Les États-Unis ont approuvé la première vente d’armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir du président américain, Donald Trump. Cette annonce a suscité de vives réactions de la part de la Chine, qui considère l’île comme une partie de son territoire et menace d’utiliser la force pour la ramener sous son contrôle.
Washington reste le soutien le plus puissant de Taïwan, dont la Chine revendique la souveraineté. Pékin affirme que l’île fait partie de son territoire et a menacé d’utiliser la force pour le ramener sous son contrôle.
Si les Etats-Unis sont juridiquement tenus de fournir des armes à Taïwan, Washington a longtemps maintenu une « ambiguïté stratégique » quant à un éventuel déploiement de ses forces armées pour défendre l’île en cas d’attaque chinoise.
Taïwan avait demandé « des composants, des pièces de rechange et des accessoires, ainsi qu’un soutien pour la réparation et le retour des avions F-16, C-130 et Indigenous Defense Fighter (IDF) », pour un montant de 330 millions de dollars, selon une déclaration publiée par l’Agence de coopération pour la sécurité de la défense des Etats-Unis.
Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan.
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Les 11,1 milliards annoncés ce jeudi portent sur huit contrats qui prévoient la livraison de systèmes de missiles Himars, d'obusiers, de missiles antichars et de drones selon le ministère taïwanais des Affaires étrangères. Est aussi prévue la livraison de pièces détachées pour d'autres équipements.
Parmi les autres ventes évoquées figurent des logiciels militaires d’une valeur de plus d’un milliard de dollars, des missiles Javelin et TOW d’une valeur de plus de 700 millions de dollars, des pièces détachées pour hélicoptères d’une valeur de 96 millions de dollars et des kits de remise à neuf pour missiles Harpoon à hauteur de 91 millions de dollars.
Réagissant à cette annonce, la Chine a exprimé son fort mécontentement. « La question de Taïwan est au cœur des intérêts fondamentaux de la Chine et constitue une ligne rouge absolue dans les relations sino-américaines », a déclaré à des journalistes Lin Jian, un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, ajoutant que Pékin s’opposait « fermement » à cette vente.
La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et n'a pas exclu le recours à la force pour en prendre le contrôle.
Pékin a vivement critiqué les propos de Mme Takaichi, le ministère des affaires étrangères chinois déclarant jeudi qu’il « ne les tolérerait en aucun cas ».
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« La Chine exhorte les Etats-Unis […] à honorer les engagements solennels pris par les dirigeants américains et à cesser immédiatement ses actions dangereuses consistant à armer Taïwan », a indiqué lors d'un point presse régulier Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
« Avec ce plan, Washington compromet la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan et envoie un très mauvais signal aux forces indépendantistes taïwanaises. »
Taïwan dispose de sa propre industrie de défense, mais son armée serait largement dépassée en cas de conflit avec la Chine et reste fortement dépendante des armes américaines pour assurer sa défense.
Le président taïwanais, Lai Ching-te, s’est engagé à augmenter les dépenses de défense à plus de 3 % du PIB l’année prochaine et à 5 % d’ici 2030, tandis que la Chine maintient sa pression militaire autour de l’île. Il s’est également engagé à stimuler les investissements aux Etats-Unis alors que son gouvernement tente de réduire les droits de douane de 20 % imposés par l’administration Trump sur les exportations taïwanaises.
Le président Lai Ching-te a d'ailleurs annoncé le mois dernier que son gouvernement allait proposer 40 milliards de dollars de dépenses de défense supplémentaires sur plusieurs années.
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Selon Taïpei, cette vente démontre « une fois de plus l'engagement ferme des Etats-Unis envers la sécurité » de l'île.
L'annonce de cette nouvelle vente d'armes intervient dans un contexte particulier. Celui d'un regain de pression de la part de Pékin qui revendique depuis longtemps Taïwan comme faisant partie de son territoire. Pression qui s'est accentuée ces derniers temps après les déclarations, jugées inacceptables par les autorités chinoises, de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi : en novembre dernier, celle-ci a laissé entendre qu'une éventuelle opération militaire chinoise contre Taïwan constituerait une « menace existentielle » pour le Japon et pourrait donc justifier une mobilisation des troupes nippones.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé des sanctions à l'encontre de 10 individus et 20 entreprises de défense américaines, dont la branche de St. Louis du constructeur aéronautique Boeing, en raison de leur participation à des ventes d'armes à Taïwan.
Les mesures décidées par Pékin gèlent les avoirs que les entreprises et personnes détiennent en Chine et interdisent aux individus et entreprises chinoises de faire des affaires avec elles, selon le ministère.
Les individus sanctionnés, dont le fondateur de l'entreprise du secteur de la défense Anduril Industries ainsi que neuf dirigeants des sociétés visées, sont aussi interdits d'entrée sur le territoire chinois, ajoute le ministère.
Parmi les entreprises figurant sur la liste se trouvent notamment Northrop Grumman Systems Corporation et L3Harris Maritime Services.