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Les grands gibiers occupent une place centrale dans l’écosystème forestier et dans l’imaginaire collectif des chasseurs. Ces imposants mammifères, symboles de force et de majesté, jouent un rôle crucial dans la biodiversité de nos forêts tout en représentant un défi pour la gestion cynégétique. Du majestueux cerf élaphe au robuste sanglier, en passant par l’agile chevreuil, ces espèces façonnent nos paysages et nos traditions.

Leur présence soulève des questions importantes sur l’équilibre entre préservation de la nature et activités humaines, notamment agricoles et sylvicoles. Cette catégorisation a des implications importantes pour la chasse, la gestion des populations animales et la protection de l’environnement. Il est important de noter que cette classification a des répercussions directes sur les pratiques de chasse.

Espèces Emblématiques du Grand Gibier en France

Parmi les grands gibiers présents en France, certaines espèces se distinguent par leur importance écologique, leur valeur cynégétique ou leur place dans l’imaginaire collectif.

Le Cerf Élaphhe (Cervus elaphus)

Le cerf élaphe (Cervus elaphus) est sans conteste l’un des animaux les plus emblématiques des forêts françaises. Avec sa stature imposante et ses bois majestueux, il incarne la noblesse de la faune sauvage. Le cerf joue un rôle écologique important en tant qu’herbivore, façonnant la végétation forestière par son broutage. Le brame du cerf, qui a lieu à l’automne, est un spectacle naturel fascinant qui attire de nombreux observateurs.

La population de cerf élaphe reste en général faible sur le département par rapport à sa capacité d’accueil. Ce dernier se déplace vers les régions de Gray et de Pesmes. Une autre population, située entre Villersexel et Héricourt, a connu ses premières attributions il y a onze ans. Cette population a été isolée par la construction de la LGV. Aujourd’hui, très peu d’animaux sont observés dans les massifs au nord de la ligne, la connexion ayant été interrompue avec ceux situés au sud. 733 cerfs ont été prélevés au cours la saison 2022/2023.

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La forêt de Fontainebleau, située à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, abrite une importante population de cerfs élaphes. Le broutage des cerfs influence la structure de la végétation, créant des ouvertures dans le couvert forestier qui favorisent certaines espèces végétales et animales. Cependant, une densité trop élevée de cerfs peut aussi avoir des effets négatifs, notamment sur la régénération naturelle de la forêt.

Le Sanglier (Sus scrofa)

Le sanglier (Sus scrofa) est une espèce dont la population connaît une expansion significative en France depuis plusieurs décennies. Cet omnivore robuste s’adapte à une grande variété d’habitats, des forêts profondes aux zones périurbaines. Les dégâts causés par les sangliers aux cultures sont un sujet de préoccupation majeur pour les agriculteurs et les gestionnaires de la faune. En 2020, on estimait que ces dégâts coûtaient environ 60 millions d’euros par an en France.

La Sologne, vaste région naturelle située au centre de la France, est particulièrement touchée par les dégâts causés par les sangliers. Les dégâts occasionnés par les sangliers dans les cultures de la Sologne sont considérables. En 2019, on estimait que ces dégâts représentaient plusieurs millions d’euros pour la seule région Centre-Val de Loire. Face à cette situation, diverses mesures ont été mises en place : augmentation des quotas de chasse, installation de clôtures électriques autour des parcelles les plus sensibles, création de zones de dissuasion.

Le Chevreuil (Capreolus capreolus)

Le chevreuil (Capreolus capreolus) est le plus petit des cervidés européens. Agile et discret, il fréquente les lisières forestières et les zones de bocage. La gestion des populations de chevreuils est essentielle pour maintenir un équilibre entre la régénération forestière et la présence de cette espèce appréciée des chasseurs.

Le Chamois (Rupicapra rupicapra) et l'Isard (Rupicapra pyrenaica)

Le chamois (Rupicapra rupicapra) dans les Alpes et l’isard (Rupicapra pyrenaica) dans les Pyrénées sont des espèces emblématiques des massifs montagneux français. La chasse au chamois et à l’isard est considérée comme l’une des plus sportives et exigeantes. Elle nécessite une excellente condition physique et une connaissance approfondie du terrain montagneux.

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Dans les Alpes françaises, la présence du chamois constitue un atout touristique non négligeable. Des circuits d’observation de la faune sauvage ont été mis en place dans plusieurs parcs naturels alpins, offrant aux visiteurs la possibilité d’observer les chamois dans des conditions respectueuses de leur tranquillité. L’impact économique de cette forme de tourisme nature est significatif.

Habitats du Grand Gibier en France

Les grands gibiers occupent une variété d’habitats en France, chaque espèce ayant ses préférences en termes d’environnement.

  • Les grandes forêts domaniales françaises, comme celles de Compiègne, de Fontainebleau ou de Rambouillet, constituent des habitats privilégiés pour les cerfs et les chevreuils. Dans ces écosystèmes forestiers, les cerfs et les chevreuils jouent un rôle écologique important. Leur broutage influence la structure de la végétation, favorisant certaines espèces végétales au détriment d’autres.
  • Le sanglier, espèce particulièrement adaptable, trouve dans les zones agricoles un terrain favorable à son expansion. Les cultures de maïs, de blé ou de pommes de terre constituent pour lui une source de nourriture abondante et facilement accessible. La présence de sangliers dans les zones agricoles soulève des questions complexes de gestion de l’espace rural.
  • Les massifs montagneux français, notamment les Alpes et les Pyrénées, abritent des espèces de grands gibiers spécifiquement adaptées à ces environnements difficiles. Ces animaux jouent un rôle écologique important dans les écosystèmes d’altitude. Leur présence contribue à maintenir une certaine ouverture des milieux en altitude, favorisant ainsi une biodiversité spécifique.

Gestion Cynégétique : Équilibre et Défis

La gestion cynégétique des grands gibiers en France repose sur un équilibre délicat entre préservation des espèces, maintien de la biodiversité et limitation des dégâts aux activités humaines. La gestion cynégétique moderne doit concilier les intérêts écologiques, économiques et sociaux. L’impact des grands gibiers sur leur environnement et sur les activités humaines est multiforme et parfois contradictoire. D’un côté, ces espèces jouent un rôle écologique important, contribuant à la biodiversité et au fonctionnement des écosystèmes.

Le Plan de Chasse

Le plan de chasse est l’un des principaux instruments de gestion des populations de grands gibiers. Il définit, pour chaque espèce et chaque territoire, le nombre d’animaux pouvant être prélevés durant une saison de chasse. La mise en place de ces plans de chasse nécessite une collaboration étroite entre les différents acteurs : chasseurs, naturalistes, agriculteurs, forestiers et autorités locales.

Les grands gibiers sont soumis à des plans de chasse spécifiques, qui déterminent le nombre d’animaux pouvant être prélevés chaque année dans une zone donnée. Cette classification n’est pas figée et peut évoluer en fonction des changements dans les populations animales ou des nouvelles réglementations.

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Rendu obligatoire en France en 1978, pour certaines espèces, le plan de chasse assure le développement durable des populations de gibier et préserve leurs habitats, en conciliant les intérêts agricoles, sylvicoles et cynégétiques. Dans ce contexte, les chasseurs ont obligation de recueillir des données sur l’état des populations de gibier et de suivre leur tendance d’évolution : observations de terrain et résultats de comptages. Ces derniers précisent le nombre minimal et maximal de prélèvements autorisés afin de participer à une gestion équilibrée des animaux et des cultures agricoles ou forestières.

Toutes les espèces de gibiers peuvent être soumises à plan de chasse. Pour les autres espèces (lièvre, faisan, perdrix grise), l’application d’un plan de chasse peut être décidée par le Préfet sur demande du président de la fédération départementale des chasseurs sur tout ou partie du département. Elle ne peut être déposée que par la personne physique ou morale (société de chasse, ACCA, etc.) détenant le droit de chasse sur le territoire concerné. Lors de l’instruction de la demande, la Fédération des Chasseurs peut exiger du demandeur qu’il justifie de son droit de chasse. Toutefois, lorsque le contrat de location ou de mise à disposition gratuite du droit de chasse le prévoit expressément, la demande est faite par le propriétaire ou son mandataire.

Comment fonctionne le plan de chasse :

  1. demande à la Fédération Départementale des Chasseurs un nombre d’animaux à prélever sur son territoire pour la saison de chasse à venir.
  2. recueille toutes les demandes et organise des consultations nécessaires à la préparation des plans de chasse .
  3. au vu de l’avis de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage des minima et maxima de prélèvements à faire dans le département ou par unité de gestion des espèces ainsi que des modalités d’application du plan de chasse.
  4. décide des plans de chasse individuels pour chaque territoire en ayant recueilli les avis nécessaires (étape 2) en respectant les fourchettes préfectorales (étape 4).
  5. auprès de la Fédération Départementale des Chasseurs. Le détenteur du plan de chasse, muni de sa décision d’attribution, doit retirer les bracelets accordés auprès de la FDC.

Les attributions, suite aux demandes de plan de chasse, font l’objet d’une seule décision. Toutefois, concernant le sanglier, une attribution supplémentaire est possible, sur la base de demandes complémentaires. Ces demandes sont légitimes dès lors que l’attribution initiale se révèle notoirement insuffisante.

Chaque animal tiré dans le cadre du plan de chasse attribué par la Fédération départementale des Chasseurs doit être marqué d’un bracelet à l’endroit même où il a été tué avant tout déplacement de celui-ci. Il est interdit de transporter le gibier sans avoir posé ce bracelet qui comporte un code assurant la traçabilité de l’espèce. Il identifie le gibier et sa classe d’âge. Une couleur unique est fixée annuellement par arrêté ministériel. Il convient donc que le chasseur porte toujours sur lui le(s) bracelet(s) qu’il a commandé(s) en accord avec le plan de chasse qui lui a été notifié par arrêté individuel d’attribution.

Le nombre d’animaux à prélever est fixé pour un détenteur et un territoire déterminé : les animaux figurant sur un plan de chasse ne peuvent en aucun être prélevés sur des parcelles non comprises dans ce plan de chasse. Toutefois, la réglementation offre la possibilité aux bénéficiaires de plans de chasse individuels de gérer ensemble leurs territoires : on parle alors de mutualisation des bracelets accordés à chacun des intéressés. Les intéressés informent le président de la fédération départementale des chasseurs par lettre recommandée avec accusé de réception.

Techniques de Chasse au Grand Gibier

La chasse aux grands gibiers requiert des techniques spécifiques, adaptées aux comportements et aux habitats de chaque espèce.

  • La battue est l’une des techniques les plus couramment utilisées pour la chasse au grand gibier, particulièrement pour le sanglier et le cerf. Elle implique un groupe de chasseurs postés et des rabatteurs qui poussent le gibier vers les tireurs.
  • La chasse à l’approche, plus discrète, est souvent pratiquée pour le chevreuil ou le chamois. Elle consiste à s’approcher silencieusement de l’animal pour l’observer et éventuellement tirer.
  • L’affût est également une méthode populaire, particulièrement adaptée à la chasse au cerf pendant la période du brame. Le chasseur se poste dans un endroit stratégique, souvent en hauteur, et attend le passage du gibier.
  • La chasse à courre, bien que controversée, reste pratiquée dans certaines régions de France. Cette méthode ancestrale consiste à poursuivre l’animal avec une meute de chiens jusqu’à son épuisement.

Quelle que soit la technique employée, la chasse aux grands gibiers nécessite une connaissance approfondie de l’animal chassé, de son habitat et de son comportement.

Les modes de chasse au grand gibierIl existe une grande diversité de modes de chasse en Gironde qui évolue au gré des règlementations en vigueur.La battue est le mode de chasse pour le grand gibier le plus pratiqué et un des plus anciens. Au fil des années, d’autres pratiques tout aussi anciennes ou plus récentes sont pratiquées assidûment par un bon nombre de chasseurs de grand gibier.

Les différents modes de chasse en Gironde :

  • La battue : Ce type de chasse représente le mode de chasse le plus répandu en Gironde. Il est très ancien, il tire ces origines du temps des Gaulois. Il consiste à définir une parcelle de chasse (enceinte) et à répartir dans les limites de celle-ci des chasseurs postés. Une équipe (les piqueurs et ses chiens se mettant sur la voix du gibier) débusque le gibier avec des chiens à l’intérieur de la parcelle. Le gibier est tiré par les chasseurs postés à l’extérieur et autour de la parcelle. Cette technique, très efficace, a perduré dans le temps avec l’accroissement du cheptel à prélever. La tradition en Gironde comme dans le grand Sud Ouest est de chasser avec des grands chiens courants. Pour le sanglier du 15 août au dernier jour de février.
  • Approche et affût : Cette chasse se développe au fil des années dans le département. Cette pratique permet de répondre à des problèmes de développement localisés du grand gibier en zone périurbaine, à fort dégâts, et de réaliser du tir sélectif. Ce mode de chasse représente donc peu de prélèvements par rapport à l’ensemble du tableau de chasse départemental. Le tir à l’approche consiste à rechercher en silence sur un territoire donné, un animal afin de l’approcher et de pouvoir le tirer dans les meilleures conditions. Pour l’affût, le chasseur se dissimule au sol ou dans un mirador, en lieu qu’il sait régulièrement fréquentés par les animaux. Ces chasses se pratiquent en Gironde du 1er juin pour le tir du chevreuil à l’approche et du sanglier à l’affût jusqu’au 28 février. Le tir du cerf à l’approche et/ou à l’affût est autorisé à compter du 1er septembre.
  • Vénerie : Héritage également très ancien, autrefois réservée exclusivement à la noblesse, la vénerie est aujourd’hui pratiquée par tous les initiés, toujours aussi nombreux et passionnés. Le département n’échappe pas à cette règle. La vénerie est un mode de chasse typiquement français qui consiste à rembucher, attaquer, poursuivre et forcer un animal en particulier à l’aide d’une meute de chiens créancés sur l’espèce chassée. La Gironde offre de vastes territoires remarquables pour l’exercice de la vénerie. L’exercice de la vénerie nécessite d’avoir un droit d’attaque négocié avec les détenteurs de droit de chasse. La superficie de ce droit d’attaque est variable selon les espèces chassées : le chevreuil à partir de 20 000 ha, le cerf et le sanglier 30 000 ha (lièvre et renard à partir de 10 000 ha). La vénerie en Gironde se pratique du 15 septembre au 31 mars.
  • La recherche au sang : La recherche au sang se développe de plus en plus dans le Sud Ouest de la France. Ce phénomène est perceptible dans le département de la Gironde depuis peu de temps (les années 90). La recherche au sang du grand gibier s’effectue à l’aide d’un chien de rouge dressé pour retrouver les animaux blessés ou morts suite à un acte de chasse. Cette pratique cynégétique fait partie intégrante à la finalisation de l’acte de chasse. Elle est complémentaire et indispensable. Cette recherche résulte donc d’une suite logique de l’acte de chasse et donne une certaine éthique dans le respect de l’animal chassé. Aujourd’hui, réunis en association, les personnes spécialisées dans cet exercice interviennent de plus en plus souvent.Union Nationale des Utilisateurs de Chiens de Rouge (U.N.U.C.R.).
  • La chasse à l'arc : Ce mode de chasse très ancien remontant à l’aire paléolithique a beaucoup évolué avec la modernisation. D’abord remplacé par l’arme à feu, ce n’est que ces dernières années qu’il a connu un nouvel engouement pour la chasse. Face à ce phénomène, la chasse à l’arc a été légalisée en 1995, elle est assimilée à la chasse à tir et concerne tous les gibiers. Le nombre de pratiquants augmente chaque année.

Un autre aspect important de la gestion cynégétique concerne l’aménagement des territoires. La chasse aux grands gibiers est bien plus qu’un simple acte de prélèvement. L’évolution des techniques de chasse reflète également les changements dans notre rapport à la nature et à la faune sauvage. De plus en plus, l’accent est mis sur une chasse éthique et durable, qui participe à la gestion des populations tout en minimisant la souffrance animale. En fin de compte, la chasse aux grands gibiers reste une activité complexe, qui conjugue tradition et modernité, et qui joue un rôle important dans la gestion de la faune sauvage en France.

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