La question de la surveillance par caméras est un sujet complexe, oscillant entre la nécessité de renforcer la sécurité et le respect de la vie privée. Plusieurs communes autour de Dijon ont mis en place des systèmes de vidéosurveillance, suscitant des réactions variées parmi les habitants et les commerçants.
Pour illustrer l'impact de la surveillance, il est intéressant de considérer les expériences de personnes ayant été placées sous surveillance électronique. Alexandre, un jeune homme ayant porté un bracelet électronique, témoigne des contraintes et des avantages de ce dispositif.
Il explique : « Je n’ai pas le droit de sortir de chez moi avant 8 heures. Le soir, je dois être rentré à 20 heures, ou exceptionnellement à 21 h 30, parce que je fais du sport. Mais il a fallu que je m’achète une licence pour prouver ma bonne foi. » Les jours non travaillés, ses possibilités de sorties se limitent au créneau 14 heures - 17 h 30.
Pour Alexandre, le bracelet électronique a « des côtés très positifs : on peut voir sa famille et ses amis beaucoup plus facilement qu’en Maison d’arrêt. On peut avoir un téléphone portable et on peut manger ce qu’on veut. » Lui qui a aussi connu l’univers carcéral “classique” peut facilement le comparer avec son placement sous surveillance électronique : « La prison, c’est un monde de vice. Je me souviens du bruit des clés des gardiens dans la serrure, ou de la voix qui nous demandait de patienter avant la promenade. Cette voix, je l’ai entendue longtemps après ma sortie. »
Pourtant, le bracelet électronique reste pour lui « un emprisonnement. Je ne vois pas comment il peut être un outil de réinsertion. On ne peut pas aller au restaurant ou au cinéma le soir, avec des amis. Même dans les créneaux horaires autorisés, je ne peux pas aller à la piscine, car je ne veux pas que mon bracelet soit visible de tous. On a parfois l’impression d’avoir la vraie vie à portée de main. Mais on ne peut pas y accéder. »
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Maxence considère son bracelet électronique comme « un honneur, car c’est la preuve que l’administration pénitentiaire nous fait confiance, mais aussi un déshonneur, car il nous rappelle à chaque instant que nous avons fait une bêtise. Mais je ne comprends pas comment on peut gâcher cette chance d’avoir un bracelet électronique en tentant de le couper ou en sortant régulièrement des horaires autorisés. »
Il raconte aussi les zones de gris du PSE (Placement sous surveillance électronique), notamment dans les rapports entre les placés et leurs employeurs potentiels : « La loi ne nous oblige pas à leur dire que nous portons un bracelet électronique. Mais j’ai connu à la fois ceux qui étaient d’accord pour m’embaucher, à qui je donnais alors l’info, et qui soudainement changeaient d’avis. Ceux à qui je ne disais rien, qui l’apprenaient par un autre biais, et qui m’accusaient ensuite de leur avoir menti. Et ceux qui s’amusaient à me rappeler qu’en un coup de fil au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), ils pouvaient remettre en cause mon placement sous surveillance électronique.
Plus globalement, je pense que le PSE est encore peu connu du public. Beaucoup l’assimilent encore aux délinquants sexuels. Mais aujourd’hui, je ne cherche plus à cacher mon bracelet électronique. J’ai appris à vivre avec lui. Il fait désormais complètement partie de moi.
Plusieurs communes autour de Dijon ont adopté des mesures de vidéosurveillance pour lutter contre la délinquance et les incivilités. Par exemple, la commune d'Etupes a installé 30 caméras de vidéo protection. La municipalité veut ainsi lutter contre l'augmentation d'actes d'incivilité et rassurer ses quelque 3 700 habitants. Les caméras seront placées dans des endroits stratégiques, principalement le secteur commerçant et aux abords des espaces publics.
Tout est parti de deux braquages de commerce en 2022, d'un arrêté anti-rassemblement la même année, et de dégradations d'une école visée par des jets de cailloux, et de la Poste un an plus tard. Depuis la situation ne s'est guère améliorée. Elles seront installées à la fin du mois de juin pour un coût total de 75 mille euros, financée de moitié par la ville, l'Etat devant couvrir l'autre moitié espère le maire de la commune.
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Les commerces justement se disent favorables à l'arrivée de cette vidéosurveillance « on a été victimes d'incivilité et si il y avait eu des caméras, on aurait pu identifier les auteurs parce que jusqu'à aujourd'hui aucune de nos plaintes en gendarmerie n'a abouti faute de preuves » explique Florian Guillaume, gérant d'un petit supermarché du centre ville « et puis ça sera rassurant pour notre personnel, l'une d'entre elles a été agressée derrière le magasin, vers les poubelles, le soir dans le noir, donc ces caméras c'est très bien. » Même sentiment pour Stéphanie, habitante d'Etupes « ça va être plus sécurisant », et pour Salomé « en tant que femme, surtout la nuit, quand tout est éteint, je serai plus rassurée. »
D'autres communes ont également pris des mesures similaires :
La Poste propose désormais aux communes un service d'audit de la voirie, en fixant des caméras sur le toit des camions des facteurs. Cette initiative illustre comment la technologie peut être utilisée pour améliorer la surveillance et la sécurité des espaces publics.
| Commune | Mesures prises | Motivations |
|---|---|---|
| Etupes | Installation de 30 caméras | Lutter contre l'augmentation des incivilités |
| Audincourt | Renforts policiers et caméras supplémentaires | Améliorer la sécurité |
| Héricourt | Installation de 10 caméras supplémentaires | Endiguer la délinquance croissante |
| Morvillars | Installation de caméras | Suite à des dégradations |
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