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Le fusil Mosin-Nagant est une arme emblématique avec une histoire riche et diversifiée. Bien que d'origine russe, il a connu de nombreuses variantes et modifications à travers le monde. Parmi celles-ci, les versions finlandaises se distinguent particulièrement pour leur précision et leur fiabilité.

Histoire du Mosin-Nagant

Le fusil Mosin-Nagant a combattu les ennemis du Rodina russe et soviétique, des années 1890 au début des années 1960. Son histoire est une leçon de 70 ans sur ce qu'est la vie quand on ne s'entend pas bien avec ses voisins. Ce n'était pas le meilleur fusil d'infanterie de l'époque. À vrai dire, le Mauser 98 et le Lee-Enfield lui serait bien supérieur dans presque toutes les catégories, sauf en ce qui concerne la fiabilité et le prix.

En service sous différentes formes de 1891 à 1963, il a été le premier à utiliser la cartouche de 7,62 x 54 mm R. Durant le conflit russo-turc de 1877 à 1878, les troupes russes sont armées en majorité de fusils Berdan (en) à un coup alors que les Turcs disposent de fusils à répétition Winchester. En 1882, le ministère de l’armement russe décide de concevoir une arme alimentée par un chargeur de plusieurs cartouches.

En 1889, un jeune capitaine nommé Sergueï Mossine soumet son projet de fusil à 3 lignes (une vieille mesure russe, 3 lignes équivalent à 0,3 pouce ou 7,62 mm) en concurrence avec le fusil à 3,5 lignes de Léon Nagant (d’origine Belge). Mais, à la fin de la période d’essais en 1891, les divers testeurs préfèrent le fusil de Nagant. Lors du vote de la Commission pour l’approbation du fusil, le fusil Mossin recueille 14 voix contre 10. Cependant, des officiers plus influents poussent les constructeurs à un compromis : les fusils Mosin seront utilisés avec le système d’approvisionnement de Nagant.

La production commence en 1892 dans les usines des arsenaux de Toula, de Sestroretsk et d’Ijevsk. À cause des capacités limitées de ces usines, 500 000 de ces armes sont produites à la Manufacture Nationale d’Armes de Châtellerault en France. Entre l’adoption, en 1891 et 1910, plusieurs variantes et modifications aux fusils existants sont faites, incluant le changement des organes de visée, l’implantation d’une culasse renforcée (à cause de l’adoption d’une ogive de 147 grains), la suppression des doigts d’acier derrière le pontet, un nouveau canon et l’installation d’un montage à galets.

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Avec l’entrée en guerre de la Russie en 1914, la production est restreinte au M1891 cavalerie et au M1891 infanterie pour une question de simplicité. Un grand nombre de Mosin-Nagant capturés par les forces allemandes et austro-hongroises ont été vues en service dans les lignes arrière du front et dans la marine allemande. Pendant la guerre civile russe, les versions cavalerie et infanterie sont en production, quoiqu’en nombre extrêmement réduit.

Après la victoire de l’Armée rouge, un département est créé en 1924 pour moderniser le fusil, qui est alors utilisé trente années supplémentaires. Cela a dirigé le développement du modèle 1891/30, basé sur la conception du modèle cavalerie original. Les changements incluent : la réintroduction d’organes de visée arrières plats, le rééchelonnement de la hausse en mètres à la place de l’antique archine sur les armes du tsar et le raccourcissement du canon de 5 mm. De plus, une nouvelle baïonnette à ressort est conçue pour ce nouveau modèle.

Le fusil est conçu pour tirer avec la baïonnette déployée, ce qui augmente sa précision grâce aux vibrations harmoniques créées quand une balle est tirée. Dans les années 1930, Le Mosin-Nagant connait une version de précision (en 1932), et est utilisé par les tireurs d’élite soviétiques pendant la seconde Guerre mondiale. Il a notamment servi pendant la bataille de Stalingrad qui a fait des snipers russes des héros comme Vassili Zaïtsev ou Roza Chanina.

Ces fusils étaient réputés pour leur résistance, leur fiabilité, leur précision et leur facilité d’entretien. Dans les années de l’après-guerre, l’Union Soviétique arrête la production de tous les Mosin-Nagant pour les remplacer progressivement par la série des SKS et des AK. Malgré cela, le Mosin-Nagant sera encore utilisé dans le bloc de l’Est et dans le reste du monde plusieurs dizaines d’années, notamment pendant la guerre froide au Vietnam, en Corée, en Afghanistan et tout le long du rideau de fer.

Récemment, une grande quantité de Mosin-Nagant a été retrouvée sur les marchés américains d’antiquités et de collectionneurs, car c’est aussi une arme fiable pour la chasse, assez précise et bon marché. On peut actuellement trouver des modèles standard à des prix aux environs de 80 dollars, grâce aux immenses excédents créés par les industries soviétiques pendant la seconde guerre mondiale. Il y a de nombreux modèles pour snipers, mais ils sont beaucoup plus chers, pour peu que l’on arrive à en dénicher un.

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Mosin-Nagant était l'arme de choix (et de nécessité) des snipers soviétiques et finlandais. Le tireur d'élite Vasiliy Zaytsev, fictionnalisé dans "Enemy At The Gates", a utilisé son Mosin-Nagant pour abattre 242 soldats en quatre mois. Sa petite amie sniper, Tania Chenaya, a fait faire une sieste définitive à au moins 80 Allemands avec son propre Mosin-Nagant. Mais même ces durs à cuire russes, hommes et femmes, n'ont pas pu suivre le super sniper finlandais Simo "White Death" Hayha.

Les Variantes Finlandaises

Après avoir conquis son indépendance, la Finlande acheta de nombreux Mosin à l’étranger, essentiellement des fusils autrichiens et allemands capturés aux Russes pendant la Première Guerre mondiale. Ces fusils, plus vieux, étaient ordinairement rénovés ; cela pouvait être aussi infime que les poinçons de l’armée finlandaise (SA) et une nouvelle bretelle, ou très important comme une refonte totale avec de nouveaux montages, organes de visée, détentes et un canon plus précis en diamètre 308 et non 311.

L’armée finlandaise ainsi que la Garde Civile conçurent et produisirent plusieurs nouveaux modèles de Mosin-Nagant, utilisant les chargeurs français, russes et américains. La Finlande n’a jamais produit de chargeurs et prenait ceux des stocks de fusils achetés ou capturés. Pendant la Guerre d’Hiver entre 1939 et 1940, et jusqu’en 1944, la Finlande aura pris à l’ennemi des quantités gigantesques de Mosin. La Finlande a tout de même acheté à l’Espagne les fusils restants de la guerre civile d’Espagne et des stocks de l’Allemagne nazie.

L’armée finlandaise a continué à rénover et à redistribuer les Mosin-Nagant bien après que la guerre contre l’URSS fut achevée. Il y a des M-39 avec des canons qui datent du début des années 1970, à l’époque où ils étaient fournis comme fusils d’entraînement. Les modèles finlandais étaient identifiés par les nombres : M/91-M24 « fusil de Lotta », M27, M28, M28-30 « Pystykorva » (pointu) et M39 « Ukko-Pekka ».

  • M/91-M24 « fusil de Lotta »
  • M27
  • M28
  • M28-30 « Pystykorva » (pointu)
  • M39 « Ukko-Pekka »

Les Mosin-Nagant finlandais sont réputés pour leur précision et pour la fiabilité qu’on peut leur accorder. Le modèle M39 est le Mosin le plus abouti tant par son ergonomie (crosse pistolet) que par sa qualité de finition et sa précision. Les organes de visée sont équivalents aux meilleurs fusils de l’époque (MQ 31 suisse), finement réglables en tous sens et la détente d’une franchise parfaite.

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Le M-28 Finlandais

Le M-28 fut l'arme qui devait remplacer les vieux M-24 (le "Lotta Svard rifle") au sein de la Suojeluskunta (garde civile) et répondre au nouveau M-27 dont l'armée finlandaise venait de se doter. Le résultat donna l'une des armes les plus précises dont les Finlandais ont été capables. Rien, en apparence, de bien spécial: une action octogonale provenant d'un Mosin-Nagant M-91 russe capturé pendant les guerres précédentes, certaines antérieures à 1917.

Un canon provenant soit de chez S.I.G. en Suisse (les plus fréquents) ou de chez Tikka ou Sako (les plus rares) et une crosse, recyclée, pour la plupart, à partir de vieilles crosses de M-91 raccourcies à dimension et revues pour le canon de plus gros diamètre. Une mire arrière modifiée à partir de la Konovalov classique mais dotée d'une planchette réglable en dérive, une bande de canon plus large fixée à travers le bois par un boulon, un nouveau design de pare-main plus robuste et une attache de baïonnette mono-pièce plus massive que celle du M-27.

La mire avant à l'allure caractéristique comporte des oreilles protectrices qui donneront le nom à ce fusil: "Pystikorva" ou "Oreilles de Spitz", sorte de chien de traîneau local. Elle diffère légèrement de celle du M-27 par la forme légèrement incurvée vers l'extérieur de ses oreilles et par le placement à l'avant de la vis de blocage de la lame.

Le Mosin-Nagant M39

Le M39 chambre et tire sans le moindre doute la cartouche Russe 7.62x54R! Cela vient des variantes précédentes M27/M28 et compagnie qui avaient, pour beaucoup ( car on ne va pas rentrer dans le détails ), des canons en 309 avec un free bore court ne permettant de chambre que la cartouche Finlandaise D46. Pour le M39, le problème ne se pose même pas. Le boitier ainsi que le canon sont de fabrication Finlandaise ( sur mon arme, il s'agit de l'arsenal SAKO, connu aujourd'hui pour les Tikka et Sako TRG notamment ).

La crosse est également entièrement retravaillée et renforcée comparativement au 91/30. On peut d'ailleurs y apercevoir une enture sous le talon de crosse ainsi qu'à la jonction sous le garde-main, c'est normal! C'est d'origine sur tous les M39, les finlandais ont retravaillé totalement les bois pour les rendre plus solide et resserrer également la partie interne ( pour éviter la vibration du canon ).

Les Modèles 91/30 Finlandais

Les finlandais sont surtout connus pour leurs modèles 1891 (arme avec hausse russe en archines remise en mètres et plus longue que le 91/30), 1924, 1927, 1928 et 1939 tous basés sur des armes russes souvent re canonnées avec des canons d’abord belges puis finlandais. Mais, fin 43 et en 1944, devant les énormes besoins de la Guerre de Continuation (désignation finlandaise du conflit qui les a opposé à l’URSS de juin 1941 à septembre 1944), Tikka a relancé une série de moins de 30.000 armes au standard 91/30 en rassemblant des pièces de 91/30 russes capturés durant la seconde guerre mondiale avant de les re canonner. Ce sont les seuls et uniques modèles 91/30 finlandais existant.

Notre exemplaire a été cannonné par Tikka et porte la marque « 1944 » comme il se doit pour ce peu courant lot d’armes. Il porte aussi la mention « SA » (qui désigne l’armée finlandaise) et la marque et le logo de son arsenal Tikkakoski soit « Tikka ». 95% de ces armes sont basées sur des boitiers russes hexagonaux et portent la date 1944. Seuls une poignée d’armes 91/30 de ce lot datées « 1943 » ou à boitiers ronds sont connues. L’arme a été renumérotée (culasse et canon) lors de son assembage finlandais et les numéros russes ont été biffés.

Conseils d'achat

Il n'y a rien de magique à choisir un bon Mosin-Nagant. Trouvez-en un avec un bel alésage brillant qui n'a pas l'air trop abîmé et vérifiez que la détente fonctionne correctement.

Si c'est pour du tir, le plus important c'est de pouvoir l'essayer, car tous les Mosins ne se valent pas, et c'est imprévisible sur photos. Un beau Mosin avec un canon brillant ne sera pas forcément celui qui tire bien. De meme avec les détentes, cela va du passable au catastrophique, et c'est un paramètre clef pour le tir, qui ne se juge qu'en tirant avec.

Caractéristiques techniques

Selon la longueur du canon, le Mosin-Nagant conduit généralement une balle de 147 grains à une vitesse de 2852 à 3182 km/heure. Certaines cartouches sont munies d'un noyau de balle en acier doux. C'est interdit dans certains clubs de tir, car ces cartouches percent pratiquement tout.

Munitions

Les munitions 7.62x54R en surplus sont fabriquées avec des douilles en acier et des amorces corrosives de type Berdan. Un autre conseil crucial : les amorces corrosives exigent que vous nettoyiez votre fusil un en profondeur avec un produit à base d'ammoniaque immédiatement après le tir.

Nettoyage et entretien

Nettoyer un Mosin-Nagant n'est pas difficile et ne prend pas beaucoup de temps.

Confort de tir

En matière de confort de tir, le Mosin-Nagant n’a pas vraiment été fabriqué dans cette optique. La chose la plus favorable que l'on puisse dire à propos de ces fusils est que l'on ne risque pas de les briser par accident. Comme la plupart de ses contemporains, le Mosin-Nagant arbore une poignée de verrou plutôt maladroite qui sort directement du récepteur à 3 heures, au lieu de se pencher vers le bas avec grâce.

Le Mosin-Nagant n'est pas aussi maniable qu'un Lee-Enfield, et n’est pas non plus un chef-d'œuvre de l'horlogerie allemande comme un Mauser. Le mécanisme de "sécurité" du Mosin-Nagant n'est pas seulement mal faite, c’est aussi un échec de conception inutile. Pour le désengager, il faut procéder à la même manipulation de broyage des articulations ! mais à l'envers... C'est un défi pour les grimpeurs aux doigts de fer, difficile pour les hommes mortels et complètement impossible pour ceux qui souffrent d'arthrite. Ses organes de visées ouvertes et robustes sont calibrés de façon optimiste à 1,5 ou 2,5 kilomètres.

Les modèles de carabines (M38 et M44) sont plus difficiles pour tirer en raison de leur rayon de vision plus court, mais bénéficient d'un maniement beaucoup plus facile. Le recul perçu par le tireur dépend du type de Mosin que vous utilisez. Sans coussin de recul, les M38 et M44 donnent des coups de pied comme des balles rayées en 12G. Quoi qu'il en soit, la crosse sous-dimensionnée et la plaque de couche en acier n'arrangent pas les choses. Vous aurez besoin d'une plaque de couche anti-recul.

Précision

J'ai tiré plusieurs centaines de coups avec divers Mosin-Nagant russes, longs et courts, avec des visées ouvertes et des optiques. Un bon Mosin peut tirer sur des groupes de 3″ à 100 verges (≈ 90 mètres) avec une munition de surplus. Un mauvais tireur ne gardera pas cinq tirs sur une boîte de pizza Domino's.

Fiabilité

Vous ne trouverez pas d'arme à feu plus robuste ou plus fiable sur terre. Mis à part les piètres détentes et les canons maltraités, que vous découvrirez avant l'achat, le seul défaut fonctionnel commun est l'extraction difficile une fois que l'arme a chauffé.

Le 7.62x54R est une cartouche à bourrelet, c'est ce que signifie le "R". Si le bourrelet permet une extraction plus facile des douilles usagées, elle nécessite en revanche une attention particulière lors du chargement.

Personnalisation

Le Mosin-Nagant a un charme naturel, mais aussi pas mal de défauts. Ce n'est qu'une question de temps avant que vous ne commenciez à vous demander comment vous pourriez l'améliorer un peu. Le marché des pièces de rechange Mosin-Nagant étant florissant, vous pouvez aisément transformer votre fusil de base en fusil de chasse moderne ou en fusil de tireur d'élite "Tacticool". Vous finirez par perdre entre 400 euros et 500 euros sur une arme de 70 ans.

Cela dit, certains des défauts du Mosin peuvent être corrigés à peu de frais. La sécurité, le levier de culasse et la détente peuvent être collectivement améliorés pour environ 120 euros. Vous pouvez si vous le souhaitez effectuer un travail d’armurier sur votre détente avec un polissage des pièces pour réduire les frottements. Monter une lunette sur un Mosin est délicat.

Ne soyez pas tenté de mettre un frein de bouche de type AK sur votre M38 ou M44. Tout d'abord, ils rendent ces armes encore plus bruyantes. Ils ont une attache trop faible au guidon.

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