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Battlefield 1 prouve que revenir en arrière pour aller de l’avant n’est pas forcément une si mauvaise idée. En effet, le pari est hautement osé en prenant une époque très peu utilisée pour les jeux de guerre. C’est donc La Première Guerre Mondiale qui a été choisie, à distance de la guerre moderne ou futuriste.

Avec Battlefield: Bad Company et Battlefield: Bad Company 2, la série a embrassé le système des jeux les plus populaires basés sur la progression et le déverrouillage. Avec Battlefield 3 et Battlefield 4, la structure de la série ressemblait plus au style de son rival tout en cherchant l’identité qui les distingue. Avec le changement de génération de console DICE a lutté pour trouver un équilibre convenable dans Battlefield 4 entre le système de destruction introduit dans Battlefield: Bad Company et les grands espaces de jeu que les joueurs de la première heure ont connu.

Par la suite, DICE a pris un peu de temps avant de sortir un nouvel épisode canonique. Trois ans d’absence, mais la série est enfin de retour et pas n’importe comment. Il semble que la série n’a pas seulement trouvé le moyen de réanimer quelque chose qui a disparu, elle a également trouvé des histoires qui méritent d’être racontées. Ainsi, Battlefield 1 prend part à la Guerre qui a mis fin à la Guerre.

La Campagne Solo: Une Anthologie de la Grande Guerre

Pour la première fois depuis des années, vous pouvez commencer en toute sécurité un jeu de Battlefield en vous lançant directement dans la campagne. La campagne solo de Battlefield 1 prend un tournant que la série n’a pas réussi à trouver depuis quelques années. Battlefield 1 évite brillamment l’aventure d’un soldat ultra-chanceux, embarrassé dans sa lutte pour sauver la patrie. Le comble, c’est qu’il évite le problème du protagoniste / scénario unique, qui n’a jamais été attrayant dans la série.

Au lieu de cela, DICE a créé une anthologie sur la Première Guerre Mondiale, racontant des histoires en grande partie avec des hommes (et une femme) inconnus à travers les théâtres de la Grande Guerre. Ces histoires sont généralement bien écrites et variées. Alors que certains personnages tentent désespérément de survivre, certains sont à la recherche de la rédemption, et certains montent une résistance de guérilla à des siècles d’occupation. Ne vous attendez pas à trouver dans Battlefield 1 un documentaire sorti d’un livre d’Histoire. Il y a aussi la diabolisation moins explicite de «l’ennemi» qui motive encore plus les joueurs à décimer les rangs adverses. Décimer est un bien grand mot. Le gameplay de la campagne solo est très loin de celui du mode en ligne.

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Battlefield 1 veut clairement emmener le joueur sur la sensation de fragilité et d’oppression que peut connaitre un soldat.

Le Mode Multijoueur: Immersion et Variété

Bien entendu, si vous choisissez d’acquérir Battlefield 1, ce n’est pas uniquement pour la campagne. Le plus grand intérêt réside dans le multijoueur en ligne. Il est extrêmement difficile de donner un avis objectif sur le mode en ligne, car l’expérience diffère d’un joueur à un autre et d’une partie à une autre. Afin de bien cerner comment fonctionne Battlefield, entrons dans le plus gros mode de la série, le mode Conquête.

Vous êtes dans une carte immense où se trouvent plusieurs zones à conquérir. Les deux équipes (32 contre 32), vont devoir se battre pour affirmer leur domination. La capture de zone rapporte des points à l’équipe, ainsi que les ennemis tués. Le camp qui arrive à 1000 points gagne la partie. Dans ce mode, tout ce que peut proposer le jeu est présent. Vous pouvez piloter différents avions, monter à cheval, être à bord d’un bateau et on n’oublie pas l’infanterie avec ses quatre classes principales. Battlefield 1 joue grandement là-dessus. Vous n’êtes pas seul.

Le joueur fait partie d’une escouade, accueillant jusqu’à cinq joueurs. L’un d’entre eux est le chef. C’est à lui que revient la responsabilité de diriger son escouade en choisissant quel objectif attaquer ou défendre. Les joueurs respectant ces ordres gagnent plus de points d’expérience et montent plus facilement dans le tableau des scores. Etre un bon tireur ne fera pas forcément de vous le meilleur joueur. Cette identité se reflète aussi dans la possibilité de marquer un ennemi. L’adversaire repéré, il sera visible de tous par un petit symbole rouge au-dessus de sa tête et il sera aussi affiché sur le radar.

Le mode en ligne ne propose pas uniquement le mode Conquête. Il y a le nouveau mode Opération. Il s’agit d’un savant mariage entre Conquête et Ruée. Les attaquants doivent obtenir des objectifs pour « déplacer » la bataille en avant, et quand ils réussissent, l’équipe qui défend doit se replier. Le mode Opération se présente comme une excellente alternative au mode Conquête. Les joueurs aimant les combats rapprochés pourront s’en donner à cœur joie dans le mode Domination, Match à mort en équipe Ruée ou le mode Pigeon de Guerre.

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Dans ce dernier, vous devez atteindre et prendre un pigeon (le volatile, je précise). Le joueur qui en a la possession doit attendre un laps de temps avant de pouvoir le lâcher. Ce temps met en scène l’écriture du message destiné à renseigner la position de l’ennemi à l’artillerie. Le Pigeon est lancé, l’ennemi a quelques secondes pour l’abattre. L’oiseau échappé, la carte sera frappée par de lourds bombardements et l’équipe adverse subira des pertes conséquentes. Il vous faut envoyer trois messages pour remporter la partie. Le mode en ligne de Battlefield 1 est, de par son époque et ses modes de jeux, varié et unique.

Non, il ne s’agit pas de Conquête, Guerre, Famine et Mort et pourtant, leur association fait des ravages. L’infanterie est composée de quatre classes distinctes, Assaut, Médecin, Soutien et Éclaireur. Elles ont un rôle capital. L’Assaut est le bourrin de service, il fonce dans le tas et pourfend les lignes ennemies. Le Médecin est là pour soigner ses coéquipiers et les réanimer. Quant au Soutien, comme son nom l’indique il va ravitailler les collègues en munitions.

Battlefield 1 apporte de légers changements concernant ses classes. Le soldat d’Assaut est le destructeur idéal de véhicules. Il porte dans son sac à malice, un arsenal anti-char, dynamite et autres friandises. Le Médecin obtient désormais des armes à moyenne portée. En plus de soigner ses partenaires, il sera chargé de réparer les véhicules endommagés, mais ne pourra pas faire de dégâts contre eux.

Le gros changement pour ces classes est bien évidemment le matériel militaire utilisé. Mais attention tout de même, la plupart de ces armes sont apparues peu de temps après la fin de la guerre, mais nous n’allons pas chipoter pour si peu. La majorité des armes sont à verrou et au coup par coup. Cela change radicalement le gameplay par rapport à Battlefield 4 ou même Battlefield Hardline, mais l’équilibrage est quasiment parfait et nous trouvons rapidement nos marques.

J’ai dit quatre classes ? Battlefield 1 introduit une classe d’élite. Cette classe s’obtient dans un coffre disponible lorsqu’un certain objectif est conquis. Vous troquez votre équipement contre celui d’un tireur d’élite. Vous pouvez donc vous équiper d’un kit lance-flammes, anti-char ou sentinelle. La classe d’élite fait de lourds dégâts et possède une plus grande résistance par rapport à l’infanterie. Nous retrouvons, en quelque sorte, le bonus Héros de Star Wars Battlefront.

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En Conquête, lorsqu’une équipe est sur le point de perdre, un véhicule, aussi imposant que puissant déboule sur la carte. Selon la bataille, il s’agit d’un Zeppelin, d’un train blindé ou d’un Dreadnought. Ces véhicules ont plusieurs places dont celle du pilote. Il peut frapper n’importe où sur la carte et parfois retourner la situation. Bien entendu, le camp opposé peut s’attaquer à ces véhicules, en endommager des parties afin de tuer ses occupants et finir par le détruire entièrement. Petit détail, mais qui a son importance, le Mastodonte (le Zeppelin) s’effondre sur la cartes, pouvant modifier la géographie assez modestement.

Défis et Réussites

Alors oui, pour un jeu qui se concentre sur la Première Guerre Mondiale et qui n’introduit pas de façon naturelle l’armée française est difficilement compréhensible, surtout pour les plus chauvins d’entre nous. Bien que certaines cartes soient sur le sol français (Balafre de Saint-Quentin, Amiens, Le Bal Funeste château ou encore la Forêt d’Argonne). Autre petit désagrément à signaler, la campagne solo reste bien courte, même s’il y a une jouabilité avec les Dex à collecter. Les histoires ne vont pas au bout de leurs idées.

Autrement, le jeu est un excellent produit. L’intérêt principal est le mode multijoueur en ligne et il est tout simplement remarquable. DICE a pris le gros risque de nous emmener en 1918 en plein conflit mondial. Cela permet à Battlefield 1 de donner au genre une richesse et une variété uniques. La mécanique de gameplay est huilée aux petits oignons. Les cartes sont bourrées d’opportunités avec un système de progression plus poussé. Le tout dans des graphismes qui flattent la rétine et une bande-son simplement magnifique. Battlefield 1 est une vraie réussite.

Battlefield 1 en Classe : Un Outil Pédagogique

Cet article propose d’observer plus en détail le rôle des mécaniques et du design de jeu sur les représentations possibles de la Première Guerre mondiale dans les jeux vidéo. Les deux genres vidéoludiques dans lesquels s’inscrivent les jeux Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre (jeu d’aventure de type résolutions d’énigmes) et Battlefield 1 (jeu de tir à la première personne) sont ainsi décortiquées dans le but de faire ressortir les stratégies ludo-narratives employées pour intégrer des éléments historiques dans l’espace de jeu.

Les programmes de collège et lycée nous invitent à étudier l’expérience combattante durant la Première Guerre mondiale. Ils demandent aussi à éveiller l’esprit critique et à faire découvrir les langages artistiques à nos élèves. Battlefield 1 est un jeu de tir à la première personne qui met le joueur dans la peau de plusieurs soldats de la Première Guerre mondiale. Utiliser Battlefield 1 en classe permet dans un premier temps de faire réaliser aux élèves un « fact-checking » avec des documents d’archives. La reconstitution vidéoludique de la Première Guerre mondiale permet d’aborder la construction du jeu en analysant le game design, le level design et le sound design.

L’utilisation de BF1 en classe permet-elle de construire des savoirs scientifiques sur la Première Guerre mondiale dans un milieu scolaire ?

Dans un premier temps, les élèves prennent connaissance du jeu en en visionnant plusieurs extraits. Mon choix s’est porté sur trois d’entre eux : le premier récit de guerre introductif est remarquable ; tutoriel du jeu, cette séquence de 15 minutes réunit en un seul lieu de nombreuses informations sur la Première Guerre mondiale. Le joueur interprète successivement six soldats qui manipulent des armes différentes et qui sont confrontés à des difficultés différentes. L’un d’eux monte dans un char britannique Mark II, tandis que l’on peut apercevoir l’aviation de combat et de nouvelles armes telles que les gaz de combat. Le deuxième récit, « Dans la Boue et le Sang », permet d’aborder le développement de l’artillerie de guerre. Le joueur interprète ici le conducteur d’un char d’assaut Mark II lors de la deuxième bataille de Cambrai.

Durant cette étape, les élèves sélectionnent des informations que le jeu leur transmet. Ils sont invités à noter ce qu’ils voient, ce qu’ils entendent, ce qu’ils lisent et ce qu’ils ressentent. Dans un second temps, les élèves se confrontent à un corpus documentaire. À l’instar d’un historien, ils doivent vérifier les informations. L’un des objectifs est de faire travailler les élèves sur des documents variés.

Dans ce troisième temps, les élèves comparent les informations transmises dans le jeu avec celles relatives aux documents d’archives. En passant d’un média à un autre, les élèves s’aperçoivent en effet que les images du jeu qu’ils ont sous les yeux sont des constructions créées à partir de ces mêmes documents d’archives, ce qui leur permet de créer du sens entre les documents. C’est un moment privilégié pour évoquer et peut-être définir avec eux ce qu’est le level design, le game design et le sound design.

Au-delà de la critique du jeu dont ils ne sont pas experts, les élèves ont manipulé des documents sources qu’ils ont utilisé pour la critique d’un autre document. Bien que difficile pour eux, ce travail d’argumentation et de croisement des sources est fondamental, car il permet d’aborder la question du statut de la source. Qu’est-ce qu’un document source ? Est-ce que toutes les images se valent ? Dois-je croire tout ce que je vois ?

Dans BF1, les images peuvent être celles d’une cinématique ou les éléments visuels vus lors des phases de jeu, les premières étant du ressort du scénariste tandis que les secondes sont conditionnées par les level designers. La première mission nous permet d’arpenter un véritable champ de ruines. Il est intéressant de faire noter aux élèves les détails visuels : les maisons détruites, les arbres en feu, les trous d’obus. Des détails visuels qui montrent la violence des combats, le rôle de l’artillerie, et qui sont finalement présents pour susciter l’émotion du joueur. Les images d’archives présentes dans le corpus documentaire permettent quant à elles de montrer la réalité des destructions lors de la Première Guerre mondiale.

Plus loin, dans la même mission du jeu, le joueur doit monter dans un char d’assaut. Bien qu’ils n’apportent rien au scénario en ce qu’ils ne sont qu’un élément de décor, ils soutiennent toutefois l’histoire et le récit du narrateur.

Dans la première mission du jeu, toujours, l’on peut demander aux élèves de se concentrer sur le gameplay, étant entendu que le gameplay correspond à « l’ergonomie du jeu, la façon dont on y joue, la facilité avec laquelle on accomplit certaines actions ». Si notre efficacité au combat est rendue plus facile grâce à cette interface, il ne vient pas naturellement à l’idée des élèves de relever son existence tant elle est « normale » dans un jeu vidéo. Or, aucun document d’archive ne mentionne de telles interfaces.

En revanche, les élèves ont tout de suite été surpris par la capacité du personnage à régénérer sa santé sans aucune assistance médicale : un contresens historique ! De plus, tandis que la santé de notre soldat diminue, le temps se ralenti, créant une sorte de bullet time afin d’améliorer l’analyse de la situation et ainsi mieux viser et mieux survivre. Ajoutons enfin qu’il est impossible de blesser ses alliés, que ce soit avec des armes légères ou des armes lourdes. Ces éléments de gameplay sont bien évidemment présents pour faciliter le jeu, le rendre plus agréable et surtout moins punitif : ce n’est pas une simulation de guerre. En fin de compte, peu importe votre efficacité au combat, la mission ne peut avancer qu’avec la mort du soldat.

Le processus narratif de la mort peut dès lors paraitre choquant. En effet, durant la première mission nous n’incarnons pas un seul soldat, mais six. Et nous devons mourir pour que la mission se poursuive. À chaque mort, le nom et les dates de vie du soldat tombé apparaissent ; la caméra se déplace vers l’arrière pour prendre place dans un nouveau soldat. Pendant ce temps-là, le narrateur prend la parole. Ce processus narratif peut paraitre horrible, mais il explicite la dureté de la guerre et la violence subie par les soldats. Le mouvement de caméra vient appuyer une réalité : si la première ligne tombe, l’arrière doit venir en renfort. Les dates permettent alors de mettre un âge sur ces soldats que l’on ne voit pas.

Cet assaut nous montre également une avalanche d’armes et surtout une coprésence de toutes les composantes de l’armée. Or, à aucun moment de la Grande Guerre n’a été vue une telle co-intervention de l’infanterie, de l’artillerie d’assaut et l’aviation. Cette séquence de quinze minutes est définitivement paroxystique tant elle synthétise en un temps très court tout ce que le soldat aurait pu vivre.

Statistiques de la Première Semaine de Battlefield 1

DICE et Electronic Arts ont rassemblé les statistiques de la première semaine de Battlefield 1. Voici quelques chiffres clés :

Élément Nombre
Kills par chevaux 5 813 817
Kills par tanks 5 511 601
Kills par véhicules deux et quatre roues 1 667 353
Kills par avions 330 477

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