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La franchise James Bond, apparue en 1949, continue de séduire les spectateurs et de nourrir les attentes de chaque génération grâce à sa capacité à rester maître de son temps et à s'adapter aux différentes modes et époques.

Les Ingrédients d'un Film Bond

Un film Bond, c’est avant tout des figures imposées qui se reconnaissent tout de suite :

  • Une ouverture mémorable avec le fameux gun barrel où James Bond apparaît à travers le canon d'un revolver.
  • Un thème culte signé John Barry, accompagné ou retravaillé par des artistes musicaux plus contemporains.
  • Un générique stylisé qui injecte des silhouettes féminines dans un cadre très abstrait et fantasmatique.
  • Un smoking avec des gadgets dans les poches.
  • Une voiture avec encore plus de gadgets dans la mécanique.
  • Un flingue, généralement un Walther PPK 9mm, et des munitions fatales.
  • Des femmes sublimes, souvent alliées, parfois dangereuses, toujours ensorcelantes et magnifiées.
  • Des méchants nourris par un complexe d’Œdipe plus ou moins dévorant.
  • Un monde taillé sur mesure qu’il s’agit avant tout d’explorer.
  • Des décors exotiques que la caméra ne cesse d’enjoliver.
  • Des espaces à l’architecture singulière qui ancrent 007 dans son époque et scénographient les enjeux narratifs.
  • Des placements de produit pour flatter un style de vie ludique et matérialiste.

Le plaisir d’un Bond-movie réside autant dans les points de concordance que dans les petites variations qui viennent pimenter la mission, la logique de l’univers visité, ou même les conventions elles-mêmes de la saga.

Critiques de "Casino Royale" et "Quantum of Solace"

"Casino Royale": Un 007 Mal Écrit?

Certains critiques considèrent "Casino Royale" comme un 007 très mal écrit, peut-être parce que le roman est un Fleming particulièrement en retrait. Privé d'un centre de gravité, ce mauvais scénario s'éparpille et ennuie terriblement. Le principal problème du film demeure le manque d'intérêt du Chiffre, dépourvu du charisme et de la flamboyante personnalité des grands ennemis de Bond.

Pour compenser son manque d'identité, on l'affuble d'une disgrâce physique idiote, ne débouchant sur rien. Plus grave, pour compenser le manque d'opposition et parce qu'il faut bien tenir les 2h20, les auteurs sont appelés à multiplier les méchants, jusqu'à émietter l'action. La pire conséquence demeure toutefois le rallongement de sauce assez pénible suivant la chute du Chiffre, avec une deuxième intrigue assez bidon et téléphonée.

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Au rayon innovations révolutionnaires, on assiste à la disparition sans tambour ni trompette de deux piliers de la série : Miss Moneypenny et Q. Il faut dire que nous avons à supporter le pesant pensum des interminables parties de Poker à répétition durant laquelle on se barbe à mourir. L'ennui que suscitent ces scènes devient tel que l'on finit par regretter que Patrick Bruel ne fasse pas une apparition décalée en guest star française. On peut bien le dire : c'est du grand-guignol, en contradiction totale avec les prétentions affichées jusque-là.

Malgré ces critiques, certains points positifs sont notables. White, le mystérieux client du Chiffre, constitue un personnage secondaire très intéressant. De plus, les scènes d'action sont incroyables d'efficacité et de suspense.

Toutefois, le public semble y avoir trouvé son content car le film rentabilisa largement son budget de 150 millions de dollars avec des recettes s'élevant à 599 millions de dollars, explosant le record de *Die another day*.

"Quantum of Solace": Déception et Manque d'Inventivité

Certains spectateurs ont été très déçus par "Quantum of Solace" en raison de séances d'action atrocement mal filmées et montées. On ne comprend strictement rien à ce qui se passe du fait du rythme frénétique des changements de caméra et du manque total de vision globale de l'ensemble. En plus, toutes les voitures et les costumes se ressemblent, on n'a pas le temps de déterminer qui est qui que l'on est déjà passé à un autre angle de vue. Le tout, noyé dans une insupportable déflagration sonore, finit même par donner une impression de nausée assez pénible.

Les discussions à la Miami Vice sur les quais d'un port crasseux ou les rendez-vous à la sécurité totalement déficiente confèrent une dimension proche du minable à l'Organisation, contrastant totalement avec des prétentions demeurant soigneusement virtuelles. Cette impression de Pieds Nickelés de seconde zone se confirme avec la faiblesse des adversaires du jour qui pas une seule seconde ne paraissent à la hauteur de 007 ou représenter une menace quelconque pour lui. On suppose que Matthieu Amalric tente le second degré ou l'humour, mais clairement pas dans son emploi d'acteur de "films d'auteur", ne dégage rien et parvient à accomplir l'improbable exploit de créer un méchant encore plus faiblard que le Chiffre.

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Voir M en proie à la panique ou dans le domaine privé n'apporte rien à la gloire d'un personnage qui se contente de passer les plats durant tout le film. Mathis ne tient absolument pas les promesses de Casino Royale et se contente d'aligner les clichés les plus éculés.

Analyse de la Scène d'Ouverture de "Le monde ne suffit pas"

La scène d’ouverture de "Le monde ne suffit pas" est une des plus longues de la franchise et se veut efficace dès le début. L’action est d’emblée centrée sur Bond, la scène peut adopter un ton grave, Bond est tout l’enjeu de la scène et même, du film. Il est en plus en plein action, courant pour traverser la rue.

Les lunettes confèrent à Bond un air sérieux, c’est la première fois que Bond porte des lunettes de vue, ce qui attise la curiosité. Le premier plan apporte donc beaucoup de nouveautés : l’ouverture sur Bond et les lunettes. Bond a quelque chose à faire dans cette ville, il avance sûrement, il a l’air décidé et certain de lui.

La caméra, soudainement, abandonne Bond, au profit d’un panoramique, faisant apparaître le musée Guggenheim et le Puppy de Koons, symboles de Bilbao. Les deux premiers plans du film nous apportent donc beaucoup de renseignements mais posent aussi des questions : que vient faire Bond à Bilbao? Le plan suivant nous donne justement la réponse.

En quatre plans, Michel Apted donne donc beaucoup d’informations. D’emblée, la scène se veut efficace mais Apted ne s’arrête pas là. Le plan suivant montre Bond, toujours avec ses lunettes, cette fois-ci encerclé par deux hommes qui le fouillent. On comprend vite que ce n’est pas une banque comme une autre.

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Au plan suivant, la valise occupe le tiers de l’image, son ouverture tape l’oeil une nouvelle fois. Michael Apted insiste sur l’objet qui a véritablement de l’importance. Toujours debout devant les stores, la position du banquier lui apporte une impression de domination envers Bond. Bond se permet de glisser une plaisanterie, «j’apprécie énormément les rondeurs», assez plaisante, elle met plutôt à l’aise dans une situation pleine de tensions.

Le plan rapproché suivant se focalise sur James Bond. On peut noter la volonté de rappel de son encerclement par deux gardes du réalisateur. Mais, l’image reflète autre chose, de plus important encore : l’encombrement de la pièce. On peut en effet voir en arrière plan la multitude des objets dans cette petite pièce de bureau.

Le gros plan sur James Bond souligne le tournant dans la discussion. Bond aborde le véritable sujet, la raison de sa venue. Il enlève d’ailleurs ses lunettes, il est entré dans le vif du sujet, il mène une enquête. Suit un champ contre champ classique avec toujours la présence des stores qui confère à la scène une oppression croissante. Les plans sont rapides, ils durent deux secondes chacun.

Daniel Craig : Un James Bond Controversé

Certains estiment que Daniel Craig ne correspond pas à l'image du James Bond charmeur et charismatique. Il est perçu comme étant plus axé sur la force physique, rappelant davantage un héros à la Bruce Willis qu'un sex-symbol britannique. Toutefois, d'autres reconnaissent en lui la présence physique et le charisme nécessaires pour le rôle.

"Spectre": Prévisible et Manquant de Piquant

De nombreux spectateurs trouvent "Spectre" prévisible du début à la fin. James voyage dans le monde, tue les méchants impliqués dans un réseau visant à mettre en péril le bon fonctionnement du monde, se fait la jolie blonde et se sort in extremis de situations périlleuses. Le rôle de l'agent 007 va comme un gant à Daniel Craig mais cette fois-ci c'était moins poignant. De même Christoph Waltz apparaît un peu tard à mon goût et n'est pas si machiavélique que cela...

Le Générique de "Volte/Face"

Si la plupart des génériques de films sont isolés du reste de la fiction, certains peuvent parfois prendre la forme d’une séquence primordiale qui constitue l’origine du récit. C’est le cas de celui de *Volte/Face* de John Woo, qui s’articule autour d’une scène d’assassinat au ralenti. La séquence se déroule autour d’un carrousel où Sean Archer, agent de la CIA, passe du temps avec son enfant. Non loin de là, le terroriste Castor Troy va tenter de l’exécuter.

Analyse du Générique

  1. Avant de pouvoir appréhender ce qui les oppose ou les unit, Archer et Troy sont deux figures qui doivent se dévoiler. Archer apparaît ainsi avec son enfant par l’entremise de plusieurs volets latéraux, produits par le tournoiement du carrousel et de la mise au point qui transforme le passage du manège en un drapé. Plusieurs surimpressions nous rapprochent du duo père-fils après trois dévoilements entre lesquels les noms des acteurs principaux, John Travolta et Nicolas Cage, se sont inscrits. La musique enfantine de la séquence prend alors une tournure plus inquiétante et Troy apparaît après avoir retiré le drap qui dissimulait son arme.
  2. Parce que *Face/off* peut autant renvoyer à un « visage retiré » qu’à un « face-à-face », Archer et Troy, une fois dévoilés, sont opposés via un champ-contrechamp. D’un côté Archer, en plan moyen, nage dans le bonheur, tient son enfant dans ses bras et caresse son visage. De l’autre Troy, en gros plan, tient son arme et regarde dans son viseur. Ce champ-contrechamp montrant successivement le rêve et son envers, mais aussi la proie et le prédateur, se traduit en un rapport de force déséquilibré entre Archer et Troy.
  3. Lorsque Troy appuie sur la détente, la balle part du canon puis transperce le corps d’Archer. Plus qu’une fétichisation de la violence, ce trajet ralenti de la balle permet de décomposer chaque étape d’une chaîne causale qui préfigure ce qui va rapprocher les deux rivaux durant la suite du récit. Qu’implique justement cette balle ? La réponse se trouve quelque plans après et « six ans plus tard ». Le générique se poursuit et on retrouve Archer dans son bureau, toujours atteint par le drame. Un panoramique vertical dévoile ses récompenses honorifiques avant de s’arrêter sur un pistolet. Un plan montre ensuite l’agitation des bureaux tandis qu’Archer range son arme dans son étui. Premier retournement de la longue série des va-et-vient vengeurs qui s’annoncent : c’est désormais Archer qui endosse le rôle du tueur, prêt à appuyer à son tour sur la détente.

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