Le maintien de l'ordre et de la paix civile nécessite l'usage de moyens de défense adaptés par les forces de l'ordre. Parmi ces moyens, les lanceurs de balles de défense (LBD) jouent un rôle crucial. Le Flash-Ball, créé par Verney-Carron, s'est rapidement imposé comme une référence grâce à son efficacité et à sa capacité de dissuasion.
Le Flash-Ball est un lanceur de balle de défense qui projette des munitions en caoutchouc de grand diamètre. Ces munitions sont conçues pour ne pas perforer le corps et pour absorber la majeure partie de l'énergie cinétique lors de l'impact, réduisant ainsi le risque de rebond. Les balles utilisées pèsent environ 28 grammes et ont un calibre de 44 mm. La taille et la structure de ces munitions permettent de réduire considérablement la force de pénétration, même avec une énergie cinétique comparable à celle d'un .38 Special.
Initialement, la puissance du Flash-Ball était de 200 joules, mais elle a été restreinte à une moyenne de 150 joules. La balle est propulsée à une vitesse de plus de 400 km/h, ce qui équivaut à l'impact d'un coup de poing d'un boxeur professionnel. Il est recommandé d'utiliser cette arme à une distance comprise entre 7 et 15 mètres, et il est strictement interdit de tirer à bout portant ou de viser la tête.
Le Flash-Ball fait partie de la famille des LBD, qui comprend également d'autres lanceurs comme le Gomm-Cogne. Développé par SAPL, le Gomm-Cogne utilise des calibres différents, généralement 8,8/10 ou 12/50.
Le Flash-Ball est conçu pour être facile à utiliser, ne nécessitant pas de formation particulière. Pour recharger l'arme, il suffit de basculer les deux canons vers l'avant en actionnant la tirette rouge située à l'arrière. Cela permet d'introduire jusqu'à deux cartouches, une par canon. L'armement se fait en tirant les deux chiens extérieurs vers l'arrière. Les organes de visée sont fixes, avec un guidon équipé de fibre optique lumineuse pour une prise de visée plus rapide.
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Pour charger le Flash-Ball, il faut tirer sur le verrou rouge à l'arrière de la carcasse pour basculer les canons vers le bas. Ensuite, il suffit de glisser deux cartouches dans les chambres et de remonter les canons, qui se verrouillent automatiquement. L'arme peut être conservée chargée mais non armée. Pour l'utiliser, il faut tirer les deux chiens pour armer le lanceur et ensuite faire feu en appuyant sur les queues de détente.
Le Flash-Ball est une arme de défense très dissuasive. Son apparence, avec ses deux gros canons noirs, rappelle les images de maintien de l'ordre, ce qui peut calmer les ardeurs d'un agresseur potentiel. Bien qu'il ne dispose que de deux coups, cela peut suffire si l'utilisateur est calme et précis.
Contrairement à certaines affirmations, le Flash-Ball n'est plus utilisé par les forces de l'ordre depuis 2016. Il a été remplacé par le LBD 40, fabriqué par la firme suisse Brügger&Thomet. C’est donc bien le LBD 40 le responsable de nombreuses blessures infligées aux Gilets jaunes.
Le LBD 40 tire des balles de calibre 40 mm, qu'elles soient en caoutchouc, en mousse, assourdissantes, lacrymogènes ou fumigènes. Ces balles tournent sur elles-mêmes grâce à un canon rayé, offrant une meilleure stabilité et précision que le Flash-Ball. Justement, le LBD 40, contrairement à son prédécesseur, se porte à l’épaule, puisqu’il s’accompagne d’un viseur électronique.
Ce dernier est réglé pour une distance de 25 mètres et n’est pas prévu pour être modifié. Cependant, à cette même distance, les tests du bureau de la police relève une distance de 14 cm entre deux impacts de balles venant de tirs consécutifs. Au final, le LBD 40 possède une portée maximale de 50 mètres contre une dizaine de mètres pour le Flash-Ball.
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Les LBD utilisés par les policiers et les gendarmes sont équipés de viseurs électroniques de marque Eotech, réglés au moment de l'usinage et non modifiables. Ces viseurs visent à améliorer la précision, un point faible du Flash-Ball. En 2013 et 2015, le Défenseur des droits avait recommandé l'interdiction du Flash-Ball en raison des blessures graves induites par son imprécision.
En France, la loi n° 2012-304 du 6 mars 2012 encadre le contrôle des armes modernes. D’après le Décret n° 2013-700 du 30 juillet 2013, le Flash-Ball fait partie de la catégorie C.
L’usage d’une telle arme est encadré par la loi : le LBD est utilisé dans le cadre « de la légitime défense », qui prévoit le principe de la proportionnalité. En clair, la réponse policière doit être adaptée à la situation. Le maintien de l’ordre doit également obéir à la règle de « défense du lieu que l'on occupe ». Ces règles s’appliquent autant aux gendarmes qu’aux policiers.
Dans leur riposte, les gendarmes doivent s’assurer de viser plutôt le torse et les membres supérieurs et inférieurs, précise la gendarmerie nationale à 20 Minutes. Avant de tirer, ils doivent « prendre en compte l’environnement de la personne visée afin de limiter les risques de dommages collatéraux ». Enfin, « lorsque les circonstances le permettent », il leur est conseillé d’éviter de recourir au tir « quand la personne en cause présente une vulnérabilité manifeste (âge, blessure…) ».
Les policiers peuvent viser toutes les zones corporelles, car « aucune n’est explicitement interdite ». Ils doivent respecter le principe de proportionnalité énoncé plus haut. Toutefois, la police souligne qu’un tir peut ne pas atteindre l’objectif visé, car « lors d’une manifestation, les gens bougent ».
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Avec une telle portée, on imagine bien que les tirs à bout portant s’avèrent extrêmement dangereux. Ainsi, une note de 2014 signée par les directeurs de la police et de la gendarmerie précise que les victimes risquent des lésions importantes suite à un tir de moins de 10 mètres.
Les tirs au LBD ont entraîné des blessures assez graves chez certains manifestants : éborgnement, fractures du crâne, doigts arrachés… Le torse, les membres inférieurs et supérieurs sont donc les cibles autorisées. Il n’est en aucun cas question de viser la tête.
Une technologie de visée intelligente mise au point par la société israélienne Smart Shooter va être installée à Hebron sur des Flash-ball pilotés à distance. Une arme de dispersion assistée par une intelligence artificielle. Ce nouvel équipement israélien fait polémique ou plutôt son système de visée piloté par une IA.
Développé par la société Smart Shooter, le viseur Smash équipera les systèmes de dispersion de foules des points de contrôle d'Hébron, ville palestinienne de Cisjordanie. Ce projet dévoilé par le quotidien israélien Haaretz est en phase de test. Il vise à détecter les mouvements de foule et tirer très précisément sur les individus considérés comme les plus à risque.
| Caractéristique | Flash-Ball | LBD 40 |
|---|---|---|
| Fabricant | Verney-Carron (France) | Brügger&Thomet (Suisse) |
| Calibre | 44 mm | 40 mm |
| Portée Maximale | 10 mètres | 50 mètres |
| Viseur | Fixe | Électronique (EOTech) |
| Utilisation Actuelle | Remplacé | En service |
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