En artillerie, on entend souvent parler de "tir", que ce soit dans les contextes historiques, les manuels ou les instructions. Voici une liste non exhaustive des types de tirs rencontrés jusqu'à ce jour.
Dans la guerre de siège, certaines batteries ont pour mission particulière de ruiner l'artillerie de la place attaquée. Elles dirigent alors exclusivement leur tir sur les pièces placées à ciel ouvert sur les remparts. Ce genre de tir est désigné tir à démonter.
Dans maintes circonstances, on cherche à utiliser les bonds que le projectile fait au-dessus du sol après l'avoir touché une première fois.
Il est effectué avec une ou plusieurs pièces. Le tir se fait à intervalles irréguliers avec une cadence de tir élevée.
Tir visant à accompagner et couvrir une attaque, en effectuant sur des objectifs ennemis des tirs de destruction. Le tir d'accompagnement suit la progression de l'infanterie et permet de neutraliser des objectifs ennemis avant que ceux-ci ne puissent intervenir sur l'infanterie.
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Une batterie, lorsqu'elle ne tire pas, est mise en surveillance. Ce principe permet de garder la batterie en état d'alerte, donc prête à ouvrir le feu à tout moment. Lorsque l'objectif se présente, l'accrochage est créé par l'ouverture du feu.
Tir que l'on nomme également "de préparation". Effectué après quelques contrôles rapides ou quelquefois sans aucune observation. Le réglage s'effectuant au fur et à mesure de la bataille. Tir apparut après les expériences de la guerre 14/18 où ce type de tir a donné de bons résultats par effet de surprise.
Tir exécuté pendant l'attaque pour neutraliser l'ennemi jusqu'à l'abordage par l'infanterie.
Tir permettant d'arrêter une colonne quelconque (infanterie, véhicules, blindés). Le tir d'arrêt est le feu combiné de l'artillerie et de l'infanterie.
Ce tir prolonge à l'intérieur de la position ennemie les tirs d'arrêt d'appui direct. Ce sont le plus souvent des tirs massifs et de courte durée, effectués à cadence rapide et réalisant au minimum la densité de neutralisation.
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Ce tir est exécuté au plus près des lignes amies, leur emplacement est fixé à la demande du chef de l'unité appuyée.
Tir effectué d'après un plan préétablis et suivant l'avance ennemie. Tirs sur avant-postes, intérieur de la formation, etc.
Tir exécuté en obus fumigènes armés de fusées instantanées, créant un rideau de fumée devant l'ennemi. Le tir est débuté à cadence rapide de façon à former au plus tôt un nuage dense qu'on entretient ensuite par un tir lent et régulier dont la cadence varie, pour un calibre déterminé, avec la force du vent. Le tir d'aveuglement devient impossible, si la vitesse du vent dépasse 10 mètres-seconde.
Lorsque l'artillerie n'a pas la possibilité de s'établir sur le prolongement des faces de fortification, ou si la mitrailleuse n'as pas la possibilité de se placer dans le prolongement d'une tranchée, elles s'en rapprochent le plus possible afin de prendre les ouvrages en biais et exécute alors un tir d'écharpe.
Intervient après un tir de réglage. Principe de bombarder une zone par un tir intense durant un temps donné, sans refaire de réglages. Ce tir se doit de neutraliser hommes et matériels, sans qu'aucune contre-batterie ne soit possible de leur part.
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Tir intense visant à encadrer une zone précise, ne donnant pas la possibilité à l'ennemi de s'enfuir.
L'artillerie se place de préférence en prolongement des faces des ouvrages afin de les "enfiler". En fortification de campagne, une mitrailleuse se place en enfilade d'une tranchée, donc dans le prolongement de celle-ci, pour la défendre, ou l'attaquer. On pratique alors le tir d'enfilade.
Tir sur une zone détruite après le tir de destruction. Ce tir se fait à intervalles réguliers et permet de maintenir la position détruite, inexploitable par l'ennemi.
Tir sur une zone d'une certaine quantité d'obus toxique, chargés en Ypérite, afin de contaminer la zone avant l'arrivée des troupes ennemies.
Lorsque qu'une zone a été détruite par notre artillerie en vue d'une attaque, on continue un tir sur cette même zone, en attendant l'attaque, afin d'empêcher l'ennemi d'y reprendre position.
Barrage d'une zone déterminé par un feu intense empêchant l’ennemi de progresser ou de contre-attaquer.
Ce tir n'est pas dirigé vers un objectif déterminé, mais sert à créer un rideau de fumée et de feu, en tirant en avant de l'infanterie et en suivant son déplacement. Le tir s'effectue à environ 200 mètres en avant d'elle.
Tir intense sur une zone relativement étroite.
Ouverture du feu sur une batterie repérée ouvrant le feu, afin de la réduire au silence.
Tir effectué sur une troupe ennemie afin de l'anéantir ou de la neutraliser avant qu'elle déclenche son attaque. La contre-préparation est organisée à l'échelon de la division, d'après un plan établi à l'avance et modifié suivant les renseignements du moment. Chaque groupe reçoit une fraction de la zone à battre, soit 4,5 hectares (pour les groupes à 18 pièces). Elle est calculée de telle sorte qu'en quatre minutes, toute l'étendue de l'objectif soit traitée au minimum à la densité de neutralisation.
Tir effectué sur une troupe ennemie afin de l'anéantir ou de la neutraliser avant qu'elle déclenche son attaque.
Tir effectué avec quelques coups pour observer l'écart par rapport à l'objectif pour en déduire les corrections nécessaires. Il n'y a plus d'effet de surprise.
Il s'agit de détruire un obstacle, un mur, en criblant de projectiles l'obstacle, jusqu'à sa destruction complète.
Tir intense sur un objectif donné pour le détruire. Tir devant être très précis, car grand consommateur de munitions.
Tir obligeant l'ennemi à révéler des batteries et des mitrailleuses qu'il dissimule jusqu'au dernier moment.
Lorsque l'objectif est justiciable d'un tir de groupe, le tir est réglé avec une batterie ou une pièce. Les batteries suivent l'exécution du réglage.
Ce sont des tirs ayant pour but, par un choix judicieux des objectifs et du moment de l'exécution, de causer à l'ennemi le maximum de pertes en le bombardant constamment lors de sa progression ou sa fuite. Il a pour but de créer un sentiment d'insécurité.
Tir contre le personnel, intense, afin de neutraliser une position quelconque, en évitant de détruire le matériel. Tir à obus à balles, à mitraille.
Se dit d'un tir tendu contre un objectif avec la charge maximale que l'on nomme également charge normale. Ex : un canon antichar pratique le tir de plein fouet contre un char.
Tir détruisant les obstacles, organes de feu de l'ennemi pour préparer la progression de l'infanterie. On le trouve plus souvent intitulé "préparation d'artillerie".
Tir lors d'une attaque sur l'ennemi afin de protéger la progression de l'infanterie, en interdisant l'artillerie ou l'infanterie ennemie de riposter. Neutralisation des observatoires, etc.
Tir au-delà du barrage roulant, battant le terrain et des zones dispersées pouvant servir de retranchement à l'ennemi. Le tir de ratissage peut atteindre 500 m de profondeur. Le tir de ratissage est exécuté de préférence "fusant"; il doit empêcher la constitution de noyau de résistance.
Le régimage permet de faire apparaître la perte de vitesse initiale des obus, suite à l'usure des bouches à feu. Dans une batterie, une des pièces est désignée "directrice". Cette pièce effectue des tirs qui seront comparés aux tables de tir. Les autres pièces de la batterie ouvreront le feu dans les même conditions et réglages que la pièce "directrice", leurs tirs seront ensuite comparés.
Tir effectué avec un type d'obus quelquefois fumigène permettant de régler les tirs suivants.
Tir effectué sur un ennemi après qu'il ait bombardé une de vos positions.
Lorsque l'artillerie doit attaquer des cuirasses (marine, fortifications), elle emploie le tir de rupture. Ce genre de tir s'effectue avec des bouches à feu de gros calibre, lançant des projectiles spécialement organisés pour perforer ces cuirasses. Voir également obus de rupture.
Se dit d'un tir d'un très grand nombre de projectiles sur une zone donnée, afin de la rendre invivable ou impénétrable par l'ennemi.
Tir d'accompagnement de l'attaque, après son débouché, par des tirs de soutien immédiat. Ces tirs ont pour but de couvrir au plus près les premiers échelons du dispositif d'attaque et, à cet effet, de détruire ou, à défaut, de neutraliser à l'instant opportun le personnel et les engins de feux ennemis.
Tir sur un objectif n'ayant pas décelé votre présence, la surprise ayant un effet intéressant de panique; difficulté pour l'ennemi de se réorganiser. Tir sans réglages avec une grande densité de munitions.
Tir effectué avec une charge comportant une mini charge désencuivrante constituée d'un alliage de plomb et d'étain. Pour le 75, la charge est de 2g, alors que pour le 155, elle est de 20g.
Se dit d'un tir sur un objectif visible. Le tireur voit l'objectif et peut ainsi pratiquer ce que l'on nomme le tir tendu ou le tir plongeant.
Tir exécuté avec une batterie ou un groupe, tirant à chaque fois, en un temps aussi court que possible, quelques coups par pièce.
Dans certains cas, l'artillerie a pour mission d'ouvrir, dans les murailles de la fortification, une brèche pouvant donner passage aux colonnes d'assaut. Elle fait alors usage d'un genre de tir appelé "tir en brèche.
Tir effectué par une batterie décomposée en deux parties; la 1ère demi-batterie couvre tout l'objectif en faisant du tir progressif; la 2ème demi-batterie couvre tout l'objectif en faisant du tir régressif.
Tir effectué à l'aide d'obus muni d'une fusée à double effet, fusante, à temps. Le principe est d'envoyé un bous sur un objectif et de le faire exploser au-dessus de celui-ci, sans qu'il rencontre d'obstacle.
Se dit d'un tir sur un objectif invisible. Le tireur ne voit pas sur quel objectif, il tire. Le tir direct oblige à pratiquer ce que l'on appelle le tir plongeant.
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