Le choix des armes est un des sujets qui déchaîne les passions et fait débat dans le milieu des tireurs. Pourtant, le choix d'une ou plusieurs armes à feu dépend avant tout de VOTRE CAS personnel.
Par conséquent, ce n'est pas forcément celui du voisin et encore moins celui d'un individu qui ne vit pas dans le même pays avec des lois et des coutumes différentes. Voici un article de synthèse qui vous donne des principes et des idées pour vous aider dans vos choix en rapport aux armes à feu dans le cadre du tir sportif.
Attention, cette réflexion va sortir de la DOXA dominante "survivor-mytho" qui consiste à s'armer comme un soldat alors que le citoyen tireur sportif n'est pas soldat et encore moins un commando Navy Seal (l'habit ne fait pas le moine).
NB : cet article est assez long. Pourquoi ? Parce que je n'ai pas envie d'y revenir 36 fois. En effet, le tir sportif est UN seul petit domaine - optionnel - du survivalisme pragmatique et il y a des trucs bien plus résilients et urgent à prendre en compte avant de polémiquer sur telle ou telle choix d'arme à feu.
Une arme - moderne - ne tire PAS toute seule (toutefois, une vielle arme non entretenue est une mécanique susceptible d'être dangereuse, notamment avec les armes à culasse ouverte non calée, comme une mitrailleuse ou certains pistolets-mitrailleurs PM).
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Cela dit, une arme à feu est un objet inanimé qui n'a pas de volonté propre. Ça reste un objet au même titre qu'un couteau de cuisine par exemple. Est-ce que le couteau vous saute dessus pour vous piquer/couper ? Non.
Les armes à feu sont des objets inanimés comme des autres, au même titre qu'un pistolet à colle, un pistolet à silicone, une visseuse ou encore un sèche-cheveux.
En revanche, l'humain qui s'en sert peut potentiellement être (très) dangereux, à commencer pour lui-même et son entourage (inconscient, incompétent, non formé, dépressif, problèmes neuro/physique, etc.).
D'ailleurs, si quelqu'un veut faire le mal, il trouvera toujours un moyen, pas forcément besoin de pistolet ou de fusil d'assaut. L'attentat du 14 juillet 2016 à Nice est malheureusement là pour le rappeler.
Attention, ce qui suit peut éventuellement choquer les plus fragiles émotionnellement d'entre vous (oui, oui, de nos jours, les mots choquent facilement).
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Vous voyez bien que ce n'est pas exactement la même chose en termes de préparation mentale et de drills (entraînements basés sur la répétition). Oui, les armes sont utilisées comme moyen de dissuasion, de défense par les forces de l'ordre. Et oui, il y a parfois des erreurs.
C'est pareil pour tout le monde, sauf qu'ici les conséquences sont vite dramatiques. C'est pourquoi, dans l'univers professionnel, les armes à feu sont réservées au personnel ayant reçu une formation pratique psychologique et institutionnelle (aspects légaux etc.).
Au cours de l'histoire, les armes n'étaient pas interdites, au contraire. Avoir une partie du peuple armée permettait d'opposer de la résistance lors des invasions.
Les armes étaient surtout interdites lors des périodes d'occupation car l'arme à feu est une réponse très efficace du faible face au fort, peut-être même la seule réponse comme nous l'enseigne l'histoire.
On parle souvent de la constitution américaine qui a son amendement spécial sur les armes. Cela n'a pas été le cas lors de la France, car à l'époque cela semblait tellement évident qu'il était inutile de l'inscrire dans la constitution.
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Je vous invite à lire ce petit article de l'UFAA qui vous explique cela. Après la révolution, cette notion d'armement a évolué : l'idée était toujours d'être armé pour se protéger d'invasions extérieures, mais désormais, il était aussi question d'ennemis intérieurs, (comprenez, pour éviter d'être asservis par des dirigeants déviants).
Évidemment, depuis les temps se sont calmés, le contexte a changé. La plupart des États estiment gérer correctement la situation et que les armes sont dorénavant plus un danger qu'une protection pour les citoyens.
Néanmoins, dans l'histoire, même récente, les dirigeants prennent peurs que lors de gros mouvement contestataires tel que Mai 68, les citoyens pourraient se rebeller contre une République. Même s'il n'était peu ou pas question d'armes, il convient alors de favoriser le rapport de force en faveur de l'État en désarmant petit à petit la population.
Cela a dû être fait de bonne foi pour le bien collectif. Mais ces décisions ont-elles étaient prises avec recul et avec l'éclairage des leçons passées?
Grossièrement, en termes d'ordre de grandeur, voici les principaux détenteurs d'armes en France:
*****Ces chiffres ne peuvent pas être additionnés pour obtenir le nombre de possesseurs d'armes sachant qu'une même personne peut entrer dans plusieurs catégories. Exemple avec un policier qui chasse et fait du tir sportif : 1 seul possesseur, 3 comptages...
À noter: La législation sur les armes se durcie régulièrement sur ce que chasseurs et tireurs sportifs peuvent détenir comme matériel ou munitions. Évidemment, la délinquance n'est par définition pas impactée par ces renforcements.
En prenant le premier site venu pour avoir une répartition des morts par armes, je tombe sur le site du quotidien Libération. Les chiffres sont de 2014, mais globalement les répartitions sont semblables : 1102 suicides, 379 "indéterminés", 89 homicides et 24 accidents.
Décès indéterminés sont donc : suicides ou homicides ou accidents, mais l'enquête n'a pas permis de trancher. Si on réinjecte ces 379 morts dans les autres catégories par prorata, on obtient alors :
| Type de décès | Nombre de cas |
|---|---|
| Suicides | 1400 |
| Homicides | 113 |
| Accidents | 31 |
Maintenant si on interprète les chiffres :
Pour revenir sur le sujet de l'utilisation d'une arme par les professionnels tels que les forces de l'ordre, il faut voir l'arme comme un outil parmi leur panoplie, au même titre que les menottes ou la radio.
Pour avoir une comparaison plus grand public, prenons l'exemple de l'extincteur : Dans une situation critique de départ de feu, ce sont les premières secondes et minutes qui font une énorme différence. L'extincteur fait la différence entre avoir plus ou moins de dégâts ou tout perdre.
Pourtant, pour la majorité des personnes qui ont un extincteur, cet appareil sera resté à prendre la poussière toute sa vie sans jamais servir. Avec l'arme à feu, c'est exactement le même principe. Certains estiment qu'il vaut mieux l'avoir et ne jamais à avoir s'en servir sur un agresseur qu'en avoir besoin pour défendre sa vie et ne pas en avoir sous la main. Si vous en doutez, c'est que vous avez la chance de n'avoir jamais été confronté à de telle situation, et de ne pas exercer ces métiers à risques. Et ce n'est pas parce que ça ne vous est jamais arrivé que ça n'arrive pas à d'autres par milliers.
Il faut aussi garder à l'esprit qu'une arme reste aussi un excellent moyen de dissuasion. La plus part des malfrats recherchent des cibles faciles. L'exemple parfait c'est que les cibles les plus fréquentes sont les personnes isolées, les personnes âgées, et pas les bodybuilders...
Un malfrat cherche avant tout la simplicité. Savoir que la personne en face n'est pas disposée à se laisser faire et a les moyens de ripostes change complètement la situation. Personne ne fait le malin en voyant une arme.
Le simple fait de savoir que la personne en face de lui est armée contrebalance le rapport de force. Cela dissuade. Or la dissuasion est la principale mission des forces de l'ordre : La prévention plutôt que la punition. Et finalement, la punition est également là pour dissuader...
Donc l'arme est bien un instrument de dissuasion et peut être montré sans pour autant avoir l'intention de s'en servir. Évidement, la suite dépend de la tournure que prennent les événements et surtout du cheminement mental sur l'utilisation d'une arme.
Utiliser une arme, ne serait ce "que" mettre une personne en joue est lourd de conséquences. Il ne faut pas croire que cela se fait "à l'envie".
En effet, lorsqu'un gendarme sort une arme par exemple, il y a en réalité tout un schéma mental d'analyse de l'évolution d'une situation qui se met en place :
La réflexion sur l'utilisation d'une arme est une histoire de contexte : On n'agit pas de la même manière pour un vol, une agression violente type "home-jacking" ou un contexte de guerre civile ! C'est pour cela que tous les agents portent des armes, mais la décision de s'en servir reste leur CHOIX. Et pouvoir choisir est un luxe selon le contexte.
Bref, utiliser une arme contre une personne demande de la réflexion en amont, et à l'instant. Nous ne sommes plus au far-west hollywoodien où l'on sort un colt à la moindre contrariété !
Dit comme ça, cette affirmation vous parait évidente, n'est-ce pas ? Pourtant, ce n'est pas aussi simple que ça.
J'explique rapidement : Les USA sont le pays des excès, et cela se vérifie aussi dans l'approche "survivor" (bunker, giant burger, gros 4x4 tactical et milices armées par exemple). Ok, je grossis un poil le trait, mais vous voyez certainement le tableau.
Et il faut prendre en compte que l'accès aux armes à feu est relativement facile dans la plupart des états du pays (Mais avec la Californie par exemple, c'est plus restrictif qu'en France). Certes, on n'achète pas une arme comme on achète un paquet de chips, mais c'est aisé pour le citoyen US sans condamnations qui vit dans les états appropriés.
Et qui plus est, ils ont une ÉNORME culture des armes à feux et de la défense personnelle qui est inscrite dans leur constitution. En effet, dans la mentalité américaine, le but d'une arme est la protection personnelle et de la défense du domicile.
En outre, les USA sont un pays guerrier par nature. C'est un fait très facilement vérifiable via le record absolu de guerres fomentées. Tous ces points marquent une différence MAJEURE sur l'état d'esprit et la pratique qui en découle.
Réponse : du soldat US bien entendu. Et tant qu'à faire, il va copier l'élite de l'armée et non pas le troufion de base d'une unité lambda 😉 C'est humain, on fait tous pareils.
Bref, (gros) marketing aidant, le survivor US se retrouve à s'identifier aux Navy Seal (très à la mode au point que c'est presque devenu une marque), au soldat de l'USMC et autres unités de Rangers ou SWAT teams (police). Tout cela est amplifié par YouTube avec un florilège de chaines orientées "tactical".
Mais le point suivant marque une différence évidente et notable : le tireur sportif Américain est-il un soldat US ? Réponse : non.
Certes, il a la ressource législative pour s'en rapprocher avec les armes à feu et le tir via une culture des armes importante, club de tir à foison (y compris avec des formations de tir de combat avec peu de restrictions) et permit de port d'arme dans la plupart des états (CCW/Concealed Carry Weapons). Toutefois - et malgré ces "avantages" - vous conviendrez qu'un citoyen US n'est toujours PAS un soldat.
Encore une fois, il ne faut pas confondre les besoins d'un pro et d'un civil lambda. Le cahier des charges est complétement différent. Un soldat évolue en unité constituée (groupe, section, compagnie), il travaille directement pour l'état/gouvernement et il bénéficie d'un entraînement et d'un soutien logistique très important. Absolument tout l'inverse d'un citoyen, état d'esprit survivaliste ou pas. Et encore moins un citoyen français.
La 1ère image est la caricature typique d'un survivaliste qui descend dans la rue en cas de SHTF (Shit Hit The Fan = situation dégradée de perte de la normalité) comme s'aiment à s'imaginer les médias et certains mythos airsofteurs et collectionneurs de patchs. La seconde image colle beaucoup plus à la réalité.
De qui s'inspire le tireur Français ? Réponse : Eh bien, il s'inspire du tireur tacticool US. La boucle est bouclée 😉 Néanmoins, il est vrai que le cliché véhiculé par Hollywood, est d'être apte à protéger notre domicile, notre famille, nos voisins et pourquoi pas le président...Et cela passe par une collection d'armes de guerres et toute la panoplie de gadgets qui va avec. Cela a beau être du ciném...
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