitant une exposition nous rend bien plus conscient de ce que l’on regarde, et pourquoi on le regarde.

À ces mots, je plonge micro à la main dans le bain expographique, je n’oublie pas de mettre en route l’enregistrement. C’est parti pour 5 minutes. Je tends l’oreille… l’entendez-vous ? Cette respiration mal assurée, cette impression étrange que l’appareil entre vos mains est capable d’enregistrer vos pensées les plus confuses sans que vous n’ouvriez la bouche.

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Et pourtant, les mots s’écoulent, impitoyables, sans que la logique ne puisse prendre forme ni avoir d’accroche. Garder le silence, se sentir ridiculement vrai. Ressentir nos réactions face à l’inconnu, un inconnu qui fascine, dans lequel on se plonge, pour chacun en retirer un peu de soi. Et parler, parler.

De tout, de ce que l’œuvre vous fait ressentir, ou pas. De ce que votre esprit vous fait dire, ou pas. C’est une méditation, un regard sur nous-même à travers l’œuvre. Un intérêt retrouvé et soudain aiguisé pour ce que l’on regarde. Une intériorité qui s’exprime. L’art méditation contemporaine, où l’art de nous faire poser un œil nouveau sur ce qui nous semblait acquis ; à l’image d’une Empreinte Vagabonde.

À travers ces extraits, nous touchons à une multiplicité de sentiments et c’est finalement par cet atelier sonore qu’un lien se tisse entre les visiteurs, sorte d’accord tacite. « La parole intérieure démange » disait Victor Hugo. L’exprimer ne serait-elle alors pas un moyen de s’approprier l’espace d’exposition autrement ? Découvrir les œuvres sous l’angle du monologue ?

Mark Rothko à la Fondation Louis Vuitton : Une exploration du sensible et des couleurs

Vaporeuses et colorées, les œuvres de l’artiste américain Mark Rothko éblouissent les espaces de la Fondation Louis Vuitton à Paris jusqu’en avril 2024. Suite à la première rétrospective dédiée à Mark Rothko (1903-1970) en France au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1999, par Suzanne Pagé (directrice actuelle de la Fondation Louis Vuitton), la Fondation réalise un exploit, 24 ans plus tard.

Exceptionnel, par le fait que les musées publics français ne conservent que peu d’œuvres de l’artiste américain, trois œuvres : deux toiles conservées au Musée national d’art moderne - Centre Pompidou et un dessin au Musée Cantini de la ville de Marseille. Dans les deux cas, ce sont ses œuvres tardives qui sont collectionnées. Le seul et unique « self-portrait » ou autoportrait de l’artiste inaugure la première section dévouée à la ville urbaine de New-York.

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D’origine russe (aujourd’hui la Lettonie), Marcus Rotkovitch vient d’une famille juive et religieuse. Une décennie plus tard, il vit sa passion pour l’art suite à des cours à l’Art Students League de New York. Dans les années 30-40, il abandonne la figuration, car selon lui, il mutile la figure humaine. Mark Rothko, No.

Ses premières expérimentations, denses et organiques présentent des toiles aux formes diverses, verticales et horizontales, telle une palette de peintre allongée sur une toile tendue. Les touches colorées deviennent de plus en plus grandes, verticales et ne représentent que 3-4 couleurs maximum, soit sombres, soit claires, aucun mélange ni contraste fort dans ses peintures.

Mais aussi les « Black and Gray », une série créée entre 1969 et 1970, où sa peinture devient fragmentée en deux espaces monochromes, gris d’un côté, et noir de l’autre. Dans son cheminement, il décide de changer de technique, et de taille pour des raisons de santé, mais aussi pour que son œuvre soit moins fragile pour les présenter au siège de l’Unesco à Paris, où elle devait entrer en dialogue avec un certain nombre de sculptures d’Alberto Giacometti, artiste dont il se sentait proche.

Toutes ces interventions artistiques sont actuellement montrées au public, sans que le fil directeur ne soit le mécénat de ses œuvres. Tout au long de cette exposition, où le sensible et les couleurs percent nos regards, trois moments clés ont été matérialisés, trois changements dus à des personnes, des mécènes, privés ou publics, pour créer une « œuvre totale », à la vue, ou non de tous.

Le rôle du mécénat artistique : comparaison entre les États-Unis et la France

En explorant l’univers captivant de Mark Rothko à travers l’exposition à la Fondation Louis Vuitton, nous découvrons un artiste américain peu connu en Europe malgré son impact majeur sur l’art du XXe siècle. Dans son cas, Rothko fut contacté fin mars 1969 par Franz Meyer, rapporteur du Comité artistique de l’Unesco.

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Dans le cadre des États-Unis, les mécénats artistiques sont plus fréquents. D’un côté dû à la politique culturelle du pays qui comprend un budget de fonctionnement de 125 millions de dollars en 2005[1], soit moins de la moitié du budget culturel de la Ville de Paris. Outre ce financement, les donations d’associations ou de fondation sont déduites à 100% du revenu imposable, avec un plafonnement des déductions à 50 % du revenu brut global.

De notre côté de l’Atlantique, le mécénat artistique des fonds publics se fait sous la forme du «1% artistique ». Dans le cas des œuvres créées par ce dispositif en France, le dispositif date des années d’entre-deux-guerres, quand Jean Zay (ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts) imagine un processus administratif pour décorer les constructions publiques.

A travers les 12 000 commandes effectuées tout au long des décennies, le public français a pu se familiariser à l’art, et à la présence physique de l’œuvre dans le bâtiment permettant de toucher plusieurs générations. Le public peut être désormais invité à créer l’œuvre avec l’artiste. Ce fut le cas entre la plasticienne et photographe Florence Lazar, lorsqu’elle a élaboré un travail de transmission et de mémoire de l’histoire de la décolonisation avec des élèves du collège parisien Aimé-Césaire.

Pour ce faire, elle les a emmenés dans les coulisses du musée du quai Branly, des Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, de la Bibliothèque nationale de France, de la Bibliothèque de documentation internationale et contemporaine et de la maison d’éditions Présence Africaine, où ils ont pu manipuler des documents d’archives originaux. Ainsi, le projet de l’œuvre rentre dans le dispositif de création de l’œuvre et du choix de monstration.

Dans le cas du 1% artistique, les architectes jouent un rôle majeur puisqu’ils proposaient eux-mêmes le choix de l’artiste, dont le projet était ensuite validé par une commission régionale ou nationale. Ce qui suppose des attendus : la définition claire du concept de l’œuvre du lieu de sa présentation, le nombre d’artistes et de collaborateurs de l’œuvre, la nature de l’œuvre, le montant de l’indemnité versée aux candidats dont le projet n’aura pas été retenu, etc. Puis, la réalisation de l’œuvre suite à la notification d’un marché, puis un dialogue entre le commanditaire et le ou les artistes retenus.

Les défis d'une commande artistique : L'exemple de Mark Rothko et l'UNESCO

Il transmet alors une invitation à l’artiste pour la réalisation d’une commande destinée à un nouveau bâtiment, alors en construction à Paris, discutée comme ceci : « une grande peinture murale d’environ 30 mètres carrés pour le mur Est de la cafétéria. L’œuvre doit être visible de trois niveaux, y compris du grand hall d’entrée.

Lors de la discussion avec le comité et avec son ami Robert Motherwell, Mark Rothko apprend que l’UNESCO souhaitait acquérir une sculpture de Giacometti pour l’une des salles. En joie, l’artiste discuta avec son ami de sa nouvelle approche picturale dans une nouvelle série de toiles, inspirée par les sculptures de l’artiste Suisse.

Or, en absence de plans architecturaux de l’espace dessiné par Bernard Zehrfuss, et suite à la prise de position des architectes sur le positionnement des œuvres dans l’espace, Rothko décide le 3 juillet 1969 de ne pas exécuter la commande due à son état de santé.

En examinant le rôle des commandes artistiques, nous pénétrons dans un monde complexe où les besoins et les aspirations artistiques rencontrent les choix des commanditaires.

David LaChapelle : Une rétrospective engagée au BAM de Mons

Naomi Campbell, la famille Kardashian, Britney Spears, Michael Jackson, Cameron Diaz, etc. acteurs, chanteurs, mannequins, bien des people de ce monde sont passés derrière l’objectif de David La Chapelle. Si l’adjectif semble extrapolé, le photographe a pourtant mis en scène les personnes les plus bankable de la culture populaire (comprendre commerciale). Ces stars vues dans les magazines qu’on lit dans les salles d’attente ont une place toute trouvée dans l’album de cet artiste qu’ils « passionnèrent ».

LaChapelle se rend en Italie et est transcendé par la « terrabilità » de Michel Ange. Il prend conscience de ce qui l’entoure et tente d’exprimer le rapport entre l’Homme et la Nature en créant des photographies plus engagées. Selon lui la société de consommation ne peut combler l’humain. L’événement LaChapelle est conçu comme une rétrospective démarrant aux premières années de création de l’artiste jusqu’à aujourd’hui grâce aux 150 œuvres qui constituent l’exposition.

Gianni Mercurio, commissaire et Xavier Roland responsable du pôle muséal de Mons, conçoivent cette rétrospective en fonction de la vie de l’artiste. Le visiteur est accueilli par l’œuvre éponyme qui le plonge dans l’univers kitsch et coloré de David LaChapelle et situe immédiatement la gravité du propos. Le Déluge est une allégorie de la dissolution de la société contemporaine et donc une critique du monde qui nous entoure. Le propos religieux sert à véhiculer un message, celui de la décadence de notre société et sa fin préméditée.

Si les moyens restent les mêmes qu’au début de sa création, l’artiste - photographe a pris un virage plus engagé. Il propose une réelle satire de ce monde de la consommation, dans lequel il a vécu et grâce auquel il a réussi,qu’il présente sous un jour très ironique. Les musées sont abandonnés, détruits ou ravagés par les intempéries, seules les œuvres « anciennes » subsistent en traversant les siècles.

Si les photos semblent « trash » au premier regard, l’œil s’habitue et ne voit plus la nudité. Les corps sont tellement léchés, huilés, savonnés et brillent qu’on en oublie que ce sont des personnes, pour ne retenir que leur aspect plastifié. L’humain perd de sa teneur pour n’être qu’un réceptacle véhiculant des valeurs. La beauté est toujours présente dans ses photographies. Ce n’est pas parce le sujet est esthétique,traité avec attention, richesse et ornementation qu’il perd de son sens selon LaChapelle.

La seconde partie de l’exposition s’éloigne de ses premières préoccupations. Le monde du spectacle ne lui suffit plus, LaChapelle a une approche photographique plus conceptuelle. En 2008, l’artiste provoque de manière délibérée avec la série Jesus is my homeboy . L’art conceptuel a déjà permis d’abaisser beaucoup de barrières mais la religion reste un tabou protégé par les puristes.

Dans une interprétation toute personnelle du christianisme, LaChapelle met en scène le Jésus d’aujourd’hui,. Il s’est posé la question « avec qui Jésus resterait sur terre si il revenait ? », et en regardant la Cène qu’il a réalisée, on comprend que ce serait non avec les « aristocrates ou les riches » mais avec les personnes dans le besoin.

Après l’achat de sa ferme à Hawaï l’artiste exprime son engagement pour l’écologie avec une série intitulée Landscape qui occupe une place importante dans l’exposition. Désormais sortie de ce monde de surconsommation, l’artiste peut en faire une critique acerbe et engager une réflexion quant à notre consommation de carburant.

Il se positionne à la place d’un archéologue qui reviendrait, des années après notre extinction, sur les ruines de notre civilisation. Stations services, usines et raffineries encore fumantes : les photos sont encore une fois colorées et vivantes malgré l’absence d’êtres humains. Comme à son habitude tout le travail de production est fait en amont et les clichés ne sont pas numériquement retouchés. Les maquettes sont toutes construites avec des matériaux recyclés tels que des gobelets, des pailles, des cannettes, etc. L’éclairage est la clef de la réussite, sans cela les images seraient sûrement mornes et peu attrayantes.

Roi de l’entertainment, David LaChapelle interpelle. « After the Deluge » présenté au BAM de Mons est l’occasion de revenir sur l’évolution de la carrière du photographe plasticien. Sa critique de la société contemporaine est acerbe et les thèmes sont actuels : religion,écologie, argent, moralités, etc. Les niveaux de lecture sont nombreux, chacun lit ce qu’il veut. Il est tout à fait possible de se contenter d’un plaisir esthétique et purement matériel ou de chercher une moralité plus profonde.

"The Happy Show" de Stefan Sagmeister : Une quête graphique du bonheur

Le graphiste autrichien Stefan Sagmeister est actuellement l’invité d’honneur à la Gaité Lyrique jusqu’au 9 mars 2014 et nous propose une exposition originale sur la quête du bonheur appelée « The Happy Show ». Le célèbre graphiste et non des moindres, a auparavant réalisé des travaux qui lui ont permis d’obtenir une réputation mondiale notamment par la réalisation de pochettes d’albums pour les Talking Heads mais aussi pour Lou Reed ou encore les Rolling Stones.

Stefan Sagmeister investit la Gaité Lyrique et nous offre sa recherche du bonheur au travers d’anecdotes, de statistiques, de la science et de son propre esprit… Toute une palette d’outils afin de nous prouver que l’on peut être heureux à tout moment. « The Happy Show »part à la recherche du bonheur, la vision du bonheur de Sagmeister. Et nous voici plongé dans le monde du graphiste autrichien, à la fois graphique, ludique et drolatique. A l’origine de ce projet, un film : « The Happy Film ».

L’exposition nous propose un parcours sur la recherche du bonheur séquencé par thèmes mettant en parallèle les travaux de Stefan ...

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