Sous son armature de fer, ce sont d'incessants flux ascendants et descendants: monument payant le plus visité au monde, la Tour Eiffel est avant tout un gigantesque belvédère, où les touristes du monde entier se pressent pour jouir de la vue.
"Le but est de monter le plus vite possible. C'est un circuit, comme un réseau sanguin", décrit Wilhelm Dubelloy, dit "Wim", agent d'accueil à la Tour depuis 13 ans. Toutes les sept à huit minutes, deux ascenseurs à deux niveaux entament leur rotation entre le sol et le 2e étage. Pour poursuivre l'ascension, il faut prendre l'un des "duolifts" qui conduisent au 3e.
Situé à 276m de haut, cet étage attire environ la moitié des quelques 7 millions de visiteurs annuels.
Les agents d'accueil n'échappent pas à cette circulation continuelle. "Il s'agit de ne pas s'ennuyer, de ne pas tomber dans la routine: on change d'activité d'heure en heure, on participe au mouvement", explique Wim. Contrôle des tickets, gestion des plateformes, pilotage des ascenseurs: la quarantaine d'agents travaillant simultanément changent de poste toutes les heures.
Point névralgique de la Tour, les trois ascenseurs publics -dont deux sont installés depuis l'origine, en 1889- font l'objet de toutes les attentions. L'un d'entre eux tombe-t-il en panne, et c'est toute l'activité du monument qui en pâtit, comme en 2012, où la fréquentation a plongé à 5,9 millions de visiteurs. Un quatrième ascenseur est réservé à l'usage exclusif des clients du restaurant Jules Verne, situé au 2e.
Lire aussi: Pourquoi utiliser un tour de cou en airsoft ?
Ralentir, et mieux gérer ces flux, alors que la jauge maximale du 3e étage est de 400 personnes: c'est l'un des objectifs assignés à la rénovation du premier étage de la Tour Eiffel, inauguré lundi par la maire de Paris Anne Hidalgo.
Au programme des travaux qui ont duré deux ans, et coûté 30 millions d'euros: création d'un spectaculaire plancher de verre, reconstruction plus écologique des pavillons d'accueil, modernisation du parcours pédagogique... la Société d'exploitation de la Tour Eiffel (SETE) souhaite que les visiteurs ne viennent plus seulement pour la vue, mais pour la Tour. "Nous ne sommes pas un musée, mais nous avons une histoire", souligne une porte-parole.
Le premier étage, avec ses espaces de restauration et sa boutique, est une halte possible à la descente pour les visiteurs empruntant les ascenseurs. Il l'est à la montée comme à la descente pour les courageux qui prennent l'escalier jusqu'au 2e (671 marches !), un peu plus du cinquième des visiteurs en 2013.
Posté devant l'ascenseur du premier étage, Wim convie les touristes à venir admirer "the new glass platform"-, achevé depuis début septembre. Quelques-uns se laissent tenter, la plupart descendent directement, estimant avoir achevé leur visite.
Le nouveau plancher, qui borde le coeur évidé de la Tour sur une largeur maximale de 1,85m, a pourtant tour pour procurer des sensations... vertigineuses.
Lire aussi: Activités proposées au stand de tir
"L'idée, c'est d'avoir une sensation qui n'est pas celle de la vue, mais celle du vertige, en tout cas de la hauteur et de la transparence", décrit M.
Lundi, le Conseil de Paris a voté à l'unanimité le projet de sécurisation de la Dame de fer, qu'avait révélé Le Parisien. Le projet, conçu par l'architecte Dietmar Feichtinger, prévoit une paroi en verre pare-balles sur deux côtés, côté Seine et côté avenue Gustave-Eiffel.
Les deux autres côtés, sur lesquels se feront les entrées et les sorties avec plusieurs points de contrôle, seront fermés par des grilles métalliques «reproduisant le profil de la tour Eiffel».
Un «dispositif plus large de protection anti véhicule-bélier» sera réalisé avec l'implantation de bornes le long du quai Branly et côté avenue Gustave-Eiffel et la mise en place d'un «dispositif de vidéo-protection», sur le parvis et dans la tour. C'est un dispositif «efficace, beaucoup plus esthétique que les barrières actuelles et qui contribuera à améliorer la qualité d'accueil», a indiqué Jean-François Martins, adjoint au tourisme de la maire de Paris Anne Hidalgo.
Le projet «répond à l'intégralité des prescriptions de la préfecture de police» en matière de sécurité, selon le représentant du préfet de police siégeant au conseil de Paris. L'accès au parvis sera toujours libre et gratuit.
Lire aussi: Formule 1 et Pistolets Pneumatiques
Le conseil a voté deux amendements concernant la réversibilité du dispositif, proposé par les groupes communistes et écologiste. «Nous ne pouvons envisager de nous installer définitivement dans une société de la peur. Depuis 128 ans la Tour Eiffel est accessible elle doit pouvoir le redevenir quand les menaces se seront éloignées», s'inquiétait le président du groupe communiste Nicolas Bonnet Oulaldj dans une lettre envoyée il y a une dizaine de jours à la maire de Paris Anne Hidalgo.
Dans un rapport publié ce 27 juillet, la Chambre régionale de la Cour des comptes (CRC Ile-de-France) épingle sérieusement l’exploitation de la Tour Eiffel.
Troisième monument le plus visité de France derrière le musée du Louvre et le château de Versailles, la Tour Eiffel accueille entre 6 millions et 7 millions de visiteurs chaque année. Connue dans le monde entier, la Dame de fer semble toutefois avoir négligé la qualité de son service d’accueil par rapport aux standards actuels des grandes attractions touristiques, malgré une forte augmentation de ses tarifs.
Une qualité de service qui n’est pas au niveau des grandes attractions touristiques. Dans son rapport d’observations, la Chambre régionale de la Cour des comptes alerte sur une baisse de la fréquentation, laquelle a culminé à plus de 7 millions de visiteurs en 2014 avant de diminuer autour de 6 millions en 2016.
Une chute que la CRC impute à la fois à des temps d’attente trop longs occasionnant une insatisfaction client, des journées de fermeture pour aléas trop nombreuses (12,5% du nombre total de journées entre 2015 et 2018) et une augmentation tarifaire. La CRC regrette du reste qu’il n’existe pas de “données objectives” sur le temps d’attente jusqu’au sommet et invite à faire de ce temps une expérience usager utile.
“Une enquête de satisfaction réalisée en 2018 a montré que 37 % des visiteurs jugent le prix trop élevé au regard de la qualité de la visite ; 29 % des visiteurs ne vont pas au sommet pour une raison de coût. En effet, une nouvelle convention de délégation de service public (DSP) entre la Ville de Paris et la SETE, entrée en vigueur au 1er novembre 2017, a permis une hausse de 47,1 % du prix du billet.
Aussi, en dépit des bons résultats de la fréquentation touristique constatés sur l’ensemble de l’Île-de-France, les années 2018 et 2019 ont connu une forte baisse du nombre de visites de la Tour Eiffel”, pointe la CRC.
Dans sa réponse au rapport d’observations de la Chambre régionale de la Cour des comptes, le directeur de la Sete, Patrick Branco Ruivo se veut encourageant, indiquant q’entre 2018 et 2019, la part d’insatisfaction des visiteurs concernant l’attente sur le parvis a diminué de 8 points.
tags: #tour #eiffel #viseur #fonctionnement