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Les armements utilisés en Ukraine font l’objet de nombreux commentaires, mais aussi de questions qui montrent leur méconnaissance. Notre société s’est (beaucoup) désintéressée des questions militaires et la culture du silence de l’armée française a réservé à de rares initiés la compréhension de l’affrontement opérationnel qui se joue en Ukraine.

Les Lance-Roquettes Multiples

Les Russes utilisent en Ukraine une artillerie dévastatrice, qui repose sur deux types d’armement, des canons et des lance-roquettes. Les roquettes sont des fusées non guidées qui transportent aussi une bombe. Les Russes ont développé depuis des décennies des lance-roquettes multiples qui envoient un « panier » de roquettes pratiquement en une seule salve, l’équivalent d’une batterie de canons qui tireraient quasiment en même temps.

Le résultat est très impressionnant, l’arrivée des roquettes s’entend, un sifflement inquiétant, avant qu’elles ne s’écrasent en vague sur leur cible. Leur précision est inférieure aux canons car leur vol est plus lent et sans possibilité de correction de leur trajectoire.

Exemples de Systèmes de Lance-Roquettes

Il existe plusieurs types de lance-roquettes, chacun ayant ses spécificités :

  • M270 MLRS (Multiple Launch Rocket System) : Développé dans les années 1970-1980 par Vought Corporation et produit par Lockheed Martin, le M270 MLRS est installé sur un châssis chenillé dérivé du véhicule blindé de combat d’infanterie M2 Bradley. Il est équipé de deux blocs de six roquettes de 227 mm.
  • M142 HIMARS (Hight Mobility Artillery Rocket System) : En 2005, un nouveau lance-roquette multiple M142 HIMARS, Hight Mobility Artillery Rocket System, est mis en service, pour répondre aux besoins d’un système d’artillerie facilement transportable. Le M142 HIMARS représente une version légère du MLRS, avec un bloc de six roquettes installé sur un châssis à roue 6×6 FMTV, Family of Medium Tactical Vehicles.

Dans le cas spécifique du HIMARS, le système d’arme est monté sur un camion tandis qu’il existe en quasi équivalent sur chenilles appelé LRM dans l’artillerie française. Ces batteries d’artillerie, de canons ou de lance-roquettes, ont à peu près la même portée, quelques dizaines de km. Leurs tirs ne sont pas interceptables, restent moyennement précis et commettent de gros dégâts sur toute la zone visée.

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Dans cette guerre, compte tenu de leur portée, les batteries d’artillerie russes se situent largement en territoire ukrainien et elles sont difficiles à défendre, car il faudrait pour les Russes sécuriser de très larges zones pour empêcher de les approcher.

Par ailleurs, ces batteries d’artillerie - canons ou lance-roquettes multiples - ont pour caractéristique d’avoir besoin d’une logistique considérable, les munitions utilisées étant lourdes et encombrantes. Ce sont en fait des milliers de tonnes qu’il faut acheminer depuis des stocks d’armement jusqu’au lieu de déploiement de ces batteries.

Les Missiles et Roquettes Guidées

Techniquement, les missiles sont des roquettes guidées, c’est-à-dire que leur trajectoire est corrigée pendant le vol pour les « guider » avec beaucoup de précision sur leur cible. Les Russes ont développé toute une panoplie de missiles, tirés du sol à partir de camions, lancés de navires voire de sous-marins, ou à partir d’aéronefs (avions et hélicoptères).

Au contraire des armes de saturation (canons et roquettes), les missiles sont des fusées sophistiquées qui vont chercher à détruire un objectif précis. Leur portée va de quelques km à plusieurs milliers, puisque leur système de guidage leur permet de voler sur de longues distances s’ils sont équipés du propulseur adapté.

A ce jour, il existe très peu de systèmes de protection capables d’intercepter efficacement des missiles en vol, et un peu plus de dispositifs pour brouiller leur guidage (on parle souvent de « leurrage »). La médiatisation par les Russes de l’emploi de « missiles hypersoniques », c’est-à-dire volant à des vitesses de plusieurs dizaines de fois la vitesse du son (Mach) change seulement le fait qu’ils sont encore plus difficiles à intercepter (ou à leurrer). Ce qui est déterminant dans un missile est ce qu’il transporte.

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Les Torpilles et Armes Anti-Sous-Marines

Les forces aéronavales françaises mettent en œuvre deux types de torpille : la L5 mod 4 d’origine française et la Mark 46 mod 2 de fabrication américaine. La première est embarquée à bord des bâtiments de surface ; elle est destinée essentiellement à leur autodéfense. La seconde, à vocation aéroportée, est larguée par les avions de patrouille maritime et les hélicoptères embarqués WG13 (Lynx) ; le rayon d’action de ces porteurs et leur invulnérabilité actuelle face à la menace sous-marine confèrent à la Mark 46 un emploi plutôt offensif.

Enfin, il faut également mentionner comme autre arme anti-sous-marine utilisée par la marine française, le lance-roquettes de 375 mm qui, contrairement aux deux torpilles, demeure efficace par petits fonds.

La torpille franco-italienne MU 90, dont le premier exemplaire sera livré à la marine française au premier semestre 2001, est destinée à les remplacer et à devenir l’unique arme anti-sous-marine utilisable, dans toutes les configurations d’environnement, par tous les porteurs de surface ou aériens. Le besoin de prévoir le remplacement des torpilles existantes a conduit au lancement du programme français Murène dès 1982.

D’un point de vue militaire, les nouvelles exigences opérationnelles correspondent à la réunion des besoins exprimés dans chaque projet national et non pas au plus petit dénominateur commun. Dès le début des années 80, il est apparu que l’évolution de la menace sous-marine nécessitait le développement d’une arme capable de traiter les nouvelles générations de sous-marins.

Les sous-marins classiques de nouvelle génération bénéficient déjà d’une partie des améliorations évoquées ci-dessus. En particulier, leur furtivité s’est trouvée améliorée grâce à l’utilisation de matériaux anéchoïques et leur système d’armes peut être aussi complet que celui d’un sous-marin nucléaire d’attaque.

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Les performances opérationnelles de la torpille MU 90 ont été réappréciées à la lumière de cette nouvelle donne stratégique : elle doit être capable de traiter tous les types de sous-marins dans toutes les conditions d’environnement. Elle repose sur des structures étatiques et industrielles.

Structure Industrielle et Étatique du Programme MU 90

La structure industrielle est le miroir de l’organisation étatique. Un groupement européen d’intérêts économiques (GEIE), Eurotorp, a été constitué ; son siège se trouve à Sophia-Antipolis. Outre DCN International, ce GEIE intègre Thomson-CSF et l’italien Wass. La répartition des maîtrises d’œuvre des principaux sous-ensembles est la suivante : tête acoustique, Thomson-Marconi Sonar (TMS) ; tranche énergie, DCN ; tranche propulsion, Wass ; charge de combat, Wass.

Eurotorp est responsable de la coordination de l’activité entre les industriels, du pilotage des évolutions techniques et de la commercialisation de l’Impact (nom officiellement donné par le GEIE à la torpille légère). La qualification de la torpille MU 90-Impact, obtenue à la fin de l’année 1996, a donné le signal pour commencer la phase de production une année plus tard.

La première torpille sera recettée en avril 2001, soit avec un retard de deux ans sur le calendrier établi lors du lancement du programme. En dehors de l’Italie et de la France, clients naturels de la torpille Impact, d’autres marines ont déjà annoncé l’intérêt qu’elles portaient à cette arme : l’Allemagne a passé une commande ferme pour environ 300 torpilles ; le Danemark a également acheté 20 MU 90-Impacts et posé une option pour 80 autres.

Ce programme MU 90 s’est inscrit dès son lancement dans une logique de réduction des coûts. Par essence, tout d’abord, puisqu’il se fonde sur une torpille polyvalente, destinée à équiper toutes les forces aéronavales françaises. Cette solution réduit le coût de la logistique.

Mk 153 SMAW : Lance-Roquettes Polyvalent

Mk 153 SMAW
Mk 153 SMAW. Photo: Cpl.

Le Mk 153 SMAW, Shoulder-Launched Multipurpose Assault Weapon, est un lance-roquettes américain. Il est développé dans les années 1980 par Mc Donnell Douglas et produit par Nammo Talley. Le Mk 153 SMAW est une arme épaulable composée d’un tube de lancement et d’une munition dans son emballage tactique.

Il est efficace contre les véhicules blindés légers, les engins non blindés et les fortifications. Le tube de lancement du Mk 153 SMAW a un poids de 7,54 kg et une longueur de 760 mm. Il peut tirer différents types de munition de 83,5 mm : à charge creuse, explosive. La distance de tir est de 500 m sur un objectif fixe et de 250 m sur un objectif mobile.

Les Missiles Portables Anti-Aériens (MANPADS)

Les missiles MANPADS sont légers en comparaison de leur « grands frères » qui peuvent peser plusieurs tonnes, mais ils font en général entre 15 et 20 kg avec le système de tir. Il ne s’agit donc pas, comme dans les James Bond, d’ouvrir un sac à dos pour en sortir un tube, mais plutôt d’équiper avec précaution un engin sophistiqué dont l’utilisation est loin d’être intuitive.

Utiliser un MANPADS revient à mettre en action un système sophistiqué et fragile, avec de multiples sécurités. C’est aussi différent de l’usage d’un fusil, que la moto d’un vélo…Autrement dit ça s’apprend, et surtout cela requiert une maîtrise encore plus longue à acquérir de bien savoir l’utiliser.

Théoriquement quelques jours de formation suffisent pour arriver à tirer un MANPADS, mais en pratique des semaines, voire des mois d’entraînement sont nécessaires pour les utiliser au mieux de leur capacité et être capable d’intercepter en vol un hélicoptère ou un avion de combat.

Fonctionnement Complexe des MANPADS

Le MANPADS est alimenté par une pile batterie dont l’autonomie ne dépasse pas la minute et il faut donc la déclencher exactement au bon moment. Seulement alors, le système de guidage (« l’auto directeur ») est capable de repérer une source de chaleur correspondant à un avion ou un hélicoptère.

Il prévient par un signal sonore et lumineux qu’il a accroché une cible, il faut aller vérifier que ce soit la bonne cible - et pas un reflet du soleil contre un immeuble lorsqu’on vise un hélicoptère - avant de pouvoir déclencher le tir. La portée du missile étant réduite à quelques km, il faut s’assurer dans le même temps que le lancement s’effectue bien dans cette « fenêtre de tir », sinon le missile retombera inexorablement faute d’avoir rattrapé sa cible.

Globalement, un tireur de MANPADS dispose d’une minute de « fenêtre de tir » (ce qui correspond d’ailleurs à l’autonomie de sa batterie), il n’est donc pas question de tirer « au jugé », il faut bien au contraire un dispositif d’alerte et de repérage pour déterminer quand la cible est réellement à portée.

Une fois toutes ces conditions remplies, il faut encore surélever la ligne de mire pour éviter que le missile ne tombe au sol, faute d’avoir acquis une vitesse suffisante lorsqu’il est sorti du tube, grâce à un éjecteur dont le rôle est d’éviter de brûler le tireur. Un long panache de fumée suit alors le propulseur du missile, indiquant dangereusement d’où vient le tir, et il vaut mieux avoir prévu un dispositif de couverture mutuelle pour que le tireur de MANPADS ne soit pas immédiatement pourchassé pour un autre hélicoptère ou avion.

On comprend la longue route qui sépare la livraison de missiles aux Ukrainiens de la capacité de les utiliser efficacement. S’ils sont bien utilisés (« servis » dans la langage militaire), les MANPADS peuvent causer de gros dégâts contre les hélicoptères et les avions qui volent à basse altitude, en dessous de 10,000 ft (soit 3 km au dessus du sol).

Le Rôle des Sous-Marins dans la Guerre Moderne

Le sous-marin de la seconde guerre mondiale était essentiellement l'adversaire des convois marchands. De nos jours, cette mission d'attaque et de protection des lignes de communication n'a pas totalement disparu. Mais elle est de moins en moins nécessaire, dans le cas d'un conflit général dont la brièveté rendrait inutile tout ravitaillement par la mer.

Doté de missiles à moyenne portée, le sous-marin nucléaire fait du bombardement : sa tâche n'est plus de couler des cargos, elle est de déverser sa charge mégatonnique. Ses partisans voient en lui l'arme de guerre la plus sûre.

Le sous-marin nucléaire est une base avancée, immergée à proximité des cites adverses. Il tient en permanence ses objectifs sous la menace de représailles presque instantanées : en station dans le golfe de Gascogne, un submersible ennemi aurait la France entière sous son feu nucléaire.

La Stratégie des Représailles Massives

On ne peut vraisemblablement attendre du commandant qu'il ne presse qu'une seule fois sur le bouton. Un sous-marin qui a tiré un premier engin est un bâtiment repérable, qui peut donc être pris à son tour pour cible dans une opération défensive qui exige de gros moyens. Il n'envoie donc pas de coup de semonce. À la cadence d'un missile par minute, il constitue l'instrument type d'une stratégie dite de représailles massives.

D'autre part, son armement (de l'ordre de 500 kilotonnes à une mégatonne par engin) est trop puissant pour être dirigé contre des installations mobiles ou sur des objectifs autres que les grandes concentrations industrielles et urbaines. Le sous-marin nucléaire apparaît ainsi comme le moyen principal de la stratégie anti-cités, par opposition à des attaques qui viseraient les seules forces militaires.

Pour remplir ses missions, il dispose, à en croire ses promoteurs, de trois atouts : une mobilité à l'échelle de la planète, une totale discrétion dans l'accomplissement de son " travail ", et une réelle invulnérabilité.

  • LA MOBILITÉ : Le réacteur nucléaire, qui lui imprime une vitesse supérieure à 20 nœuds, procure au bâtiment une autonomie de plusieurs mois et une immersion quasi permanente à grande profondeur. En fait, la mobilité du Redoutable sera limitée.

La portée des missiles, la nécessité de maintenir un contact sans défaillance avec le commandement, l'endurance de son équipage et l'obligation de soumettre la coque et l'armement à des examens périodiques réduiront ses activités.

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