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Le rechargement est une activité qui demande avant tout du bon sens et du sérieux. Un bon manuel est indispensable, ne serait-ce que pour la méthode à appliquer, et pour progresser, ce qui signifie aller un peu plus loin que reproduire le chargement fonctionnel d'un autre tireur, si l'on souhaite affiner le rechargement que l'on utilise pour tenter d'améliorer éventuellement ses résultats en cible.

Ces résultats dépendent non seulement de la qualité du tireur, mais aussi de l'état et des possibilités de performances de l'arme, surtout s'il s'agit d'une arme réglementaire, ayant un passé, un vécu qui a pu altérer partiellement sa précision, ou qui, tout simplement dès sa conception, n'a pas été conçue pour être une arme de précision et être utilisée par un tireur d'élite.

Donc, pas de panique, un chargement utilisé avec succès par un tireur standard, c'est à dire permettant des résultats honorables et un tir en sécurité (le plus important) est assez facile à reproduire, en suivant la bonne procédure. Les conseils d'un rechargeur expérimenté sont également à rechercher si possible, en parallèle de l'ouvrage sur le rechargement (Malfatti, Geerhbrandt...) que l'on aura acquis.

Le reste est très simple, surtout si l'on s'équipe d'un matériel fiable et simple, lui aussi, une presse mono-station par exemple. L'expérience venant, tout est ensuite possible, si on le souhaite.

Séparation des munitions

Il est bon de commencer par le début et de bien séparer les munitions d’armes de poing de celles d’armes d’épaule. Et il y a les mixtes, qui vont dans les deux.

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En gros, les munitions classiques d’armes de poing ne posent pas de difficultés particulières : .38/357, 9 para, .45 ACP, notamment la .38 wad-cutter. Bien sûr, il y en a beaucoup d’autres mais en général, quand on démarre le rechargement, on commence par ces munitions là. C’est très bien car ça permet de se faire la main.

Les munitions d’armes d’épaule, c’est plus tarte quand on ne tire que des projectiles chemisés. En effet, leur profil a bien changé dans les 20-30 dernières années. Avant, en gros, tous les projectiles chemisés de poids et calibres égaux avaient les mêmes surfaces de portée sur les parois du canons. Maintenant, ce n’est plus trop le cas et si on charge (par exemple) avec des Nosler️, hé bien il est bon d’avoir le manuel de cette marque ou bien une table qui précise bien le modèle exact de ces projectiles de cette marque.

Il est facile de comprendre que si l’on utilise telle dose de poudre avec une balle de telle surface de portée sur les parois du canon et qu’on l’applique (puisque de poids et de calibre identique) pour un projectile ayant une surface de portée supérieure, le frottement sera bien plus élevé et partant, la pression.

Pour s’en convaincre, observez attentivement les profils en long de projectiles de marques différentes mais de poids et calibres identiques. L’exemple type est la balle KS de RWS avec une Hornady ou Speer de base. Si vous considérez que c’est pareil, ne démarrez pas dans le rechargement, ce sera plus prudent.

De plus, il est bon d’avoir une bonne notion du free-bore de votre arme : tant que l’arme est conforme aux normes CIP, c’est OK (mais une vérification est toujours bonne à faire). Si ce n’est n’est pas le cas, la vérification est impérative.

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Ne pas se fier à sa mémoire, mais VERIFIER les données/paramètres, de ce que l'on veut recharger.

Tables de rechargement : une recette "passe-partout"

Une "table de rechargement", c'est tout simplement ça : une recette "passe-partout" sans prétentions exagérées, avec une certaine marge de manœuvre. Mais valable uniquement si l'arme est aux dimensions usuelles ! Ce qui est généralement le cas, mais avec les armes rechambrées ou re-canonnées et les "custom" sur mesures, il vaut mieux se méfier (sur lesdits "custom", pourtant tout neufs et assez coûteux, on en voit parfois de drôles).

Et il vaut tout de même mieux comprendre ce qui se passe, donc dans un manuel de rechargement la partie "tables de tir" est celle qu'on regarde en dernier, quand on a bien pigé tout le reste.

Les problèmes de dimensions ne se révèlent parfois qu'à l'usage, et après avoir été plusieurs fois échaudé on prend l'habitude de tout jauger d'abord, pour ne commander le matériel spécifique qu'après. La plupart du temps ces mesures (qui demandent tout de même un peu d'outillage) s'avèrent superflues.

Ensuite, on voit pas mal de peaufinages tâtillons. Mais il faut bien se dire que finasser avec le vol libre ou ajuster la charge optimale à 0.1 grain près, c'est dans l'objectif qu'une série de 3 ou 5 fasse un seul trou (certes gros et informe) à 100 mètres. Encore faut-il que le tireur en soit capable et que le matériel le permette.

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Pas non plus la peine de se focaliser sur les Vo : à 100 m et encore plus à 50 m, quand on est dans les vitesses réglo (autour et au-dessus des 700 m/s) des écarts de 100 m/s font à peine sortir du noir (et encore, même pas toujours).

Développement de charge

Pour effectuer un développement de charge en calibre 308, pour une Bergara à verrou, en vue de réaliser des tirs à courte distance avec des ogives speed hot-cor flat sp, en 150 grains, il faut savoir comment procéder lorsque l'on ne trouve pas d'informations sur les tables. Il semble que ce type d'ogive est destiné aux carabines à levier sous-garde, la 30-30 si je ne me trompe pas. C'est probablement pour cette raison que je ne trouve pas de rechargement en 308.

La question étant débutant dans le rechargement est de savoir comment procéder lorsque l'on ne trouve rien dans la littérature... faut t-il partir d'une charge mini sur la base d'une ogive lambda de même poids sans tenir compte du profil et monter progressivement ?

La seule différence que tu dois tenir compte (selon moi bien sur )c'est l"arrière" du projectile qui est bien différent de ceux habituels pour le 308 (les BT, ainsi que son enfoncement) et qui peut influencer sur l’expansion des gaz. Après, tu peux aisément partir sur un même poids pour faire tes recherches de vitesse et précision.

La woodleight weldcore PP semble avoir un profil proche de mes Speed hot cor Flat Sp 150 gr. Je vais donc partir de cette base avec 2.53 de N135.

Coefficient balistique

Le coefficient balistique (CB) est la performance d’une ogive lors du tir, à maintenir sa vitesse, sa trajectoire, sa résistance aux vents latéraux et sa résistance dans l’air. Aussi le CB est en fonction de la masse, du diamètre, de sa forme (sécante, tangente, hybride) et de sa longueur. La vitesse, joue un grand rôle ici. Si l'ogive maintient bien la vitesse initiale, elle ira plus loin puisqu'elle décélèrera moins vite. Pour cela il faut qu'un des signes particuliers soit d'utiliser pour le profil avant une ogive de forme sécante au lieu de tangente et que le profil arrière de l'ogive soit de forme conique (BT ou Boatail). Ainsi sa résistance engendrée par la traînée sera minime.

La trajectoire : Elle n’échappe pas à la loi de la gravitation mise en évidence par Newton ! La gravité joue un rôle certain pour la descente de la trajectoire de l'ogive car elle descendra. Les effets de la gravité et des vents sont directement proportionnels au temps d’exposition de l’ogive à ceux-ci. En Europe le coefficient est de 0,000 à 1,0. Un coefficient de 0,250 sera moins efficace qu’un coefficient de 0,550. En conclusion plus le coefficient balistique est élevé plus l'ogive ira loin avec une trajectoire plus tendue qu’avec une ogive qui aurait un coefficient balistique plus bas.

Le G7 est rarement publié par les fabricants de munitions et est utilisé le plus souvent par les fabricants d'ogive de qualité comme les Berger VLD ou les Scenar et Scenar-L de Lapua ainsi que certaine Sierra SMK, Hornady ELD Match et quelques autres.

En conclusion le G1 s’applique à une ogive "flat base" d’une longueur de 2x le calibre, avec un bout rond comme les ogives pour armes de poing.

Balistique interne

Lorsque vous appuyez sur la détente et que l'amorce éclate, la flamme intense créée par le mélange d'amorçage remplit l'intérieur de la douille et allume la charge de poudre au grand complet. La pression montante générée par la poudre en combustion va pousser sur la paroi de l'étui, ce qui va la déformer jusqu'à ce qu'elle s'applique au maximum contre la paroi de la chambre où la cartouche est logée.

Les gaz ne pouvant plus se dilater davantage à l'intérieur de l'étui vont emprunter la seule sortie possible et vont alors pousser le projectile dans le canon. Si le projectile est lourd, et maintenu solidement dans le collet de la cartouche, ou si la pression des rayures sur le projectile est grande, le confinement de la poudre est accentué et la combustion va procéder plus rapidement que si ces conditions n'auraient pas été présentes.

Ensuite le projectile entre dans le canon et s'imprime de la rayure exprimée par une fraction 1/x (x étant la distance en pouces parcourue pour 1 rotation) ce qui va donner à l'ogive de se mettre en rotation sur elle-même tout au long de sa progression dans le canon (effet gyroscopique) c'est ce sens de rotation qui va donner la stabilité à l’ogive sur son parcourt jusqu'à la cible.

On va faire tourner le projectile à grande vitesse (plusieurs milliers de tours par minutes) selon son axe longitudinal. C'est un peu plus technique mais il existe une formule de Miller qui permet de déterminer un coefficient de stabilité en tenant compte de la longueur de l'ogive, de son poids, son diamètre et sa vitesse de rotation donnée par le pas de rayure.

Pour les besoins de la compréhension du phénomène, à une vitesse de « x » m/s = distance parcoure en mètre et en l’espace-temps de 1 seconde, la vitesse de rotation du projectile sera de « y » tours pendant cette même seconde. Par cette comparaison on verra que le coefficient du projectile de 175 grains est à peine quelques centièmes plus stable que celui de 155 grains dans un même pas de rayure.

On verra également qu’elles seront plus stables avec une rayure de 1/10 qu’avec une rayure de 1/12 car sa vitesse de rotation sera plus importante.

Plus le canon sera long, plus la poudre aura de temps de se consumer entièrement dans un milieu clos ce qui va donner plus de pression pour pousser le projectile et donc plus de vitesse à la bouche. Vous avez de plus hautes vélocités avec un plus grand canon, tous les autres facteurs étant égaux.

Toutefois, il y a des limites dans la longueur du canon car il faut veiller à ce que la pression qui pousse derrière le projectile soit toujours supérieure à la pression qui se trouve devant le projectile. Une fois le point d'égalité étant atteint, le projectile serait alors freiné à l'intérieur du canon...

Tous les paramètres de la balistique interne sont identiques, c'est la longueur du canon qui a permis une combustion plus complète de la poudre à l'intérieur ce qui a généré plus de pression, plus longtemps, pour pousser le projectile et donc plus de vitesse à la bouche du canon.

Balistique extérieure

Le projectile ayant quitté la zone de turbulences propre à la balistique intermédiaire, nous entrons dans le domaine typique de la balistique extérieure. Durant toute la phase de son vol, le projectile sera soumis principalement à deux forces : la force de gravité qui le fera chuter vers le centre de la Terre et la force de traînée, la retardation, due à l’air dans lequel il se déplace, qui le ralentira et l’empêchera d’aller aussi loin que s’il était tiré dans le vide.

A sa sortie du canon, le projectile va rencontrer, à grande vitesse, l’air ambiant immobile. Il va de ce fait subir un choc que l’on appelle en l’occurrence "la percussion initiale" et aussi "l’onde de choc" et qui tentera également à le déstabiliser.

  • Plus l'air rencontré par le projectile est froid, plus l'air sera dense et plus vite le projectile sera freiné.
  • Plus l'air rencontré par le projectile est chaud, moins l'air est dense et moins le projectile sera freiné.

Il en résulte une portée plus longue.

Pour avoir une idée de la forme de la trajectoire d'une balle d'arme à feu, regardez le " drive " d'un golfeur ou le tir d'un footballeur.

Le projectile est donc freiné par l'air dans lequel il se propage. De par sa forme, un projectile classique a son centre de gravité derrière le centre de pression (là où s’applique la résultante des forces aérodynamiques), contrairement à un projectile flèche.

On dit donc que le projectile est statiquement instable parce que le nez est poussé vers le haut tandis que le culot est poussé vers le bas (sorte de tangage vers l’arrière). Pour le stabiliser dynamiquement sur sa trajectoire il va donc falloir lui imposer une vitesse de rotation autour de son axe longitudinal, dépendante de sa forme et de sa vitesse de translation, et cela est réalisé au moyen des rainures dans le tube.

Dès que le projectile entre en contact avec la rayure du canon, il est animé par un mouvement de rotation sur lui-même au fur et à mesure qu'il avance dans le canon. Au contact de l'air et des forces le contraignant dans son avancée vers la cible lointaine, le projectile dévie de sa trajectoire dans le sens de sa rotation (par exemple une ogive de .308 Winchester peut dériver de 31 cm sur une distance de 1.000 mètres par rapport son axe de visée initial).

Si votre canon à une rayure à droite, le projectile déviera vers la droite et bien sûr si la rayure est à gauche, le projectile ira vers la gauche.

La précession est le nom donné au changement graduel d'orientation de l'axe de rotation d'un objet ou, de façon plus générale, d'un vecteur sous l'action de l'environnement, par exemple, quand un couple lui est appliqué. Ce phénomène est aisément observable avec une toupie mais tous les objets en rotation peuvent subir la précession.

Lors de la précession, l'angle que fait l'axe de rotation ou le vecteur avec une direction donnée reste fixé. Le vecteur ou l'axe de rotation décrit ainsi au cours du temps un cône dont l'axe est la direction fixée.

Petit mouvement périodique qu'effectue l'axe de rotation d'un corps animé d'un mouvement de type gyroscopique, autour de la position moyenne de cet axe. Ce petit mouvement s'ajoute à la précession.

Il est clair qu'un projectile capable de conserver la stabilité tout au long de son vol ira plus loin et sera plus précis. C'est la capacité d'une ogive d'être le plus stable possible au passage de la vitesse supersonique vers la zone transsonique.

Il faut savoir qu'une vitesse de rotation gyroscopique peu élevée dans la zone transsonique augmentera la précession et la nutation, l'ogive sera encore plus sensible aux perturbations climatique (surtout le vent).

Une ogive courte passera mieux la zone transsonique car le centre de pression et le centre de gravité sont très proche (X) et donc moins vite déstabilisée.

Conseils pour les novices

Pour les novices, il est préférable de commencer avec une munition manufacturée de bonne qualité de type HPBT car elle offrait déjà des possibilités de résultat à longue distance.

Ces munitions de qualité HPBT offre des écarts de vitesse entre chaque cartouche tirée de l’ordre de 9 m/s à 12 m/s pour les meilleurs. Cet écart de vitesse permet de toucher une cible à 1000m avec une tolérance moyenne de 30 cm environ (1 MOA à 1000m) à condition que vous soyez extrêmement précis lors de vos tirs.

  • Choisir un projectile ayant un bon coefficient balistique (CB) exprimé en G7 de préférence ou en G1.
  • Choisir des étuis de qualité ayant une bonne densité de matière. En gros tous les étuis devraient peser le même poids approximativement. S'ils ont été tiré 1 fois avant les essais et juste recalibré au niveau du collet c'est un plus car l'étui aura déjà les côtes de la chambre qui le recevra.

Et surtout, lorsque vous rechargez, veillez à former un lot de munition suffisant à vos besoins et que ce lot soit identique en tout point : Même marque d’étui, même marque et modèle de projectile, même marque et modèle d’amorce, même marque et type de poudre.

Par comparaison et pour exemple, vous pouvez aller revoir le tableau des munitions 308 Winchester ci-dessus et vous inspirer des vitesses manufacturées en fonction du poid du projectile.

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